Hakuin(1685 — 1768)

Hakuin Ekaku

Japon

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SpiritualitéTemps modernesJapon de l'époque d'Edo (shogunat Tokugawa), XVIIe-XVIIIe siècles

Hakuin Ekaku est un maître bouddhiste japonais de l'école zen Rinzai. Considéré comme le rénovateur du Rinzai au XVIIIe siècle, il systématisa la pratique des kōan et diffusa le zen au-delà des élites. Il fut aussi un calligraphe et peintre prolifique.

Questions fréquentes

Hakuin Ekaku (1685-1768) est le maître qui a revitalisé l'école Rinzai du zen au Japon, à l'époque d'Edo. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a systématisé l'usage des kōan – ces énigmes paradoxales – en un parcours pédagogique gradué, encore utilisé aujourd'hui. Il a aussi rendu le zen accessible aux gens ordinaires via ses peintures et calligraphies (zenga). Contrairement à l'image élitiste du zen, Hakuin enseignait que l'éveil est possible pour tous, même dans la vie quotidienne.

Citations célèbres

« Quel est le son d'une seule main qui applaudit ? »

Faits marquants

  • Né en 1686 à Hara, dans la province de Suruga (Japon)
  • Devient moine zen Rinzai et connaît une première expérience d'éveil (satori) vers 1708
  • Rénove l'école Rinzai en réorganisant la pratique des kōan et en revitalisant la discipline monastique
  • Crée le célèbre kōan « le son d'une seule main » (sekishu)
  • Mort en 1769 ; laisse une œuvre abondante de peintures, calligraphies et écrits spirituels

Œuvres & réalisations

Le kōan « le son d'une seule main » (Sekishu no onjō) (vers 1750)

Énigme inventée par Hakuin, devenue le kōan zen le plus célèbre, conçue comme porte d'entrée vers l'éveil pour les débutants.

Yasen Kanna (Causerie d'un soir sur un bateau) (1757)

Traité décrivant une méthode de méditation respiratoire pour guérir la « maladie du zen », encore lue aujourd'hui.

Orategama (vers 1749)

Recueil de lettres d'enseignement insistant sur la méditation au cœur de l'action quotidienne plutôt que dans le seul retrait.

Sokkō-roku Kaien-fusetsu (1740)

Série de commentaires sur les annales du maître chinois Hsü-t'ang, fondant la pédagogie des kōan de l'école de Hakuin.

Itsumadegusa (autobiographie spirituelle) (vers 1765)

Récit où Hakuin raconte ses doutes, ses éveils successifs et ses crises, document rare sur l'itinéraire intérieur d'un maître zen.

Chant de la méditation assise (Zazen wasan) (vers 1760)

Court poème en japonais affirmant que tous les êtres sont déjà des bouddhas, encore chanté dans les monastères Rinzai.

Peintures et calligraphies zen (zenga) (1716-1768)

Des milliers d'œuvres à l'encre — Daruma, Kannon, scènes populaires — par lesquelles Hakuin enseignait le zen aux gens ordinaires.

Réforme du système des kōan (milieu du XVIIIe siècle)

Organisation graduée des kōan en parcours pédagogique, base de la formation Rinzai japonaise jusqu'à nos jours.

Anecdotes

Enfant, le jeune Hakuin fut terrorisé par un sermon sur les huit enfers brûlants. Cette peur de la damnation devint le moteur de sa quête spirituelle et le poussa, vers quinze ans, à entrer dans les ordres pour échapper à ce destin.

À 24 ans, en méditant sur le kōan « Mu » au temple Eigan-ji, Hakuin connut un premier grand éveil : entendant le son d'une cloche du matin, il eut le sentiment que tout l'univers s'effondrait. Persuadé d'être enfin libéré, il fut sévèrement remis à sa place par son maître Shōju, qui jugea son éveil incomplet.

Une légende raconte qu'on l'accusa injustement d'avoir mis enceinte une jeune fille du village ; on lui confia le nourrisson. Hakuin répondit seulement « Ah, vraiment ? » et éleva l'enfant. Quand la vérité éclata, il le rendit avec la même sérénité : « Ah, vraiment ? » — illustrant son détachement.

Épuisé par une pratique excessive, Hakuin tomba dans une grave « maladie du zen » (déséquilibre nerveux). Il guérit grâce à un ermite nommé Hakuyū qui lui enseigna une méthode de méditation par la respiration et la visualisation, qu'il décrivit plus tard dans son livre Yasen Kanna.

Hakuin est célèbre pour avoir formulé le kōan le plus connu de l'Occident : « Quel est le son d'une seule main qui applaudit ? ». Il l'inventa pour offrir aux débutants une porte d'entrée vers l'éveil plus accessible que le classique « Mu ».

Sources primaires

Yasen Kanna (Causerie d'un soir sur un bateau) (1757)
Si un pratiquant ressent un épuisement du cœur et de l'esprit, il doit cesser sa méditation et chercher d'abord à rétablir l'énergie vitale (ki) en la faisant descendre vers le bas-ventre.
Orategama (La théière au bec ébréché) (vers 1749)
La méditation au cœur de l'activité est infiniment supérieure à la méditation dans le calme.
Sokkō-roku Kaien-fusetsu (Commentaires sur les annales de Hsü-t'ang) (1740)
Écoutez le son d'une seule main : voilà le point de départ.
Itsumadegusa (Herbe sauvage / autobiographie spirituelle) (vers 1765)
Lorsque la cloche sonna à l'aube, ce fut comme si un bol de glace se brisait ; je sentis tomber toute illusion de moi et de l'univers.

Lieux clés

Hara (village natal, Tōkaidō)

Modeste village relais sur la grande route du Tōkaidō, au pied du mont Fuji, où Hakuin naquit et passa la majeure partie de sa vie.

Temple Shōin-ji (Hara)

Petit temple Rinzai en ruine que Hakuin restaura et dirigea ; il y enseigna à des centaines de disciples et y mourut en 1768.

Temple Eigan-ji (Takada, province d'Echigo)

Temple où Hakuin, âgé d'environ 24 ans, connut son premier grand éveil en méditant sur le kōan « Mu ».

Ermitage de Shōju Rōjin (Iiyama, Shinano)

Retraite du maître sévère Dōkyō Etan, dit Shōju Rōjin, qui poussa Hakuin à approfondir son éveil et devint son maître décisif.

Mont Fuji

Volcan sacré dominant la région natale de Hakuin ; il en fit un motif récurrent de ses peintures, symbole de l'esprit pur et immuable.

Temple Ryūtaku-ji (Mishima)

Monastère fondé par Hakuin et son disciple Tōrei en 1761, devenu un haut lieu de la pratique Rinzai qu'il avait réformée.

Voir aussi