Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Platon

par Charactorium · Platon (428 av. J.-C. — 348 av. J.-C.) · Philosophie · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

C'est sous les oliviers de l'Académie, par une fin d'après-midi de l'an 350 av. J.-C., qu'Aristote retrouve son vieux maître Platon. La poussière du gymnase voisin flotte encore dans la lumière dorée, et l'odeur du papyrus se mêle à celle des cyprès. Voilà dix-sept ans que le Stagirite est entré dans ce jardin, adolescent venu du nord ; aujourd'hui il revient l'écouter, en sachant que leurs routes, sur les Eidos, ont fini par diverger. Le maître l'accueille, le front grave, prêt à se souvenir autant qu'à se défendre.

Maître, dans ta République tu enfermes des hommes dans une caverne, face à des ombres. Pourquoi cette image souterraine pour dire notre condition ?

Vois-tu, Aristote, j'ai cherché longtemps une image qui frappe avant de convaincre. La caverne, c'est notre demeure à tous : nous prenons les ombres projetées sur la paroi pour la seule réalité, faute d'avoir jamais tourné la tête. Le prisonnier qu'on libère souffre quand la lumière l'aveugle, car la vérité, d'abord, fait mal aux yeux. Ce que je nomme Eidos, l'Idée, n'est pas dans ce monde sensible où tout coule et se défait ; il est ce soleil intelligible dont les choses d'ici-bas ne sont que le reflet tremblant. Toi qui aimes tant observer les bêtes et les plantes, comprends ceci : je ne méprise pas l'ombre, je dis seulement qu'elle suppose une lumière. Celui qui ignore la caverne s'y croit libre ; celui qui la connaît commence enfin à gravir.

Tu veux confier la cité aux philosophes. Mais crois-tu que la multitude, attachée à ses opinions, suivra jamais celui qui revient de la lumière ?

Tu touches là ma plaie la plus vive. Oui, celui qui redescend pour délivrer les autres, on se moque de lui, et s'il insiste, on voudrait le tuer — n'est-ce pas ce qu'on fit à Socrate ? La multitude aime sa doxa comme on aime une couverture tiède. Pourtant je le maintiens : une cité ne sera juste que le jour où les rois philosopheront ou les philosophes régneront. Je ne suis pas naïf, Aristote, je sais le poids du nombre. Mais faut-il renoncer au modèle parce que les hommes en sont loin ? Le géomètre ne cesse pas de tracer le cercle parfait sous prétexte qu'aucun cercle dessiné ne l'est. Ma cité juste est ce cercle : invisible, et pourtant la mesure de tous les autres.

Une cité ne sera juste que le jour où les rois philosopheront ou les philosophes régneront.

Tu n'étais pas né quand j'ai vu Socrate boire la ciguë. Comment cette mort, en 399, a-t-elle décidé de toute ta vie ?

Tu n'étais pas né, en effet, et je t'envie presque cette innocence. J'avais vingt-huit ans quand Athènes a condamné le plus juste des hommes à la ciguë. J'étais promis à la politique, à l'éloquence, peut-être à la tragédie. Ce jour-là tout s'est éteint et tout s'est allumé. J'ai compris qu'une cité capable de tuer Socrate était une cité malade, et qu'aucune charge publique ne valait qu'on s'y compromît. Une vie sans examen ne mérite pas d'être vécue : il l'a lancé à ses juges, et cette parole est devenue ma loi. J'ai quitté Athènes, j'ai erré des années en Égypte, en Italie du Sud. Mais c'est sa mort qui m'a fait philosophe, non mes voyages. On hérite parfois davantage d'un maître mort que vivant.

Dans le Phédon, tu fais de ses derniers instants une leçon sur l'âme. Était-ce fidélité, ou as-tu prêté à Socrate tes propres pensées ?

Question redoutable, et qui mérite la franchise entre nous. Je n'étais pas à son chevet ce jour-là — j'étais malade, dit-on, et peut-être mon chagrin fut-il ma maladie. Alors oui, dans le Phédon, j'ai fait parler le Socrate que je portais en moi. Ai-je trahi sa voix ? Je crois plutôt l'avoir prolongée. Lui interrogeait, accouchait les esprits par sa maïeutique sans rien affirmer ; moi, j'ose dire que l'âme est immortelle, que la mort n'est que la séparation de l'âme et du corps. Cela, il ne l'aurait peut-être pas formulé. Mais un disciple n'est pas un greffier, Aristote — tu le sais mieux que personne, toi qui prends déjà mes mots pour les retourner. On ne garde un maître vivant qu'en le faisant penser au-delà de lui-même.

On murmure que 'Platon' n'est qu'un surnom de lutteur, et que tu fus Aristoclès aux larges épaules. Ce passé d'athlète te suit-il encore ?

Ha ! Tu déterres là le garçon que je fus avant les Idées. C'est vrai : on m'a nommé Aristoclès, du nom de mon grand-père, et c'est mon maître de lutte qui m'appela Platon, pour la largeur de mes épaules. J'ai lutté aux jeux, j'ai connu l'huile et la sueur de la palestre avant l'encre des dialogues. Et je ne renie rien. Comment veux-tu former une âme droite dans un corps avachi ? Vois nos jeunes gens à l'Académie : je les veux géomètres, mais aussi gymnastes. L'exercice du corps n'est pas l'ennemi de la pensée, il en est le socle. Celui qui méprise la palestre se prive de la moitié de la paideia. Je suis entré en philosophie par les épaules avant d'y entrer par la tête.

