Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Jocelyn Bell Burnell

par Charactorium · Jocelyn Bell Burnell (1943 — ?) · Sciences · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

C'est sous le toit de tôle ondulée du Mullard Radio Astronomy Observatory, par un après-midi venteux de l'automne 1968, que Antony Hewish rejoint sa doctorante entre deux tables couvertes de rouleaux de papier déroulés. L'odeur d'encre fraîche et de thé refroidi flotte dans le baraquement préfabriqué, et le ronronnement des récepteurs accordés sur 81,5 MHz emplit la pièce. Ils travaillent côte à côte depuis trois ans, depuis qu'elle est arrivée à Cambridge en 1965, et leur découverte fait encore trembler toute l'astrophysique. Hewish, son directeur de thèse, vient ce jour-là pour qu'elle raconte, à sa façon, cette aventure dont ils sortent à peine.

Jocelyn, tu te souviens de l'été où nous avons planté ces poteaux et tendu les câbles sur les quatre hectares ? Qu'est-ce que ce chantier t'a appris ?

Comment l'oublier ! Pendant deux ans, j'ai manié la masse et déroulé des kilomètres de fil avec l'équipe, sous la pluie de Cambridge le plus souvent. On me regardait parfois de travers — une jeune femme qui plante des piquets, ce n'était pas l'image qu'on se faisait d'une chercheuse. Mais toi, tu m'as laissée faire, et c'est là tout le secret. Quand on a construit soi-même ses 2048 dipôles, on connaît l'instrument comme le creux de sa main. Je savais exactement ce que ce télescope pouvait capter et ce qu'il ne pouvait pas. Le jour où une anomalie est apparue, je n'ai pas douté de la machine : je la connaissais trop bien pour cela. Ce sont mes mains qui ont préparé ce que mes yeux allaient découvrir.

Quand on a construit soi-même ses 2048 dipôles, on connaît l'instrument comme le creux de sa main.

Tu as repéré ce petit bout de scruff sur le graphique alors que tant d'autres l'auraient pris pour du bruit. Comment l'œil s'arrête-t-il sur si peu ?

Tu sais combien de mètres de tracés je dépouillais chaque jour, crayon en main, penchée sur ces rouleaux. Des dizaines, parfois davantage. À force, l'œil apprend la signature de chaque parasite humain, de chaque interférence. Et puis un jour, il y avait là un petit quart de pouce de scruff qui ne ressemblait à rien de connu. Ce n'était pas tout à fait du brouillage d'origine humaine. Beaucoup auraient tourné la page. Moi, j'avais ce sentiment tenace que cela méritait qu'on s'y arrête. Le signal revenait, toujours au même point du ciel sidéral. Ce n'est pas un éclair de génie qui découvre un pulsar, c'est l'obstination de regarder ce que les autres jugent indigne d'attention.

Ce n'est pas un éclair de génie qui découvre un pulsar, c'est l'obstination de regarder ce que les autres jugent indigne d'attention.

Quand le signal s'est mis à battre toutes les 1,337 secondes avec une régularité d'horloge, as-tu vraiment cru un instant à des Little Green Men ?

La régularité m'a d'abord effrayée, je l'avoue. Une impulsion toutes les 1,3373 secondes, d'une précision presque insolente — rien dans la nature qu'on connaissait alors ne battait ainsi. On a plaisanté en l'appelant LGM-1, Little Green Men, parce que l'idée d'un signal artificiel, presque d'une balise, nous traversait l'esprit. Mais je n'y ai jamais vraiment cru. J'étais surtout agacée : j'achevais ma thèse, et voilà qu'une bande de petits hommes verts menaçait de me gâcher mes données ! Le soulagement est venu quand un deuxième signal, dans une autre direction du ciel, est apparu. Deux civilisations indépendantes n'auraient pas choisi de nous appeler en même temps. C'était un phénomène naturel — et bien plus extraordinaire encore.

Deux civilisations indépendantes n'auraient pas choisi de nous appeler en même temps.

Tu es arrivée ici après Glasgow, où tu étais la seule femme de l'équipe de physique. Comment vivais-tu ces journées de doctorante parmi nous ?

À Glasgow déjà, en 1961, j'étais l'unique femme dans l'amphithéâtre de physique, et les garçons tapaient sur leurs pupitres quand j'entrais. On apprend à tenir, dans ces conditions. À Cambridge, mes journées étaient simples et rudes : le vélo jusqu'à l'observatoire, les rouleaux relevés pendant la nuit qu'on déroulait au matin, le thé brûlant pour tenir le froid des baraquements. L'après-midi, je venais te montrer ce que la nuit avait livré, et nous discutions des fausses pistes à éliminer. Une chambre d'étudiante toute simple, des étagères chargées de manuels, peu de superflu. Je crois que cette modestie de moyens m'a servie : rien ne me distrayait du papier millimétré. Le travail était tout, et j'y trouvais une forme de bonheur austère.

On apprend à tenir, quand on est la seule femme dans l'amphithéâtre.

Le soir, tu croisais inlassablement les données suspectes pour écarter les interférences. Qu'est-ce qui te poussait à recommencer ainsi chaque vérification ?

La hantise de me tromper, tout simplement. Une découverte annoncée à la légère, et c'est toute une carrière qui s'effondre — la mienne, mais aussi ta réputation de directeur. Alors le soir, je restais à confronter le signal avec d'autres observations, à traquer la moindre origine terrestre : un radiateur défectueux, une voiture qui passait, un poste de télévision mal réglé du côté de Cambridge. Il fallait que le signal suive le temps sidéral, et non l'heure de nos montres, pour qu'il vienne vraiment des étoiles. J'ai vérifié, revérifié, jusqu'à ne plus pouvoir douter. Cette rigueur n'avait rien d'héroïque : c'était la condition même pour que l'on nous croie. La science ne pardonne pas l'enthousiasme mal contrôlé.

