Natsume Sōseki est l'un des plus grands romanciers japonais de l'ère Meiji. Spécialiste de littérature anglaise, il dépeint avec ironie et mélancolie la société japonaise tiraillée entre traditions et modernisation occidentale.
Natsume Soseki(1867 — 1916)
Natsume Sōseki
Japon
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Je suis un chat. Je n'ai pas encore de nom.»
Faits marquants
- Né en 1867 à Edo (futur Tokyo), peu avant la restauration Meiji
- Séjourne à Londres pour étudier la littérature anglaise (1900-1902)
- Publie son premier roman, Je suis un chat, en 1905
- Fait paraître Botchan (1906) puis Kokoro (1914), parmi ses œuvres majeures
- Meurt en 1916 à Tokyo, consacré comme figure majeure des lettres japonaises
Œuvres & réalisations
Roman satirique narré par un chat qui observe avec ironie les intellectuels japonais. Première œuvre de Sōseki, immédiat succès.
Récit drôle et mordant d'un jeune professeur naïf et impulsif en province. L'un des romans les plus lus du Japon.
Roman poétique où un peintre cherche le beau loin de la société. Méditation sur l'art et la sérénité.
Roman d'apprentissage d'un étudiant de province découvrant Tokyo et le monde moderne.
Histoire d'un homme oisif tiraillé entre désir et morale, peinture critique de la société de Meiji.
Roman sur un couple modeste rongé par le remords, dans une atmosphère d'introspection et de retenue.
Chef-d'œuvre sur la culpabilité, la solitude et la fin de l'ère Meiji. Souvent considéré comme son plus grand roman.
Roman psychologique resté inachevé à sa mort, exploration minutieuse de l'égoïsme dans le couple.
Anecdotes
Le vrai nom de l'écrivain est Natsume Kinnosuke. Il choisit le pseudonyme « Sōseki », tiré d'une expression chinoise (« se rincer la bouche avec une pierre, prendre le courant pour oreiller ») qui désigne une personne entêtée refusant d'admettre ses erreurs. Une façon ironique de revendiquer son caractère têtu.
Né le dernier d'une famille nombreuse, le petit Kinnosuke fut placé chez une famille adoptive dès sa naissance, puis ballotté entre plusieurs foyers durant son enfance. Ce sentiment de solitude marquera profondément ses romans.
En 1900, le gouvernement Meiji l'envoie étudier l'anglais à Londres. Isolé, sans argent et déprimé, il s'enferme dans sa chambre à lire ; la rumeur court même au Japon que « Natsume est devenu fou ». Il rentrera deux ans plus tard, profondément transformé.
À l'université impériale de Tokyo, Sōseki succède au célèbre écrivain Lafcadio Hearn comme professeur de littérature anglaise. Au début, ses étudiants regrettaient leur ancien maître et l'accueillirent froidement.
Son premier roman, « Je suis un chat », naquit presque par hasard : un texte court écrit pour une revue de haïkus, raconté du point de vue d'un chat moqueur. Le succès fut tel que Sōseki abandonna en 1907 sa prestigieuse chaire universitaire pour devenir écrivain à plein temps au journal Asahi.
De 1984 à 2004, le visage de Natsume Sōseki, reconnaissable à sa moustache, figurait sur les billets de 1000 yens, preuve de sa place immense dans la culture japonaise.
Sources primaires
Je suis un chat. Je n'ai pas encore de nom.
Depuis mon enfance, l'imprudence dont j'ai hérité de mes parents ne m'a valu que des ennuis.
Nous qui sommes nés dans cette époque moderne, pleine de liberté, d'indépendance et d'égoïsme, devons tous, en contrepartie, goûter cette solitude.
Lieux clés
Ville natale de Sōseki, où il vécut, écrivit ses grands romans et mourut. La capitale incarne le Japon en pleine mutation de l'ère Meiji.
Sōseki y séjourne de 1900 à 1902 pour étudier la littérature anglaise. Cette expérience solitaire et difficile nourrit sa réflexion sur la modernité et l'Occident.
Sōseki y enseigne la littérature anglaise après avoir succédé à Lafcadio Hearn, avant de tout quitter pour l'écriture.
Petite ville de l'île de Shikoku où Sōseki fut professeur de collège. Son séjour lui inspira le décor du roman « Botchan ».
Ville du sud du Japon où il enseigna à l'École supérieure et où il se maria. C'est de là qu'il partit pour Londres.
Station thermale où Sōseki, en 1910, faillit mourir d'une hémorragie due à son ulcère. Cet épisode bouleversa sa vision de la vie et de la mort.
Objets typiques

Instruments traditionnels de l'écriture japonaise, avec lesquels Sōseki rédigeait ses textes et pratiquait la calligraphie et le haïku.

Feuilles quadrillées où chaque case reçoit un caractère, utilisées par les écrivains japonais pour rédiger romans et articles destinés aux journaux.

Grand quotidien japonais dans lequel Sōseki publiait ses romans sous forme de feuilletons, lus chaque jour par des milliers de personnes.

Œuvres de Shakespeare et des auteurs britanniques que Sōseki étudiait et enseignait, symbole de l'ouverture du Japon de Meiji à la culture occidentale.

Vêtement traditionnel japonais que Sōseki portait chez lui, tandis qu'il revêtait le costume occidental pour ses fonctions universitaires.

Avec sa moustache, les petites lunettes font partie de l'image familière de l'écrivain, intellectuel et grand lecteur.
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Vie quotidienne
Matin
Devenu écrivain du journal Asahi, Sōseki travaillait selon un rythme régulier : il consacrait ses matinées à l'écriture de ses romans-feuilletons, dans son cabinet de travail rempli de livres, devant ses feuilles de papier quadrillé.
Après-midi
L'après-midi, il lisait beaucoup, surtout des auteurs anglais, composait des haïkus et pratiquait la calligraphie. Il recevait aussi du courrier et des visiteurs venus chercher conseil.
Soir
Le jeudi soir, sa maison s'ouvrait à ses jeunes disciples lors de réunions célèbres (le « cercle du jeudi »), où l'on discutait littérature ; de jeunes écrivains comme Akutagawa Ryūnosuke y firent leurs débuts.
Alimentation
Sa cuisine restait largement japonaise (riz, soupe miso, poisson), mais Sōseki avait un grand faible pour les sucreries et la confiture, qu'il consommait en abondance. Son ulcère à l'estomac l'obligea cependant à surveiller son alimentation.
Vêtements
À la maison, il portait le kimono traditionnel ; pour ses cours et ses sorties publiques, il revêtait le costume occidental à l'européenne, à l'image du Japon de Meiji partagé entre deux mondes.
Habitat
Il vivait à Tokyo dans une maison japonaise classique, avec tatamis et cloisons coulissantes, où son cabinet de travail tenait une place centrale. Sa demeure, surnommée le « Sōseki Sanbō », était un lieu de rencontres littéraires.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Je suis un chat (Wagahai wa neko de aru)
1905
Oreiller d'herbes (Kusamakura)
1906
Sanshirō
1908
Et puis (Sorekara)
1909
La Porte (Mon)
1910
Le Pauvre cœur des hommes (Kokoro)
1914