Je suis entré en philosophie par les épaules avant d'y entrer par la tête.
Platon Zubov by Eggink
Platon Zubov by EgginkWikimedia Commons, Public domain — Johann Lebrecht Eggink (1790-1867)

Trois fois tu as franchi la mer pour Syracuse, espérant former un roi-philosophe. Pourquoi t'obstiner après avoir failli être vendu comme esclave ?

Tu as raison de me trouver entêté ; je me le reproche moi-même les nuits sans sommeil. La première fois, chez Denys l'Ancien, j'ai parlé trop librement de la tyrannie, et l'on m'a livré sur un marché d'esclaves — un ami m'a racheté, sinon je finissais aux fers. Un homme sage aurait renoncé. Mais vois-tu, j'avais écrit que la cité ne guérirait que par un roi-philosophe ; pouvais-je refuser, quand un trône m'ouvrait sa porte, d'éprouver mes propres paroles ? J'aurais eu honte de prêcher de loin ce que je n'osais tenter de près. Syracuse fut ma caverne à moi : j'ai cru y conduire un homme vers la lumière, et il a préféré ses ombres. L'échec n'efface pas la justesse du chemin.

Quand tu es rentré de chez Denys, amer, j'étais déjà ici. Que t'a appris l'échec du pouvoir sur ton idéal de la Politeia ?

Tu étais déjà parmi nous, oui, et je me souviens de ton regard quand je suis rentré, vieilli, le cœur lourd. Denys le Jeune avait la cervelle d'un enfant gâté et l'orgueil d'un tyran : il voulait la gloire d'avoir Platon à sa cour, non la peine d'apprendre. J'ai compris là ce que ma Politeia avait d'aérien. On ne verse pas la sagesse dans une âme comme du vin dans une coupe ; il y faut des années de géométrie, de mesure, de patience. C'est pourquoi, sur mes vieux jours, j'écris des Lois plutôt qu'une République : une cité de second rang, gouvernée par des lois fermes à défaut de sages. Mieux vaut un bon mur qu'un toit de nuages. L'idéal m'instruit ; le réel me corrige.

Quand je suis arrivé à dix-sept ans, j'ai lu l'inscription : nul n'entre s'il n'est géomètre. Pourquoi la géométrie au seuil de la philosophie ?

Tu t'en souviens donc, cette inscription ! Je l'ai voulue à dessein sévère. La géométrie, vois-tu, est la première à nous arracher au sensible : quand tu démontres une vérité sur le triangle, tu ne parles d'aucun triangle dessiné, tous imparfaits, mais du triangle en soi. C'est déjà contempler une Idée sans le savoir. Celui qui n'a pas goûté cette rigueur croira que la philosophie est bavardage et qu'une opinion en vaut une autre. Les mathématiques enseignent qu'il existe du vrai indépendant de nos humeurs, éternel, immuable. Voilà pourquoi je place le nombre avant le discours : il discipline l'âme, la détourne du devenir, la tourne vers l'être. Avant d'aimer le Bien, il faut avoir aimé la ligne droite.

Tu sais que je ne te suis plus sur les Eidos séparés des choses. Souffres-tu de voir ton élève le plus assidu contester ta théorie ?

Tu crois me blesser, et tu me réjouis. Crois-tu que j'aie ouvert cette Académie pour fabriquer des échos ? Si tu répétais mes Idées sans les éprouver, tu serais un mauvais élève et moi un mauvais maître. Tu dis que les formes universelles n'existent pas séparées des choses concrètes, que mon ciel intelligible est une seconde nature inutile. Je ne te donne pas raison — le sensible coule trop pour fonder le savoir — mais je salue le combat. Nous mourrons sans nous accorder, toi et moi, sur l'Eidos. Et c'est peut-être ainsi qu'une école demeure vivante : non par l'accord, mais par la querelle féconde de ceux qui cherchent ensemble. Continue de me contredire, Aristote ; c'est ta manière de m'être fidèle.

Mieux vaut un disciple qui me contredit en pensant qu'un flatteur qui m'approuve en dormant.

Toi qui as bâti ce jardin d'Académos, qu'espères-tu transmettre à ceux qui, comme moi, t'ont écouté tant d'années sous ces portiques ?

Ce que j'espère ? Non point qu'on récite Platon, mais qu'on cherche comme cherchait Socrate. Ce jardin durera ce qu'il pourra — neuf ans ou neuf générations, peu m'importe : une institution ne vaut que par les âmes qu'elle redresse. J'ai voulu un lieu où l'on étudie ensemble le nombre, l'astre, la cité et le Bien, non pour briller à l'assemblée, mais pour devenir meilleur. Si toi, qui m'as écouté tant d'années, tu pars un jour fonder ta propre école et me contredire en plein, alors j'aurai réussi. La paideia n'est pas de remplir une tête, mais de retourner une âme vers la lumière. Transmets cela, et oublie le reste — même mon nom, si tu veux, pourvu que la flamme passe.

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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Platon. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.