Interview imaginaire

Interview imaginaire avec David Hume

par Charactorium · David Hume (1711 — 1776) · Philosophie · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Deux jeunes visiteurs de douze ans poussent la porte d'un cabinet d'Édimbourg qui sent l'encre et le vieux cuir. Au coin du feu, un homme corpulent au visage rond les attend en souriant. C'est David Hume, et il a l'air ravi qu'on s'intéresse à lui.

Bonjour ! C'était comment, une journée normale chez vous ?

Bonjour à toi, mon enfant. Tu sais, je n'étais pas un de ces savants tristes enfermés du matin au soir. Je me levais tard, vers neuf heures, avec du thé et un peu de pain. Le matin, je lisais et j'écrivais des lettres à mes amis partout en Europe. L'après-midi, je filais dans les tavernes d'Édimbourg retrouver mon ami Adam Smith. On discutait de tout en riant fort. Et le soir ? J'aimais cuisiner moi-même pour mes invités. Imagine une table chaude, des plats que j'avais préparés, et un bon verre de vin rouge de Bordeaux qu'on appelait le claret. La philosophie, vois-tu, ça se fait aussi le ventre content.

La philosophie, ça se fait aussi le ventre content.

On dit que vous étiez gourmand. C'est vrai ce surnom de « gros David » ?

Ha ! Tu as bien entendu. Oui, j'aimais manger, et je n'avais pas la taille fine. Une comtesse française m'avait surnommé « le gros David », et figure-toi que ça me faisait rire. Je l'acceptais de bon cœur. À quoi bon se vexer pour si peu ? J'étais ce qu'on appelait un gentleman, c'est-à-dire un homme de bonne éducation, poli et sociable. Mais un gentleman qui adorait le mouton écossais, le poisson et son verre de Bordeaux. Tu vois, mon enfant, on peut penser des choses très profondes et rester joyeux. Je trouve même qu'un esprit léger réfléchit mieux qu'un esprit aigri.

Un esprit joyeux réfléchit mieux qu'un esprit aigri.

Vous aviez quel âge quand vous avez écrit votre premier grand livre ?

J'étais encore très jeune, à peine plus de vingt ans. J'étais parti m'installer dans la campagne de France, près d'un village qu'on appelle La Flèche, entre 1735 et 1737. Là-bas, c'était calme : pas un bruit, juste les cloches et le vent dans les champs. J'y ai écrit mon Traité de la nature humaine. Mon idée était simple mais audacieuse. Au lieu de croire ce que disaient les vieux livres, je voulais tout construire à partir de ce qu'on voit, ce qu'on touche, ce qu'on ressent. On appelle ça l'empirisme : fonder le savoir sur l'expérience. Pour un garçon de mon âge, c'était une drôle d'ambition.

Je ne voulais croire que ce que mes sens pouvaient toucher.

Pourquoi vous disiez qu'il fallait jeter certains livres au feu ?

Ah, cette phrase a fait grincer des dents ! Dans mon Enquête sur l'entendement humain, en 1748, j'écris qu'un livre rempli de grands mots vides ne contient que « sophismes et illusions », et qu'il faut le mettre au feu. Attention, mon enfant, je ne brûlais pas vraiment de livres ! C'était une image. Je voulais dire : méfie-toi des discours qui ne prouvent rien et qu'on ne peut ni voir ni vérifier. Prends la causalité, par exemple, l'idée qu'une chose en cause une autre. Quand une boule en frappe une autre, on croit voir la cause. En vérité, on voit juste qu'à chaque fois ça se répète. C'est notre habitude qui invente le lien.

Méfie-toi des grands mots qui ne prouvent rien.

C'est quoi la différence entre une impression et une idée ?

Bonne question, et c'est tout le cœur de ma pensée. Imagine que tu te brûles le doigt sur une bougie. Cette douleur vive, brûlante, immédiate, c'est ce que j'appelle une impression. Maintenant, ferme les yeux et repense à cette brûlure. Tu t'en souviens, mais ça ne fait plus vraiment mal, n'est-ce pas ? Ce souvenir affaibli, c'est une idée. Pour moi, toutes nos pensées ne sont que des copies pâlies de ce qu'on a d'abord senti. Notre esprit ne crée rien à partir de rien : il recopie ce que les sens lui ont donné. Voilà pourquoi je répétais qu'il faut toujours partir de l'expérience.

Une idée n'est que le pâle souvenir d'une chose sentie.

Vous avez vraiment été une star dans les salons de Paris ?

Tu vas rire, mais oui ! En 1763, je suis parti à Paris comme secrétaire d'ambassade. Et là, surprise : on m'accueille comme une célébrité ! Les grandes dames se disputaient ma compagnie dans ce qu'on appelait les salons, ces réunions élégantes où l'on discutait d'idées chez les gens importants. Moi, le philosophe corpulent et tranquille, voilà qu'on me fêtait ! J'y ai rencontré Diderot et d'Alembert, les esprits qui fabriquaient la grande Encyclopédie. Imagine le contraste : dans mon propre pays, on m'avait refusé un poste de professeur parce que mes idées dérangeaient. Et à Paris, on me portait aux nues. La vie a parfois de drôles de revanches.

Refusé chez moi, fêté à Paris : la vie a ses revanches.
President Ford examines a wood portrait
President Ford examines a wood portraitWikimedia Commons, Public domain — David Hume Kennerly

C'est vrai qu'on vous avait refusé un poste de prof ?

