Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Ramsès II

par Charactorium · Ramsès II (1302 av. J.-C. — 1212 av. J.-C.) · Politique · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

C'est dans la fraîcheur d'une cour ombragée du palais de Pi-Ramsès, vers 1255 av. J.-C., que Hattushili III retrouve Ramsès II. L'air sent l'encens et le limon du Nil ; au loin résonnent les ciseaux des tailleurs de pierre sur un nouveau colosse. Les deux rois se sont longtemps haïs avant de sceller la paix sur des tablettes d'argent, et le Hittite vient parler en frère — non plus en ennemi. Il connaît mieux que quiconque l'orgueil de l'homme qu'il interroge, et il compte bien le pousser dans ses retranchements.

Mon frère, à Qadesh, sur l'Oronte, mes chars t'avaient presque pris. Dis-moi vraiment : as-tu chargé seul, ou les scribes ont-ils embelli ta gloire ?

Toi qui commandais l'autre rive, Hattushili, tu sais ce que mes yeux ont vu ce jour-là. Mes corps d'armée étaient dispersés, et tes chars m'avaient encerclé — deux mille cinq cents, je les ai comptés dans la poussière. J'étais seul avec ma garde, et j'ai invoqué Amon comme un fils appelle son père. Crois ce que tu veux des reliefs : un roi qui ne charge pas n'est plus un roi, il n'est qu'un nom sur une stèle. J'ai fait graver cette journée à Abou Simbel, à Karnak, partout, non pour mentir mais pour que mon peuple sache qu'un pharaon ne plie pas. Toi, tu m'as vu trembler ? Non. Tu m'as vu tenir.

Un roi qui ne charge pas n'est plus un roi, il n'est qu'un nom sur une stèle.

Tes chevaux et ton khépesh sont devenus légende jusqu'en Anatolie. Mais ce jour-là, qu'as-tu ressenti, toi, l'homme, avant la charge ?

La peur, Hattushili — je ne le dirais à aucun courtisan, mais à toi je le dis. La gorge sèche, le poids du khépesh dans ma main, et derrière moi le silence de mes hommes qui m'avaient cru perdu. Mon char tremblait sous mes pieds, mes deux chevaux écumaient. J'ai pensé à mon père Séthi, à ses campagnes en Syrie, et j'ai eu honte de mourir là sans gloire. Alors la peur s'est changée en fureur. C'est cela que les prêtres appellent la protection d'Amon : non pas que le dieu écarte les lances, mais qu'il transforme l'homme tremblant en lion. Tu connais ce moment, toi qui as guerroyé toute ta vie : l'instant où l'on cesse de calculer et où l'on frappe.

La protection d'Amon, ce n'est pas que le dieu écarte les lances : c'est qu'il change l'homme tremblant en lion.

Nous fûmes ennemis, et voici que nos noms sont gravés ensemble sur l'argent. Quand tu as accepté mon traité, Ramsès, était-ce sagesse ou lassitude ?

Les deux, mon frère, et je n'en rougis pas. Combien d'années avons-nous saigné nos peuples pour quelques forteresses sur l'Oronte ? Quand ton messager m'a porté tes propositions, j'ai compris qu'un roi sage sait aussi déposer le khépesh. Nous avons gravé notre pacte en akkadien sur des tablettes d'argent : alliance défensive, échange de fugitifs, fraternité éternelle. Que tes scribes et les miens disent chacun que c'est l'autre qui a demandé la paix — peu m'importe. Ce qui compte, c'est que mes fils et tes fils ne se battront plus pour Qadesh. J'ai bâti des temples qui défient le temps, mais cette paix-là, peut-être, durera plus que ma pierre.

Un roi sage sait aussi déposer le khépesh.

Bientôt ma fille entrera dans ton harem pour sceller notre alliance. Que représente vraiment ce mariage pour toi — un gage, ou davantage ?

Davantage, Hattushili, ne crois pas que je la prendrai comme un simple sceau de cire. En recevant ta fille, c'est ton sang que je mêle au mien, et nos deux trônes que je lie sous le même soleil. Mon peuple verra une princesse du pays des Hittites traverser le désert pour devenir épouse royale d'Égypte : quelle preuve plus éclatante que l'ennemi d'hier est le frère d'aujourd'hui ? J'en ferai graver le récit sur les murs, comme j'ai gravé Qadesh — mais cette fois pour célébrer non la guerre, mais l'amitié. Tu m'envoies ta fille ; je t'envoie ma confiance. Entre grands rois, c'est là le plus précieux des présents, plus que l'or de Nubie.

Tu m'envoies ta fille ; je t'envoie ma confiance — entre grands rois, c'est le plus précieux des présents.

En venant ici, j'ai vu tes carrières et tes chantiers sans fin. Pourquoi tant de colosses, Ramsès ? Que cherches-tu dans la pierre ?

L'éternité, Hattushili, rien de moins. À Abou Simbel, j'ai fait tailler quatre colosses de vingt coudées d'homme dans la falaise de Nubie, là où le soleil les frappe au matin. J'ai fait inscrire que mes statues s'y dressent comme des montagnes, pour toujours. Le Ramesseum à Thèbes, la grande salle de Karnak que mon père commença et que j'achevai, le temple de Louxor avec ses obélisques — partout mon cartouche. Un homme meurt, son nom non, s'il est gravé assez profond. Toi, tu me demandes pourquoi : parce que les dieux m'ont donné ce pays, et qu'il faut le leur rendre en monuments dignes d'eux. La pierre ne ment pas et ne vieillit pas. Elle dira aux peuples à venir que Ramsès a régné.

