Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Auguste Rodin

par Charactorium · Auguste Rodin (1840 — 1917) · Arts visuels · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Ce matin-là, une classe découverte pousse la grille de l'Hôtel Biron, à Paris. Deux jeunes visiteurs s'arrêtent devant un vieux monsieur à grande barbe, les mains pleines de plâtre. C'est Auguste Rodin, et il a accepté de répondre à toutes leurs questions.

C'est vrai qu'on vous a accusé de tricher avec votre première grande statue ?

Oui, mon enfant, et ça m'a fait très mal. En 1877, je montre L'Âge d'airain, un homme nu si vivant qu'on jurait qu'il allait bouger. Et là, des critiques crient au scandale : ils disent que j'ai coulé du plâtre directement sur le corps de mon modèle, un jeune soldat belge nommé Auguste Neyt. On appelait ça un « moulage sur nature » — une vraie tricherie pour un sculpteur. Imagine qu'on t'accuse d'avoir copié alors que tu as tout fait toi-même ! J'ai dû montrer mes croquis, faire venir des artistes pour témoigner. C'était humiliant. Mais tu sais quoi ? Ce scandale a rendu mon nom célèbre.

On me croyait tricheur ; en vérité, j'étais juste trop vrai.

Vous étiez en colère ou plutôt triste quand on disait ça de vous ?

Les deux, tu sais. J'avais travaillé des mois sur cette figure, à la modeler de mes mains, et on me traitait de menteur. Alors j'ai écrit une lettre officielle à l'État pour me défendre. Je protestais de toutes mes forces contre cette accusation. Imagine que tu rends un beau dessin et que le maître dit : « ce n'est pas toi. » Tu aurais envie de pleurer et de crier en même temps. Mais j'ai appris une chose : quand ton œuvre dérange, c'est parfois qu'elle est trop vivante pour les habitudes des gens. La colère, je l'ai mise dans la terre glaise.

On dit que vous avez travaillé toute votre vie sur une seule porte, c'est possible ?

Presque toute ma vie, oui ! En 1880, l'État me commande une grande porte de bronze pour un musée. Je la baptise La Porte de l'Enfer, inspirée d'un vieux poème de Dante qui décrit les âmes damnées. Je voulais y faire grouiller des centaines de petits personnages tordus de douleur. Et tu sais combien de temps j'y ai passé ? Près de 37 ans ! Je ne l'ai jamais finie de mon vivant. Imagine un chantier que tu commences enfant et qui n'est pas terminé quand tu es grand-père. Cette porte, c'était mon laboratoire secret : presque toutes mes statues célèbres en sont sorties.

J'ai passé trente-sept ans devant une porte que je n'ai jamais réussi à fermer.

Votre fameux Penseur, il vient vraiment de cette porte ?

Eh oui ! Au tout début, Le Penseur n'était qu'un petit bonhomme assis tout en haut de La Porte de l'Enfer, vers 1882. Il regardait toutes ces âmes souffrir en dessous de lui, et il réfléchissait. Puis je l'ai trouvé si fort que je l'ai agrandi et sorti tout seul. Aujourd'hui le monde entier le connaît : un homme nu, le menton sur la main, perdu dans ses pensées. Le Baiser aussi est né là, ce couple enlacé pris dans le marbre. Imagine une seule graine qui donne tout un jardin : ma porte, c'était cette graine.

Ça ressemblait à quoi, une journée normale dans votre atelier ?

Je me levais à l'aube, mon enfant, et je courais presque vers mon atelier. Le matin, je faisais venir des modèles vivants. Mais attention : je ne leur disais pas de rester figés ! Ils marchaient, s'étiraient, bougeaient librement, et moi je dessinais à toute vitesse, parfois sans même regarder ma feuille. L'après-midi, je plongeais les mains dans la terre glaise pour modeler. Imagine une pâte molle et grise, fraîche, qui obéit à tes doigts. Autour de moi, mes assistants — on les appelait des praticiens — taillaient le marbre d'après mes modèles. Ça sentait l'argile humide, le plâtre et la poussière de pierre.

Chez moi, la main savait avant la tête.
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Auguste Rodin (1840–1917) title QS:P1476,en:"Auguste Rodin (1840–1917) "label QS:Len,"Auguste Rodin (1840–1917) "Wikimedia Commons, Public domain — John Lavery

C'est quoi tous ces bouts de bras et de pieds en plâtre sur l'étagère ?

