Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Néron

par Charactorium · Néron (37 — 68) · Politique · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Deux élèves de douze ans visitent les ruines d'un immense palais romain. Au milieu des fresques effacées, un homme en toge pourpre les attend, presque heureux qu'on vienne enfin l'écouter. Il s'appelle Néron, et il a beaucoup à raconter.

Vous aviez quel âge quand vous êtes devenu empereur ?

Tu sais, j'avais seulement 17 ans. Imagine : à peine plus vieux que toi, et déjà maître du plus grand empire du monde. Mon beau-père, l'empereur Claude, venait de mourir en 54 — empoisonné, disait-on, par ma propre mère. Au début, je n'étais pas seul. Ma mère Agrippine voulait tout décider à ma place, et mon précepteur Sénèque me soufflait les bons mots. C'était comme porter une couronne trop lourde pour ma tête. On a même appelé mes cinq premières années le Quinquennium Neronis, mes belles années de bon gouvernement. Mais grandir, quand on est empereur, ça veut dire écarter ceux qui te tiennent la main.

Une couronne trop lourde pour la tête d'un garçon de dix-sept ans.

C'est vrai que vous avez fait du mal à votre propre maman ?

C'est la question qui fait mal, mon enfant, et je ne vais pas te mentir. Ma mère Agrippine ne voulait pas me lâcher. Plus je grandissais, plus elle serrait. En 59, j'ai cru trouver une ruse : un bateau truqué qui devait couler sous elle, en pleine mer. Imagine une barque qui se brise toute seule dans la nuit. Mais elle savait nager, et elle a regagné la côte. Alors j'ai envoyé des hommes finir le travail chez elle. Avant, j'avais déjà laissé empoisonner mon demi-frère Britannicus lors d'un banquet. Tu vois, le pouvoir m'a appris une chose laide : il dévore d'abord ta famille.

Le pouvoir, ça dévore d'abord ta propre famille.

C'est quoi qui vous rendait le plus heureux dans la vie ?

Ah, là tu touches mon vrai cœur ! Pas les batailles, pas les lois. Le chant. Je jouais de la cithare, un instrument à cordes venu de Grèce, et je chantais devant tout Rome. Mon maître Terpnos, le meilleur joueur du monde, restait avec moi jusque tard dans la nuit. Imagine un empereur qui monte sur scène comme un artiste de rue ! Les nobles en étaient horrifiés. Pour eux, un homme libre ne se donnait jamais en spectacle. Mais moi, je voulais qu'on m'aime pour ma voix, pas seulement pour ma couronne. C'était peut-être ça, mon erreur : je rêvais d'applaudissements quand on attendait un chef.

Je voulais qu'on m'aime pour ma voix, pas pour ma couronne.

Pourquoi les gens importants vous trouvaient bizarre de chanter ?

Parce qu'à mon époque, mon enfant, chaque chose avait sa place. Un sénateur dirigeait, un soldat combattait, et un acteur — eh bien, un acteur, c'était presque un esclave. Monter sur scène, jouer un héros derrière un masque, parfois même un rôle de femme, c'était briser un interdit énorme. On appelait ça les ludi scaenici, les jeux de théâtre. J'ai créé mes propres concours, les Jeux Néroniens, en 60, avec de la poésie et de la musique, comme chez les Grecs que j'admirais tant. Bien sûr, je gagnais toujours le premier prix — qui aurait osé battre l'empereur ? Au fond, je confondais deux métiers que Rome voulait séparer.

Je confondais deux métiers que Rome voulait absolument séparer.

C'est vrai que vous jouiez de la musique pendant que Rome brûlait ?

Voilà la légende qui me colle à la peau pour toujours ! En juillet 64, un terrible incendie a ravagé Rome — dix quartiers sur quatorze partis en fumée. Imagine des rues entières comme une forêt en flammes, la nuit rougie, les gens qui courent. On a raconté que je chantais avec ma lyre en regardant ça. Mais c'est faux ! J'étais à Antium, ma ville natale, à plusieurs heures de là. Je suis rentré au galop pour organiser les secours. Le problème, tu vois, c'est qu'une belle histoire cruelle voyage plus vite que la vérité. Et celle-là, on se la répète encore, presque deux mille ans plus tard.

Une belle histoire cruelle voyage toujours plus vite que la vérité.
(Gaillac) Néron essayant des poisons - Jean-Baptiste Cariven - Musée des Beaux-Arts de Gaillac
(Gaillac) Néron essayant des poisons - Jean-Baptiste Cariven - Musée des Beaux-Arts de GaillacWikimedia Commons, Public domain — Didier Descouens

Et après l'incendie, qu'est-ce que vous avez fait des chrétiens ?

Là, je ne peux pas me cacher derrière de jolies excuses. Après le feu, le peuple voulait un coupable, et moi aussi. Alors j'ai désigné les chrétiens — les christiani, comme les appelait l'historien Tacite. C'était une toute petite communauté, mal connue, facile à accuser. Je les ai fait persécuter cruellement en 64. La tradition raconte que deux de leurs chefs, Pierre et Paul, sont morts pendant ces jours sombres. Pour reconstruire, en revanche, j'ai fait du bon travail : des rues plus larges, des portiques, des matériaux qui brûlent moins vite. Mais un beau plan d'urbanisme n'efface jamais le sang d'innocents.

