Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Louis Pasteur

par Charactorium · Louis Pasteur (1822 — 1895) · Sciences · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Paris, automne 1892. Dans un appartement de l'Institut Pasteur encore imprégné d'odeurs de bouillon de culture, un vieil homme à demi paralysé nous reçoit, la main droite refusant toujours de serrer la nôtre. Derrière lui, sur l'étagère, des fioles au col recourbé veillent comme des sentinelles de verre. Il parle bas, lentement, mais ses yeux n'ont rien perdu de leur fièvre.

Comment en êtes-vous venu à vous attaquer à la génération spontanée, une idée que des siècles tenaient pour acquise ?

Tout est parti d'une obstination de tanneur, j'imagine, héritée de mon père à Dole. On me répétait qu'un bouillon abandonné à l'air se peuplait de lui-même, comme si la matière inerte accouchait du vivant par caprice. Cela me paraissait une paresse de l'esprit. J'ai donc fait étirer au feu ces ballons au long col recourbé, mes fioles à col de cygne : l'air entrait, mais ses poussières restaient prisonnières du coude de verre. Le bouillon demeurait limpide, stérile, des mois durant. Inclinez la fiole, laissez la poussière toucher le liquide, et la corruption surgit. En 1861, j'ai écrit que je voulais démontrer, par des expériences irréfutables, qu'il n'existe point de génération spontanée. Ces fioles sont encore là, fermées, intactes. Elles me survivront.

L'air entrait, mais ses poussières restaient prisonnières du coude de verre.

Que répondiez-vous à ceux qui voyaient dans votre démonstration une atteinte à des croyances anciennes ?

On m'a accusé de vouloir tuer une belle idée. Mais je ne tue rien : je filtre. La science ne se prononce pas par humeur, elle se prononce par l'expérience répétée, contredite, recommencée. Mes contradicteurs juraient que dans certaines conditions la vie naissait du néant ; je leur demandais simplement de me montrer la fiole, le protocole, le résultat reproductible. Aucun ne le put. À l'École Normale, où j'avais installé mon laboratoire, je passais mes matinées à dicter à mes assistants ce que le microscope me révélait : partout des corpuscules, des germes, jamais une apparition spontanée. La génération spontanée fut une longue rêverie commode. J'ai eu l'orgueil, peut-être, de préférer une vérité incommode à une fable rassurante.

On vous associe au vin et au lait autant qu'aux maladies. Comment un chimiste finit-il penché sur des tonneaux ?

Par commande de l'Empereur, en vérité. En 1863, Napoléon III s'inquiétait des vins français qui tournaient au vinaigre et ruinaient nos échanges. On me confia l'enquête. J'ai compris que la fermentation n'était pas une réaction chimique aveugle, mais le travail d'êtres vivants minuscules : de bons ferments faisaient le vin, de mauvais le gâtaient. J'ai écrit dans mes Études sur le vin que le chauffer entre cinquante-cinq et soixante degrés détruisait les ferments de l'altération sans abîmer son goût. Une étuve, un thermomètre, un peu de patience : voilà ce qui sauve une récolte. On a baptisé cela de mon nom. Je trouve étrange qu'on grave un savant sur une bouteille de lait — mais après tout, c'est la table de tous que je voulais préserver.

Je trouve étrange qu'on grave un savant sur une bouteille de lait.

Diriez-vous que cette science du vin a changé votre manière de regarder la maladie ?

Elle l'a tout commandé. Si un être invisible suffit à corrompre un tonneau de Bourgogne, pourquoi n'en irait-il pas de même du sang, de la plaie, du lait de nourrice ? La fermentation fut mon école : elle m'a appris que rien ne se gâte sans cause, et que la cause a toujours un corps, fût-il imperceptible. De la cuve de brasseur, je suis passé aux vers à soie du Midi, qui mouraient par millions, puis aux bêtes des étables. Le fil ne s'est jamais rompu. Je refuse d'ailleurs de serrer les mains — on me croit maniaque — parce que je sais maintenant ce qu'une paume transporte. La propreté n'est pas une coquetterie ; c'est une conséquence logique de ce que j'ai vu au fond d'une fiole de moût.

Parlez-nous de Pouilly-le-Fort. Pourquoi avoir accepté un défi public, devant la presse, alors que tout pouvait échouer ?

Par orgueil, et par nécessité. On me sommait de prouver que mes vaccins n'étaient pas une rêverie de laboratoire. Au printemps 1881, dans une ferme de Seine-et-Marne, j'ai accepté que l'on partage un troupeau en deux : les uns reçurent ma culture de charbon atténuée, les autres rien. Puis on inocula à tous le bacille virulent. Je vous avoue que les jours d'attente furent atroces ; je tenais ma réputation au bout d'une seringue. Quand on ouvrit l'étable, les vingt-quatre bêtes vaccinées étaient debout, et les témoins gisaient, morts ou mourants. Devant cent témoins, journalistes et vétérinaires venus de l'étranger, la démonstration ne souffrait aucune contestation. J'avais joué, et l'expérience avait répondu pour moi.