Un homme meurt, son nom non, s'il est gravé assez profond.

On murmure que tu fais effacer les noms d'anciens pharaons pour y inscrire le tien. Cela ne te semble-t-il pas voler la gloire des morts ?

On murmure beaucoup, mon frère, et tu n'es pas le dernier à l'entendre. Oui, j'ai fait porter mon cartouche sur des monuments que d'autres avaient dressés. Vois-y ce que tu veux : moi j'y vois la continuité du trône. Le pharaon qui règne incarne tous ceux qui l'ont précédé ; en gravant mon nom, je ne vole rien, je rassemble l'Égypte sous une seule main. Crois-tu qu'un roi hittite ne fasse pas marteler les stèles de ses rivaux ? La mémoire des peuples est courte, et la pierre est rare. Celui qui ne marque pas son temps est oublié dès la première crue. J'ai choisi de n'être pas oublié — et si l'on me le reproche dans mille ans, eh bien l'on prononcera encore mon nom.

Celui qui ne marque pas son temps est oublié dès la première crue.

Je t'ai vu à l'aube quitter tes appartements avant le chant des oiseaux. Comment commence une journée de pharaon, mon frère ?

Avant le jour, Hattushili, quand le ciel est encore gris sur le delta. Je me rends au temple où les prêtres réveillent la statue du dieu — car le pharaon est aussi grand prêtre, intercesseur entre les hommes et le ciel. C'est mon devoir de maintenir la Maât, l'ordre du monde, sans quoi le Nil ne monterait plus et le chaos reviendrait. Ensuite, mes deux vizirs me portent les rapports : l'un pour la Haute-Égypte, l'autre pour la Basse. Je tranche les litiges, j'ordonne les chantiers, j'écoute les comptes des greniers. Être per-aâ, la « grande maison », ce n'est pas seulement porter la double couronne : c'est porter le pays entier sur ses épaules, du lever au coucher du soleil. Tu sais ce poids, toi aussi.

Maintenir la Maât : sans quoi le Nil ne monterait plus et le chaos reviendrait.

Et le soir venu, quand les vizirs se taisent, où va le cœur d'un roi-dieu ? Que fais-tu de tes nuits, Ramsès ?

Le soir, je me retire dans le harem royal, entouré de mes épouses et de mes enfants — et ils sont nombreux, plus que je n'en sais compter. Des scribes me lisent les rapports venus de toute la terre : tes lettres, mon frère, mais aussi celles des Assyriens et des gens du Mitanni. Je dicte mes réponses tard, à la lumière des lampes, car un grand roi ne dort pas tant que le monde lui parle. J'aime ce moment où la chaleur retombe, où l'on m'apporte du vin et des figues, où j'entends rire mes fils dans la cour. C'est là, loin des colosses et des foules, que je suis le plus simplement un homme. Tu vois : même un dieu vivant aime entendre les siens rire avant de fermer les yeux.

Un grand roi ne dort pas tant que le monde lui parle.

Les années passent sur nous deux, mon frère. On dit que tu as déjà vu mourir plusieurs de tes fils aînés. Comment porte-t-on un tel deuil sur un trône ?

C'est le fardeau caché de la longévité, Hattushili. Les dieux m'accordent des années si nombreuses que je vois partir ceux qui devaient me succéder. J'ai désigné des héritiers, puis je les ai pleurés. Un père qui enterre son fils marche à rebours de l'ordre des choses — et pourtant je dois rester debout, car l'Égypte ne pleure pas avec le roi, elle attend qu'il la gouverne. Mes membres se font lourds, mes dents me font souffrir, je le sens à chaque crue. Mais tant que mon souffle dure, je gouverne. Mérenptah grandit, et un jour il prendra la double couronne. Régner longtemps, mon frère, c'est apprendre que la gloire a un prix qu'on paie dans le silence, la nuit, seul.

L'Égypte ne pleure pas avec le roi : elle attend qu'il la gouverne.

Si tes prêtres disent vrai, ton corps reposera embaumé pour l'éternité. Qu'espères-tu qu'on dise de Ramsès quand tu auras rejoint les dieux ?

Qu'on dise que j'ai tenu, mon frère. Que sous mon règne le Nil a coulé, les greniers ont été pleins, et les frontières gardées. Que j'ai bâti pour les dieux des demeures que nul vent n'effacera, et que j'ai changé un ennemi acharné en frère d'alliance — toi, Hattushili, dont le nom voisinera le mien sur l'argent. Mon corps, les embaumeurs le garderont contre le temps, comme on garde une statue. Mais ce que j'espère, ce n'est pas qu'on regarde ma dépouille : c'est qu'on prononce mon nom à voix haute, encore et encore, car tant qu'un nom est dit, l'homme n'est pas tout à fait mort. J'ai gravé ce nom dans toute l'Égypte pour qu'aucune bouche ne puisse l'oublier.

Tant qu'un nom est dit, l'homme n'est pas tout à fait mort.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Ramsès II. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.