Leonora Carrington(1917 — 2011)

Leonora Carrington

Mexique, Royaume-Uni

6 min de lecture

Arts visuelsLettresÉcrivain(e)XXe siècleXXe siècle — entre-deux-guerres, exil et essor du surréalisme international jusqu'au Mexique de l'après-guerre

Peintre, sculptrice et écrivaine britannique naturalisée mexicaine, figure majeure du surréalisme. Liée un temps à Max Ernst, elle développe un univers onirique peuplé de créatures fantastiques et de symboles ésotériques, et fut l'une des dernières représentantes vivantes du mouvement surréaliste.

Questions fréquentes

Leonora Carrington était une peintre, sculptrice et écrivaine britannique naturalisée mexicaine, figure majeure du surréalisme. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle a développé un univers onirique unique, peuplé de créatures hybrides et de symboles ésotériques, qui mêle mythologies celtique, mexicaine et alchimie. Contrairement à beaucoup de ses contemporaines restées dans l'ombre, elle s'est imposée comme une artiste à part entière, et a été l'une des dernières représentantes vivantes du mouvement surréaliste jusqu'à sa mort en 2011.

Faits marquants

  • Née en 1917 en Angleterre dans une famille bourgeoise dont elle rejette les conventions
  • Rencontre Max Ernst en 1937 et rejoint le cercle surréaliste à Paris
  • Fuit l'Europe pendant la Seconde Guerre mondiale et s'installe au Mexique en 1942
  • Publie le récit 'En bas' (1943), témoignage de son internement psychiatrique
  • Décède en 2011 à Mexico, dernière grande figure survivante du surréalisme historique

Œuvres & réalisations

Self-Portrait (Autoportrait, dit « À l'auberge du Cheval d'Aube ») (vers 1937-1938)

Tableau emblématique où elle se représente entre une hyène et un cheval à bascule, sous un cheval blanc bondissant par la fenêtre. Une déclaration de liberté et d'identité artistique.

The House of Fear (La Maison de la peur) (1938)

Recueil de contes surréalistes préfacé par Max Ernst, qui révèle son talent d'écrivaine au monde fantastique singulier.

Down Below (En bas) (1943)

Récit autobiographique bouleversant de son internement psychiatrique, document rare sur la folie vécue de l'intérieur.

El Mundo Mágico de los Mayas (Le Monde magique des Mayas) (1963)

Grande fresque murale réalisée pour le Musée national d'anthropologie de Mexico, mêlant mythologie maya et imaginaire surréaliste.

The Hearing Trumpet (Le Cornet acoustique) (1974)

Roman culte mettant en scène une vieille femme dans une maison de retraite fantastique, devenu un classique de la littérature féministe et surréaliste.

And Then We Saw the Daughter of the Minotaur (1953)

Toile représentative de son univers onirique, peuplée de figures hybrides et d'enfants-créatures dans une lumière irréelle.

Sculptures du Paseo de la Reforma (années 2000)

Série de sculptures monumentales en bronze installées dans la grande avenue de Mexico, consacrant sa stature de figure nationale.

Anecdotes

Née dans une riche famille du Lancashire, Leonora Carrington est renvoyée de plusieurs pensionnats catholiques pour son caractère rebelle. Son père, industriel du textile, s'oppose violemment à sa vocation artistique, mais sa mère lui offre un livre sur le surréalisme qui change sa vie.

En 1937, à seulement 20 ans, elle rencontre le peintre allemand Max Ernst, de 26 ans son aîné, et part vivre avec lui en France. Leur idylle est brisée par la Seconde Guerre mondiale : Ernst, considéré comme « étranger ennemi », est interné à plusieurs reprises.

Après l'arrestation d'Ernst en 1940, Leonora sombre dans une grave crise psychique et est internée dans un asile de Santander, en Espagne, où elle subit des traitements brutaux. Elle racontera cette expérience traumatisante dans son récit « En bas » (Down Below).

Pour fuir l'Europe en guerre, elle contracte un mariage de convenance avec le diplomate mexicain Renato Leduc, qui lui permet de gagner le Mexique en 1942. Elle y restera presque toute sa vie et deviendra une figure centrale de l'art mexicain.

Au Mexique, elle se lie d'une amitié profonde avec la peintre espagnole Remedios Varo. Les deux femmes partagent une passion pour l'alchimie, la magie et l'ésotérisme, qu'elles infusent dans leurs toiles peuplées de créatures hybrides et de rituels mystérieux.

Sources primaires

Down Below (En bas), récit autobiographique de Leonora Carrington (1943 (publié dans la revue VVV))
Je dois revivre cette expérience, parce que, en le faisant, je crois pouvoir être utile à d'autres, autant qu'à moi-même.
The Hearing Trumpet (Le Cornet acoustique), roman de Leonora Carrington (écrit vers 1950, publié en 1974)
Quand Carmella m'offrit le cornet acoustique, elle ne se doutait peut-être pas des conséquences que cet objet allait avoir.
The House of Fear (La Maison de la peur), recueil de contes (1938, préface de Max Ernst)
Self-portrait : récits où chevaux et hyènes traversent un monde mi-rêve mi-cauchemar.

Lieux clés

Clayton Green, Lancashire (Angleterre)

Région industrielle du nord de l'Angleterre où Leonora Carrington naît en 1917 dans une riche famille du textile. Son enfance se déroule dans un grand manoir baigné de légendes celtiques racontées par sa mère et sa nourrice irlandaise.

Saint-Martin-d'Ardèche (France)

Village du sud de la France où elle vit avec Max Ernst à la fin des années 1930. Ils y décorent leur maison de sculptures et de fresques, dans un bonheur créatif brisé par la guerre.

Santander (Espagne)

Ville du nord de l'Espagne où Carrington est internée dans une clinique psychiatrique en 1940 après son effondrement. Cette épreuve traumatisante nourrira son récit « Down Below ».

Mexico (Mexique)

Capitale du Mexique où elle s'installe en 1942 et passe presque toute sa vie. Elle y devient une figure majeure de l'art mexicain et y réalise ses œuvres les plus importantes.

Paris (France)

Capitale du surréalisme où elle fréquente le cercle d'André Breton, Picasso, Miró et Dalí à la fin des années 1930. C'est là qu'elle s'affirme comme jeune artiste du mouvement.

Voir aussi