Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Denis Diderot

par Charactorium · Denis Diderot (1713 — 1784) · Lettres · Philosophie · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Ce matin-là, deux jeunes visiteurs de douze ans poussent la porte d'un cabinet encombré de livres et de manuscrits. Un vieux monsieur en robe de chambre les accueille avec un grand sourire. Il a dirigé le plus gros livre du monde, et il est tout heureux qu'on l'interroge.

C'est vrai que vous avez écrit le plus gros livre du monde ?

Presque, mon enfant ! L'Encyclopédie comptait vingt-huit volumes. Imagine une pile de gros livres plus haute que toi, où l'on a voulu ranger tout le savoir des hommes. J'y ai travaillé plus de vingt ans, de 1751 à 1772. Une encyclopédie, vois-tu, c'est un grand dictionnaire qui explique tout : les sciences, les arts, les métiers. J'ai écrit moi-même des milliers d'articles. Certains sur des choses très simples, comme fabriquer un couteau ou tisser un bas de soie. C'était un travail de fourmi, mais quelle aventure !

On a voulu ranger tout le savoir des hommes dans un seul ouvrage.

Comment vous faisiez pour expliquer des métiers que vous connaissiez pas ?

Bonne question ! Je ne restais pas assis à mon bureau à inventer. L'après-midi, j'allais voir les artisans dans leurs ateliers. Imagine-moi penché sur l'épaule d'un coutelier ou d'un faiseur de bas, à regarder ses mains bouger. Je notais tout, chaque geste, chaque outil. Ensuite, des graveurs faisaient de belles planches, des images très précises, pour qu'on comprenne le travail rien qu'en regardant. Tu sais, mon père était coutelier à Langres. Alors le métier du couteau, lui, je le connaissais depuis tout petit !

Pour bien expliquer un métier, il faut d'abord aller le regarder de ses yeux.

Vous êtes vraiment allé en prison ? Mais pourquoi, vous aviez rien volé !

Non, je n'avais rien volé. J'avais seulement écrit un livre, la Lettre sur les aveugles, en 1749. Dedans, je posais trop de questions sur Dieu et sur le monde. Cela a déplu aux puissants. Alors on m'a enfermé au donjon de Vincennes, une grosse tour de pierre, pendant trois mois. À l'époque, le roi pouvait t'emprisonner sans procès, avec un simple papier qu'on appelait une lettre de cachet. Imagine : tu écris ce que tu penses, et hop, on t'enferme. J'ai eu peur, oui. Mais je n'ai jamais cessé de penser.

On peut m'enfermer dans une tour, mais pas enfermer mes idées.

Quand vous étiez enfermé, quelqu'un venait vous voir ?

Oui, et c'était mon ami Jean-Jacques Rousseau. Il faisait à pied la longue route jusqu'à Vincennes pour me tenir compagnie. Imagine-le marchant des heures sur les chemins poussiéreux, sous le soleil, juste pour bavarder avec moi à travers les murs. Et figure-toi qu'en chemin, un jour, une grande idée lui est venue, comme un éclair. Cette idée est devenue un livre célèbre. Tu vois, même une prison peut faire naître de belles choses. L'amitié, mon enfant, ça traverse les murs les plus épais.

L'amitié traverse les murs les plus épais.

C'est vrai qu'une reine vous a acheté tous vos livres ?

Une impératrice, même ! Catherine II de Russie. Voilà l'histoire : ma fille allait se marier, et il me fallait de l'argent pour sa dot. Alors Catherine m'a acheté toute ma bibliothèque. Mais le plus drôle, c'est qu'elle m'a laissé garder mes livres chez moi, à Paris ! Et en plus, elle me payait pour les surveiller, comme un gardien. Imagine : on t'achète ton trésor, et on te dit « garde-le, et je te paie pour ça ». Quelle femme étonnante ! Grâce à elle, je n'ai plus jamais manqué d'argent.

On m'a acheté mes livres, puis on m'a payé pour les garder chez moi.

Et après, vous êtes allé la voir en vrai, la reine de Russie ?

Oui ! En 1773, j'ai fait un très long voyage jusqu'à Saint-Pétersbourg, tout là-haut dans le froid. Imagine des semaines en carrosse, sur des routes gelées, pour rencontrer l'impératrice. Nous parlions tous les jours au palais de l'Ermitage, des heures durant. Et tu vas rire : quand je m'enflammais dans la discussion, j'avais l'habitude de taper sur sa cuisse pour appuyer mes idées ! La pauvre disait après que ses jambes étaient couvertes de bleus. Heureusement, ça la faisait beaucoup rire. Je n'ai jamais su parler sans bouger les mains.

