Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Jules Ferry

par Charactorium · Jules Ferry (1832 — 1893) · Politique · 4 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Deux élèves de douze ans, en classe découverte, poussent la porte du bureau d'un vieux monsieur en redingote noire. C'est Jules Ferry, l'homme qui a rendu l'école gratuite et obligatoire. Il les accueille avec un sourire, touché que des enfants viennent l'interroger.

Vous êtes né tout près de l'Alsace. C'était comment, votre enfance là-bas ?

Tu sais, je suis né à Saint-Dié-des-Vosges, en 1832, au milieu des montagnes. Imagine des forêts de sapins, l'air froid du matin, et juste à côté, une frontière. De l'autre côté, il y avait l'Alsace. Mon père était magistrat, un homme de loi sérieux. Chez nous, on parlait beaucoup de justice et de devoir. Mais ce que je n'ai jamais oublié, c'est cette Alsace si proche. Plus tard, quand la France l'a perdue, j'ai eu mal comme à une blessure. Petit déjà, je sentais que ces montagnes étaient un bout de patrie qu'il fallait protéger.

C'est vrai qu'on vous appelait 'Ferry-Famine' ? Pourquoi ce surnom méchant ?

Ah, ce surnom… il m'a fait beaucoup de peine. En 1870, la Prusse assiégeait Paris. J'étais maire de la ville, à l'Hôtel de Ville. Imagine une cité entière encerclée, coupée du monde, où la nourriture manque. Les gens avaient faim, terriblement faim. Et moi, je devais partager les maigres rations entre tous. Forcément, ce n'était jamais assez. Alors les Parisiens, en colère, m'ont appelé Ferry-Famine. C'était injuste : je ne créais pas cette disette, je la subissais comme eux. Mais j'ai tenu bon, j'ai fait mon devoir, même quand on me détestait dans la rue.

Pourquoi vous avez fait enlever les croix dans les salles de classe ?

Ah, ça, ça a fait du bruit ! En 1882, j'ai retiré l'enseignement religieux des écoles publiques. On a décroché les crucifix des murs. J'ai reçu des milliers de lettres d'insultes, et même des menaces de mort. Mais écoute-moi bien : je ne faisais pas la guerre à Dieu. Je voulais une école où l'enfant catholique, juif ou protestant se sente chez lui. C'est ça, la laïcité : l'école ne sert aucune religion en particulier, donc elle accueille tous les enfants. Imagine une classe où chacun est l'égal de son voisin, peu importe la prière de ses parents. Voilà ce que je cherchais.

L'école n'appartient à aucune religion, donc elle appartient à tous.

C'est vrai que l'école n'était pas gratuite avant vous ?

Oui, mon enfant, et c'était une injustice. Avant ma loi du 16 juin 1881, les familles devaient payer pour envoyer leurs petits à l'école primaire. Alors les plus pauvres restaient dehors, à travailler aux champs ou à l'usine. Imagine un enfant intelligent, plein de promesses, qui ne saura jamais lire parce que ses parents n'ont pas un sou. Ça me révoltait. J'ai donc supprimé ces frais : l'école primaire publique est devenue gratuite pour tous. Je le répétais souvent : instruire un enfant, c'est un devoir que la société tout entière lui doit. Un pays qui laisse ses enfants ignorants se condamne lui-même.

Les instituteurs, vous leur demandiez quoi exactement ?

En 1883, j'ai écrit une grande lettre à tous les instituteurs de France. Je leur disais une chose simple : soyez pour l'enfant comme un second père. Parlez-lui avec bonté, parfois avec sévérité, mais toujours avec respect. Je voulais qu'ils enseignent une morale sans religion : être honnête, courageux, juste, aimer son pays. On appelait cela la morale civique. Imagine un maître qui apprend à lire à un petit paysan, et qui, en même temps, lui apprend à devenir un homme droit. C'était ma plus grande fierté. L'instituteur, pour moi, accomplissait l'œuvre même de la civilisation.

Les Hommes N 36 Jules Ferry
Les Hommes N 36 Jules FerryWikimedia Commons, Public domain — André Gill

Comment on devenait maître d'école, à votre époque ?

Ah, bonne question ! Il fallait les former, ces maîtres. Alors entre 1879 et 1882, j'ai développé des écoles normales dans chaque département — des écoles pour apprendre à enseigner. On y formait des jeunes gens, souvent fils de paysans, pour qu'ils deviennent instituteurs laïcs. On les a surnommés les hussards noirs de la République, parce qu'ils portaient de longues vestes sombres. Imagine une armée, mais sans fusils : leur seule arme, c'était le tableau noir et la craie. Ils partaient dans les villages les plus reculés porter l'instruction. Grâce à eux, des campagnes entières ont appris à lire.

Leur seule arme, c'était le tableau noir et la craie.

Le soir, après le travail, vous faisiez quoi pour vous détendre ?

Tu sais, je me reposais peu. Le soir, je m'enfermais dans mon bureau pour écrire mes discours, souvent tard dans la nuit. Mais j'aimais aussi mes livres. Ma bibliothèque débordait d'ouvrages de philosophie. J'admirais surtout un penseur nommé Auguste Comte, le père du positivisme. Pour lui, on ne connaît vraiment le monde que par la raison et la science, pas par la croyance. Cette idée m'a guidé toute ma vie. Parfois, le soir, je rejoignais des amis républicains pour discuter de tout cela autour d'une lampe. On rêvait ensemble d'une France éclairée par le savoir.

On vous appelait 'le positiviste' — ça vous vexait ?

Pas du tout, j'en étais fier ! Mes adversaires le disaient pour se moquer, mais moi, je le prenais comme un compliment. Le positivisme, c'est croire que la science et la raison valent mieux que les vieilles superstitions. Le matin, dès six heures, je lisais les journaux comme Le Temps pour comprendre le monde par les faits. Tu vois, je voulais une école bâtie sur cette idée : on apprend en observant, en réfléchissant, pas en récitant. Imagine un enfant qui découvre une plante, la regarde, la dessine, et comprend comment elle pousse. Ça, c'était mon rêve d'école.

On vous a chassé du pouvoir ? Qu'est-ce qui s'est passé ?

Oui, et ce fut dur. En 1885, j'étais président du Conseil, le chef du gouvernement. La France menait une guerre lointaine, au Tonkin, en Asie. Nos soldats ont subi de cruels revers, et un homme, Georges Clemenceau, m'a attaqué avec violence devant les députés, au Palais Bourbon. J'ai été renversé, chassé du pouvoir sous les huées. Imagine sortir d'une grande salle pendant qu'une foule te crie dessus. Ce n'était pas la première fois qu'on me détestait. Mais tu sais, les colères des hommes passent. Mes écoles, elles, sont restées debout.

Et à la fin de votre vie, vous vouliez être enterré où ?

Voilà une question qui me touche. Quand je suis mort, en 1893, j'avais un dernier vœu. Je voulais reposer dans mon village natal, à Saint-Dié, mais avec ma tombe tournée vers l'Alsace — cette terre que la France avait perdue en 1871. Tu comprends, je n'ai jamais accepté cette défaite. Dans les écoles, on accrochait une carte de France où l'Alsace était peinte en noir, comme en deuil. Je voulais que les enfants n'oublient jamais. Mon espoir, c'était que l'école forme une jeunesse assez instruite pour qu'un jour la France se relève.

Même mort, je regarde vers l'Alsace.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Jules Ferry. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.