Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Paul Verlaine

par Charactorium · Paul Verlaine (1844 — 1896) · Lettres · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Ce matin-là, deux élèves de cinquième en classe découverte poussent la porte d'une petite chambre d'hôtel du Quartier latin. Un vieux monsieur fatigué les attend, une pipe à la main. C'est Paul Verlaine, et il a accepté de répondre à toutes leurs questions.

C'était comment, le jour où vous avez reçu la première lettre de Rimbaud ?

Tu sais, mon enfant, c'était l'automne 1871. Je reçois une lettre d'un garçon de Charleville que je ne connais pas. Dedans, des poèmes. Et là, mon cœur s'arrête. Imagine que tu ouvres un cahier d'écolier et que tu y trouves le plus beau texte du monde. Ce garçon avait dix-sept ans. Dix-sept ans ! Moi j'en avais vingt-sept, et je me sentais petit à côté de lui. Je lui ai écrit tout de suite. Je lui ai dit de venir, qu'on l'attendait, qu'on travaillerait ensemble. Je ne savais pas encore que ce garçon, Arthur Rimbaud, allait bouleverser ma vie entière. Le génie, vois-tu, ça ne prévient pas.

Le génie, ça ne prévient pas.

Vous étiez vraiment ami avec lui ? Ça se passait bien entre vous ?

Ami, c'est un petit mot pour ce qu'on a vécu. On marchait ensemble dans Londres, dans la brume, sans un sou. On regardait les rues, les ouvriers, le fleuve. Tout devenait poème. Mais imagine deux feux trop proches : ils se réchauffent, puis ils se brûlent. On se disputait, on se réconciliait, on repartait. C'était beau et c'était épuisant. De ces errances en Angleterre et en Belgique est né mon recueil Romances sans paroles. Tu vois, parfois les plus belles choses naissent des moments les plus difficiles. On a écrit notre plus belle musique en se faisant beaucoup de mal. Je ne le souhaite à personne, et pourtant je ne le regrette pas tout à fait.

C'est vrai que vous avez tiré sur lui avec un pistolet ?

Oui. Et c'est la chose dont j'ai le plus honte. C'était à Bruxelles, en juillet 1873, dans un hôtel de la rue des Brasseurs. On s'était encore disputés. Rimbaud voulait partir, me quitter. J'avais bu, j'étais désespéré, et j'ai fait une chose terrible : j'ai tiré, deux fois. Je l'ai blessé au poignet. Imagine ta plus grande colère, celle qui te fait trembler les mains. Maintenant imagine qu'au lieu de claquer une porte, tu fasses l'irréparable. Voilà. La police m'a arrêté. On m'a condamné à deux ans de prison. En une seconde, un coup de feu, j'avais détruit l'amitié la plus précieuse de ma vie.

En une seconde, j'avais détruit l'amitié la plus précieuse de ma vie.

Et en prison, ça se passait comment ? Vous aviez peur ?

La prison de Mons, en Belgique, c'était une petite cellule froide et grise. Au début, oui, j'avais peur. J'étais seul, j'avais tout perdu : ma femme Mathilde, mon ami, ma liberté. Mais tu sais, parfois c'est dans le noir qu'on voit le mieux. Dans cette cellule, j'ai recommencé à prier. Je me suis converti, je suis redevenu chrétien. Et j'ai écrit. De ce silence est né un recueil que j'aime profondément, Sagesse. Imagine une plante qui pousse dans la fente d'un mur de pierre. C'est un peu ce qui m'est arrivé. La prison m'a enlevé presque tout, mais elle m'a rendu à moi-même et à ma poésie.

C'est parfois dans le noir qu'on voit le mieux.

Vous disiez qu'un poème, c'est comme de la musique. Ça veut dire quoi ?

Ah, voilà ma grande idée ! Écoute bien. Pour moi, un poème doit d'abord chanter à l'oreille, avant même de vouloir dire quelque chose. J'ai écrit cela dans mon Art poétique : « De la musique avant toute chose ». C'est ma règle préférée. Tu connais une chanson dont tu adores l'air, même sans comprendre toutes les paroles ? Eh bien un poème, c'est pareil. J'aimais aussi les vers impairs, ceux qui ont cinq, sept ou neuf syllabes — compte sur tes doigts ! Ils sonnent plus flottant, moins carré que les vers ordinaires. Le sens compte, bien sûr. Mais d'abord, ferme les yeux, et écoute la mélodie des mots.

Un poème doit chanter avant de vouloir dire.
Louis Gustave Cambier - Dichter Paul Verlaine
Louis Gustave Cambier - Dichter Paul VerlaineWikimedia Commons, Public domain — Louis Gustave Cambier

Vous pouvez nous dire un de vos poèmes par cœur ?

