Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Pablo Picasso

par Charactorium · Pablo Picasso (1881 — 1973) · Arts visuels · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

C'est sur la terrasse écrasée de soleil de La Californie, à Cannes, que Georges Braque retrouve Pablo Picasso en cet été 1957. Des céramiques sèchent contre le mur, une colombe gravée traîne près d'un cendrier débordant. Les deux hommes ne se sont plus parlé longuement depuis les années où ils peignaient encordés l'un à l'autre, comme deux alpinistes. Braque vient sans carnet, seulement avec la mémoire d'un atelier partagé et quelques questions qu'il n'a jamais osé poser.

Pablo, en 1907 tu m'as montré ces Demoiselles, et je t'ai dit que tu voulais nous faire boire du pétrole. Tu m'en veux encore ?

T'en vouloir ? Tu étais le seul dont l'insulte valait quelque chose, Georges. Les autres reculaient poliment ; toi tu crachais le feu en pleine figure, et c'est ce qui m'a confirmé que j'avais frappé juste. Cette toile, je l'ai faite après le Trocadéro, après ces masques africains qui m'ont sauté dessus comme des fantômes. Ils ne représentaient rien, ils agissaient. J'ai compris ce jour-là qu'un visage pouvait être une arme, pas un miroir. Tout le monde voyait une horreur ; moi je voyais une porte. Et derrière cette porte, six mois plus tard, tu étais déjà entré avec moi.

Un visage pouvait être une arme, pas un miroir.

Quand nous décomposions tout, du temps de Ma Jolie, tu répétais que tu peignais ce que tu pensais. Moi je doutais. Tu y croyais vraiment ?

J'y croyais comme on croit en respirant. Je peins les objets comme je les pense, non comme je les vois — souviens-toi, nous le disions sans même nous concerter, nos toiles se ressemblaient à ne plus les distinguer. Ma Jolie, c'était une chanson de café et une femme à la guitare réduites à des facettes, presque illisibles, et pourtant tout y était. Créer, c'est d'abord détruire : il faut casser la chose pour atteindre l'idée de la chose. Toi et moi, nous avons démoli la perspective comme deux ouvriers démolissent un mur, sans savoir ce qu'il y avait derrière. Ce qu'il y avait derrière, c'était la liberté.

Créer, c'est d'abord détruire : il faut casser la chose pour atteindre l'idée de la chose.

On nous reprochait de rendre le sujet méconnaissable. Toi qui aimes tant la guitare espagnole, ça ne te coûtait pas de la briser en morceaux ?

Briser, non — ouvrir. Une guitare, je l'aime trop pour me contenter de la regarder de face. Je voulais en voir le ventre, le dos, la corde et le silence en même temps. En 1912, j'ai même fait une guitare en tôle et en fil de fer, sortie du tableau, debout dans l'espace. Les gens cherchaient l'instrument et trouvaient une carcasse ; ils ne comprenaient pas qu'une carcasse chante aussi. La guitare, c'est mon Espagne dans la poche, tu le sais. Je ne la détruisais pas : je lui donnais autant de profils qu'un homme a de souvenirs.

En 1937, pendant que je travaillais dans mon coin, on t'a commandé une toile pour l'Exposition. Comment Guernica t'est-elle tombée dessus ?

Elle ne m'est pas tombée dessus, Georges — elle m'a été arrachée. Le gouvernement républicain m'avait demandé quelque chose ; je tournais en rond depuis des mois. Puis le 26 avril ils ont brûlé une petite ville basque depuis le ciel, des civils, un jour de marché. Alors la toile s'est imposée d'elle-même, en noir, blanc et gris, parce que le deuil n'a pas de couleur. J'ai voulu exprimer clairement mon horreur de la caste militaire qui a plongé l'Espagne dans un océan de douleur et de mort. Trois mètres et demi sur près de huit. Pour une fois je n'ai rien décomposé : la guerre l'avait déjà fait.

Le deuil n'a pas de couleur.

On raconte qu'un officier allemand, sous l'Occupation, t'a interrogé sur cette toile. Qu'as-tu osé lui répondre, dans Paris occupé ?

Il avait une reproduction de Guernica dans les mains, et il m'a demandé, presque aimable : c'est vous qui avez fait ça ? Je lui ai répondu : non, c'est vous. Voilà tout. Ils traitaient mon travail d'art dégénéré, ils m'interdisaient en Allemagne, et pendant ce temps je peignais derrière mes volets fermés, dans le froid, sans bronze ni toile parfois. Je n'ai pas quitté Paris, tu te rappelles ? Beaucoup partaient ; moi je suis resté avec mes pinceaux comme un homme reste avec son chien. Peindre, sous eux, c'était déjà désobéir.

