Interview imaginaire avec Ramsès II
par Charactorium · Ramsès II (1302 av. J.-C. — 1212 av. J.-C.) · Politique · 5 min de lecture
Deux élèves de douze ans, en classe découverte, ont passé une porte de pierre couverte de hiéroglyphes. Devant eux se tient un vieux roi au sourire calme, vêtu de lin blanc. Il les invite à s'asseoir près de lui et leur dit qu'il a tout son temps : il a régné si longtemps qu'une heure de plus ne lui fait pas peur.
—C'était comment de vous retrouver tout seul au milieu des ennemis à Qadesh ?
Tu sais, mon enfant, j'avais le cœur qui battait très fort. Mon armée s'était dispersée près de l'Oronte, ce fleuve de Syrie. Et moi, j'étais là, sur mon char tiré par deux chevaux. Imagine un nuage de poussière, des cris partout, et autour de toi des ennemis aussi nombreux que les grains de sable. J'ai pris mon khépesh, mon sabre à la lame recourbée. J'ai appelé le dieu Amon de toutes mes forces. Quand on a très peur, parfois on n'a plus le choix : il faut avancer ou mourir. Alors j'ai avancé.
Quand on a très peur, parfois il faut avancer ou mourir.
—Vous avez vraiment combattu seul contre des milliers de chars ? On dirait une histoire trop belle.
Ah, tu es maligne de poser cette question ! J'ai fait graver cet épisode sur beaucoup de mes temples. Le texte qu'on appelle le Poème de Pentaour dit ceci : « Sa Majesté se lança au galop et pénétra dans la masse des ennemis hittites, elle était seule, nul autre n'était avec elle. » Est-ce que c'était exactement ainsi ? Disons que je l'ai raconté à ma façon. Un roi doit montrer qu'il est protégé par les dieux. C'est comme un conteur qui grandit un peu son récit au coin du feu. Mais le danger, lui, était bien réel.
Un roi raconte sa bataille comme un conteur grandit son histoire.
—Pourquoi faire la paix avec les Hittites après les avoir combattus si fort ?
Parce que la guerre, mon garçon, ça fatigue tout le monde. Pendant des années, on s'est battus sans que personne ne gagne vraiment. Alors vers 1259 av. J.-C., avec le roi hittite Hattushili III, nous avons fait quelque chose que personne n'avait fait avant : un vrai traité de paix. On l'a gravé en akkadien, la langue des diplomates, sur des tablettes d'argent. C'était écrit qu'on s'aiderait si l'un de nous était attaqué. Imagine deux anciens ennemis qui se serrent la main pour toujours. C'est plus difficile que de se battre, et beaucoup plus utile.
Faire la paix est plus difficile que la guerre, et bien plus utile.
—C'est vrai que vous avez épousé la fille de votre ancien ennemi ?
C'est vrai ! Quelques années après le traité, vers 1246 av. J.-C., j'ai épousé une princesse hittite, la fille de mon ancien rival. À mon époque, un mariage entre deux familles royales, c'était comme un sceau posé sur une promesse. Cela voulait dire : nos deux peuples ne sont plus ennemis, ils sont une seule famille. La princesse a fait un long voyage jusqu'en Égypte, à travers les montagnes et les déserts. Quand elle est arrivée, on a fait une grande fête. Un mariage qui arrête une guerre, c'est le plus beau cadeau qu'un roi puisse offrir à son peuple.
Un mariage peut sceller une paix mieux qu'une armée.
—Pourquoi tailler des temples géants directement dans la falaise, à Abou Simbel ?
Parce que je voulais quelque chose qui ne tomberait jamais, mon enfant. Une maison construite avec des briques, ça s'écroule. Mais une montagne creusée de l'intérieur, elle dure aussi longtemps que la roche. En Nubie, cette région au sud de l'Égypte, j'ai fait sculpter quatre colosses à mon image, hauts comme dix hommes l'un sur l'autre. J'ai fait écrire : « J'ai bâti pour toi une demeure taillée dans la montagne de Nubie... Mes statues y sont debout comme des montagnes, pour l'éternité. » Imagine entrer dans une falaise et voir ton propre visage géant te regarder dans le noir.
