Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Gilgamesh

par Charactorium · Gilgamesh · Mythologie · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Sur les remparts d'Uruk, au crépuscule, là où la brique crue garde encore la chaleur du jour, un homme observe le fleuve. Il est deux fois plus grand que ses gardes, le regard chargé de quelque chose qui ressemble à la fatigue des dieux. Il accepte de parler de ses murs, de son ami, et de cette mort qu'il a poursuivie jusqu'au bout du monde.

On vous dit fils d'une déesse et d'un être des ténèbres. Comment vivez-vous cette double nature ?

Les scribes l'ont gravé sur l'argile : deux tiers dieu et un tiers homme. Ce tiers-là, croyez-moi, pèse plus lourd que les deux autres réunis. Ma mère est la déesse Ninsun, sage entre les sages, et mon père compte parmi les ombres anciennes. De cette semence j'ai reçu une force que nul à Sumer ne peut égaler, une stature qui fait reculer les hommes. Mais ce tiers d'argile mortelle, lui, me souffle chaque nuit que je finirai poussière comme le dernier de mes porteurs d'eau. Voilà mon partage : régner sur Uruk avec des muscles de dieu, et porter dans la poitrine le cœur tremblant d'un homme qui sait qu'il va mourir. Aucune liste royale ne console de cela.

Ce tiers d'argile mortelle pèse plus lourd que les deux tiers de dieu réunis.

Vos remparts sont célèbres dans toute la Mésopotamie. Que représentent-ils pour vous ?

Montez avec moi sur la muraille et touchez la brique cuite : elle est mon œuvre. J'ai ceint Uruk d'un rempart que nul roi avant moi n'avait osé rêver, large à ce qu'un char puisse y courir, haut à défier l'orage. On me crédite de ces murs comme on crédite un dieu d'une montagne. Quand le matin je quitte mon palais de brique crue pour inspecter les chantiers, que j'écoute les contremaîtres me parler de récoltes et de fortifications, je sens que cette pierre survivra à ma chair. C'est peut-être la seule immortalité honnête qu'un homme puisse bâtir : non pas vivre toujours, mais laisser derrière soi une enceinte que les générations contempleront en murmurant mon nom.

Non pas vivre toujours, mais laisser une enceinte que les générations contempleront.

Que diriez-vous d'une journée ordinaire de roi, quand nul monstre ne menace votre cité ?

Une journée sans guerre est rare, mais elle existe. Le matin, j'honore Shamash le soleil et Anu le ciel, puis je reçois mes administrateurs : l'orge, l'impôt, les canaux, les plaintes des bergers. L'après-midi, je rends la justice sous le regard de mes conseillers, j'écoute les pétitions, je tranche. Puis je m'entraîne à l'arc avec mes guerriers, car un roi qui ne sait plus bander son arme n'est plus qu'une couronne posée sur du vide. Le soir, les conteurs chantent les exploits anciens pendant que je bois la bière d'orge. Souvenez-vous qu'Agga, roi de Kish, est un jour venu assiéger ma cité : je me suis dressé et je l'ai repoussé. Voilà pourquoi un roi s'entraîne même les jours de paix.

Parlez-nous de la Forêt des Cèdres et de ce qui vous y attendait.

La Forêt des Cèdres se dresse loin vers les montagnes du couchant, sombre, interdite, gardée par Humbaba, dont le souffle est le feu et la voix le déluge. Les hommes raisonnables n'y vont pas. Moi, j'y suis allé, mon arc à l'épaule et mon épée au flanc, avec Enkidu à mon côté. Pourquoi affronter ce gardien ? Parce qu'un nom se taille comme on taille un cèdre : à coups de hache et de courage. Je voulais que l'on dise, après moi, que Gilgamesh est entré là où le terrible Humbaba régnait, et qu'il en est ressorti vivant. La peur, je l'ai sentie monter comme tout homme ; mais Enkidu m'a rappelé qu'à deux, on est plus fort que la solitude des héros.

Le Taureau céleste reste un de vos combats les plus redoutés. Comment l'avez-vous affronté ?

Quand la déesse, blessée dans son orgueil de m'avoir vu repousser ses avances, a lâché sur Uruk le Taureau céleste, la terre s'est fendue sous ses naseaux et des centaines de mes hommes sont tombés dans les crevasses. Là encore, ce ne fut pas l'œuvre d'un seul. Enkidu a saisi la bête par la queue, moi j'ai enfoncé ma lame entre la nuque et les cornes, comme un boucher qui connaît son geste. Mon arc, mon épée de bronze mésopotamien : ces armes m'ont accompagné contre Humbaba comme contre le Taureau. Mais je le sais aujourd'hui — chaque monstre abattu rapprochait l'heure où les dieux, irrités de notre audace, exigeraient un prix. Ce prix, ils allaient bientôt le réclamer.

Charles IV Holy Roman Emperor
Charles IV Holy Roman EmperorWikimedia Commons, Public domain — No machine-readable author provided. Gilgamesh assumed (based on copyright claims).

La tradition vous prête un règne d'une durée prodigieuse. Qu'en pensez-vous ?

