Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Frères Grimm

par Charactorium · Frères Grimm (1785 — 1863) · Lettres · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Deux jeunes visiteurs, douze ans, sont entrés dans un bureau encombré de livres empilés jusqu'au plafond. Près de la fenêtre, deux frères les attendent, plume à la main. Ils ont passé leur vie à écouter des histoires : aujourd'hui, c'est eux qu'on écoute.

C'est vrai que vous n'avez pas inventé Blanche-Neige et Hansel et Gretel ?

Tu as tout compris, mon enfant. Nous n'avons rien inventé du tout. Ces histoires existaient déjà, dans la bouche des gens simples de Hesse. Nous, nous allions les écouter, un carnet à la main, et nous notions chaque mot. Une de nos meilleures conteuses s'appelait Dorothea Viehmann. Une paysanne. Elle nous récitait des dizaines de récits sans jamais se tromper, comme si elle les lisait dans sa tête. Imagine une pièce où des femmes filent la laine le soir, ce qu'on appelait une Spinnstube, et où l'on raconte pour passer le temps. C'est là que vivaient les contes. Nous n'avons fait que les attraper avant qu'ils s'envolent.

Nous n'avons rien inventé : nous avons attrapé les contes avant qu'ils s'envolent.

Ça ressemblait à quoi, votre carnet de collecte ?

Oh, rien de précieux, tu sais. Un simple cahier, de l'encre, une plume d'oie. Mais pour nous, c'était un trésor. Quand quelqu'un commençait une histoire, il fallait écrire vite, sans rien perdre. Pas le temps de faire joli ! Nous appelions ces récits des Märchen, c'est notre mot allemand pour les contes merveilleux. Le soir, à la lueur d'une lampe à huile, nous relisions nos notes et nous remettions tout au propre. Parfois la même histoire revenait de deux villages différents, un peu changée. Alors nous comparions, comme deux détectives. Ce carnet, c'était notre filet à papillons : on y gardait des récits que personne n'avait jamais couchés sur le papier.

C'est vrai que vos premiers contes faisaient peur, même aux adultes ?

Ah, tu touches un secret, mon enfant. Notre toute première édition, en 1812, n'était pas pour les enfants du tout. Les histoires étaient parfois très dures, très sombres. Dans la préface, nous écrivions que nous voulions les saisir « dans toute leur pureté », sans rien ajouter ni embellir. Mais des parents se sont plaints : trop violent pour les petits ! Alors mon frère Wilhelm, au fil des éditions, a adouci les récits. Il enlevait un détail trop cruel, ajoutait une morale douce. Il y a eu sept éditions en tout, jusqu'en 1857. À chaque fois, les contes devenaient un peu plus tendres. C'est ainsi qu'ils sont entrés dans les chambres d'enfants.

Nos contes sont nés sombres ; c'est en les répétant qu'ils sont devenus doux.

Pourquoi vous avez changé les histoires si vous vouliez les garder "pures" ?

C'est une vraie tension, tu as raison de la sentir. Au début, nous voulions tout garder exactement comme on nous l'avait raconté. Ne rien grossir, ne rien embellir. Mais quand un livre se met à vivre entre des mains d'enfants, il change. Wilhelm s'est dit : à quoi bon un conte que les petits ne peuvent pas lire ? Alors il a fait un choix de cœur. Il a gardé l'âme de l'histoire, le loup, la forêt, la peur, mais il a poli les bords trop coupants. Moi, Jacob, j'étais plus sévère, je préférais l'ancien. Mais Wilhelm avait ce don de raconter pour les enfants. Et c'est sa version qu'on lit encore aujourd'hui.

Vous avez vraiment été renvoyés de l'université ? Qu'est-ce que vous aviez fait ?

Oui, et j'en suis encore fier, mon enfant. C'était en 1837, à l'université de Göttingen. Le roi de Hanovre avait décidé d'effacer d'un coup la constitution, cette loi qui protégeait les libertés du peuple. Nous étions sept professeurs à dire non. Nous avons écrit ensemble une protestation : nous ne pouvions pas, en conscience, faire comme si cette loi n'existait plus. On nous a appelés les Sept de Göttingen. Le roi s'est fâché. On nous a chassés de l'université, et moi, Jacob, on m'a banni du royaume en trois jours. Trois jours pour faire mes valises ! Mais vois-tu, je dormais bien la nuit. Un serment, ça ne se déchire pas.

On peut me chasser d'un royaume en trois jours ; on ne déchire pas un serment.

Vous aviez peur, quand le roi vous a chassés comme ça ?

