Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Alhazen

par Charactorium · Alhazen (965 — 1039) · Sciences · Technologie · Philosophie · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Alhazen
Wikimedia Commons, Public domain — Humboldt, Alexander von, 1769-1859. n 80051862 Otté, E. C. (Elise C.) n 87133724 Paul, Benjamin H. (Benjamin Horati

Le Caire fatimide, vers 1030. Dans une maison à cour intérieure où une fontaine murmure, un vieil homme reçoit son visiteur près d'une pièce aux volets clos, percés d'un unique petit trou d'où filtre un rai de lumière. Sur la table, un astrolabe de cuivre, un calame, et les sept volumes de son grand œuvre attendent d'être recopiés.

Comment décririez-vous à un profane cette pièce obscure où vous passez tant d'heures ?

Approche, mais garde le silence, car ici la lumière est mon seul maître. J'ai fait clore les volets de cette chambre — ce que les gens de mon pays nomment Bayt al-Zulma — et j'y ai percé un trou pas plus large qu'un grain de sésame. Regarde le mur du fond : le monde du dehors s'y peint à l'envers, les cavaliers marchant la tête en bas, le jardin renversé, tout entier retourné comme une étoffe. Rien de magique là-dedans, seulement la preuve que la lumière voyage en ligne droite, chaque rayon fidèle à son chemin. Bien des savants avant moi supposaient ; moi, j'ai voulu voir. Cette chambre est mon plus honnête témoin, plus sûr qu'un traité de mille pages.

Le monde du dehors s'y peint à l'envers, tout entier retourné comme une étoffe.

Vos prédécesseurs grecs enseignaient que l'œil projette sa lumière sur les choses. Qu'est-ce qui vous a fait douter d'Euclide et de Ptolémée ?

J'ai le plus grand respect pour les anciens, et Ptolémée demeure un phare dans la nuit du savoir. Mais le respect n'est pas la soumission aveugle. Ils affirmaient que l'œil émet des rayons pour saisir les objets, comme une main qui palperait au loin. Or si tu fixes le soleil, tu en gardes la douleur et la marque : ce n'est pas ton œil qui l'a blessé, c'est sa clarté qui a pénétré en toi. J'ai nommé inbi'āth cette émission qui part des choses vers nous, et non de nous vers les choses. La vérité, mon ami, ne réside pas dans les livres illustres, mais dans ce que l'expérience répétée consent à nous montrer. J'ai douté par fidélité, non par orgueil.

Le respect des anciens n'est pas la soumission aveugle.

Beaucoup se contentent de raisonner. Pourquoi cette obstination à recommencer sans cesse vos expériences ?

Parce que l'esprit humain est prompt à se tromper, et plus prompt encore à aimer ses propres erreurs. Quand j'établis une chose sur la nature de la lumière, je ne me fie pas à une seule observation : je la refais, je change l'heure, la source, la distance, je consigne chaque fois le résultat sur mon parchemin avec la même patience qu'un comptable tient ses registres. La géométrie, cette handasah que j'aime tant, me donne la démonstration ; mais l'expérience seule me donne la certitude que ma démonstration touche le monde réel et non un songe. Un homme qui cherche la vérité doit se faire l'ennemi de ses propres opinions autant que de celles des autres.

L'esprit humain est prompt à se tromper, et plus prompt encore à aimer ses propres erreurs.

On raconte que vous avez promis au calife de dompter les crues du Nil. Que s'est-il vraiment passé ?

Ah, la folie de la jeunesse et l'ambition d'un savant ! J'avais annoncé qu'avec des digues je pourrais régler les crues du Nil, dont les eaux gonflent et se retirent chaque année selon un rythme que nul n'a su brider. Le calife Al-Hakim m'a fait venir d'Orient, comblé d'honneurs. Mais quand j'ai remonté le fleuve jusqu'aux hautes terres, j'ai vu de mes yeux l'impossible : aucune main d'homme, aucun barrage, ne saurait contenir cette bête liquide. Le calife était un maître au cœur imprévisible, dont on ne trahissait pas l'espérance sans crainte pour sa tête. J'ai mesuré ma présomption comme on mesure un angle : trop grande.

J'ai vu de mes yeux l'impossible : nulle main d'homme ne saurait contenir cette bête liquide.

Vous avez traversé plusieurs années dans une situation périlleuse. Comment avez-vous survécu à la colère du calife ?

Il est des tempêtes que l'on ne combat pas de front : on ploie comme le roseau du calame. Pour échapper au courroux d'Al-Hakim après l'échec du Nil, j'ai revêtu le masque de l'insensé. On me crut privé de raison, et l'on cesse de craindre un fou comme on cesse de craindre un enfant. Assigné à demeure, seul avec mes pensées, j'ai trouvé dans cette réclusion forcée le loisir que la cour ne m'aurait jamais accordé : c'est là, dans le silence, que j'ai commencé de rédiger mon grand livre sur l'optique. Quand le calife disparut mystérieusement, en cette année 1021, j'ai recouvré et ma liberté et mon visage. La providence écrit droit avec nos lignes tordues.

