Impératrice du Japon ayant régné à deux reprises (749-758 puis 764-770), elle est l'une des rares femmes à avoir occupé le trône impérial japonais. Fervente bouddhiste, elle favorisa activement la diffusion du bouddhisme dans le pays et fit ériger de nombreux temples.
Koken(718 — 770)
Kōken
Japon
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Premier règne en 749-758 sous le nom de Kōken, fille de l'empereur Shōmu
- Second règne en 764-770 sous le nom de Shōtoku après avoir repris le pouvoir
- Fit imprimer en 770 un million de dharanis bouddhiques (parmi les premiers imprimés du monde)
- Soutint le moine Dōkyō, ce qui provoqua des tensions politiques importantes à la cour
- Dernière impératrice régnante du Japon pendant plus d'un millénaire
Œuvres & réalisations
Impression d'un million de prières bouddhistes placées dans un million de pagodes miniatures en bois. Ce projet, réalisé pour remercier le Bouddha de la victoire sur la rébellion de 764, constitue l'une des plus anciennes preuves d'impression au monde et témoigne du rôle politique du bouddhisme.
Série de décrets royaux visant à renforcer le bouddhisme comme religion d'État, ordonner la copie des sutras, construire des temples et réglementer la vie monastique. Ces textes, conservés dans le Shoku Nihongi, montrent une souveraine qui gouvernait autant par la foi que par la loi.
Poursuite et amplification du programme de son père : construction d'un temple bouddhiste dans chacune des soixante-six provinces japonaises. Ce réseau visait à diffuser le bouddhisme sur tout le territoire et à renforcer l'autorité de l'État central.
Kōken présida la grande cérémonie de consécration (kaigen) du Daibutsu de Tōdai-ji en 752, événement majeur de l'histoire religieuse japonaise. Elle continua d'allouer des ressources importantes à ce temple tout au long de ses règnes.
Anecdotes
Après avoir écrasé la rébellion du puissant clan Fujiwara en 764, l'impératrice Kōken fit imprimer un million de prières bouddhistes (darani) et les fit placer dans un million de petites pagodes en bois. Ce projet colossal, qui mobilisa des centaines d'artisans pendant des années, visait à remercier le Bouddha de sa victoire et à protéger le Japon. Ces pagodes sont considérées comme l'un des premiers exemples d'impression au monde.
Kōken abdiqua une première fois en 758 en faveur de l'empereur Junnin, mais continua d'exercer une influence considérable depuis sa retraite bouddhiste. Lorsque Junnin osa la critiquer publiquement pour sa relation avec le moine Dōkyō, elle reprit le pouvoir en 764, exila l'empereur et régna à nouveau sous le nom de Shōtoku. Elle est ainsi l'une des très rares souveraines au monde à avoir régné deux fois.
Son attachement au moine bouddhiste Dōkyō suscita un scandale immense à la cour. Elle l'éleva au rang de 'Hōō' (roi du Dharma), un titre quasi impérial, et certains courtisans craignirent qu'elle ne veuille lui transmettre le trône. Un oracle du grand sanctuaire d'Usa fut consulté, et aurait répondu qu'un non-membre de la famille impériale ne pouvait accéder au trône. Dōkyō fut finalement exilé à la mort de l'impératrice.
Kōken était la fille de l'empereur Shōmu, lui-même fervent bouddhiste qui avait fait ériger le Grand Bouddha de bronze de Tōdai-ji. Elle assista en 752 à la grande cérémonie de consécration de cette statue gigantesque (15 mètres de haut), à laquelle participèrent des moines venus de Chine, d'Inde et de Corée. Cet événement symbolisait la place centrale que le bouddhisme occupait dans la politique de l'État japonais de l'époque.
Sources primaires
La dixième année de Tempyō-shōhō, l'impératrice monta sur le trône et proclama : 'Nous gouvernerons le royaume en nous appuyant sur la Loi du Bouddha et sur la loi des hommes, afin que tous vivent en paix.'
Que dans chaque province soit érigé un temple de sept étages et que soient copiés les sutras pour protéger le pays et assurer la prospérité du peuple.
Par la grâce du Bouddha, nous avons été victorieux. En signe de gratitude et pour purifier les fautes de tous les êtres vivants, nous ordonnons la production d'un million de pagodes contenant les prières sacrées.
Les poèmes composés lors des banquets de cour sous le règne de l'impératrice Kōken témoignent de la vie raffinée de la capitale de Nara, où la nature, la beauté et la dévotion s'entremêlaient.
Lieux clés
Capitale du Japon de 710 à 784, construite sur le modèle de Chang'an. C'est là que Kōken vécut, régna et mourut ; le palais impérial, au nord de la ville, était le centre du pouvoir politique et religieux du pays.
Temple bouddhiste construit par le père de Kōken, l'empereur Shōmu, abritant le Grand Bouddha de bronze. Kōken assista à sa consécration en 752 et continua à le soutenir tout au long de son règne comme symbole du bouddhisme d'État.
Grand sanctuaire shinto de Kyushu consulté comme oracle lorsque la question de la succession au trône se posa. La réponse de l'oracle, selon laquelle seul un membre de la famille impériale pouvait accéder au trône, mit fin aux ambitions prêtées au moine Dōkyō.
Couvent bouddhiste fondé par l'impératrice Kōmyō, mère de Kōken, et soutenu par cette dernière. Il servait de temple principal pour les nonneries provinciales, pendant féminin du réseau des kokubunji.
Temple fondé par le moine chinois Jianzhen (Ganjin) arrivé au Japon en 754, avec l'appui de la cour impériale. Ce temple illustre les échanges religieux et culturels intenses entre le Japon et la Chine Tang à l'époque de Kōken.
Objets typiques