Bien sûr que nous avions peur. Nous n'étions pas des héros de conte, juste deux hommes avec des livres et une famille à nourrir. Perdre son poste, c'était perdre son pain. Wilhelm avait une femme et des enfants. Et moi, banni en trois jours, je quittais une ville que j'aimais. Mais nous avions choisi ensemble, et ça change tout. Quand on est deux à porter le même fardeau, il pèse deux fois moins lourd. Nous nous disions : si nous nous taisons aujourd'hui, qui parlera demain ? Un savant qui ferme les yeux sur l'injustice ne mérite plus ses livres. Alors nous avons gardé la tête haute, même les valises à la main.

C'est vrai que vous partagiez le même bureau, et même le même lit ?

Ha ! Oui, c'est tout à fait vrai. Depuis l'enfance, nous étions inséparables. Le même bureau, le même toit, et oui, parfois le même lit quand nous étions jeunes et pauvres. Notre père est mort quand nous étions petits, en 1796, et la famille a connu la misère. Alors nous nous sommes serrés l'un contre l'autre, et nous ne nous sommes plus jamais lâchés. Même quand Wilhelm s'est marié, en 1825, je suis resté vivre sous le même toit que le couple. Sa femme nous acceptait tous les deux, et nous nous entendions à merveille. Travailler côte à côte, c'était notre façon de nous tenir chaud.

Travailler côte à côte, c'était notre façon de nous tenir chaud.

Comment vous saviez qui avait écrit quoi, si vous travailliez tout le temps ensemble ?

Mais justement, on ne le savait pas toujours ! J'ai écrit un jour à un ami savant, Karl Lachmann, que nous travaillions chaque jour côte à côte. Ce que l'un commençait, l'autre le poursuivait. Nos pensées se mélangeaient tellement qu'il était parfois impossible de dire à qui revenait telle idée. Imagine deux rivières qui se rejoignent : après, comment savoir quelle goutte vient d'où ? C'était comme ça entre nous. Wilhelm avait la plume tendre, le don des histoires. Moi j'aimais creuser les vieux mots, les règles cachées. Deux talents différents, mais un seul travail. Et nous trouvions ça très bien ainsi. À deux, on voit ce qu'un seul ne verrait jamais.

C'est quoi, une "loi" qui porte votre nom ? Vous étiez juges aussi ?

Non, non, pas une loi de tribunal ! Une loi de la langue, mon enfant. C'est moi, Jacob, qui l'ai découverte en écrivant ma Deutsche Grammatik, ma grammaire allemande. J'ai remarqué que certains sons changent toujours de la même façon quand on passe d'une vieille langue à une autre. Par exemple un p qui devient un f. Nous appelons ça la Lautverschiebung, la mutation des consonnes. C'est si régulier qu'on dirait une règle secrète cachée dans les mots. Aujourd'hui on l'appelle la « loi de Grimm ». J'étais comme un explorateur : je remontais le temps des langues comme on remonte une rivière vers sa source.

Je remontais le temps des langues comme on remonte une rivière vers sa source.

On m'a dit que votre dictionnaire n'a été fini qu'après votre mort. C'est possible, ça ?

Eh oui, et ça nous fait sourire de là-haut. Nous avons commencé un immense dictionnaire de la langue allemande, le Deutsches Wörterbuch, en 1838. Nous voulions y mettre tous les mots, leur histoire, leurs sens anciens. Un travail de fourmi : nos fiches couvraient tout le bureau, classées lettre par lettre. Nous pensions y passer quelques années. Quelle naïveté ! La tâche était si énorme que nous sommes morts sans la finir. Et après nous, d'autres savants ont continué, puis d'autres encore. Le dictionnaire n'a été achevé qu'en 1961, plus d'un siècle après nous ! Tu vois, certains travaux sont trop grands pour une seule vie.

Certains travaux sont trop grands pour une seule vie.

Vous mangiez quoi le matin, avant de commencer à travailler ?

Oh, rien de bien luxueux, tu sais. Nous nous levions tôt, souvent dès six heures. Le matin, c'était du pain, un peu de beurre, et du café bien chaud. Moi, Jacob, j'étais le plus matinal : je commençais à écrire avant même que Wilhelm me rejoigne. Notre table restait simple, celle d'une famille modeste : du pain de seigle, des soupes, des pommes de terre, parfois un peu de viande. Le soir, une bière peut-être. Nous n'étions pas riches, mais nous avions nos livres, empilés dans chaque coin de la maison. Pour nous, c'était ça, la vraie richesse. Un bon café, un frère à côté, et une page blanche qui attend.

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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Frères Grimm. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.