Je tenais ma réputation au bout d'une seringue.
The birthplace of Louis Pasteur. Oil painting.
The birthplace of Louis Pasteur. Oil painting.Wikimedia Commons, CC BY 4.0 — Inconnu

Comment êtes-vous passé d'une volaille malade au principe même de la vaccination ?

Par un hasard que j'ai eu la chance de ne pas dédaigner. Une culture du choléra des poules avait vieilli, oubliée à l'air pendant l'été. Inoculée, elle ne tuait plus les bêtes. Mieux : ces poules-là résistaient ensuite à la culture la plus virulente. J'ai écrit que ces cultures vieillies perdent leur virulence tout en conservant leurs propriétés, et que les animaux ainsi traités résistent. Là était tout : on pouvait affaiblir un microbe et s'en servir comme d'un bouclier. Jenner avait eu sa vache et sa variole ; moi, j'avais une loi générale, l'atténuation. Le charbon en découla, puis bien davantage. Le hasard, dit-on, ne favorise que les esprits préparés. Le mien guettait depuis vingt ans.

On pouvait affaiblir un microbe et s'en servir comme d'un bouclier.

Venons-en à la nuit de juillet 1885. Vous souvenez-vous de l'instant où l'on vous a amené le jeune Joseph Meister ?

Je m'en souviendrai jusqu'à ma dernière heure. On me présenta un enfant de neuf ans, mordu en quatorze endroits, si profondément que la marche lui était pénible ; les morsures dataient de plus de deux jours. La mort de cet enfant paraissait inévitable. Or je n'étais pas médecin, et ma méthode n'avait réussi que sur des chiens. Je résolus, non sans de vives et cruelles inquiétudes, d'essayer chez Joseph Meister ce qui m'avait constamment réussi à l'étable. Chaque soir, durant dix jours, on lui injecta des moelles de plus en plus virulentes. Je ne dormais plus. Si l'enfant mourait, ce n'était pas un échec scientifique, c'était un meurtre. Il vécut.

Si l'enfant mourait, ce n'était pas un échec scientifique, c'était un meurtre.
Louis Pasteur, proponent of the 'germ' theory of disease.
Louis Pasteur, proponent of the 'germ' theory of disease.Wikimedia Commons, CC BY 4.0 — After Albert Edelfelt

Qu'avez-vous éprouvé en mesurant l'écho mondial de cette guérison ?

Un mélange que je ne sais nommer. La gloire m'est tombée dessus comme une avalanche : des mordus de toute l'Europe, et même de Russie, accouraient à mon laboratoire de la rue d'Ulm comme à un sanctuaire. Cela me terrifiait autant que cela me touchait. Un seul enfant sauvé valait tout, mais on me faisait soudain prophète, alors que je n'étais qu'un homme penché sur ses carnets, comptant ses doses, redoutant l'erreur. De cet afflux naquit l'idée d'une maison à part : l'Institut Pasteur, inauguré en 1888, payé par une souscription venue du monde entier. J'y vis désormais, à demi paralysé depuis mon attaque de 1868, mais l'esprit, lui, n'a jamais cédé du côté gauche.

Vous avez renvoyé un diplôme honorifique à l'université de Bonn. La science doit-elle donc avoir une patrie ?

La science n'en a pas ; le savant en a une. Voilà ce que j'ai répondu aux Allemands lorsque je leur ai retourné mon parchemin de docteur. La défaite de 1870, l'Alsace-Lorraine arrachée, je les porte comme une plaie qui ne se referme pas. Qu'on ne se méprenne point : une vérité découverte à Berlin vaut autant qu'une vérité trouvée à Paris, et je lis chaque matin les publications étrangères, fussent-elles prussiennes. Mais l'homme qui cherche cette vérité a un cœur, une langue, des morts à venger. Je ne puis recevoir d'honneur d'un pays qui a humilié le mien. On me jugera étroit ; je m'en accommode. Mon laboratoire est ouvert à toutes les nations ; ma reconnaissance, non.

La science n'en a pas ; le savant en a une.

Au crépuscule de votre vie, comment regardez-vous le chemin parcouru depuis le Jura ?

Avec étonnement, surtout. Le fils du tanneur de Dole, l'écolier d'Arbois où je retourne chaque été respirer l'air des vignes, n'imaginait pas finir dans une crypte de marbre. Mon corps me trahit depuis cette attaque de 1868 ; je dicte plus que je n'écris, je m'appuie sur Marie, ma femme, qui transcrit mes pensées comme elle l'a toujours fait. Mais quand je songe aux fioles encore scellées, aux troupeaux sauvés, à cet enfant alsacien qui marche aujourd'hui parce qu'une nuit j'ai osé, je me dis que la besogne valait la peine. Je n'ai pas eu de génie soudain ; j'ai eu de la volonté, et le refus obstiné de croire ce qu'une expérience n'avait pas confirmé.

Je n'ai pas eu de génie soudain ; j'ai eu de la volonté.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Louis Pasteur. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.