Un beau plan de ville n'efface jamais le sang des innocents.

C'était comment, votre maison ? On dit qu'elle était énorme.

Énorme, c'est encore trop petit comme mot ! Je l'ai appelée la Domus Aurea, la « Maison Dorée », bâtie après l'incendie. Imagine un palais de 300 hectares en plein cœur de la ville, avec des jardins, des étangs, et même une grande salle ronde dont le plafond tournait pour imiter le ciel et les étoiles. À l'entrée, une statue de moi haute de 30 mètres, en dieu Soleil. On l'a appelée le Colosse — et c'est lui qui a donné plus tard son nom au Colisée voisin. Le soir, je faisais des banquets sur des barques flottantes. Mais une telle démesure, tu sais, finit toujours par faire peur à tout le monde.

La démesure finit toujours par faire peur, même à tes amis.

Ça coûtait pas trop cher de construire tout ça ?

Tu poses la vraie question, celle que mes conseillers n'osaient pas ! Oui, c'était ruineux. Reconstruire Rome, payer mon palais, mes fêtes... l'or filait entre mes doigts. Alors j'ai fait une chose risquée en 64 : j'ai réduit un peu le métal précieux dans nos pièces. L'aureus en or et le denier en argent sont devenus un peu plus légers. Imagine que tu prennes une pièce et que tu en grattes discrètement un morceau pour en fabriquer deux : voilà mon astuce. C'était la première dévaluation connue de Rome. Sur le moment, ça marchait. Mais à long terme, j'ai fragilisé l'argent de tout l'empire. Dépenser, c'est facile ; tenir les comptes, beaucoup moins.

Dépenser, c'est facile ; tenir les comptes, c'est tout un art.
Portrait d'Édouard de Max (1869-1924), sociétaire de la Comédie-Française, dans le rôle de Néron. P1351
Portrait d'Édouard de Max (1869-1924), sociétaire de la Comédie-Française, dans le rôle de Néron. P1351Wikimedia Commons, CC0 — Boisselier, Georges Alexandre Lucien (Paris, 15–03–1876 - Paris, 05–11–1943), peintre

Vous aimiez beaucoup la Grèce, on dirait. Pourquoi ?

Oh oui, la Grèce, c'était mon rêve ! Là-bas, on aimait la musique, la poésie, les concours — tout ce que les Romains sévères méprisaient chez moi. En 66, j'y suis parti en grand voyage. J'ai chanté, couru, conduit des chars dans leurs jeux, et j'ai « remporté » tous les prix. Soyons honnêtes : on n'allait pas faire perdre l'empereur ! Je portais même des tuniques grecques sans ceinture, ce qui scandalisait les vieux Romains. J'ai aussi voulu creuser un grand canal à travers l'isthme de Corinthe, pour relier deux mers. Le chantier fut abandonné à ma mort — on ne l'a terminé qu'en 1893. En Grèce, enfin, je me sentais vraiment moi-même.

En Grèce, pour la première fois, je me sentais vraiment moi-même.

Comment ça s'est terminé pour vous, à la fin ?

Triste fin, mon enfant, et je l'ai un peu cherchée. En 68, les soldats des provinces se sont révoltés, en Gaule, en Espagne. Et surtout, ma garde rapprochée, les prétoriens, ces gardes qui protégeaient l'empereur, m'ont abandonné. Sans eux, un empereur n'est plus rien. J'ai dû fuir Rome à pied, déguisé en esclave, jusqu'à la villa d'un de mes affranchis nommé Phaon. Là, terrorisé, seul, je me suis donné la mort. On raconte que mes derniers mots furent : « Quel artiste meurt avec moi ! ». Avec moi s'éteignait toute ma famille, la dynastie qui descendait d'Auguste. Tu vois, on peut commander le monde entier et finir abandonné de tous.

On peut commander le monde entier et finir abandonné de tous.

Si on vous croisait aujourd'hui, qu'est-ce qu'on remarquerait en premier ?

Ce que tu remarquerais d'abord ? Sans doute mon œil collé à une étrange pierre verte. Je portais une émeraude taillée comme une petite loupe, et je regardais à travers les combats de gladiateurs. C'est peut-être le tout premier verre correcteur de l'histoire ! Et puis tu verrais ma toga picta, pourpre et brodée d'or, lourde de pierres. Mais surtout, tu m'entendrais : je parlerais musique, poésie, théâtre, plus que guerre ou impôts. Je voudrais te chanter quelque chose, là, tout de suite. Voilà mon paradoxe, mon enfant : on se souvient de moi comme d'un monstre, alors qu'au fond je rêvais surtout qu'on m'applaudisse.

On se souvient d'un monstre, là où moi je rêvais d'applaudissements.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Néron. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.