Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Michel Foucault

par Charactorium · Michel Foucault (1926 — 1984) · Philosophie · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Deux élèves de 12 ans, en classe découverte à Paris, poussent la porte d'un vieux bureau plein de livres. Un homme au crâne rasé et aux lunettes rondes les accueille en souriant. C'est Michel Foucault, et il a accepté de répondre à toutes leurs questions.

C'était quoi votre travail, en vrai, toute la journée ?

Tu sais, mon enfant, je passais mes après-midis dans le silence. À la Bibliothèque nationale, rue de Richelieu. Imagine une grande salle remplie de vieux papiers, où l'on n'entend que les pages qu'on tourne. Je lisais des milliers de documents oubliés. Et je remplissais des petites fiches, des centaines de fiches. C'était comme assembler un puzzle géant dont personne n'avait jamais vu l'image. Le soir, je tapais mes pages sur ma machine à écrire. Je travaillais souvent la nuit, avec un café serré. Mon métier, ce n'était pas d'inventer : c'était de fouiller ce qu'on avait enterré.

Pourquoi vous avez écrit un livre entier sur la folie ?

Parce qu'une question me hantait. Pourquoi, à certaines époques, enferme-t-on ceux qu'on appelle « fous » ? En 1961, j'ai soutenu une grosse thèse là-dessus, Histoire de la folie. J'ai découvert que chaque époque décide, en secret, de ce qui est normal et de ce qui ne l'est pas. J'appelais cela l'épistémè : la façon de penser cachée d'un temps. Imagine des lunettes que tout le monde porte sans le savoir, et qui colorent ce qu'on voit. Autrefois, on chassait les fous comme on chasse ce qui dérange. Comprendre cela, c'est comprendre comment une société se regarde elle-même.

C'est vrai que vous êtes monté sur un toit pour lancer des pavés ?

Ah, tu as entendu cette histoire ! Oui, c'est vrai. En 1969, j'enseignais à l'université de Vincennes, une fac toute neuve, née de l'agitation des étudiants. Un jour, la police est venue déloger les jeunes qui occupaient les lieux. Je suis monté sur le toit avec eux. Et oui... j'ai lancé des pavés. Imagine un professeur déjà connu, le crâne rasé, accroupi sur un toit comme un gamin ! J'avais peur, le cœur battait fort. Mais je ne voulais pas seulement penser le pouvoir dans mes livres. Parfois, il faut monter là-haut et être présent, avec les autres.

Je ne voulais pas seulement penser le pouvoir dans mes livres.

Vous aviez peur d'être arrêté à cause de tout ça ?

Beaucoup pensaient qu'un professeur devait rester sage, dans son bureau. Moi, je trouvais cela un peu lâche. À mon époque, en France, on pouvait être frappé ou fiché par la police pour avoir manifesté. Alors oui, j'avais peur, comme tout le monde. Mais j'ai compris une chose en vieillissant : on ne peut pas écrire sur les puissants le matin et les laisser faire l'après-midi. Mes idées ne valaient quelque chose que si j'osais les vivre. C'est pour cela que, plus tard, je me suis battu pour les prisonniers. Penser, c'est déjà agir un peu. Mais agir, c'est penser jusqu'au bout.

C'est quoi cette prison d'Attica que vous êtes allé voir ?

En 1975, j'ai traversé l'océan pour visiter une prison américaine : Attica. Quelques années plus tôt, les détenus s'y étaient révoltés, et la répression avait été terrible. Imagine d'immenses murs, des couloirs de fer, des cages alignées à perte de vue. En sortant, j'étais bouleversé. J'ai compris que la prison ne sert pas vraiment à rendre les gens meilleurs. Elle sert à mettre de côté ceux qui dérangent, à les ranger comme des objets. Ce que j'avais écrit dans mes livres, je le voyais là, devant moi, en pierre et en barreaux. C'était glaçant.

Michel Foucault 1974 Brasil
Michel Foucault 1974 BrasilWikimedia Commons, Public domain — Unknown authorUnknown author

Et ce groupe que vous avez fait pour aider les prisonniers ?

