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Poi — la pâte de taro offerte aux dieux
Pourquoi ce plat ? Aux îles où s'élève le Mauna Kea, le taro est l'enfant aîné des dieux et le poi qu'on en tire est sacré : on n'élève jamais la voix autour du bol de poi ouvert. Pour Maui, demi-dieu qui marche entre les mondes, c'est la nourriture qu'on partage avec les ancêtres autant qu'avec les vivants — le lien entre la terre, le ciel et la mer.
Le taro cuit puis pilé en une pâte lisse, additionnée d'eau et laissée reposer un jour ou deux : elle s'acidifie légèrement, devient vivante. Aliment-socle de Polynésie tropicale, on le présente d'abord en offrande avant d'y plonger les doigts.
Baisse la voix, étranger : le bol de poi est ouvert, et avec lui la présence des anciens. Le taro, c'est le premier-né, le frère aîné des hommes — on le cuit dans le four, on le pile sur la pierre jusqu'à ce qu'il devienne lisse comme l'eau d'un lagon calme. On y verse un peu d'eau, on laisse le temps faire son œuvre : un jour, deux jours, et le poi pique doucement la langue, signe qu'il est vivant. La première part n'est pas pour toi : elle est pour ceux qui nous ont précédés.
- •Taro (corme) — plusieurs racines (socle)
- •Eau douce — selon la texture (liant et fermentation)
Poi — la pâte de taro offerte aux dieux
Le taro cuit puis pilé en une pâte lisse, additionnée d'eau et laissée reposer un jour ou deux : elle s'acidifie légèrement, devient vivante. Aliment-socle de Polynésie tropicale, on le présente d'abord en offrande avant d'y plonger les doigts.
Pourquoi ce plat ? Aux îles où s'élève le Mauna Kea, le taro est l'enfant aîné des dieux et le poi qu'on en tire est sacré : on n'élève jamais la voix autour du bol de poi ouvert. Pour Maui, demi-dieu qui marche entre les mondes, c'est la nourriture qu'on partage avec les ancêtres autant qu'avec les vivants — le lien entre la terre, le ciel et la mer.
Baisse la voix, étranger : le bol de poi est ouvert, et avec lui la présence des anciens. Le taro, c'est le premier-né, le frère aîné des hommes — on le cuit dans le four, on le pile sur la pierre jusqu'à ce qu'il devienne lisse comme l'eau d'un lagon calme. On y verse un peu d'eau, on laisse le temps faire son œuvre : un jour, deux jours, et le poi pique doucement la langue, signe qu'il est vivant. La première part n'est pas pour toi : elle est pour ceux qui nous ont précédés.
Ingrédients (version d’époque)
- Taro (corme) — plusieurs racines (socle)
- Eau douce — selon la texture (liant et fermentation)
Ingrédients
- Taro frais — 1 kg (socle)
- Eau — 150 à 300 ml (détend la pâte)
Préparation
- Important : le taro cru est irritant — il doit être bien cuit. Éplucher avec des gants, le taro pouvant démanger.
- Cuire les morceaux de taro à la vapeur ou à l'eau 40 à 50 min, jusqu'à tendreté complète.
- Piler ou écraser le taro chaud en ajoutant l'eau peu à peu, jusqu'à une pâte lisse et homogène.
- Pour un poi frais (« sweet poi »), déguster aussitôt à la cuillère ou aux doigts.
- Pour le poi traditionnel acidulé, couvrir et laisser fermenter 1 à 2 jours à température ambiante, en remuant : il développe une légère acidité.
- Présenter symboliquement la première portion en hommage aux ancêtres, puis partager.
Comment on faisait : Dans toute la Polynésie tropicale — et particulièrement à Hawaï — le poi est l'aliment-socle par excellence. Le taro, considéré comme l'ancêtre mythique de l'humanité (Hāloa), était cuit dans le four de terre puis pilé sur une planche avec un pilon de pierre. La fermentation naturelle, recherchée, donnait au poi son acidité caractéristique et permettait de le conserver. Autour du bol ouvert régnait un profond respect.
Le twist contemporain : Servi en petit bol lisse comme un miroir, à manger à la main : l'expérience la plus ancienne et la plus directe du goût polynésien.
Maui-tikitiki-a-Taranga · Charactorium





