Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Gilgamesh

par Charactorium · Gilgamesh · Mythologie · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

C'est à Uruk aux puissantes murailles, par une nuit où Gilgamesh a creusé dans la terre un passage vers le monde d'en bas, que l'ombre d'Enkidu remonte comme un souffle froid. Les deux compagnons s'étreignent, la poussière du seuil collée à leurs bras. Ils ont chassé le lion ensemble, abattu Humbaba dans la Forêt des Cèdres, terrassé le Taureau céleste — puis la mort les a séparés. Revenu un instant des demeures de la poussière, Enkidu veut savoir ce qu'est devenu son frère depuis qu'il a fermé les yeux.

Mon frère, quand le souffle m'a quitté sur ma couche, qu'as-tu fait de tes jours ? Dis-moi comment tu m'as pleuré.

Toi qui gisais devant moi, Enkidu, je n'ai pas voulu croire à ton silence. Sept jours et sept nuits j'ai veillé ton corps, refusant qu'on te livre à la terre, jusqu'à ce qu'un ver tombe de ta narine. Alors seulement j'ai compris que tu ne te lèverais plus pour la chasse. J'ai arraché mes vêtements royaux, j'ai laissé pousser ma chevelure comme un sauvage, j'ai revêtu la peau du lion. Moi, le roi d'Uruk aux murailles puissantes, j'ai erré dans la steppe en hurlant ton nom. Ce n'était plus la simple perte d'un compagnon : c'était la mort qui entrait pour la première fois sous mon propre toit. Si toi, le plus fort à mes côtés, tu pouvais tomber, alors moi aussi je tomberais un jour.

C'était la mort qui entrait pour la première fois sous mon propre toit.

Tu as les joues creusées et la peau brûlée du voyageur. Où t'a porté ton chagrin, après que la terre m'eut recouvert ?

Ta mort m'a chassé de ma cité comme un vent mauvais. La terreur du néant s'était logée dans mon ventre, et je n'avais plus qu'une pensée : trouver celui qui a échappé à la mort. J'ai marché vers le Mont Mashu, dont les pics gardent le lever et le coucher du soleil, là où nul mortel n'était passé. Les hommes-scorpions m'ont laissé franchir le tunnel de ténèbres, et j'ai couru avant que la nuit ne m'y enferme. Au-delà s'étendait le jardin des dieux, puis les eaux de la mort. J'ai traversé l'Abzu, l'océan primordial, pour atteindre Uta-napishti, le seul homme à qui les dieux aient donné la vie sans fin. Toute cette route, mon frère, je l'ai faite pour ne pas finir comme toi sous la poussière.

Et cet homme sans mort, Uta-napishti, t'a-t-il livré son secret ? Es-tu revenu portant la vie éternelle entre tes mains ?

Il m'a raconté le Grand Déluge, mon frère — comment les dieux, lassés du bruit des hommes, résolurent de noyer toute chair, et comment Ea lui souffla de bâtir un navire pour sauver la semence du vivant. Sa vie sans fin, il ne l'avait pas gagnée : les dieux la lui avaient accordée une fois, et jamais ils ne se réuniraient ainsi pour moi. Il m'a défié de vaincre seulement le sommeil — et j'ai dormi six jours et sept nuits. Comment vaincrais-je la mort, moi qui ne tiens pas même contre le sommeil ? Il m'a pourtant montré une plante d'épine, au fond des eaux, qui rend la jeunesse. Je l'ai cueillie. Mais un serpent me l'a ravie tandis que je me baignais, et il a emporté avec lui ma dernière espérance.

Comment vaincrais-je la mort, moi qui ne tiens pas même contre le sommeil ?

Avant que les dieux ne me façonnent dans l'argile pour t'égaler, tu régnais seul. Qu'ai-je été pour toi, vraiment ?

Avant toi, Enkidu, j'étais une force sans frein. J'épuisais les jeunes gens d'Uruk, je ne laissais ni fils à son père ni fille à sa mère, tant ma démesure pesait sur la cité. Les dieux t'ont pétri d'argile et lâché parmi les bêtes sauvages pour qu'enfin quelqu'un me tienne tête. Quand nous nous sommes affrontés sur le seuil, ébranlant les montants de la porte, aucun de nous n'a pu terrasser l'autre — et de ce combat est née notre étreinte. Tu as été la moitié qui me manquait, celui devant qui je n'avais pas à être roi. Toi seul pouvais m'arrêter d'un mot ou me suivre au bout de la folie. Sans toi, ma force n'était qu'une solitude.

Te souviens-tu, mon frère, du jour où nous sommes entrés dans la Forêt des Cèdres ? Toi qui voulais la gloire — regrettes-tu Humbaba ?

Comment l'oublierais-je ? C'est moi qui t'ai entraîné, avide d'un nom qui survivrait à ma chair. Tu connaissais le chemin, toi qui avais vécu parmi les bêtes, et tu m'as mis en garde contre Humbaba, le gardien que les dieux avaient posté pour effrayer les hommes. Nous avons abattu les cèdres sacrés, et le gardien a rugi jusqu'à faire trembler la montagne. Quand il a imploré sa grâce, c'est toi qui m'as pressé de frapper, de peur qu'il ne nous perde. Nous l'avons tué ensemble, et Shamash nous avait prêté ses grands vents pour le ceindre. Je ne regrette pas le combat — mais je me demande parfois si le sang de ce gardien n'a pas appelé sur toi la colère des dieux.

