Utagawa Hiroshige est l'un des plus grands maîtres japonais de l'estampe (ukiyo-e). Célèbre pour ses paysages et ses vues de voyage, il a profondément influencé les impressionnistes et postimpressionnistes européens comme Van Gogh et Monet.
Utagawa Hiroshige(1797 — 1858)
Hiroshige
Japon
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1797 à Edo (actuelle Tokyo) dans une famille de samouraïs de rang modeste
- Réalise vers 1833-1834 sa célèbre série « Les Cinquante-trois Stations du Tōkaidō », représentant les étapes de la route reliant Edo à Kyoto
- Produit entre 1856 et 1858 la série « Cent vues d'Edo », l'une de ses œuvres les plus connues
- Meurt en 1858 à Edo, probablement lors d'une épidémie de choléra
- Ses estampes, diffusées en Europe, inspirent les impressionnistes ; Van Gogh copie certaines de ses œuvres
Œuvres & réalisations
Sa série la plus célèbre, montrant les relais de la grande route entre Edo et Kyoto. Elle le consacra comme le maître du paysage.
Suite tardive de plus de cent estampes verticales sur la vie et les saisons d'Edo. Plusieurs furent copiées par Van Gogh.
Série de paysages de montagne réalisée avec l'artiste Keisai Eisen, le long d'une route intérieure du Japon.
Série consacrée au volcan sacré, en écho à celle d'Hokusai. Elle compte parmi ses dernières œuvres.
Paysages poétiques autour du lac Biwa, inspirés d'un thème classique de la peinture chinoise et japonaise.
Estampe des « Cent vues d'Edo » montrant un prunier au premier plan. Van Gogh en réalisa une célèbre copie à l'huile.
Anecdotes
Hiroshige naît dans une famille de samouraïs de bas rang : son père était pompier officiel au service du shogunat à Edo (l'actuelle Tokyo). À seulement douze ans, à la mort de ses parents, le jeune garçon hérite de cette charge de pompier, qu'il exercera tout en se formant à la peinture.
Son chef-d'œuvre, « Les Cinquante-trois Stations du Tōkaidō », naît d'un véritable voyage : en 1832, Hiroshige aurait emprunté la grande route reliant Edo à Kyoto, accompagnant officiellement une délégation. Il y croque les relais, les auberges, la pluie, la neige et les voyageurs, ce qui donne à ses paysages une fraîcheur prise sur le vif.
Les estampes de Hiroshige ont traversé les mers d'une façon inattendue : on dit qu'elles servaient parfois de papier d'emballage pour la porcelaine japonaise exportée vers l'Europe. C'est ainsi que des artistes occidentaux les découvrirent, déclenchant la mode du « japonisme ».
Vincent van Gogh admirait tant Hiroshige qu'il a recopié à la peinture à l'huile deux de ses estampes, dont « Le Prunier en fleurs ». Il s'efforça même de reproduire les caractères japonais qui encadraient l'image originale, sans en comprendre le sens.
À la fin de sa vie, Hiroshige se fait moine bouddhiste, comme il était courant pour les artistes âgés au Japon. Il meurt en 1858, probablement lors d'une grande épidémie de choléra qui ravage Edo cette année-là.
Sources primaires
« Laissant mon pinceau à l'Est, je pars pour un voyage vers l'Ouest, contempler les paysages fameux de la Terre Pure. » (le voyage vers l'Ouest évoque le paradis bouddhiste)
Série de cinquante-cinq estampes représentant les relais de la route du Tōkaidō entre Edo et Kyoto, avec leurs paysages, voyageurs et conditions météorologiques.
Suite de cent dix-huit estampes verticales montrant les lieux remarquables de la ville d'Edo au fil des saisons.
Lieux clés
Capitale du shogunat et ville natale de Hiroshige, l'une des plus grandes villes du monde à l'époque. Il y vécut, travailla et mourut.
Grande route côtière reliant Edo à Kyoto, jalonnée de cinquante-trois relais. Le voyage de Hiroshige sur cette route inspira sa série la plus célèbre.
Ancienne capitale impériale, point d'arrivée de la route du Tōkaidō. Centre culturel majeur du Japon traditionnel.
Pont du centre d'Edo qui marquait le point de départ officiel de la route du Tōkaidō et le kilomètre zéro du pays. Hiroshige l'a représenté plusieurs fois.
Volcan sacré et symbole du Japon, motif récurrent des paysages de Hiroshige. Il apparaît à l'horizon de nombreuses estampes.
Objets typiques

Bloc de bois de cerisier sur lequel le graveur découpe le dessin de l'artiste. Une estampe en couleur exige une planche distincte par couleur, soigneusement alignées.

Pinceau en poils d'animal monté sur un manche de bambou, utilisé pour tracer le dessin original à l'encre. Sa souplesse permet des traits très fins ou très larges.

Bâton d'encre noire que l'on frotte avec de l'eau sur une pierre à encre pour préparer le dessin. Elle donne les lignes profondes caractéristiques de l'ukiyo-e.

Papier japonais résistant fabriqué à partir de fibres de mûrier, sur lequel on imprime les estampes. Sa texture absorbe parfaitement les pigments.

Disque plat tenu dans la main que l'imprimeur frotte au dos du papier pour transférer l'encre de la planche. Outil clé de l'impression manuelle.

Image imprimée en couleurs représentant des paysages, acteurs ou scènes de la vie quotidienne. Bon marché, elle se diffusait largement parmi le peuple d'Edo.
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Jeune homme, Hiroshige commençait parfois ses journées par son service de pompier au quartier du château d'Edo, surveillant les risques d'incendie. Le reste du temps, il se rendait tôt à son atelier pour préparer l'encre et tracer ses dessins à la lumière du jour.
Après-midi
L'après-midi, il dessinait sur du papier fin les esquisses qu'il confiait ensuite aux graveurs et imprimeurs. Lors de ses voyages, il arpentait les routes, carnet en main, croquant ponts, auberges et voyageurs sur le vif.
Soir
Le soir, à la lueur d'une lampe à huile, Hiroshige pouvait composer des poèmes ou retravailler ses croquis. Comme beaucoup d'habitants d'Edo, il fréquentait parfois les théâtres et les quartiers animés du « monde flottant ».
Alimentation
Son alimentation était celle du Japon d'Edo : riz, soupe miso, poisson, légumes marinés et thé vert. Les nouilles (soba) et les plats vendus dans la rue étaient très populaires dans la grande ville.
Vêtements
Il portait le kimono croisé maintenu par une ceinture (obi), vêtement courant pour les hommes de son temps. Issu d'une famille de samouraïs, il avait droit à certains insignes, mais menait surtout la vie d'un artisan citadin.
Habitat
Hiroshige vivait dans une maison de bois et de papier typique d'Edo, aux cloisons coulissantes (shōji) et au sol couvert de tatamis. Ces habitations légères étaient très exposées aux incendies fréquents de la ville.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Les Cinquante-trois Stations du Tōkaidō
1833-1834
Cent vues célèbres d'Edo
1856-1858
Soixante-neuf Stations de la route du Kiso (Kisokaidō)
1835-1842
Trente-six vues du mont Fuji
1858
Le Prunier en fleurs (jardin de Kameido)
1857






