Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Platon

par Charactorium · Platon (428 av. J.-C. — 348 av. J.-C.) · Philosophie · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Athènes, fin de l'après-midi. Sous les portiques de l'Académie, à un jet de pierre du jardin consacré au héros Académos, un vieil homme aux larges épaules range ses tablettes de cire. Le soleil décline sur l'oliveraie ; il accepte de s'asseoir un moment et de répondre, la voix posée, à quelques questions venues d'un temps qu'il ne connaîtra jamais.

Vous souvenez-vous du jour où la cité a condamné votre maître Socrate ?

C'était l'an de notre malheur, 399 avant notre ère. Je le revois encore dans sa cellule, calme comme un homme qui s'apprête à voyager, tandis que ses amis pleuraient. On lui apporta la ciguë au coucher du soleil, et il la but sans trembler. J'ai voulu retenir cette heure dans le Phédon : car si la mort n'est que la séparation de l'âme et du corps, pourquoi un philosophe la craindrait-il ? Ce jour-là, Athènes a cru tuer un vieillard bavard de l'Agora. Elle a en vérité allumé en moi un feu que cinquante années n'ont pas éteint. J'ai quitté la ville après cela, incapable d'en respirer l'air.

Athènes a cru tuer un vieillard bavard. Elle a en vérité allumé en moi un feu que cinquante années n'ont pas éteint.

Comment défendre un homme accusé devant un tribunal qui veut sa perte ?

Mal, si l'on songe à sauver sa peau ; bien, si l'on songe à sauver son âme. Dans l'Apologie, j'ai rapporté la manière dont mon maître se tint devant ses juges : il ne flatta personne, n'amena ni femme ni enfants en larmes pour les attendrir. Il leur dit cette chose terrible et simple — « Une vie sans examen ne mérite pas d'être vécue » — et il ajouta que cela leur serait difficile à entendre. Voilà tout Socrate : préférer mourir droit que vivre courbé. Les juges, eux, votèrent dans le sens de leur peur. J'ai compris ce jour-là que la doxa, l'opinion de la foule, peut condamner ce qu'elle est incapable de comprendre.

Préférer mourir droit que vivre courbé : voilà tout Socrate.

Pourquoi avoir fondé une école dans ce jardin d'Académos, plutôt qu'enseigner sur la place publique ?

Parce que la place publique appartient à la rumeur, et que la pensée a besoin de silence. Vers 387 avant notre ère, j'ai acheté un domaine planté d'oliviers, au nord-ouest de la cité, près du sanctuaire du héros Académos. On y trouve des portiques pour marcher en discutant, un jardin pour s'asseoir, une bibliothèque de rouleaux de papyrus venus d'Égypte. J'ai voulu un lieu où l'on étudierait ensemble, des années durant, la géométrie, les astres, le juste et le bien — non pour briller dans les banquets, mais pour former des âmes. Sur le seuil, dit-on, j'aurais fait graver : que nul n'entre ici s'il n'est géomètre. Ce n'était pas mépris des ignorants, mais respect de la rigueur.

La place publique appartient à la rumeur, et la pensée a besoin de silence.

Pourquoi tenir tant à la géométrie pour qui veut philosopher ?

Prends un abaque, fais glisser ses jetons, ou trace au compas un cercle dans le sable : ce cercle parfait que tu vises, aucune main ne l'a jamais dessiné, et pourtant ton esprit le connaît. La figure tracée n'en est que l'ombre maladroite. Voilà pourquoi la géométrie ouvre la porte de l'Académie : elle habitue l'âme à regarder au-delà du sensible, vers ce qui demeure éternel et immuable. Un jeune homme nommé Aristote est entré chez moi à dix-sept ans ; il y est resté vingt années. Même lui, qui finit par me contredire, savait qu'on n'entend rien aux Eidos, aux Idées, si l'on n'a d'abord plié son esprit à la rigueur des nombres et des figures.

Le cercle parfait que tu vises, aucune main ne l'a jamais tracé, et pourtant ton esprit le connaît.

Comment expliquer, à qui ne vous a jamais lu, cette fameuse caverne ?

Imagine des hommes dans une demeure souterraine en forme de caverne, enchaînés depuis l'enfance, le regard fixé sur une paroi. Derrière eux brûle un feu ; entre le feu et leur dos, on agite des objets dont les ombres seules dansent devant leurs yeux. Ces prisonniers nomment « réalité » ces ombres, faute d'avoir jamais vu autre chose. Tel est notre sort à tous : nous prenons le monde sensible, changeant et trompeur, pour le vrai. Le philosophe est celui qu'on détache, qu'on traîne vers la lumière du jour, et qui découvre enfin le soleil — l'Idée du Bien. J'ai placé cette image au cœur de La République parce qu'aucune autre ne dit mieux ce qu'est s'instruire : non pas remplir des yeux, mais retourner l'âme tout entière.