Il fallait que le signal suive le temps des étoiles, et non l'heure de nos montres.
Miñano Menor - Parque Tecnológico de Álava - Edificio E8 Jocelyn Bell (TSK Energy Solutions) 22
Miñano Menor - Parque Tecnológico de Álava - Edificio E8 Jocelyn Bell (TSK Energy Solutions) 22Wikimedia Commons, CC0 — Zarateman

Quand nous avons rédigé l'article pour Nature, mesurais-tu déjà ce que cette publication allait représenter pour l'astrophysique ?

Non, pas pleinement, et je crois que toi non plus. Nous savions que c'était important — un objet céleste d'un type inédit, d'une densité inimaginable. Mais que cet article de Nature devienne l'un des textes fondateurs de l'astrophysique du siècle, cela nous dépassait sur le moment. Je me souviens surtout de l'effervescence : les téléphones qui sonnaient, les confrères du monde entier qui voulaient des détails. Pour moi, jeune doctorante, c'était vertigineux. J'avais passé des mois seule avec mes rouleaux, et soudain l'astronomie entière se penchait sur notre quart de pouce de scruff. Ce que nous appelions désormais un pulsar — une étoile à neutrons en rotation — confirmait des théories qu'on croyait à jamais invérifiables. C'était plus grand que nous deux réunis.

L'astronomie entière se penchait soudain sur notre quart de pouce de scruff.

Beaucoup s'indignent que le Nobel de 1974 soit allé à Ryle et à moi, sans toi qui as fait la détection. Comment portes-tu cela aujourd'hui ?

Je le porte avec plus de sérénité qu'on ne l'imagine, Antony. Oui, Fred Hoyle s'est indigné publiquement, et le tollé a fait grand bruit. Mais je crois sincèrement qu'un prix de cette nature récompense la direction d'un programme de recherche, le pari intellectuel de départ — et ce pari, c'était le tien. Une doctorante fait son travail ; c'est ainsi que la science avance. Je n'en garde aucune amertume. Au contraire, cette controverse m'a apporté une visibilité et une liberté qu'un lauréat n'a peut-être pas : on m'écoute, on me consulte, on me confie des responsabilités. J'ai fait mon chemin sans cette médaille, et c'est peut-être ce chemin-là qui m'a faite telle que je suis. La reconnaissance prend bien des formes.

Une doctorante fait son travail ; c'est ainsi que la science avance.
Launch of IYA 2009, Paris - Grygar, Bell Burnell (cropped)
Launch of IYA 2009, Paris - Grygar, Bell Burnell (cropped)Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Sintegrity

Penses-tu que cette polémique dépasse ton seul cas, et qu'elle dit quelque chose de la place faite aux femmes et aux doctorants dans nos laboratoires ?

Bien sûr qu'elle le dépasse, et c'est précisément ce qui m'importe. Mon histoire n'est qu'un exemple parmi tant d'autres où le travail des plus jeunes, et surtout des femmes, reste dans l'ombre de leurs aînés. Combien de découvertes ont été faites par des mains que l'histoire n'a pas retenues ? La règle des trois lauréats a bon dos, mais derrière elle se cache une question plus vaste : qui voyons-nous quand nous regardons un laboratoire ? J'espère que mon cas, tout débattu qu'il est, ouvrira les yeux. Si l'on parle de moi, qu'au moins ce soit pour que d'autres jeunes femmes n'aient plus à se demander si leur nom comptera. Je veux être utile à celles qui viennent, pas une martyre que l'on plaint.

Qui voyons-nous, vraiment, quand nous regardons un laboratoire ?

Maintenant que tu vas quitter Cambridge, que retiendras-tu de ces années passées ensemble dans ces baraquements glacés ?

Je retiendrai le froid, oui, et le thé qu'on faisait chauffer pour les longues séances ! Mais surtout cette chose rare : avoir touché du doigt l'inconnu. Peu de chercheurs peuvent dire qu'ils ont ouvert un pan entier de l'univers. Toi, tu m'as offert un sujet de thèse qui paraissait modeste — cartographier des sources radio — et il a débouché sur les pulsars. Je retiendrai aussi la solitude féconde du dépouillement, ces heures penchée sur le papier où l'on ne sait pas encore qu'on va changer l'astronomie. Et l'amitié de l'équipe, malgré les regards parfois. Quoi qu'il advienne de ma carrière, ces baraquements resteront le lieu où une jeune femme a appris qu'elle pouvait faire confiance à son propre regard.

Ces baraquements resteront le lieu où j'ai appris à faire confiance à mon propre regard.

Tu m'as parlé de ton souci des étudiants modestes. Si un jour on te récompensait richement, qu'en ferais-tu, toi qui as tant peiné sur ce papier ?

Quelle drôle de question d'avenir ! Mais je vais te répondre franchement. Je n'ai jamais cherché l'argent ; ce qui m'a manqué parfois, à moi comme à tant d'autres, c'est qu'on me fasse une place. Si l'on me confiait une somme, je crois que je la rendrais utile à ceux qui n'ont pas eu mes chances — les filles des familles modestes, ceux qu'on ne voit pas dans nos amphithéâtres. La science a besoin de tous les talents, pas seulement de ceux qui sont nés du bon côté. Garder une fortune pour moi seule n'aurait aucun sens : j'ai eu le privilège de la découverte, c'est déjà immense. Le reste doit servir à ouvrir les portes qu'on a failli me fermer.

La science a besoin de tous les talents, pas seulement de ceux qui sont nés du bon côté.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Jocelyn Bell Burnell. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.