Wang Wei(699 — 759)
Wang Wei
dynastie Tang
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Wang Wei (701-761) est l'un des plus grands poètes de la dynastie Tang, également peintre, musicien et haut fonctionnaire. Profondément marqué par le bouddhisme chan, il est célèbre pour sa poésie de paysage où se fondent nature et contemplation.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 701 dans le Shanxi, reçu au concours impérial (jinshi) vers 721
- Haut fonctionnaire à la cour des Tang, il atteint des charges élevées sous l'empereur Xuanzong
- Capturé lors de la révolte d'An Lushan (755-763), il échappe ensuite à de graves sanctions
- Retiré dans son domaine de Wangchuan, il y compose une poésie de paysage empreinte de bouddhisme chan
- Mort en 761 ; la tradition (Su Shi) loue chez lui « la peinture dans la poésie et la poésie dans la peinture »
Œuvres & réalisations
Suite de vingt quatrains composés en écho avec son ami Pei Di, chacun consacré à un site du domaine de Wangchuan. Un sommet de la poésie de paysage chinoise.
Quatrain de quatre vers, l'un des poèmes les plus traduits de toute la littérature chinoise. Il capte en quelques mots la solitude lumineuse d'une forêt.
Poème d'adieu mis en musique sous le nom de « Trois variations sur la passe de Yang », chanté pendant des siècles lors des séparations.
Poème régulier où le paysage de montagne après la pluie devient méditation. Un modèle du genre alliant peinture et émotion intérieure.
Poème des confins né de son voyage officiel vers l'ouest, célèbre pour le vers « dans le grand désert, droite, une fumée solitaire ».
Poème de jeunesse écrit à dix-sept ans, devenu l'expression proverbiale de la nostalgie familiale en Chine.
Long rouleau peint représentant son domaine, aujourd'hui perdu mais connu par des copies. Œuvre fondatrice associée à la peinture lettrée de paysage.
Anecdotes
Le prénom de Wang Wei (Wei) et son nom de courtoisie (Mojie) forment, réunis, « Weimojie » — la transcription chinoise de Vimalakirti, un sage laïc célèbre du bouddhisme. Ce choix révèle la dévotion de sa famille : sa mère fut pendant plus de trente ans la disciple d'un maître de l'école Chan.
À dix-sept ans, loin de sa famille, Wang Wei écrivit un poème pour la fête du Double Neuf en pensant à ses frères restés à l'est des monts. Le vers « à chaque belle fête, on pense doublement aux siens » est devenu si célèbre que les Chinois le citent encore aujourd'hui quand ils sont éloignés de leurs proches.
On raconte que Wang Wei, musicien accompli, regarda un jour une peinture représentant un orchestre. Il affirma aussitôt que les musiciens jouaient « la première mesure de la troisième partie » d'un air fameux, le Nishang yuyi. Des connaisseurs interrogèrent de vrais musiciens : il avait vu juste rien qu'en observant la position des doigts.
En 756, quand les troupes rebelles d'An Lushan prirent la capitale Chang'an, Wang Wei fut capturé et contraint de servir le nouveau pouvoir. Prisonnier, il composa en secret un poème déplorant le sort de l'empereur déchu. Lorsque les Tang reprirent la ville, ce poème — et l'intervention de son frère Wang Jin, prêt à sacrifier son propre rang — lui évitèrent une condamnation pour trahison.
Wang Wei acquit un vaste domaine à Wangchuan, au pied des monts Zhongnan, ancienne propriété du poète Song Zhiwen. Avec son ami Pei Di, il y composa un recueil de vingt courts poèmes décrivant chacun un lieu du domaine : un clos aux cerfs, une cabane parmi les bambous, un embarcadère. Il y peignit aussi un long rouleau, le Wangchuan tu, copié et admiré pendant des siècles.
Sources primaires
Montagne déserte, on ne voit personne ; mais on entend l'écho des voix. La lumière du couchant pénètre dans la forêt profonde et brille de nouveau sur la mousse verte.
La pluie du matin à Weicheng humecte la poussière légère ; à l'auberge, les saules reverdis ont une couleur nouvelle. Je t'invite à vider encore une coupe de vin : passé la passe de Yang, vers l'ouest, tu n'auras plus d'amis.
Dix mille foyers au cœur brisé, des fumées sauvages s'élèvent ; quand les cent fonctionnaires reviendront-ils saluer le ciel impérial ? Les feuilles de sophora tombent dans le palais désert, et au bord de l'étang Ningbi on joue de la flûte et des cordes.
Wei excellait dans la peinture de paysage, montagnes et eaux ; après la mort de son épouse il ne se remaria pas, et vécut seul plus de trente ans, jeûnant et méditant à la manière bouddhique.
Lieux clés
Région d'origine de la famille de Wang Wei, dans l'actuel Shanxi. C'est là que se situent ses racines et les « monts de l'Est » évoqués dans ses premiers poèmes.
Capitale des Tang et plus grande ville du monde à l'époque, centre du pouvoir et des arts. Wang Wei y mena sa carrière de fonctionnaire et y mourut.
Propriété de campagne au pied des monts Zhongnan, près de Lantian, où Wang Wei se retirait pour écrire et peindre. Le lieu inspira son recueil et son rouleau les plus célèbres.
Chaîne de montagnes au sud de Chang'an, haut lieu de retraite bouddhiste et taoïste. Wang Wei y trouva le décor de sa poésie contemplative de paysage.
Ville-frontière de la route de la Soie où Wang Wei fut envoyé en mission officielle. Il en rapporta de célèbres poèmes des confins, comme « En mission à la frontière ».
