
Mahmoud al-Kachgari est un philologue et encyclopédiste turc du XIe siècle, auteur du célèbre « Dîwân Lughat al-Turk » (Recueil des langues turques), œuvre monumentale qui documente les dialectes, poèmes et coutumes des peuples turcophones. Considéré comme le père de la linguistique turque, il dressa la première carte connue du monde turcophone.
Mahmoud al-Kachgari(1005 — 1102)
Mahmoud al-Kachgari
empire karakhanide
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Vers 1072-1074 : rédaction du Dîwân Lughat al-Turk, encyclopédie des langues et cultures turcophones en langue arabe, offerte au calife abbasside al-Muqtadi
- L'œuvre recense plus de 7 500 entrées lexicales en dialectes turcs, accompagnées de proverbes, poèmes et récits ethnographiques
- Al-Kachgari inclut dans son ouvrage une carte circulaire du monde turcophone, l'une des plus anciennes cartographies de cette région
- Originaire de Kashgar (actuel Xinjiang, Chine), il appartient à l'aristocratie karakhanide et voyagea à travers les steppes pour collecter ses données
- Son œuvre, longtemps perdue, fut redécouverte au XIXe siècle à Istanbul et constitue aujourd'hui une source primaire majeure pour l'histoire et la linguistique turques
Œuvres & réalisations
Dictionnaire et encyclopédie des langues turques, première grande étude de la linguistique et de la culture turques, rédigée en arabe.
Mappemonde circulaire incluse dans le « Dîwân », la plus ancienne carte connue dessinée par un auteur turc.
Au sein du « Dîwân », il conserva des centaines de dictons et de vers oraux qui auraient sinon disparu.
Traité de grammaire turque qu'il mentionne lui-même mais qui ne nous est pas parvenu.
Anecdotes
Vers 1072-1074, Mahmoud al-Kachgari acheva à Bagdad son « Dîwân Lughat al-Turk » et le dédia au calife abbasside. Pour rassembler ses mots, il avait sillonné pendant des années les campements et les villes des peuples turcophones, notant patiemment leur langue village par village.
Dans son grand ouvrage, al-Kachgari inséra une carte circulaire du monde connu, orientée avec l'est en haut et centrée sur les terres turques et sa ville de Kachgar. C'est la plus ancienne carte du monde dessinée par un auteur turc qui nous soit parvenue.
Al-Kachgari écrivit son dictionnaire en arabe, la langue savante de l'époque, pour convaincre les Arabes d'apprendre le turc. Il rapporte même un dicton qu'il attribue au Prophète : « Apprenez la langue des Turcs, car leur règne sera long. »
Fier de ses origines, al-Kachgari se disait descendant des Karakhanides, la dynastie turque qui régnait sur sa région. Cette proximité avec l'élite dirigeante lui donna accès aux poèmes, proverbes et coutumes qu'il consigna avec soin.
Le manuscrit du « Dîwân » fut longtemps considéré comme perdu. Une unique copie, réalisée en 1266 à partir de l'original, ne fut redécouverte qu'au début du XXe siècle à Istanbul, révélant au monde moderne l'ampleur de son travail.
Sources primaires
J'ai parcouru les villes et les campements des Turcs, des Turcomans, des Oghouz, des Tchigil, des Yaghma et des Kirghiz, et j'ai fixé dans ma mémoire et rassemblé leurs mots et leurs formes.
Apprenez la langue des Turcs, car leur règne sera long. J'ai composé ce livre en le classant selon l'ordre des lettres, l'ornant de proverbes et de vers.
J'ai figuré ici la terre habitée en forme de cercle, afin de montrer les lieux où résident les tribus turques et les distances qui les séparent.
Lieux clés
Grande cité de la route de la soie, foyer culturel karakhanide auquel al-Kachgari doit son nom.
Région parfois donnée comme lieu d'origine de sa famille, liée à l'élite karakhanide.
Capitale abbasside où il rédigea et dédia son « Dîwân », cœur intellectuel du monde islamique.
Métropole savante d'Asie centrale, centre de la culture turco-persane lettrée de son temps.
Grande ville karakhanide de Transoxiane, carrefour des peuples turcophones qu'il étudia.




