Utagawa Hiroshige(1797 — 1858)

Hiroshige

Japon

6 min de lecture

Arts visuelsArtisteXIXe siècleJapon de la fin de l'époque d'Edo (période Edo finissante), première moitié du XIXe siècle, avant l'ouverture du pays à l'Occident

Utagawa Hiroshige est l'un des plus grands maîtres japonais de l'estampe (ukiyo-e). Célèbre pour ses paysages et ses vues de voyage, il a profondément influencé les impressionnistes et postimpressionnistes européens comme Van Gogh et Monet.

Questions fréquentes

Hiroshige (1797-1858) est l'un des derniers grands maîtres de l'ukiyo-e, l'estampe japonaise de l'époque d'Edo. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a révolutionné le genre en mettant le paysage au premier plan, alors que l'ukiyo-e était surtout consacré aux acteurs et aux courtisanes. Sa série Les Cinquante-trois Stations du Tōkaidō (1833-1834) l'a rendu célèbre du jour au lendemain : elle capte la poésie des routes, des saisons et des voyageurs avec un réalisme et une fraîcheur inédits. Cette œuvre a ensuite influencé des artistes européens comme Van Gogh et Monet, contribuant au japonisme.

Faits marquants

  • Né en 1797 à Edo (actuelle Tokyo) dans une famille de samouraïs de rang modeste
  • Réalise vers 1833-1834 sa célèbre série « Les Cinquante-trois Stations du Tōkaidō », représentant les étapes de la route reliant Edo à Kyoto
  • Produit entre 1856 et 1858 la série « Cent vues d'Edo », l'une de ses œuvres les plus connues
  • Meurt en 1858 à Edo, probablement lors d'une épidémie de choléra
  • Ses estampes, diffusées en Europe, inspirent les impressionnistes ; Van Gogh copie certaines de ses œuvres

Œuvres & réalisations

Les Cinquante-trois Stations du Tōkaidō (1833-1834)

Sa série la plus célèbre, montrant les relais de la grande route entre Edo et Kyoto. Elle le consacra comme le maître du paysage.

Cent vues célèbres d'Edo (1856-1858)

Suite tardive de plus de cent estampes verticales sur la vie et les saisons d'Edo. Plusieurs furent copiées par Van Gogh.

Soixante-neuf Stations de la route du Kiso (Kisokaidō) (1835-1842)

Série de paysages de montagne réalisée avec l'artiste Keisai Eisen, le long d'une route intérieure du Japon.

Trente-six vues du mont Fuji (1858)

Série consacrée au volcan sacré, en écho à celle d'Hokusai. Elle compte parmi ses dernières œuvres.

Huit vues d'Ōmi (Ōmi hakkei) (vers 1834)

Paysages poétiques autour du lac Biwa, inspirés d'un thème classique de la peinture chinoise et japonaise.

Le Prunier en fleurs (jardin de Kameido) (1857)

Estampe des « Cent vues d'Edo » montrant un prunier au premier plan. Van Gogh en réalisa une célèbre copie à l'huile.

Anecdotes

Hiroshige naît dans une famille de samouraïs de bas rang : son père était pompier officiel au service du shogunat à Edo (l'actuelle Tokyo). À seulement douze ans, à la mort de ses parents, le jeune garçon hérite de cette charge de pompier, qu'il exercera tout en se formant à la peinture.

Son chef-d'œuvre, « Les Cinquante-trois Stations du Tōkaidō », naît d'un véritable voyage : en 1832, Hiroshige aurait emprunté la grande route reliant Edo à Kyoto, accompagnant officiellement une délégation. Il y croque les relais, les auberges, la pluie, la neige et les voyageurs, ce qui donne à ses paysages une fraîcheur prise sur le vif.

Les estampes de Hiroshige ont traversé les mers d'une façon inattendue : on dit qu'elles servaient parfois de papier d'emballage pour la porcelaine japonaise exportée vers l'Europe. C'est ainsi que des artistes occidentaux les découvrirent, déclenchant la mode du « japonisme ».

Vincent van Gogh admirait tant Hiroshige qu'il a recopié à la peinture à l'huile deux de ses estampes, dont « Le Prunier en fleurs ». Il s'efforça même de reproduire les caractères japonais qui encadraient l'image originale, sans en comprendre le sens.

À la fin de sa vie, Hiroshige se fait moine bouddhiste, comme il était courant pour les artistes âgés au Japon. Il meurt en 1858, probablement lors d'une grande épidémie de choléra qui ravage Edo cette année-là.

Sources primaires

Poème de mort (jisei) attribué à Hiroshige (1858)
« Laissant mon pinceau à l'Est, je pars pour un voyage vers l'Ouest, contempler les paysages fameux de la Terre Pure. » (le voyage vers l'Ouest évoque le paradis bouddhiste)
Les Cinquante-trois Stations du Tōkaidō (édition Hōeidō) (1833-1834)
Série de cinquante-cinq estampes représentant les relais de la route du Tōkaidō entre Edo et Kyoto, avec leurs paysages, voyageurs et conditions météorologiques.
Cent vues célèbres d'Edo (Meisho Edo hyakkei) (1856-1858)
Suite de cent dix-huit estampes verticales montrant les lieux remarquables de la ville d'Edo au fil des saisons.

Lieux clés

Edo (Tokyo)

Capitale du shogunat et ville natale de Hiroshige, l'une des plus grandes villes du monde à l'époque. Il y vécut, travailla et mourut.

Route du Tōkaidō

Grande route côtière reliant Edo à Kyoto, jalonnée de cinquante-trois relais. Le voyage de Hiroshige sur cette route inspira sa série la plus célèbre.

Kyoto

Ancienne capitale impériale, point d'arrivée de la route du Tōkaidō. Centre culturel majeur du Japon traditionnel.

Pont de Nihonbashi (Edo)

Pont du centre d'Edo qui marquait le point de départ officiel de la route du Tōkaidō et le kilomètre zéro du pays. Hiroshige l'a représenté plusieurs fois.

Mont Fuji

Volcan sacré et symbole du Japon, motif récurrent des paysages de Hiroshige. Il apparaît à l'horizon de nombreuses estampes.

Voir aussi