Hakuin(1685 — 1768)
Hakuin Ekaku
Japon
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Hakuin Ekaku est un maître bouddhiste japonais de l'école zen Rinzai. Considéré comme le rénovateur du Rinzai au XVIIIe siècle, il systématisa la pratique des kōan et diffusa le zen au-delà des élites. Il fut aussi un calligraphe et peintre prolifique.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Quel est le son d'une seule main qui applaudit ? »
Faits marquants
- Né en 1686 à Hara, dans la province de Suruga (Japon)
- Devient moine zen Rinzai et connaît une première expérience d'éveil (satori) vers 1708
- Rénove l'école Rinzai en réorganisant la pratique des kōan et en revitalisant la discipline monastique
- Crée le célèbre kōan « le son d'une seule main » (sekishu)
- Mort en 1769 ; laisse une œuvre abondante de peintures, calligraphies et écrits spirituels
Œuvres & réalisations
Énigme inventée par Hakuin, devenue le kōan zen le plus célèbre, conçue comme porte d'entrée vers l'éveil pour les débutants.
Traité décrivant une méthode de méditation respiratoire pour guérir la « maladie du zen », encore lue aujourd'hui.
Recueil de lettres d'enseignement insistant sur la méditation au cœur de l'action quotidienne plutôt que dans le seul retrait.
Série de commentaires sur les annales du maître chinois Hsü-t'ang, fondant la pédagogie des kōan de l'école de Hakuin.
Récit où Hakuin raconte ses doutes, ses éveils successifs et ses crises, document rare sur l'itinéraire intérieur d'un maître zen.
Court poème en japonais affirmant que tous les êtres sont déjà des bouddhas, encore chanté dans les monastères Rinzai.
Des milliers d'œuvres à l'encre — Daruma, Kannon, scènes populaires — par lesquelles Hakuin enseignait le zen aux gens ordinaires.
Organisation graduée des kōan en parcours pédagogique, base de la formation Rinzai japonaise jusqu'à nos jours.
Anecdotes
Enfant, le jeune Hakuin fut terrorisé par un sermon sur les huit enfers brûlants. Cette peur de la damnation devint le moteur de sa quête spirituelle et le poussa, vers quinze ans, à entrer dans les ordres pour échapper à ce destin.
À 24 ans, en méditant sur le kōan « Mu » au temple Eigan-ji, Hakuin connut un premier grand éveil : entendant le son d'une cloche du matin, il eut le sentiment que tout l'univers s'effondrait. Persuadé d'être enfin libéré, il fut sévèrement remis à sa place par son maître Shōju, qui jugea son éveil incomplet.
Une légende raconte qu'on l'accusa injustement d'avoir mis enceinte une jeune fille du village ; on lui confia le nourrisson. Hakuin répondit seulement « Ah, vraiment ? » et éleva l'enfant. Quand la vérité éclata, il le rendit avec la même sérénité : « Ah, vraiment ? » — illustrant son détachement.
Épuisé par une pratique excessive, Hakuin tomba dans une grave « maladie du zen » (déséquilibre nerveux). Il guérit grâce à un ermite nommé Hakuyū qui lui enseigna une méthode de méditation par la respiration et la visualisation, qu'il décrivit plus tard dans son livre Yasen Kanna.
Hakuin est célèbre pour avoir formulé le kōan le plus connu de l'Occident : « Quel est le son d'une seule main qui applaudit ? ». Il l'inventa pour offrir aux débutants une porte d'entrée vers l'éveil plus accessible que le classique « Mu ».
Sources primaires
Si un pratiquant ressent un épuisement du cœur et de l'esprit, il doit cesser sa méditation et chercher d'abord à rétablir l'énergie vitale (ki) en la faisant descendre vers le bas-ventre.
La méditation au cœur de l'activité est infiniment supérieure à la méditation dans le calme.
Écoutez le son d'une seule main : voilà le point de départ.
Lorsque la cloche sonna à l'aube, ce fut comme si un bol de glace se brisait ; je sentis tomber toute illusion de moi et de l'univers.
Lieux clés
Modeste village relais sur la grande route du Tōkaidō, au pied du mont Fuji, où Hakuin naquit et passa la majeure partie de sa vie.
Petit temple Rinzai en ruine que Hakuin restaura et dirigea ; il y enseigna à des centaines de disciples et y mourut en 1768.
Temple où Hakuin, âgé d'environ 24 ans, connut son premier grand éveil en méditant sur le kōan « Mu ».
Retraite du maître sévère Dōkyō Etan, dit Shōju Rōjin, qui poussa Hakuin à approfondir son éveil et devint son maître décisif.
Volcan sacré dominant la région natale de Hakuin ; il en fit un motif récurrent de ses peintures, symbole de l'esprit pur et immuable.
Monastère fondé par Hakuin et son disciple Tōrei en 1761, devenu un haut lieu de la pratique Rinzai qu'il avait réformée.