Hélas oui, et ça m'a fait de la peine sur le moment. En 1745, je voulais une chaire de professeur à l'université d'Édimbourg. On me l'a refusée. La raison ? On trouvait mes idées trop irréligieuses, trop osées sur la question de Dieu. Imagine : celui qu'on appelle aujourd'hui un grand philosophe n'a jamais pu enseigner dans son propre pays. Mais tu sais quoi ? Ce refus m'a peut-être rendu service. Au lieu d'enseigner, je suis devenu bibliothécaire, entouré de milliers de livres. Et c'est là que j'ai écrit mon Histoire de l'Angleterre, qui m'a enfin rendu célèbre. Parfois une porte fermée en ouvre une plus belle.

Parfois une porte fermée en ouvre une plus belle.

On m'a dit que votre amitié avec Rousseau a très mal fini. Que s'est-il passé ?

Ah... cette histoire me serre encore le cœur. En 1766, Jean-Jacques Rousseau était poursuivi, chassé de partout. Moi, j'ai voulu l'aider. Je l'ai accueilli en Angleterre, je lui ai trouvé un refuge, je le défendais. Et puis, du jour au lendemain, tout a basculé. Rousseau, qui voyait des ennemis partout, s'est mis à m'accuser en public de comploter contre lui ! Imagine ta surprise : tu tends la main à quelqu'un, et il te crie que tu veux lui faire du mal. Le scandale a éclaté dans toute l'Europe. J'en ai été blessé, vraiment. J'ai appris ce jour-là qu'on ne peut pas sauver quelqu'un qui se croit trahi par tout le monde.

On ne peut pas sauver quelqu'un qui se croit trahi par tous.

Et vous, vous lui en avez voulu après ça ?

Sur le moment, oui, j'étais furieux et triste à la fois. Tu sais, j'avais ouvert ma porte de bon cœur, et on me remerciait par une accusation publique. Toute l'Europe intellectuelle en a parlé pendant des mois. Mais avec le temps, j'ai essayé de comprendre plutôt que de haïr. Rousseau souffrait dans sa tête, il voyait des complots là où il n'y avait que de l'amitié. Je me décrivais moi-même comme un homme « peu susceptible d'inimitié », c'est-à-dire qui ne garde pas longtemps la rancune. Garder de la colère, ça fatigue le cœur. J'ai préféré tourner la page et retrouver mes amis d'Édimbourg.

Garder de la colère, ça fatigue le cœur.
David Hume, 1711 - 1776. Historian and philosopher title QS:P1476,en:"David Hume, 1711 - 1776. Historian and philosopher "label QS:Len,"David Hume, 1711 - 1776. Historian and philosopher "label QS:Lz
David Hume, 1711 - 1776. Historian and philosopher title QS:P1476,en:"David Hume, 1711 - 1776. Historian and philosopher "label QS:Len,"David Hume, 1711 - 1776. Historian and philosopher "label QS:LzWikimedia Commons, Public domain — Allan Ramsay

Vous aviez peur de mourir ? On dit que vous étiez très calme.

C'est vrai, et ça a beaucoup étonné les gens. En 1776, j'étais très malade, je savais que la fin approchait. Mais je n'avais pas peur. Mon ami Adam Smith raconte que je plaisantais même ! J'imaginais Charon, le vieux passeur qui, dans les histoires anciennes, conduit les morts de l'autre côté du fleuve. Je cherchais des excuses pour le faire patienter encore un peu, juste pour rire. Toute ma vie, j'avais douté des promesses sur l'au-delà. Alors je suis parti sans tristesse et sans frayeur, fidèle à moi-même. Beaucoup de gens furent choqués qu'on puisse mourir si serein sans s'accrocher à la religion.

Je suis parti sans peur, fidèle à mes doutes.

Pourquoi vous doutiez tellement de l'existence de Dieu ?

Je vais te répondre avec prudence, car le sujet était brûlant à mon époque. Je ne disais pas « Dieu n'existe pas ». Je disais : nous, pauvres humains, nous ne pouvons pas le prouver avec certitude. Notre esprit est trop petit pour comprendre un univers si vaste et si majestueux. Dans mes Dialogues sur la religion naturelle, j'ai mis ces doutes par écrit. Mais attention : j'avais demandé qu'on ne les publie qu'après ma mort, en 1779 ! Pourquoi ? Parce que ces idées étaient dangereuses, et je ne voulais pas être attaqué de mon vivant. Douter, vois-tu, ce n'est pas refuser de croire. C'est rester humble devant ce qu'on ne peut pas savoir.

Douter, ce n'est pas refuser de croire : c'est rester humble.

Si on apprend une seule chose de vous, ce serait quoi ?

Quelle belle question pour finir, mon enfant. Si tu ne retiens qu'une chose de ce vieux David, retiens ceci : pose des questions, toujours, même sur ce que tout le monde croit vrai. Ne te contente pas qu'on te dise « c'est comme ça ». Demande : comment le sais-tu ? L'as-tu vu, touché, vérifié ? C'est ce que j'ai fait toute ma vie, depuis mon Traité écrit dans la campagne française jusqu'à mes derniers jours à Édimbourg. On m'a refusé des postes, on m'a critiqué, mais j'ai gardé ma liberté de penser. Et tu sais quoi ? Mes livres, eux, ont survécu à tous mes adversaires. Penser librement, c'est le plus beau des héritages.

Demande toujours : comment le sais-tu vraiment ?
Voir la fiche complète de David Hume

Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de David Hume. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.