Ah, tu as l'œil ! Ce sont mes trésors. Je gardais des centaines de moulages en plâtre : des mains, des torses, des pieds, des bouts de corps. Et je m'amusais à les recombiner comme un jeu de construction, pour inventer de nouvelles figures. Un bras d'ici, une jambe de là, et hop, un personnage nouveau ! Mon outil préféré, c'était l'ébauchoir, une petite spatule en bois pour creuser et lisser la glaise. Imagine un cuisinier qui garde plein d'ingrédients dans des bocaux et compose un plat différent chaque jour. Mon atelier, c'était ma cuisine à moi, sauf que je cuisinais des corps humains.

C'est vrai qu'on a refusé votre statue de l'écrivain Balzac ?

Refusée, oui, et avec fracas ! Vers 1898, on m'avait commandé une statue du grand écrivain Balzac. Au lieu de le sculpter bien droit et noble, je l'ai montré debout, enveloppé dans sa grosse robe de chambre, comme une montagne mystérieuse surgie dans la nuit. Le comité a hurlé : ils trouvaient ça « informe », mal fini, indigne. Imagine que tu offres ton plus beau cadeau et qu'on te le rend en disant « c'est moche ». Ça pique. Mais je n'ai pas cédé. Aujourd'hui, on dit que cette statue a ouvert la porte de la sculpture moderne.

Ils l'ont trouvée informe ; moi, j'y voyais une âme.
Swedish:  Porträtt av Rodin in sin atelier Portrait of Rodin in his Studiotitle QS:P1476,sv:"Porträtt av Rodin in sin atelier "label QS:Lsv,"Porträtt av Rodin in sin atelier "label QS:Lfi,"Rodin atel
Swedish: Porträtt av Rodin in sin atelier Portrait of Rodin in his Studiotitle QS:P1476,sv:"Porträtt av Rodin in sin atelier "label QS:Lsv,"Porträtt av Rodin in sin atelier "label QS:Lfi,"Rodin atelWikimedia Commons, Public domain — Allan Osterlind

Pourquoi vous ne faisiez pas des statues bien lisses comme les autres ?

Bonne question, mon enfant ! À mon époque, on aimait l'académisme : des statues bien lisses, parfaites, polies comme des galets, avec des héros sur de hauts socles. Moi, ça m'ennuyait. Je laissais parfois la pierre à moitié brute, sortant à peine de son bloc — on appelle ça le non finito, « le non-fini ». J'aimais aussi laisser des traces de doigts, des bosses, des creux. Pourquoi ? Parce que la lumière vient s'y accrocher et que la statue semble vivante, frémissante. Imagine la différence entre une joue de plastique et une vraie peau qui respire. Moi, je voulais la peau qui respire.

Qui était Camille Claudel, dont on parle souvent à côté de vous ?

Camille... une artiste éblouissante, tu sais. À partir de 1884, elle est arrivée comme mon élève, puis elle est devenue ma collaboratrice et ma compagne. Elle sculptait avec un talent fou, parfois plus fort que le mien dans certaines figures. Pendant une quinzaine d'années, on a travaillé côte à côte, nos mains dans la même glaise. Les savants se disputent encore : qui a influencé qui ? La vérité, c'est qu'on s'est nourris l'un l'autre. Mais notre histoire fut passionnée et orageuse, pleine de disputes. Imagine deux feux qui se réchauffent et finissent par se brûler. Ça s'est mal terminé, et j'en garde de la peine.

Nous mélangions nos mains dans la même terre.

Et chez vous le soir, vous viviez avec qui ? Vous mangiez quoi ?

Le soir, je rentrais à la Villa des Brillants, à Meudon, ma maison entourée d'un jardin. J'y vivais avec Rose Beuret, ma compagne de toujours, fidèle pendant cinquante ans. On dînait simplement : un bon potage, une viande rôtie, des légumes du jardin, un verre de vin sans excès. Rien de luxueux, j'avais des goûts de paysan. Ensuite je lisais souvent Dante ou des poètes, à la lumière de la lampe, et parfois je redessinais encore. Imagine une maison calme, sans aucun bruit de moteur, juste le craquement du bois. Rose est morte quelques semaines avant moi, en 1917. Je ne lui ai pas survécu longtemps.

Voir la fiche complète de Auguste Rodin

Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Auguste Rodin. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.