Je tapais sur la cuisse de l'impératrice tellement mes idées m'emportaient.
Denis Diderot by Louis-Michel van Loo
Denis Diderot by Louis-Michel van LooWikimedia Commons, Public domain — Unknown authorUnknown author

Vous mangiez quoi le matin, et vous vous leviez tôt ?

Tôt ? Oh non, mon enfant ! Je veillais souvent une partie de la nuit pour écrire, à la lumière des bougies. Alors le matin, je me levais tard. Mon petit déjeuner était tout simple : un bon café bien chaud, la boisson préférée de nous, les penseurs. Ensuite, je lisais mon courrier et les épreuves de l'Encyclopédie. Et tu sais ce que je portais ? Ma vieille robe de chambre, usée mais douce, par-dessus ma chemise. Je m'y sentais comme dans un nid. Je l'aimais tellement que j'ai écrit un texte rien que pour elle !

Ma vieille robe de chambre était comme un nid où je me sentais libre.

Vous aviez écrit un texte sur une robe de chambre ? Pourquoi faire ?

Cela te paraît drôle, hein ? Voilà : on m'avait offert une robe de chambre neuve, toute belle, et j'avais jeté ma vieille. Eh bien, j'étais malheureux ! La neuve était si élégante qu'à côté, mon fauteuil, ma table, tout semblait laid et pauvre. Alors j'ai voulu changer tous mes meubles pour aller avec elle. Tu vois le piège ? Un seul objet neuf, et l'on n'est plus jamais content. J'ai écrit cela dans un petit essai, Regrets sur ma vieille robe de chambre. C'était ma façon de me moquer gentiment de moi-même.

Un seul objet neuf, et l'on n'est plus jamais content de rien.

Le soir, vous faisiez quoi ? Vous aviez des amis ?

Beaucoup d'amis, oui ! Le soir, j'allais souper chez le baron d'Holbach, dans son salon. Un salon, c'était une grande pièce où des gens se réunissaient pour discuter, rire et refaire le monde. Imagine une longue table, du vin de Bourgogne, et des philosophes qui parlent tous en même temps de science et de liberté. On se régalait autant d'idées que de bons plats ! Et il y avait aussi une dame, Sophie Volland, à qui j'écrivais des lettres pleines de tendresse. Loin d'elle, je n'arrivais jamais à être tout à fait heureux.

Chez mes amis, on se régalait autant d'idées que de bons plats.
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Portrait of man with bust of Denis Diderotlabel QS:Len,"Portrait of man with bust of Denis Diderot"label QS:Lfr,"Portrait d'homme au buste de Diderot"label QS:Lde,"Bildnis eines Herrn mit der Büste dWikimedia Commons, Public domain — Jean-Simon Berthélemy

C'est quoi votre idée la plus folle sur le monde ?

Ah, accroche-toi ! Je pensais que tout, absolument tout, est fait de la même matière en mouvement. La pierre, la plante, l'animal, toi, moi : la même grande famille ! J'aimais dire que tout animal est un peu homme, toute plante un peu animal, tout caillou un peu plante. Imagine un immense fleuve où les choses se transforment sans cesse les unes dans les autres. J'ai mis cette idée dans un livre, Le Rêve de d'Alembert, en 1769. On appelle cela le matérialisme : croire que seule la matière existe. C'était très audacieux pour mon époque !

La pierre, la plante, l'animal et toi : la même grande famille en mouvement.

Vous croyiez en Dieu, vous ? Parce qu'on vous a puni pour ça.

Disons que je posais beaucoup de questions, et ça faisait peur aux puissants. Dans ma Lettre sur les aveugles, j'expliquais qu'on connaît le monde surtout par nos sens : le toucher, la vue, l'ouïe. Alors je disais que pour me convaincre, il fallait me faire toucher les choses, pas seulement me les raconter. Tu comprends, je voulais des preuves, comme un petit savant curieux. Cette manière de penser par la raison plutôt que par habitude, c'est le cœur de ce qu'on appelait les Lumières. On voulait éclairer les esprits, chasser l'ignorance comme on chasse la nuit.

Je voulais toucher le monde pour le comprendre, pas seulement qu'on me le raconte.

Et votre grand livre, il existe encore aujourd'hui ?

Oui, et c'est ma plus grande fierté ! Quand j'ai commencé l'Encyclopédie, j'avais écrit dans le tout premier texte qu'on voulait rassembler les savoirs éparpillés sur la terre, et les transmettre à ceux qui viendraient après nous. Eh bien, mon enfant, ceux qui viennent après, c'est toi ! Les autorités ont voulu interdire le livre en 1759, mais j'ai continué en secret. Imagine un trésor qu'on essaie de t'arracher et que tu caches pour le sauver. Aujourd'hui tu peux encore l'ouvrir. Voilà ce qui dure plus longtemps qu'un roi : un livre.

Voilà ce qui dure plus longtemps qu'un roi : un livre.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Denis Diderot. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.