Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Marguerite Duras

par Charactorium · Marguerite Duras (1914 — 1996) · Lettres · 4 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Ce matin-là, en classe découverte, deux élèves d'environ douze ans poussent la porte d'un appartement encombré de livres, rue Saint-Benoît. Une vieille dame à la voix grave les attend, un café noir à la main. Marguerite Duras leur fait signe de s'asseoir : elle va leur raconter sa vie.

Vous êtes née très loin d'ici, c'est vrai ? C'était où, votre enfance ?

Oui, mon enfant. Je suis née en 1914 très loin de Paris, en Indochine française — le pays qu'on appelle aujourd'hui le Vietnam. À ma naissance, je ne m'appelais pas Duras : j'étais Marguerite Donnadieu. Imagine une chaleur lourde, des rizières, et un grand fleuve, le Mékong, large comme une mer. Mon père est mort quand j'avais quatre ans. Après, ma mère a élevé seule trois enfants, et nous étions pauvres, très pauvres. Cette enfance-là, je ne l'ai jamais quittée. Toute ma vie, je l'ai écrite, encore et encore, dans mes livres.

C'est vrai que vous avez écrit votre livre le plus connu très tard ?

Oui ! Mon roman L'Amant raconte une histoire de mes quinze ans. Sur le bac qui traversait le Mékong, j'ai rencontré un jeune homme chinois, riche, alors que ma famille n'avait rien. Cette rencontre m'a marquée pour toujours. Mais — et c'est drôle — je n'ai écrit ce livre que soixante-dix ans plus tard. J'avais 70 ans quand il a reçu le Prix Goncourt, en 1984, le plus grand prix littéraire français. Imagine : une vieille dame qui devient célèbre dans le monde entier, traduite en quarante langues, pour avoir raconté son adolescence. Il n'est jamais trop tard pour dire la vérité de sa vie.

Il n'est jamais trop tard pour dire la vérité de sa vie.

Vous habitiez où à Paris ? Vous aviez des amis célèbres ?

À Paris, j'ai vécu très longtemps au 5 rue Saint-Benoît, en plein cœur du quartier de Saint-Germain-des-Prés. Tu sais, dans les années d'après-guerre, c'était l'endroit où vivaient les écrivains et les penseurs. Au café de Flore, juste à côté, je croisais Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, les grands philosophes de l'époque. Mon appartement débordait de livres et de papiers, dans un beau désordre. On y discutait pendant des heures — de politique, de romans, de la vie. Imagine une maison où la porte n'était jamais vraiment fermée. C'était ça, mon Paris.

On dit que vous écriviez d'une façon bizarre. C'était quoi de spécial ?

Tu sais, beaucoup de gens trouvaient mes phrases étranges. Très courtes. Avec des silences, des blancs, des choses qu'on ne dit pas. On appelait ça l'écriture blanche — une écriture nue, sans décoration, sans grands mots compliqués. Avec d'autres écrivains, je faisais partie du Nouveau Roman : on refusait de raconter les histoires bien sagement, du début à la fin. Dans Moderato Cantabile, en 1958, j'ai écrit une femme fascinée par un crime, presque sans rien expliquer. Imagine une chanson où les silences comptent autant que les notes. Pour moi, ce qu'on tait est aussi fort que ce qu'on dit.

Vous écriviez à quel moment de la journée ?

La nuit, presque toujours la nuit ! Le jour, je recevais des amis, je parlais trop. Mais quand tout le monde dormait, je m'installais devant ma machine à écrire portative, et je tapais dans le silence. Le matin, je me levais tard, un grand café noir à la main, et je relisais ce que j'avais écrit, encore en robe de chambre. J'aimais aussi me retirer dans ma maison de campagne, à Neauphle-le-Château, près de Paris, pour écrire au calme. Imagine une lampe allumée toute seule dans une maison endormie. Écrire, pour moi, c'était entrer dans un autre monde, la nuit.

Pardaillan Commémo Marguerite Duras
Pardaillan Commémo Marguerite DurasWikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Henry Salomé

Est-ce que c'était dur, parfois, votre vie ?

Oui, mon enfant, j'ai eu des combats difficiles. Le plus dur, c'était l'alcool. J'en ai trop bu, toute ma vie, et je ne l'ai jamais caché — j'en ai même parlé dans mes livres. C'est une maladie, tu sais, pas une fête. Elle m'a fait beaucoup souffrir, et ceux qui m'aimaient aussi. Je te le dis franchement, parce qu'il ne faut pas mentir aux enfants. On peut écrire de belles choses et porter en soi une grande blessure. Imagine un feu qui réchauffe et qui brûle en même temps. L'écriture, elle, m'a toujours sauvée. Elle était ma vraie force.

C'était comment pour vous, la guerre ?

La guerre, c'était la peur, tous les jours. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la France était occupée par l'armée allemande nazie. Je suis entrée dans la Résistance — ce sont les gens qui luttaient en secret contre l'occupant, au péril de leur vie. Et puis un jour, le pire est arrivé : mon mari, Robert Antelme, a été arrêté par la police nazie, la Gestapo, et déporté dans un camp, à Dachau, en Allemagne. Imagine attendre des mois sans savoir si la personne que tu aimes est vivante ou morte. Je guettais chaque bruit dans l'escalier. C'était une attente terrible.

Marguerite Duras erretratua
Marguerite Duras erretratuaWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Ainara Azpiazu Aduriz

Et il est revenu, votre mari ?

Oui, il est revenu — mais dans quel état... En 1945, quand les camps ont été libérés, Robert est rentré de Dachau si maigre, si épuisé, qu'on le reconnaissait à peine. Il a frôlé la mort pendant des semaines. Moi, pendant son absence, j'avais écrit mon attente et ma peur dans des cahiers. Et puis je les avais oubliés ! Bien plus tard, je les ai retrouvés par hasard dans les armoires bleues de ma maison de Neauphle-le-Château. Je n'avais aucun souvenir de les avoir écrits. J'en ai fait un livre, La Douleur, en 1985.

Certaines blessures, on les écrit pour ne pas les oublier tout à fait.

C'est vrai que vous faisiez aussi des films ?

Oui ! J'ai d'abord écrit des mots pour le cinéma. En 1959, j'ai écrit le scénario d'un film, Hiroshima mon amour, réalisé par Alain Resnais. C'est l'histoire d'une Française et d'un Japonais qui s'aiment dans la ville de Hiroshima, là où une bombe terrible avait tout détruit. Le film parle de mémoire et d'oubli. Au début, une voix dit : « Tu n'as rien vu à Hiroshima. Rien. » Imagine une ville qui se souvient et qui veut oublier en même temps. Ce film a bouleversé le cinéma de mon époque. On appelait ce nouveau cinéma la Nouvelle Vague.

Et vos propres films, c'était quoi de spécial ?

À la fin, j'ai tenu la caméra moi-même. J'ai réalisé plus de vingt films ! Mon préféré, c'est India Song, en 1975. J'y faisais une chose étrange et nouvelle : les voix qu'on entend ne sont pas celles des personnages qu'on voit. La parole d'un côté, l'image de l'autre. Imagine une chanson où la voix flotte au-dessus des corps, comme un souvenir. Beaucoup ne comprenaient pas, au début. Aujourd'hui, on dit que c'est un chef-d'œuvre. Tu vois, mon enfant : il ne faut jamais avoir peur de faire les choses autrement.

Il ne faut jamais avoir peur de faire les choses autrement.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Marguerite Duras. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.