On revêt le masque de l'insensé ; on cesse de craindre un fou comme on cesse de craindre un enfant.

Que représente pour vous ce Livre d'optique auquel vous avez consacré tant d'années ?

Le Kitāb al-Manāẓir est l'enfant de ma réclusion, sept volumes où j'ai versé tout ce que la lumière a bien voulu me confier. J'y démontre, degré par degré comme on gravit un escalier, que la lumière se propage en ligne droite depuis chaque point d'un corps lumineux, dans toutes les directions, et que l'œil ne fait que recevoir ce qui entre en lui. J'ai étudié les miroirs courbes, sphériques et paraboliques, jusqu'à ce point de réflexion que d'autres, dit-on, jugeront ardu après moi. Si Dieu le veut, des hommes que je ne connaîtrai jamais ouvriront ce livre dans une langue que je n'entends pas, et y trouveront de quoi voir plus clair. C'est là ma seule vanité permise.

Le Livre d'optique est l'enfant de ma réclusion, où j'ai versé tout ce que la lumière a bien voulu me confier.

Vous avez cherché à mesurer la hauteur du ciel lui-même. Comment s'y prend-on pour une telle démesure ?

En observant patiemment ce moment fragile où le jour meurt : le crépuscule. Quand le soleil s'est enfoncé sous l'horizon, sa lumière continue un temps d'éclairer le ciel, car elle se courbe et se brise en traversant l'air, comme un bâton semble rompu quand on le plonge dans l'eau. En mesurant la durée de cette clarté attardée, avec mon astrolabe pour saisir les astres, j'ai pu estimer jusqu'où monte l'enveloppe d'air qui nous couvre — quelque dix milles, ai-je conclu. L'air n'est donc pas rien : il a une épaisseur, un poids, une frontière. Le ciel, mon ami, se laisse arpenter par qui sait lire l'ombre comme d'autres lisent l'écriture.

La lumière se courbe en traversant l'air, comme un bâton semble rompu quand on le plonge dans l'eau.

Que diriez-vous à ceux qui voient dans la lune un astre lumineux par lui-même ?

Je leur dirais de regarder mieux, et sans crainte de contredire les apparences. Dans mon Maqāla fī al-Daw', mon traité sur la lumière, j'ai soutenu que la lune n'est qu'une sphère obscure qui nous renvoie la clarté empruntée au soleil, comme un miroir de bronze réfléchit la flamme d'une lampe à huile. Sa lumière et celle du soleil sont de même nature, l'une n'étant que l'écho de l'autre. Tout corps véritablement lumineux, lui, répand sa clarté dans toutes les directions, sphériquement, sans jamais s'épuiser. Observe la lune croître et décroître : c'est l'ombre et le soleil qui jouent sur son visage rond, non quelque feu qui lui appartiendrait. La création est plus économe de ses lumières qu'on ne l'imagine.

La lune n'est qu'une sphère obscure qui nous renvoie la clarté empruntée au soleil.

À quoi ressemble une journée ordinaire dans votre demeure du Caire ?

Elle commence avant l'aube, à l'appel du Fajr, quand la ville dort encore et que l'esprit est le plus limpide. Après la prière, un peu de pain et quelques dattes, puis je m'assieds dans la lumière du matin, que je tiens pour la plus favorable au calcul et à la relecture de mes notes. L'après-midi appartient à ma chambre obscure et à la vérification de mes tracés ; parfois un copiste vient recueillir mes traités, ou un jeune homme avide de handasah. Le soir venu, après le Maghreb, je monte observer la réfraction des étoiles rasant l'horizon, et je dicte mes conclusions à la lueur d'une lampe, jusqu'à l'Isha qui referme le jour. Une vie réglée comme la course des sphères.

Une vie réglée comme la course des sphères.

Vous vivez à deux pas de la Maison de la Sagesse. Que représente ce lieu pour un homme comme vous ?

La Dar al-Hikma, la Maison de la Sagesse, est ce qui m'a attiré jusqu'au Caire, quittant les rives de ma Bassora natale et les rumeurs de Bagdad. C'est un lieu où l'on traduit, conserve et confronte les savoirs venus des Grecs, des Perses et des Indiens — un trésor de kitāb, de livres, où le savant respire enfin. Un homme seul, aussi obstiné soit-il, n'est rien sans cette chaîne de mains qui ont copié, transmis, corrigé avant lui. Je me tiens sur les épaules de ceux qui traduisirent Euclide et Ptolémée, et je m'efforce d'ajouter ma modeste pierre à l'édifice, pour ceux qui viendront. Le savoir est une lampe que l'on se passe de main en main dans l'obscurité des âges.

Le savoir est une lampe que l'on se passe de main en main dans l'obscurité des âges.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Alhazen. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.