S'instruire, ce n'est pas remplir des yeux, mais retourner l'âme tout entière.
Platon Zubov by Eggink
Platon Zubov by EgginkWikimedia Commons, Public domain — Johann Lebrecht Eggink (1790-1867)

Que répondez-vous à ceux qui jugent vos Idées de pures abstractions, sans prise sur le monde réel ?

Je leur réponds que c'est l'inverse : ce sont eux qui vivent parmi les ombres et croient cela réel. Quand tu vois cent belles choses — un visage, une statue, une coupe à vin —, qu'est-ce qui te permet de les dire « belles », sinon une beauté qui ne se fane ni ne se brise ? Cette beauté-là, le Beau en soi, est plus réelle que toute chose qui passe. La dialectique est l'art lent et patient qui mène l'âme de l'ombre vers cette source, par questions et réponses, comme une montée hors de la caverne. On m'accuse de fuir le monde : je dis seulement qu'il existe un monde plus ferme que celui qui s'effondre sous nos pas.

On m'accuse de fuir le monde : je dis qu'il en existe un plus ferme que celui qui s'effondre sous nos pas.

Vous êtes parti trois fois pour Syracuse. Qu'alliez-vous chercher si loin d'Athènes ?

Un rêve, et j'en suis revenu chaque fois plus pauvre. À Syracuse, en Sicile, régnaient les tyrans Denys — le père, puis le fils. J'ai cru, dans ma jeunesse déjà, qu'un prince formé à la philosophie pourrait gouverner sa cité selon la justice, faire enfin du pouvoir le serviteur du bien. Le premier voyage faillit me coûter la liberté : on raconte que je manquai d'être vendu comme esclave. Le second, vers 367, et le troisième, vers 361, échouèrent contre la vanité et la peur des puissants. Un tyran veut bien qu'on l'amuse, jamais qu'on le redresse. J'ai rapporté de ces déboires une leçon amère : il est plus aisé de tracer une cité juste dans un dialogue que dans le marbre d'une ville réelle.

Un tyran veut bien qu'on l'amuse, jamais qu'on le redresse.

Ces échecs ont-ils modifié l'idéal politique que vous défendiez dans La République ?

Ils m'ont rendu plus sage, ou plus résigné, je ne sais. Dans La République, j'avais rêvé une cité gouvernée par des philosophes, où la seule sagesse tiendrait lieu de loi. Au soir de ma vie, j'écris les Lois — mon dernier dialogue, que je laisserai sans doute inachevé — et j'y propose une cité « du second rang ». Puisque les hommes ne sont pas des dieux, donnons-leur des lois précises, écrites, que nul ne pourra plier à son caprice, pas même le meilleur. La Politeia parfaite reste mon ciel ; mais les Nomoi sont la terre où marchent des pieds mortels. On ne bâtit pas pour des sages imaginaires, mais pour des citoyens tels qu'ils sont.

La cité parfaite reste mon ciel ; les lois sont la terre où marchent des pieds mortels.

On dit que Platon ne serait pas votre vrai nom. D'où vous vient-il ?

Tu touches là à une malice de jeunesse. Mon père m'avait nommé Aristoclès, du nom de mon grand-père, comme il sied à une famille de vieille souche athénienne. Mais sur les terrains de lutte, mon maître de gymnastique me trouvait la carrure massive, l'épaule large — platys, en notre langue. Il prit l'habitude de m'appeler « le large », Platon, et le surnom me colla à la peau plus sûrement que mon nom propre. J'ai lutté aux Jeux isthmiques, vois-tu ; avant de fréquenter les Idées, j'ai fréquenté la palestre et la poussière. On imagine le philosophe pâle et débile : j'étais d'abord un athlète, et je n'ai jamais cessé de croire qu'une âme droite veut un corps vigoureux.

Avant de fréquenter les Idées, j'ai fréquenté la palestre et la poussière.

Quelle place laissez-vous, dans votre journée de penseur, au soin du corps ?

Plus qu'on ne le croit. Je me lève au premier soleil, je rédige mes dialogues dans le calme, sur la cire, tant que l'esprit est neuf. Mais l'après-midi, je ne dédaigne ni la marche sous les portiques ni l'exercice, car un corps amolli alourdit la pensée. Le soir venu, il arrive qu'on se réunisse pour un symposion : on y boit du vin coupé d'eau dans une kylix, et chacun, la coupe en main, parle de l'amour ou du juste — j'ai gardé le souvenir d'une de ces nuits dans Le Banquet. Les Grecs ont un mot, kalos kagathos, le beau-et-bon : c'est l'homme accompli, qui ne sépare pas la vigueur du corps de la droiture de l'âme. Je n'ai jamais voulu être autre chose.

Un corps amolli alourdit la pensée ; je n'ai jamais séparé la vigueur du corps de la droiture de l'âme.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Platon. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.