Yukio Mishima(1925 — 1970)

Yukio Mishima

Japon

6 min de lecture

LettresÉcrivain(e)DramaturgeXXe siècleJapon du XXe siècle, de l'ère impériale militariste à la modernisation d'après-guerre sous occupation américaine

Écrivain, dramaturge et essayiste japonais, figure majeure de la littérature du XXe siècle. Auteur prolifique mêlant esthétique classique et obsessions modernes, il est resté célèbre pour son suicide rituel par seppuku après une tentative de coup d'État.

Questions fréquentes

Yukio Mishima est un écrivain japonais majeur du XXe siècle, né en 1925 et mort en 1970. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a traversé des époques contrastées : l'ère impériale militariste, la défaite de 1945, puis la modernisation d'après-guerre. Son œuvre, qui mêle esthétique classique et obsessions modernes, explore des thèmes comme la beauté, la mort et l'identité. Il est resté célèbre pour son suicide rituel par seppuku, un geste qui a choqué le monde et marqué la fin d'une époque.

Faits marquants

  • Naît à Tokyo en 1925 sous le nom de Kimitake Hiraoka
  • Publie son roman autobiographique Confession d'un masque en 1949, qui le révèle
  • Fait paraître Le Pavillon d'or en 1956, inspiré de l'incendie réel d'un temple de Kyoto
  • Achève sa tétralogie La Mer de la fertilité en 1970
  • Se donne la mort par seppuku le 25 novembre 1970 après une tentative de soulèvement à Tokyo

Œuvres & réalisations

Confessions d'un masque (Kamen no kokuhaku) (1949)

Roman largement autobiographique qui révèle Mishima au grand public et explore le décalage entre les apparences sociales et la vie intérieure.

Le Tumulte des flots / Le Bruit des vagues (Shiosai) (1954)

Histoire d'amour lumineuse entre deux jeunes pêcheurs d'une île, inspirée par son voyage en Grèce. Un de ses plus grands succès populaires.

Le Pavillon d'or (Kinkaku-ji) (1956)

Roman inspiré d'un fait réel : un jeune moine incendie un temple célèbre de Kyoto. Une méditation puissante sur la beauté et la destruction.

Cinq nô modernes (Kindai nôgakushû) (1956)

Réécritures contemporaines de pièces du théâtre nô classique, qui montrent son génie de dramaturge.

Après le banquet (Utage no ato) (1960)

Roman inspiré d'une affaire politique réelle, qui valut à Mishima un procès retentissant pour atteinte à la vie privée.

Le Soleil et l'Acier (Taiyô to tetsu) (1968)

Essai autobiographique où il explique son obsession du corps, de la musculation et de l'union entre l'esprit et l'action.

La Mer de la fertilité (Hôjô no umi), tétralogie (1965-1970)

Vaste cycle romanesque en quatre tomes (Neige de printemps, Chevaux échappés, Le Temple de l'aube, L'Ange en décomposition), son œuvre testament achevée le jour de sa mort.

Anecdotes

À sa naissance, Mishima s'appelait Kimitake Hiraoka. Sa grand-mère paternelle, Natsuko, l'enleva à ses parents quelques semaines après sa naissance et l'éleva enfermé dans sa chambre de malade jusqu'à ses douze ans, lui interdisant le soleil et les jeux brusques des garçons. Ce huis clos étouffant marqua profondément l'imaginaire morbide et raffiné de l'écrivain.

Adolescent, il choisit le pseudonyme « Yukio Mishima » en partie pour cacher ses écrits à son père, un haut fonctionnaire qui méprisait la littérature et déchirait parfois ses manuscrits. « Yuki » évoque la neige des montagnes près du Mont Fuji : un nom d'emprunt pour devenir un autre.

Enfant chétif et maladif, Mishima se lance vers trente ans dans une musculation intensive, le kendo et la boxe. Il transforme entièrement son corps, obsédé par l'idéal japonais du « bunbu-ryôdô », l'union du pinceau et du sabre, c'est-à-dire des lettres et des armes.

Pressenti trois fois pour le prix Nobel de littérature dans les années 1960, Mishima vit en 1968 son maître et ami Yasunari Kawabata devenir le premier Japonais à le recevoir. Il aurait félicité chaleureusement l'aîné dont il admirait l'œuvre.

Le matin du 25 novembre 1970, Mishima livre à son éditeur le dernier tome de sa grande tétralogie. Quelques heures plus tard, avec quatre membres de sa milice, il prend en otage un général dans une caserne de Tokyo, harangue les soldats depuis un balcon pour réclamer le retour de l'empereur, puis se donne la mort par seppuku.

Sources primaires

Confessions d'un masque (Kamen no kokuhaku) (1949)
Longtemps, j'ai prétendu pouvoir me souvenir de scènes dont j'aurais été le témoin au moment de ma propre naissance.
Le Soleil et l'Acier (Taiyô to tetsu), essai autobiographique (1968)
J'en suis venu peu à peu à sentir que c'était mon corps, et non les mots, qui apportait la preuve de mon existence.
Geki, le tract distribué aux soldats à Ichigaya (25 novembre 1970)
Nous avons vu le Japon d'après-guerre s'enivrer de prospérité matérielle et oublier le fondement spirituel de la nation.
Patriotisme (Yûkoku), nouvelle (1961)
Le lieutenant et sa jeune épouse choisissent de mourir ensemble, fidèles jusqu'au bout à leur idéal de loyauté.

Lieux clés

Tokyo

Capitale du Japon où Mishima naît en 1925 et passe l'essentiel de sa vie. Il y observe la défaite, l'occupation puis la modernisation accélérée de l'après-guerre.

Université de Tokyo

Mishima y étudie le droit après la guerre, suivant la voie tracée par son père. Il entre brièvement dans la haute fonction publique avant de se consacrer entièrement à l'écriture.

Grèce (Athènes et l'Acropole)

Lors de son tour du monde en 1952, Mishima découvre la Grèce antique et son culte de la beauté du corps. Ce voyage inspire son roman Le Tumulte des flots.

Caserne d'Ichigaya, Tokyo

Quartier général de l'armée japonaise d'autodéfense où Mishima tente son soulèvement le 25 novembre 1970. C'est là qu'il prononce son dernier discours puis se donne la mort.

Cimetière de Tama (Fuchû)

Vaste cimetière de la banlieue de Tokyo où se trouve la sépulture de la famille Hiraoka. Mishima y est inhumé sous son vrai nom.

Voir aussi