Charles IV Holy Roman Emperor
Charles IV Holy Roman EmperorWikimedia Commons, Public domain — No machine-readable author provided. Gilgamesh assumed (based on copyright claims).

Et le Taureau céleste, lâché par Ishtar que tu avais éconduite ? Nous l'avons terrassé côte à côte — t'en souviens-tu ?

Je m'en souviens comme d'hier, mon frère. Ishtar m'avait voulu pour époux, et je lui ai rappelé le sort de tous ceux qu'elle avait aimés puis brisés. Furieuse, elle a obtenu d'Anu le Taureau céleste, dont le souffle ouvrait des gouffres où s'engloutissaient les hommes d'Uruk. Tu l'as saisi par la queue tandis que je plongeais mon glaive entre la nuque et les cornes. Puis tu as jeté sa cuisse au visage de la déesse — folie magnifique que je n'aurais osé seul. Nous avons paradé dans les rues, et la cité chantait nos deux noms. Mais c'est ce jour-là, je le crains, que les dieux ont tenu conseil et décidé que l'un de nous deux paierait. Ils t'ont choisi, toi, et non moi.

Avant nos aventures, tu m'avais mené sur le haut des remparts pour me montrer ta cité. Ces murailles d'Uruk, qu'as-tu voulu y inscrire ?

Monte sur ces murs, Enkidu, parcours-en le pourtour, examine-en les fondations : as-tu jamais vu ouvrage pareil ? Sept sages en ont posé les assises, et la brique cuite en forme l'enceinte sur une longueur qu'aucune cité n'égale. J'y ai enfermé le temple d'Eanna, la demeure d'Anu et d'Ishtar. Quand je suis revenu de ma course vaine, sans la plante de jouvence et sans la vie sans fin, c'est vers ces murailles que mes yeux se sont enfin reposés. J'avais cherché l'éternité au bout du monde, et elle était là, dans la brique que mes mains avaient ordonnée. Un roi ne survit pas dans sa chair, mais dans ce qu'il dresse pour sa cité. Ces remparts, eux, tiendront quand mon corps même sera poussière.

J'avais cherché l'éternité au bout du monde, et elle était là, dans la brique.
Charles V Holy Roman Emperor
Charles V Holy Roman EmperorWikimedia Commons, Public domain — No machine-readable author provided. Gilgamesh assumed (based on copyright claims).

On te disait fait pour deux tiers de la substance des dieux. Cette part divine en toi, t'a-t-elle pesé ou porté ?

On me nomme deux tiers dieu et un tiers homme, fils de la déesse Ninsun et d'un roi d'Uruk. Cette part divine m'a donné une taille et une force qu'aucun mortel n'approche, et nul ne peut soutenir mon regard. Mais c'est le tiers d'homme, mon frère, qui décide de tout. Car les dieux ne meurent pas, et moi je mourrai. À quoi sert d'avoir le sang des immortels dans les veines si la mort réclame quand même sa part ? Cette part divine ne m'a pas épargné ton cadavre ni la peur qui m'a chassé sur les routes. Elle m'a fait plus grand que les hommes, et plus seul. Le tiers mortel, lui, m'a appris à pleurer.

À quoi sert d'avoir le sang des immortels dans les veines si la mort réclame quand même sa part ?

Maintenant que tu connais la demeure de poussière où je repose, qu'as-tu fini par comprendre de la vie des hommes ?

Toi qui es là, dans le pays sans retour, tu le sais mieux que moi : en bas, la lumière s'éteint, on mange la glaise et la poussière est notre pain. J'ai voulu fuir cela, et j'ai appris qu'on ne le fuit pas. Les dieux, lorsqu'ils ont créé l'homme, ont gardé la vie sans fin pour eux et nous ont laissé la mort en partage. Alors que me reste-t-il à faire ? Emplir mon ventre, me réjouir le jour et la nuit, tenir propre ma tête, prendre la main de l'enfant et réjouir l'épouse qui m'est donnée. Voilà la part de l'homme. Je suis revenu les mains vides de mon grand voyage, et c'est peut-être là la seule sagesse que j'ai rapportée.

Le souffle qui m'a fait remonter faiblit déjà, mon frère. Avant que la terre ne me reprenne, dis-moi : que gardes-tu de moi ?

Ne pars pas encore, Enkidu — laisse-moi serrer une dernière fois tes bras, même froids comme l'argile. Ce que je garde de toi ? Tout ce que je suis devenu. Avant toi je n'étais qu'une force qui écrasait sa propre cité ; tu m'as donné un compagnon, et ta mort m'a fait un homme qui sait ce qu'il vaut. J'ai fait tailler ta statue, je t'ai pleuré comme une veuve pleure son unique. Quand je marchais seul dans la steppe, c'est ton ombre que je poursuivais autant que la vie sans fin. Retourne maintenant à ta demeure, puisqu'il le faut — mais tant que tiendront les murs d'Uruk, ton nom y sera dit avec le mien. Va en paix, mon frère, et que la poussière te soit légère.

Voir la fiche complète de Gilgamesh

Pour aller plus loin

Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Gilgamesh. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.