En 1971, avec mon ami Gilles Deleuze, nous avons créé un groupe un peu spécial. Son but ? Laisser les prisonniers parler eux-mêmes. Tu vois, d'habitude, on parle à leur place : les juges, les journalistes, les savants. Mais eux, jamais. Nous récoltions leurs mots, leur faim, leur froid, leurs colères. Imagine qu'on tende enfin un cahier à quelqu'un qu'on a toujours fait taire. Je ne voulais pas être le grand professeur qui explique tout. Je voulais que ceux qui souffrent disent eux-mêmes ce qu'ils vivent. Écouter, parfois, c'est le plus grand des combats.

C'est quoi le Panoptique dont tout le monde parle ?

Ah, mon idée la plus célèbre ! Dans mon livre Surveiller et Punir, en 1975, je raconte une invention étrange. Un monsieur nommé Bentham avait imaginé une prison toute ronde. Au centre, une tour ; tout autour, un anneau de cellules percées de grandes fenêtres. Le gardien, dans sa tour, peut voir chaque prisonnier. Mais les prisonniers, eux, ne savent jamais s'ils sont observés. Alors ils se tiennent sages, tout le temps, au cas où. C'est cela, le panoptisme : être surveillé sans rien voir. Et le plus troublant, c'est qu'on finit par se surveiller tout seul, dans sa tête.

Le plus troublant, c'est qu'on finit par se surveiller tout seul.

Mais nous aussi, on est surveillés comme dans cette prison ?

Tu poses la question qui me tient le plus à cœur. Regarde autour de toi : l'école où l'on s'assoit en rangs, l'hôpital où l'on note tout sur toi, la caserne, l'usine. Partout, on observe, on classe, on corrige. J'appelle cela la normalisation : on dresse une règle, et on pousse chacun à y ressembler. Ce n'est pas un méchant roi qui ordonne tout cela. Ce sont mille petites habitudes, mille regards. Imagine une toile invisible qui te tient droit sans même te toucher. Je ne dis pas que tout est mauvais. Je dis : ouvre les yeux, et demande-toi toujours qui décide de ce qui est « normal ».

C'est vrai qu'il y avait trop de monde à vos cours ?

Oui, et cela m'étonnait moi-même ! J'enseignais au Collège de France, un lieu où les leçons sont gratuites et ouvertes à tous. Chaque hiver, entre janvier et mars, la salle débordait. Des gens venus de toute l'Europe s'asseyaient par terre, dans les escaliers, jusque dans les couloirs ! Il me fallait un microphone pour que ma voix porte assez loin. Imagine une salle si pleine qu'on respire à peine, et un silence total quand je commençais à parler. Je n'avais pas de diplôme à remettre, pas de note à mettre. Les gens venaient juste pour penser ensemble. Cela, c'était un cadeau immense.

Pourquoi vous ne vouliez pas qu'on enregistre vos cours ?

Parce qu'une pensée, mon enfant, c'est vivant. Chaque année, je réécrivais tout, je corrigeais, je changeais d'avis. Si on avait enfermé mes mots dans une boîte, on aurait cru que c'était fini, figé pour toujours. Or je n'avais jamais fini ! Imagine une rivière : si tu la mets en bouteille, ce n'est plus une rivière, c'est de l'eau morte. Je préférais que mes paroles s'envolent et que chacun les transforme dans sa tête. Penser, ce n'est pas répéter ce qu'on a entendu. C'est recommencer, encore et encore, sans jamais croire qu'on a trouvé la réponse définitive.

Si on se souvient d'une seule chose de vous, ce serait quoi ?

Si tu ne devais retenir qu'une chose, retiens ceci. Un jour, j'ai dit que « la critique est l'art de ne pas être tellement gouverné ». Cela veut dire : ne pas tout gober. Quand on te dit « c'est comme ça, c'est normal », demande-toi pourquoi. Qui l'a décidé ? Depuis quand ? À qui cela profite-t-il ? Je n'ai pas écrit pour qu'on me croie sur parole. J'ai écrit pour qu'on doute, pour qu'on regarde le monde avec des yeux neufs. Toi aussi, tu peux fouiller, questionner, désobéir un peu. C'est le plus beau cadeau que je puisse vous laisser, à toi et à tes amis.

La critique est l'art de ne pas être tellement gouverné.
Voir la fiche complète de Michel Foucault

Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Michel Foucault. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.