Avec plaisir, mon enfant. En voici un que beaucoup de gens connaissent, tiré de mes tout premiers Poèmes saturniens. Ferme les yeux et écoute : « Les sanglots longs / Des violons / De l'automne / Blessent mon cœur / D'une langueur / Monotone. » Tu entends ? Les vers sont courts, les sons reviennent comme des gouttes de pluie. Je ne te décris pas vraiment l'automne. Je te fais sentir la tristesse douce de la saison qui finit. C'est ça, ma poésie : pas une photographie, mais une émotion qui glisse dans l'air. Récite-le à voix basse ce soir, et tu verras : la mélancolie devient presque belle.

Je ne décris pas l'automne, je te fais sentir sa tristesse.

C'est quoi un « poète maudit » ? Pourquoi vous avez inventé ce mot ?

Bonne question ! Un « poète maudit », c'est un poète immense que personne ne reconnaît de son vivant. Les gens passent à côté de lui sans le voir, comme on marche à côté d'un trésor enterré. En 1884, j'ai écrit un petit livre, Les Poètes maudits, pour parler de six d'entre eux. Il y avait mon cher Rimbaud, et aussi Mallarmé. Je voulais crier au monde : « Regardez ! Ces gens sont des génies ! » Imagine que tu sois le seul de ta classe à savoir qu'un camarade timide dessine des merveilles. Tu aurais envie de le montrer à tous, non ? Eh bien, c'est exactement ce que j'ai fait pour eux.

Un poète maudit, c'est un trésor enterré que personne ne voit.
French:  Portrait de Paul Verlaine (1844-1896), poète title QS:P1476,fr:"Portrait de Paul Verlaine (1844-1896), poète "label QS:Lfr,"Portrait de Paul Verlaine (1844-1896), poète "
French: Portrait de Paul Verlaine (1844-1896), poète title QS:P1476,fr:"Portrait de Paul Verlaine (1844-1896), poète "label QS:Lfr,"Portrait de Paul Verlaine (1844-1896), poète "Wikimedia Commons, Public domain — Frédéric-Auguste Cazals

On dit que vous buviez une boisson verte bizarre. C'était quoi ?

Ah, tu parles de l'absinthe. On l'appelait « la fée verte ». C'était une boisson très alcoolisée, d'un vert pâle, qu'on buvait dans les cafés de Paris. Je passais des journées entières attablé, à griffonner des vers sur des bouts de papier entre deux verres. Mais je vais être honnête avec toi, parce que tu mérites la vérité : cette fée-là n'était pas une bonne amie. Elle m'a abîmé la santé et l'esprit. Imagine un feu qui réchauffe au début, puis qui brûle la maison entière. Voilà ce qu'était l'absinthe pour moi. Si tu retiens une chose de ma bouche aujourd'hui : méfie-toi des choses qui consolent trop vite.

Méfie-toi des choses qui consolent trop vite.

On vous a appelé « Prince des poètes ». Vous étiez riche et heureux alors ?

Quelle drôle d'histoire, mon enfant. En 1894, les poètes de Paris m'ont élu « Prince des poètes ». Un titre magnifique, n'est-ce pas ? On aurait cru un roi. Mais sais-tu où vivait ce prince-là ? Dans des chambres d'hôtel misérables, des garnis comme on disait, ces logements meublés qu'on loue à la semaine quand on n'a presque rien. Je passais souvent par l'hôpital, malade et sans argent. Imagine un mendiant à qui l'on pose une couronne en carton sur la tête. Voilà ce que j'étais. La gloire ne remplit pas l'assiette. J'étais célèbre et pauvre en même temps. La vie, vois-tu, a un drôle de sens de l'humour.

La gloire ne remplit pas l'assiette.

Si on vous lit encore aujourd'hui, ça vous ferait quoi ?

Oh, cela me bouleverserait, mon enfant. Tu sais, j'ai passé mes dernières années dans le froid et la solitude, en pensant que tout cela ne servait peut-être à rien. Et voilà que deux jeunes gens comme vous, bien plus tard, lisent encore mes vers et apprennent ma Chanson d'automne. C'est le plus beau cadeau. J'ai défendu Rimbaud et Mallarmé parce que je croyais qu'un vrai poème finit toujours par trouver son lecteur, même longtemps après la mort. Vous me prouvez aujourd'hui que j'avais raison. Alors continue de lire des poèmes à voix haute. Tant qu'une bouche les chante, vois-tu, le poète n'est jamais tout à fait mort.

Tant qu'une bouche les chante, le poète n'est jamais tout à fait mort.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Paul Verlaine. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.