Biographie

Kōmyō fut empereur du Japon de la Cour du Nord (1336-1348), intronisé par le shogun Ashikaga Takauji durant la grande scission impériale de l'époque Nanboku-chō. Après son abdication, il se retira de la vie politique et devint moine bouddhiste, finissant ses jours dans la prière et le recueillement.

Kōmyō(1322 — 1380)

Kōmyō

Japon

6 min de lecture

PolitiqueSpiritualitéMonarqueReligieux/seMoyen ÂgeLe Japon médiéval du XIVe siècle, déchiré par la guerre des Cours du Nord et du Sud (Nanboku-chō), où deux lignées impériales rivales revendiquaient le trône. C'est l'époque où le shogunat Ashikaga s'impose comme véritable détenteur du pouvoir, reléguant l'empereur à un rôle largement symbolique.
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Questions fréquentes

Kōmyō (1322-1380) fut empereur du Japon de la Cour du Nord de 1336 à 1348, pendant l'époque dite Nanboku-chō où deux lignées impériales rivales se disputaient le trône. Intronisé par le shogun Ashikaga Takauji, il incarnait surtout la légitimité dont le nouveau shogunat avait besoin, sans détenir de pouvoir réel.

Faits marquants

  • Naissance en 1322 au sein de la lignée impériale Jimyōin
  • Intronisé empereur de la Cour du Nord en 1336 par le shogun Ashikaga Takauji
  • Règne durant la scission des deux Cours rivales (Nord et Sud) de l'époque Nanboku-chō
  • Abdication en 1348 en faveur de son neveu Sukō
  • Devient moine bouddhiste après son retrait, mort en 1380

Œuvres & réalisations

Intronisation comme empereur de la Cour du Nord (1336)

En montant sur le trône à l'appel d'Ashikaga Takauji, Kōmyō donna une assise impériale légitime au nouveau shogunat, fondant la lignée du Nord pour plus d'un demi-siècle.

Légitimation de l'autorité Ashikaga (1336-1348)

Par ses édits et sa présence symbolique, il fournit le cadre impérial qui permit aux Ashikaga d'exercer le pouvoir réel sur le pays.

Abdication ordonnée en faveur de Sukō (1348)

Sa transmission du trône à son neveu assura la continuité de la Cour du Nord dans la tourmente de la guerre dynastique.

Endurance durant la captivité du Sud (1352-1357)

Sa survie à plusieurs années de détention par la Cour du Sud permit le maintien de la légitimité de la lignée Jimyōin après sa libération.

Retrait dans la vie monastique (vers 1370)

En prenant les ordres bouddhistes, il incarna le modèle de l'empereur renonçant au monde pour la voie religieuse, fréquent au Japon médiéval.

Anecdotes

Quand le shogun Ashikaga Takauji fit monter Kōmyō sur le trône en 1336, il y avait un problème de taille : les Trois Trésors sacrés (le miroir, le sabre et le joyau), symboles indispensables de la légitimité impériale, étaient restés entre les mains de l'empereur rival Go-Daigo, réfugié à Yoshino. Kōmyō fut donc intronisé sans les insignes, ce qui jeta une ombre sur la validité de son règne pendant toute l'époque Nanboku-chō.

Kōmyō n'a jamais vraiment gouverné : le pouvoir réel appartenait au shogunat Ashikaga installé à Kyoto, tandis que la conduite de la cour était assurée par son frère aîné, l'empereur retiré Kōgon, selon le système de l'« insei » (gouvernement des empereurs cloîtrés). Kōmyō incarnait surtout la légitimité dont les Ashikaga avaient besoin.

En 1351-1352, lors de la guerre fratricide des Ashikaga appelée troubles de Kannō, la Cour du Sud profita du chaos pour s'emparer de Kyoto. Kōmyō, son frère Kōgon et d'autres membres de la Cour du Nord furent capturés et emmenés de force dans les montagnes du Sud, où ils restèrent retenus plusieurs années avant d'être libérés.

Après son abdication en 1348 en faveur de son neveu, l'empereur Sukō, Kōmyō se détourna peu à peu de la vie publique. Marqué par la captivité et l'instabilité de son époque, il prit finalement l'habit de moine bouddhiste et passa la fin de sa vie dans la retraite religieuse, mourant en 1380.

Sources primaires

Taiheiki (Chronique de la Grande Paix) (fin XIVe siècle)
Récit épique de la guerre entre les Cours du Nord et du Sud, relatant la chute du gouvernement de Kenmu et la montée des Ashikaga qui placèrent un empereur de leur choix sur le trône de Kyoto.
Baishōron (milieu XIVe siècle)
Chronique favorable à la maison Ashikaga, décrivant comment Takauji rétablit un empereur de la lignée Jimyōin face à Go-Daigo et fonda son autorité militaire.
Entairyaku, journal de Tōin Kinkata (1311-1360)
Journal d'un haut courtisan de Kyoto qui consigne au jour le jour la vie de la Cour du Nord, les rivalités impériales et les bouleversements des troubles de Kannō.
Masukagami (Le Miroir clair) (vers 1338-1376)
Récit historique en prose retraçant l'histoire de la cour impériale et les déchirements entre les deux lignées dynastiques rivales.

Lieux clés

Palais impérial de Kyoto

Siège de la Cour du Nord où Kōmyō fut intronisé en 1336 et tint sa fonction d'empereur sous la tutelle du shogunat Ashikaga.

Yoshino

Refuge montagneux de la Cour du Sud, fondée par Go-Daigo en 1336 ; cœur de la dynastie rivale qui contesta la légitimité de Kōmyō.

Quartier de Muromachi, Kyoto

Centre du pouvoir du shogunat Ashikaga, véritable détenteur de l'autorité tandis que l'empereur jouait un rôle largement symbolique.

Anpuku-ji (province de Kawachi)

Région du Sud où Kōmyō et les autres membres de la Cour du Nord furent retenus prisonniers après leur capture lors des troubles de Kannō.

Mont Hiei et Enryaku-ji

Grand centre du bouddhisme Tendai dominant Kyoto, foyer spirituel majeur de l'époque dont l'influence imprégnait la cour.

Liens externes & ressources

Œuvres

Intronisation comme empereur de la Cour du Nord

1336

Légitimation de l'autorité Ashikaga

1336-1348

Abdication ordonnée en faveur de Sukō

1348

Endurance durant la captivité du Sud

1352-1357

Retrait dans la vie monastique

vers 1370

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