Marguerite Porete(1250 — 1310)

Marguerite Porete

royaume de France

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SpiritualitéLettresMoyen ÂgeMoyen Âge central et tardif (XIIIe-XIVe siècle), période des béguinages et de l'essor de la mystique rhénane

Mystique béguine du XIVe siècle, Marguerite Porete est l'autrice du Miroir des âmes simples et anéanties, traité mystique en langue vernaculaire. Condamnée pour hérésie par l'Inquisition, elle fut brûlée vive à Paris en 1310, refusant de se rétracter.

Questions fréquentes

Marguerite Porete est une béguine du XIVe siècle, autrice du Miroir des âmes simples et anéanties, l'un des premiers grands textes mystiques en langue vernaculaire. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle a osé écrire en ancien français plutôt qu'en latin, rendant la spiritualité accessible aux femmes laïques. Moins une simple religieuse qu'une pionnière de la mystique en langue du peuple, son œuvre fut condamnée pour hérésie et elle-même brûlée vive en 1310 à Paris pour avoir refusé de se rétracter. Son traité a influencé des figures comme Maître Eckhart et a été redécouvert au XXe siècle.

Citations célèbres

« L'Âme anéantie n'a ni volonté ni désir, sinon ce que Dieu veut en elle.»

Faits marquants

  • Vers 1296 : rédaction du Miroir des âmes simples et anéanties en ancien français
  • 1306 : son livre est condamné et brûlé publiquement à Valenciennes par l'évêque Guy de Colmieu
  • 1308-1310 : arrêtée et jugée par l'Inquisition à Paris sous Guillaume de Paris
  • 1er juin 1310 : brûlée vive en place de Grève à Paris pour hérésie obstinée
  • XIXe-XXe siècles : redécouverte et attribution du Miroir à Marguerite Porete après des siècles d'anonymat

Œuvres & réalisations

Le Miroir des âmes simples et anéanties (vers 1295-1306)

Traité mystique en ancien français, présenté sous forme de dialogue allégorique entre l'Amour, l'Âme et la Raison. C'est l'unique œuvre connue de Marguerite Porete et l'un des premiers grands textes de la mystique en langue vernaculaire européenne.

Anecdotes

Marguerite Porete écrivit son Miroir des âmes simples et anéanties en ancien français, langue du peuple, et non en latin réservé aux clercs. Ce choix audacieux permettait à des femmes laïques, souvent exclues de l'éducation savante, de lire et méditer ses enseignements mystiques.

Condamnée une première fois vers 1306, son livre fut brûlé publiquement à Valenciennes en sa présence et il lui fut interdit d'en diffuser de nouveaux exemplaires. Malgré cet avertissement, Marguerite continua de faire circuler son œuvre, ce qui conduisit à sa seconde arrestation.

Emprisonnée à Paris pendant près de dix-huit mois, Marguerite Porete refusa de prêter serment devant les inquisiteurs et garda un silence absolu tout au long de son procès. Ce silence délibéré, acte de résistance spirituelle, fut interprété comme un aveu de contumace et précipita sa condamnation à mort.

Le 1er juin 1310, place de Grève à Paris, Marguerite fut brûlée vive. Les chroniqueurs rapportent que les spectateurs présents furent bouleversés par la sérénité et la dignité avec lesquelles elle affronta le bûcher, certains d'entre eux versant des larmes.

Pendant des siècles, le Miroir des âmes simples fut attribué à tort à d'autres auteurs, dont Ruusbroec. Ce n'est qu'en 1946 que la chercheuse Romana Guarnieri identifia formellement Marguerite Porete comme l'autrice de l'œuvre, restituant ainsi à cette femme sa place dans l'histoire de la mystique médiévale.

Sources primaires

Le Miroir des âmes simples et anéanties (vers 1295-1306)
L'Âme anéantie ne veut rien, et ne veut pas vouloir, car elle n'a plus de volonté propre. Elle est libre de toute chose, car elle ne désire rien qui soit au-dessous de Dieu.
Chronique de Guillaume de Nangis (1310)
En cette même année, une certaine béguine, hérétique obstinée, refusant de se rétracter de ses erreurs, fut brûlée à Paris, devant la grande foule du peuple assemblé.
Continuatio Chronici Guillelmi de Nangiaco (1310)
Margareta dicta Porete de Hannonia, quaedam beguina, combusta est Parisius pro haeresi, cum libro suo, quem ipsa composuerat.
Sentence d'inquisition du tribunal de Philippe de Marigny (1er juin 1310)
Ladite Marguerite, convaincue d'hérésie, ayant refusé de jurer et de répondre aux questions de l'inquisiteur, est déclarée hérétique relapse et abandonnée au bras séculier.

Lieux clés

Valenciennes (Hainaut)

Ville natale présumée de Marguerite Porete, alors dans le comté de Hainaut. C'est là que son livre fut brûlé une première fois vers 1306, lors de sa première condamnation.

Paris — Place de Grève

Lieu d'exécution de Marguerite Porete le 1er juin 1310. Cette place, sur la rive droite de la Seine, était le principal lieu des supplices publics médiévaux à Paris.

Université de Paris (Sorbonne)

Les théologiens de cette institution condamnèrent les thèses du Miroir en 1309, fournissant la base doctrinale du procès inquisitorial contre Marguerite.

Béguinage de Valenciennes

Communauté de béguines dans laquelle Marguerite vécut probablement. Les béguinages flamands et picards étaient des foyers actifs de spiritualité féminine autonome aux XIIIe-XIVe siècles.

Strasbourg — Rhineland mysticism

Bien que Marguerite soit picarde, son œuvre s'inscrit dans le courant de la mystique rhénane, dont Strasbourg et Cologne étaient les centres. Des théologiens comme Maître Eckhart connaissaient possiblement son travail.

Voir aussi