Une maison s'écroule, mais une montagne creusée dure pour toujours.
—Ça vous faisait quoi de vous voir transformé en dieu sur les murs ?
C'est une question délicate, et tu as raison de la poser. Pour mon peuple, le pharaon n'était pas un homme comme les autres. On me voyait comme un dieu vivant sur terre, chargé de garder la Maât, c'est-à-dire l'ordre du monde, la justice. Dans le grand temple d'Abou Simbel, ma statue était placée à côté des grands dieux Amon, Rê et Ptah. Te voir adoré, ça donne le vertige, je ne te mens pas. Mais au fond de moi, je savais que j'avais mal aux dents et que je vieillissais. Un dieu de pierre, ça cache souvent un homme fatigué.
Un dieu de pierre cache souvent un homme fatigué.
—C'est vrai que vous écriviez votre nom sur les monuments construits par d'autres rois ?
Hé oui ! Je ne vais pas te mentir, je l'ai fait. Mon nom était enfermé dans un cartouche, un ovale allongé qui protégeait le nom du pharaon. J'en ai fait graver partout, sur des milliers de pierres. Et parfois, oui, sur des monuments commencés par mes ancêtres. Pourquoi ? Parce qu'à mon époque, faire écrire son nom, c'était rester vivant après la mort. Tant qu'on prononce ton nom, tu n'as jamais vraiment disparu. C'était peut-être un peu orgueilleux, je l'admets. Mais regarde : tu connais encore mon nom aujourd'hui. Alors, est-ce que ça a marché, à ton avis ?
Tant qu'on prononce ton nom, tu n'as jamais vraiment disparu.
—Pourquoi mettre des statues à votre image dans toute l'Égypte ?
Parce que mon royaume était immense, mon garçon. Il s'étirait du delta du Nil jusqu'aux terres de Nubie. La plupart de mes sujets ne me verraient jamais en vrai de leur vie. Alors mes colosses parlaient pour moi. Imagine un paysan qui n'a jamais quitté son village : il levait les yeux, voyait ma statue géante, et il savait qui était son roi. À Karnak, j'ai même achevé une immense salle aux cent trente-quatre colonnes, commencée par mon père Séthi Ier. Une statue, c'est comme un messager de pierre qui ne dort jamais et ne ment jamais sur qui commande.
Mes statues étaient des messagers de pierre qui ne dorment jamais.
—Vous mangiez quoi le matin, quand vous étiez le pharaon le plus puissant d'Égypte ?
Ah, la vraie question d'un ventre affamé ! Je me levais avant le soleil, parce que les prêtres réveillaient les statues des dieux à l'aube. Ensuite, on m'apportait du pain frais, le meilleur du royaume, et parfois de la viande rôtie : du bœuf, du canard, de l'oie. Il y avait des figues, des dattes sucrées, du raisin. Et pour boire, de la bière épaisse, presque un repas à elle seule. Imagine une table où tout ce que le Nil offre est posé devant toi. Mais tu sais, même un roi mange du pain le matin. Le ventre, lui, ne sait pas qu'on est pharaon.
Le ventre, lui, ne sait pas qu'on est pharaon.
—Ça fait quoi de vivre très vieux et de voir mourir ses propres enfants ?
C'est la plus grande tristesse de ma longue vie, mon enfant. J'ai régné très, très longtemps. La liste royale du Papyrus de Turin le dit : « Ramsès II, fils de Séthi Ier, a régné soixante-sept ans. » J'ai eu plus de cent enfants. Mais vivre vieux, c'est aussi enterrer ceux qu'on aime. Plusieurs de mes fils aînés sont morts avant moi. À la fin, mon dos me faisait mal, mes dents aussi. C'est finalement Mérenptah, un fils déjà âgé, qui m'a succédé. Régner longtemps est un cadeau des dieux. Mais survivre à ses enfants, c'est un poids qu'aucune couronne n'allège.
Régner longtemps est un cadeau ; survivre à ses enfants est un poids.
Pour aller plus loin
Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Ramsès II. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.