Ces petites pagodes en bois de 21 cm commandées par Kōken contenaient chacune une prière bouddhiste imprimée (darani). Leur production à un million d'exemplaires représente l'un des projets d'impression les plus anciens et les plus ambitieux de l'histoire humaine.

Coiffure officielle portée par les souverains et hauts dignitaires japonais, d'inspiration chinoise Tang. Kōken la portait lors des cérémonies d'État, affirmant son autorité impériale dans un contexte où sa légitimité était parfois contestée.

La copie des sutras (kyōsha) était une pratique religieuse et politique centrale à l'époque de Nara. Kōken fit copier et diffuser de nombreux textes sacrés dans tout le pays, notamment le Sutra du Lotus, pour assurer la protection du Japon.

L'un des Trois Trésors Sacrés du Japon, symbole de la légitimité impériale. Comme tous les empereurs, Kōken reçut la garde de ces insignes divins lors de son intronisation, affirmant sa descendance des dieux.

Cet objet bouddhiste, associé aux moines errants, symbolise la dévotion religieuse qui caractérisait l'entourage de Kōken, notamment le moine Dōkyō qu'elle éleva au plus haut rang de la hiérarchie religieuse.

Petites plaquettes en bois utilisées pour les communications administratives et la tenue des registres à l'époque de Nara. Des milliers de ces tablettes ont été retrouvées à Nara, témoignant du fonctionnement de l'État ritsuryo que Kōken dirigeait.
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Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Kōken se levait à l'aube pour accomplir ses dévotions bouddhistes : récitation de sutras, offrande d'encens et méditation. Ces rituels religieux structuraient sa journée autant que ses devoirs politiques. Elle recevait ensuite les rapports de ses ministres sur les affaires de l'État.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux audiences officielles dans la grande salle du palais, aux décisions administratives et à la lecture des documents rédigés sur des tablettes de bois (mokkan) ou du papier. Elle supervisait également les affaires du bouddhisme d'État : construction de temples, copie des sutras, organisation des cérémonies religieuses.
Soir
Les soirées à la cour comprenaient des banquets rituels avec musique gagaku et poésie, conformément aux usages de la cour inspirés du modèle Tang. La poésie, les échanges lettrés et les prières bouddhistes du soir terminaient la journée avant le repos.
Alimentation
L'alimentation de la cour impériale de Nara était fortement influencée par le bouddhisme : riz blanc, légumes, algues, tofu, poisson et fruits de saison. L'influence bouddhiste limitait la consommation de viande. Les repas officiels incluaient du saké et des mets raffinés préparés par des cuisiniers de cour.
Vêtements
Kōken portait des tenues officielles d'apparat inspirées des vêtements de cour chinois Tang : robes superposées en soie de couleurs codifiées selon le rang, avec ceintures laquées et coiffures élaborées. La couleur pourpre était réservée aux membres de la famille impériale. Ses habits de dévotion bouddhiste étaient plus sobres.
Habitat
Kōken résidait dans le palais impérial de Heijō-kyō (Nara), vaste complexe de bâtiments en bois laqué rouge et blanc organisés selon un plan symétrique d'inspiration chinoise. Les pièces aux cloisons coulissantes (shoji) étaient meublées sobrement : tatamis, tables basses et coffres laqués. Des jardins, des étangs et des pavillons composaient l'environnement palatial.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Le style visuel de l'époque de Nara s'inspire de la Chine Tang : architecture laquée rouge et blanche, robes impériales en soie superposées, iconographie bouddhiste dorée et compositions formelles et symétriques.
Ambiance sonore
L'univers sonore de la cour de Nara mêle les chants bouddhistes des moines, les cloches des temples, la musique rituelle gagaku et le bruissement de la soie sur les planchers laqués du palais impérial.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Projet des Hyakumantō Darani (百万塔陀羅尼)
764-770
Édits de gouvernement et de protection du Dharma
749-770
Soutien au réseau des Kokubunji (国分寺)
749-770
Patronage de Tōdai-ji et du Grand Bouddha
752






