Peintre français (1716-1809), précurseur du néoclassicisme et maître de Jacques-Louis David. Directeur de l'Académie de France à Rome, puis premier peintre du roi et sénateur sous Napoléon.
Joseph-Marie Vien(1716 — 1809)
Joseph-Marie Vien
France
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né à Montpellier en 1716, mort à Paris en 1809
- Prix de Rome en 1743, séjourne à l'Académie de France à Rome
- Directeur de l'Académie de France à Rome de 1775 à 1781
- Maître de Jacques-Louis David, qu'il forma à Rome
- Nommé premier peintre du roi Louis XVI en 1789, puis comte et sénateur sous Napoléon
Œuvres & réalisations
Tableau emblématique du retour à l'Antique, inspiré d'une fresque d'Herculanum représentant une femme vendant des Amours ailés dans une cage. Acquis pour Madame du Barry, il symbolise à lui seul le tournant néoclassique de la peinture française.
Grande composition commandée pour la cathédrale Notre-Dame de Paris, témoignant de la maîtrise de Vien dans la peinture d'histoire à caractère moral et religieux. Diderot en fit l'éloge dans ses Salons comme d'un retour salutaire à la grandeur antique.
Pendant de La Marchande d'Amours présenté au même Salon, montrant une jeune femme grecque dans une pose empruntée à l'Antique. Elle renforce la réputation de Vien comme initiateur du mouvement néoclassique en France.
Composition biblique dans laquelle la figure féminine, traitée avec la sobriété antique caractéristique de Vien, contraste avec les nus sensuels du style rococo alors dominant. Elle illustre la démarche morale et esthétique de l'artiste.
Composition allégorique tardive et l'une des dernières grandes œuvres de Vien avant la Révolution, révélant la permanence de son attachement aux thèmes mythologiques traités dans un esprit résolument antique.
Peinture d'histoire représentant un thème de vertu civique romaine, directement en phase avec l'idéal moral des Lumières. Elle préfigure les grands tableaux à sujet antique que David portera à leur apogée dans les décennies suivantes.
Anecdotes
En 1763, Vien présente au Salon de Paris sa célèbre toile 'La Marchande d'Amours', directement inspirée d'une fresque découverte à Herculanum et publiée dans le recueil des antiquités d'Herculanum. Cette œuvre, acquise pour le pavillon de Madame du Barry à Louveciennes, marque une rupture nette avec le style rococo et annonce le retour à l'Antique qui allait dominer la peinture européenne pendant un demi-siècle.
Vien fut l'un des premiers artistes français à tenter de ressusciter la technique antique de la peinture à l'encaustique, procédé utilisant de la cire fondue comme liant pour les pigments. Encouragé par le comte de Caylus, grand amateur d'antiquités, il exécuta plusieurs expériences dans cette technique rarissime, suscitant la curiosité des milieux savants parisiens et prouvant que son intérêt pour l'Antique allait bien au-delà de la simple imitation formelle.
Lorsque Vien prit la direction de l'Académie de France à Rome en 1775, il emmena parmi ses élèves un jeune peintre ambitieux et difficile nommé Jacques-Louis David. Vien lui transmit le goût de l'Antique et la rigueur du dessin, sans se douter que cet élève turbulent allait devenir le peintre le plus influent de son époque, éclipsant durablement la gloire de son propre maître dans les livres d'histoire.
Né sous Louis XIV, Vien traversa presque tout le XVIIIe siècle et survécut à la Révolution, à la Terreur, au Directoire et au Consulat. Napoléon, admiratif de cette longévité exceptionnelle, le fit sénateur en 1799 puis comte de l'Empire en 1808 — alors que Vien approchait des quatre-vingt-treize ans. Il mourut en 1809, chargé d'honneurs sous quatre régimes politiques radicalement différents, ce qui en faisait un symbole vivant de la continuité artistique française.
Au Salon de 1767, Vien présenta une imposante toile commandée pour Notre-Dame de Paris représentant 'Saint Denis prêchant à la Gaule'. Diderot, critique redouté des Salons, salua cette œuvre comme un retour bienvenu à la grandeur morale de la peinture d'histoire, en rupture avec les bergeries et scènes galantes qui encombraient selon lui les cimaises parisiennes depuis trop longtemps.
Sources primaires
Je mets tous mes soins à former les jeunes pensionnaires qui me sont confiés dans le goût de l'antique et de la belle nature, convaincu que c'est là le seul chemin pour ramener la peinture française à sa véritable grandeur.
La Marchande d'Amours de M. Vien est une composition fort agréable, tirée de l'antique avec esprit ; la couleur en est douce, le dessin correct, et l'on y sent partout un homme instruit des chefs-d'œuvre de Rome.
M. Vien a été reçu membre de l'Académie après présentation de son morceau de réception, lequel a été jugé satisfaisant par l'assemblée et déposé dans les collections de la compagnie.
M. Vien, nouvellement nommé directeur, a pris possession de ses fonctions à la Villa Medici et a immédiatement fixé des règles de travail plus strictes pour les pensionnaires, insistant sur le dessin d'après l'antique comme fondement de toute formation sérieuse.
Lieux clés
Ville natale de Joseph-Marie Vien, né le 18 juin 1716. Il y reçut ses premières leçons de dessin avant de rejoindre Paris pour se perfectionner à l'Académie royale de peinture.
Siège de l'Académie de France à Rome, où Vien séjourna d'abord comme pensionnaire (1744-1750) puis revint comme directeur (1775-1781). C'est là qu'il forma Jacques-Louis David et ancra définitivement son style dans l'admiration de l'Antique.
Le Louvre abritait les ateliers et logements des artistes royaux. Vien y résida à partir de 1781 comme premier peintre du roi, disposant d'un grand atelier où il reçut commanditaires, élèves et collectionneurs.
Salle où se tenaient les Salons officiels de l'Académie royale, expositions biennales puis annuelles constituant le principal événement de la vie artistique parisienne. Vien y présenta ses œuvres majeures, dont La Marchande d'Amours en 1763.
Résidence de plaisance de Madame du Barry, favorite de Louis XV, pour laquelle Vien réalisa La Marchande d'Amours en 1763. Ce château, symbol du goût néoclassique naissant à la cour, témoigne de l'influence de Vien auprès des cercles les plus proches du pouvoir royal.
