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Wang Zhenyi(1768 — 1797)

Wang Zhenyi

dynastie Qing

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SciencesLettresAstronomeMathématicien(ne)Poète(sse)Temps modernesChine de la dynastie Qing, à la fin du XVIIIe siècle, époque marquée par la rencontre entre la science traditionnelle chinoise et les connaissances mathématiques et astronomiques venues d'Europe.

Wang Zhenyi est une astronome, mathématicienne et poétesse chinoise de la dynastie Qing. En dépit des conventions de son époque qui écartaient les femmes du savoir, elle vulgarisa l'astronomie et défendit l'égalité intellectuelle entre hommes et femmes.

Questions fréquentes

Wang Zhenyi (1768-1797) est une astronome, mathématicienne et poétesse chinoise de la dynastie Qing. Ce qui la rend singulière, c'est qu'elle a su s'imposer dans des domaines réservés aux hommes, tout en vulgarisant des savoirs complexes. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle incarne une figure de l'égalité intellectuelle : dans ses poèmes, elle défendait l'idée que les filles aussi peuvent être héroïques, comme le montre son recueil Defengting Chuji.

Faits marquants

  • Née en 1768 à Nankin sous la dynastie Qing, dans une famille lettrée qui favorisa son éducation
  • Expliqua le mécanisme des éclipses lunaires à l'aide d'une expérience modélisant le Soleil, la Terre et la Lune
  • Rédigea des ouvrages rendant accessibles les mathématiques et l'astronomie, dont une simplification des travaux sur la trigonométrie
  • Défendit dans ses écrits l'idée que les femmes étaient aussi capables que les hommes d'étudier les sciences
  • Morte prématurément en 1797 à l'âge de 29 ans, laissant une œuvre scientifique et poétique reconnue

Œuvres & réalisations

Yue Shi Jie (Explication d'une éclipse de Lune) (vers 1792)

Texte expliquant clairement la géométrie des éclipses de Lune, fondé sur son expérience avec lampe et miroir ; il combat les interprétations superstitieuses.

Shu Suan Jian Cun (Principes simples du calcul) (vers 1790)

Ouvrage en cinq volumes consacré aux mathématiques, où elle présente méthodes de multiplication et de division de façon accessible.

Simplification des travaux de Mei Wending (vers 1791)

Réécriture en langage simple des écrits mathématiques réputés difficiles de Mei Wending, pour les rendre compréhensibles aux débutants.

Essai sur la précession des équinoxes (vers 1792)

Étude expliquant le lent déplacement des points équinoxiaux, sujet astronomique complexe qu'elle vulgarise pour le public lettré.

Defengting Chuji (Premier recueil du Pavillon de la Vertu et du Vent) (vers 1790)

Recueil de poèmes et d'essais conservé en treize volumes, où elle aborde la science, les voyages et l'égalité intellectuelle entre femmes et hommes.

Explication de la forme sphérique de la Terre (vers 1793)

Démonstration expliquant pourquoi les habitants situés de l'autre côté du globe ne tombent pas, intégrant les apports de l'astronomie venue d'Europe.

Anecdotes

Pour comprendre les éclipses de Lune, Wang Zhenyi mena une expérience dans un pavillon de jardin : elle suspendit une lampe pour figurer le Soleil, posa une table ronde au sol pour représenter la Terre et déplaça un miroir rond comme s'il s'agissait de la Lune. En faisant bouger ces objets, elle reproduisit fidèlement la géométrie des éclipses, qu'elle expliqua ensuite dans un texte clair.

Largement autodidacte, elle apprit l'astronomie et les mathématiques en dévorant l'immense bibliothèque héritée de son grand-père, un haut fonctionnaire lettré. Elle compléta ses lectures par l'observation directe du ciel, à une époque où l'on attendait surtout des femmes qu'elles tiennent un foyer.

Convaincue que l'intelligence n'a pas de sexe, elle défendit dans ses poèmes l'idée que filles et garçons sont également capables d'étudier. Cette prise de position était audacieuse dans la Chine des Qing, où l'éducation savante restait un privilège presque entièrement masculin.

Les écrits du célèbre mathématicien Mei Wending étaient réputés très difficiles. Wang Zhenyi les réécrivit dans une langue simple pour que des débutants puissent les comprendre, devenant ainsi l'une des premières vulgarisatrices scientifiques de son pays.

Morte à seulement 29 ans, elle confia ses manuscrits à une amie proche, Madame Kuai, avant de disparaître. C'est grâce à cette transmission entre femmes qu'une partie de son œuvre, notamment son recueil Defengting Chuji, nous est parvenue.

Sources primaires

Defengting Chuji (Premier recueil du Pavillon de la Vertu et du Vent) (vers 1790)
On veut nous faire croire que les femmes ne valent pas les hommes ; mais n'êtes-vous pas convaincus que les filles aussi peuvent être héroïques ?
Yue Shi Jie (Explication d'une éclipse de Lune) (vers 1792)
Lorsque la Terre se place exactement entre le Soleil et la Lune, son ombre masque la Lune : c'est l'éclipse, qui n'a rien d'un présage mais obéit à une règle régulière.
Essai sur l'égalité d'instruction (extrait de ses essais) (vers 1790)
L'étude n'est pas affaire d'hommes ou de femmes : tous, garçons et filles, possèdent la même raison pour apprendre.

Lieux clés

Nankin (Jiangning)

Ville de naissance de Wang Zhenyi, grand centre culturel et lettré du sud de la Chine sous les Qing.

Jilin (Mandchourie)

Région du nord-est où sa famille séjourna ; elle y consulta la riche bibliothèque de son grand-père et y poursuivit ses études.

Tianchang (Anhui)

Berceau de la famille Wang, dans la province de l'Anhui, qui comptait plusieurs lettrés et fonctionnaires.

Pékin

Capitale impériale des Qing, traversée lors des voyages de la famille ; centre du pouvoir et de l'astronomie officielle.

Xuancheng (Anhui)

Ville d'origine de son époux Zhan Mei, où elle vécut après son mariage.

Voir aussi