La liste des rois affirme que Gilgamesh régna cent vingt-six ans, compté parmi les souverains d'avant le grand Déluge, ces rois antédiluviens dont les années se mesurent comme on mesure des montagnes. Faut-il y croire au pied de la lettre ? Je vous répondrai ceci : les années d'un roi se comptent moins en saisons qu'en œuvres. Mon père était de la race des démons, ma mère une déesse — une telle semence ne s'éteint pas comme une lampe d'huile ordinaire. Pourtant, et c'est là toute l'ironie de mon sang, ces cent vingt-six années n'ont pas suffi à me rassasier. Plus on a de jours, plus on craint le dernier. Un homme bref ignore peut-être ce vertige ; un roi presque immortel le connaît trop bien.

Enkidu. Comment cet être sauvage est-il devenu l'ami de votre vie ?

Les dieux l'ont façonné dans l'argile et jeté dans la steppe pour qu'il soit mon égal — car j'étais devenu un roi trop dur, et Uruk gémissait sous ma fougue. Enkidu courait avec les gazelles, buvait aux mares avec les bêtes, ignorant le pain et la bière. La première fois que nous nous sommes affrontés, dans la rue, nos corps ont fait trembler les montants des portes. Aucun de nous n'a vaincu l'autre. Et de ce combat sans vainqueur est née une chose que je ne connaissais pas : un frère. Lui, la créature sauvage devenue homme ; moi, l'homme que sa rudesse a rendu plus humain. Nous avons affronté Humbaba ensemble, abattu le Taureau ensemble. Je croyais cette amitié aussi solide que mes remparts.

De ce combat sans vainqueur est née une chose que je ne connaissais pas : un frère.

Sa mort vous a brisé, dit-on. Vous souvenez-vous de ce moment ?

Les dieux ont décrété qu'il paierait pour Humbaba et pour le Taureau : Enkidu s'est éteint lentement, dévoré par la maladie, maudissant son sort sur sa couche. Moi, le roi deux tiers dieu, je suis resté assis près de lui sept jours et sept nuits, refusant qu'on l'emporte, jusqu'à ce qu'un ver tombe de son visage. Alors seulement j'ai compris. J'ai arraché mes vêtements royaux, j'ai laissé pousser ma barbe en désordre, j'ai erré comme une bête dans la steppe où lui-même avait couru. Ce n'était plus le deuil d'un compagnon : c'était la première fois que la mort me regardait droit dans les yeux et me disait son nom. Si la mort avait pris Enkidu, elle viendrait pour moi. Ce jour-là, le roi bâtisseur s'est mué en errant.

Pour la première fois, la mort m'a regardé droit dans les yeux et m'a dit son nom.
Charles V Holy Roman Emperor
Charles V Holy Roman EmperorWikimedia Commons, Public domain — No machine-readable author provided. Gilgamesh assumed (based on copyright claims).

C'est cette peur qui vous a lancé sur les routes de l'immortalité. Quel chemin avez-vous pris ?

Je n'avais plus qu'une obsession : trouver celui qui avait survécu au Déluge, Uta-napishti, le seul homme à qui les dieux aient accordé la vie sans fin. Pour l'atteindre, j'ai marché jusqu'au mont Mashu, la montagne jumelle dont les pics tiennent le ciel et dont les portes gardent le chemin du soleil. J'ai traversé douze lieues de ténèbres absolues, courant devant la course de Shamash, sans voir devant moi ni derrière moi, le cœur serré de terreur. Au-delà s'étendaient les eaux de la mort, l'Abzu, cet océan primordial qu'aucun mortel ne franchit. Je n'étais plus un roi en campagne : j'étais un homme nu courant après une rumeur, prêt à tout pour ne pas finir comme mon frère sous la terre.

Qu'avez-vous appris au bout du monde, auprès du survivant du Déluge ?

Uta-napishti m'a regardé, ruisselant et hagard, et il m'a raconté comment les dieux avaient noyé le monde, comment il avait bâti une arche et sauvé la semence du vivant, et comment, pour cela seul, on lui avait octroyé l'immortalité — une faveur unique, jamais renouvelée. Il m'a posé une épreuve simple : rester éveillé six jours et sept nuits. Moi qui avais terrassé Humbaba, je me suis effondré de sommeil presque aussitôt. Comment vaincre la mort, sa grande sœur, quand on ne peut même pas vaincre le sommeil ? Il m'a tout de même indiqué une plante au fond de l'Abzu, capable de rendre la jeunesse. Je l'ai cueillie, les mains lacérées. Et un serpent me l'a volée pendant que je me baignais. Voilà ce que j'ai rapporté du bout du monde : rien, sinon la vérité.

Si vos murs vous survivent mais pas votre chair, qu'avez-vous finalement compris de la condition humaine ?

Je suis revenu à Uruk les mains vides, et c'est en touchant de nouveau ma muraille de brique que j'ai enfin entendu ce que les dieux essayaient de me dire. L'immortalité qu'ils gardent pour eux n'est pas faite pour le tiers d'argile qui me compose. Mais regardez ces remparts : voilà ce qu'un homme peut opposer à la mort. Non pas vivre sans fin, mais bâtir, transmettre, laisser un récit gravé sur la tablette pour qu'un inconnu, dans mille ans, prononce encore mon nom. Si je pouvais croire qu'on me lirait dans un lointain avenir, sur des tablettes tirées de la poussière, alors peut-être ai-je trouvé mon immortalité — non dans ma chair, mais dans cette histoire que vous, étranger, vous écoutez encore.

L'immortalité n'est pas de vivre sans fin, mais qu'un inconnu, dans mille ans, prononce encore mon nom.
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Pour aller plus loin

Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Gilgamesh. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.