Il m'a demandé : c'est vous qui avez fait ça ? Je lui ai répondu : non, c'est vous.
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Portrait of Pablo Picassolabel QS:Lfr,"Portrait de Pablo Picasso"label QS:Len,"Portrait of Pablo Picasso"label QS:Lit,"Ritratto di Pablo Picasso"label QS:Lde,"Porträt von Pablo Picasso"label QS:Lnl,"Wikimedia Commons, Public domain — Amedeo Modigliani

Tu lis L'Humanité au lit le matin, on me l'a dit. En 1944 tu es entré au Parti. Toi, Pablo, un homme encarté ?

Cela t'étonne, et tu n'es pas le seul. Mais après tout ce que nous avions traversé, la guerre, l'Occupation, je ne pouvais plus me tenir au-dessus de la mêlée comme un dandy. Je suis communiste et ma peinture est communiste — je l'ai dit devant tout le monde et je ne le retire pas. J'ai cherché, par le dessin, à pénétrer plus avant dans une connaissance des hommes. Le matin, oui, je reçois mes visiteurs au lit, mon café noir d'un côté, le journal de l'autre. Ce n'est pas une posture, Georges : c'est qu'un peintre n'a pas le droit d'avoir des yeux pour les fleurs et pas pour les hommes.

Un peintre n'a pas le droit d'avoir des yeux pour les fleurs et pas pour les hommes.

Et cette colombe que tu as dessinée en 1949 ? Une simple lithographie est devenue un drapeau. Tu mesurais ce que tu lâchais dans le monde ?

Pas une seconde. On m'a demandé une image pour le Mouvement de la paix, j'ai tracé une colombe aux ailes ouvertes, blanche sur fond noir, presque rien. Et voilà qu'on la placarde sur tous les murs d'Europe, qu'on en fait un emblème contre la guerre froide. Une lithographie, ça se tire à mille exemplaires : c'est une arme qui se distribue, pas un trésor qu'on enferme. Mes armes sont la peinture et le dessin, je n'en ai jamais eu d'autres. Drôle de destin pour un oiseau, n'est-ce pas — moi qui en élevais de vrais, salissants et braillards, dans mon atelier.

Une arme qui se distribue, pas un trésor qu'on enferme.
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Portrait of Pablo Picasso title QS:P1476,en:"Portrait of Pablo Picasso "label QS:Len,"Portrait of Pablo Picasso "label QS:Lit,"Ritratto di Pablo Picasso"label QS:Lfr,"Portrait de Pablo Picasso"labelWikimedia Commons, Public domain — Juan Gris

Tu as toujours peint, depuis l'enfance presque. C'est vrai cette histoire de concours réussi en un jour, et des pinceaux de ton père ?

Vrai, et je n'en tire aucune gloire — un don, ça ne se mérite pas. À quatorze ans, à Barcelone, on m'a donné un mois pour l'examen des Beaux-Arts ; j'ai rendu en une journée. Mon père était professeur de dessin, il peignait des pigeons toute sa vie. Le jour où il a vu que je le dépassais, il m'a tendu ses pinceaux et sa palette, et il a presque cessé de peindre. Imagine ce geste, Georges : un père qui te remet ses armes en avouant que tu es plus fort que lui. J'ai mis cinquante ans à comprendre le poids de ce cadeau.

Et te voilà aujourd'hui couvert de terre, à modeler des pots à Vallauris. Le cubiste devenu potier — qu'est-ce que tu cherches encore ?

La même chose qu'au premier jour : ne pas m'ennuyer de moi-même. En 1946 je suis arrivé dans ce village de céramistes, j'ai mis les mains dans l'argile, et j'ai eu de nouveau quatorze ans. Plus de quatre mille pièces depuis, des plats, des vases, des chouettes, des taureaux. Les gens disent : il se disperse. Mais toi tu sais qu'un peintre qui se répète est déjà mort. Changer de matière, c'est rajeunir. Je ne deviens pas potier, sculpteur, graveur : je reste celui qui détruit ce qu'il sait faire pour réapprendre. Le jour où je saurai vraiment peindre, ce jour-là je m'arrêterai. Heureusement, ce jour ne viendra pas.

Un peintre qui se répète est déjà mort. Changer de matière, c'est rajeunir.

Une dernière, Pablo. Toutes ces vies dans une seule — bleue, rose, cubiste, communiste. Si tu devais me dire ce qui les relie ?

Le refus de finir une phrase. Voilà ce qui les relie. Chaque période, on a cru que c'était mon dernier mot, et chaque fois j'ai tourné les talons. La période bleue après la mort de Casagemas, le cubisme avec toi, Guernica, la colombe, l'argile de Vallauris — ce ne sont pas des étapes, ce sont des évasions. Je suis superstitieux, je garde tout, une dent de lait de mon fils, de vieilles chaussures, parce que détruire une de mes œuvres me porterait malheur. Mais détruire ma manière de peindre, ça, je le fais sans trembler, tous les matins. Toi qui m'as connu encordé à moi, tu sais bien que je n'ai jamais voulu arriver quelque part. Je voulais seulement continuer.

Ce ne sont pas des étapes, ce sont des évasions.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Pablo Picasso. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.