Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Robespierre

par Charactorium · Robespierre (1758 — 1794) · Politique · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Ce matin-là, une classe découverte visite un vieux bâtiment qui sent l'Histoire de la Révolution. Deux élèves d'environ douze ans s'avancent, un peu intimidés, vers l'homme en habit bleu ciel. Robespierre les regarde, surpris et touché que des enfants veuillent l'écouter — et il accepte de tout leur raconter.

Si on pouvait vous voir aujourd'hui, qu'est-ce qu'on remarquerait en premier ?

Tu sais, mon enfant, beaucoup de mes amis révolutionnaires portaient des habits sales et déchirés. Ils croyaient qu'être négligé, ça faisait plus proche du peuple. Moi, jamais. Je me levais tôt, je poudrais ma perruque, j'ajustais mon habit bleu ciel avec soin. Imagine un homme toujours impeccable, même aux pires moments. On m'appelait l'Incorruptible, celui qu'on ne peut acheter ni avec de l'or, ni avec des promesses. Pour moi, ce corps soigné, c'était comme un drapeau : il devait montrer que je vivais la vertu, pas seulement que j'en parlais. Tu comprends ? Mon habit, c'était déjà un discours.

Mon habit, c'était déjà un discours.

Vous mangiez quoi le soir, dans la maison où vous habitiez ?

Ah, c'est une jolie question ! Je logeais chez un menuisier, Maurice Duplay, rue Saint-Honoré, tout près du club où je parlais. Imagine une maison simple, qui sentait le bois fraîchement coupé et la colle de l'atelier. La famille me traitait comme un des siens. Le soir, on mangeait peu : un peu de pain, quelques fruits, un verre de vin coupé d'eau. Je n'aimais pas les grandes tables qui débordent. Parfois, mon jeune ami Saint-Just venait, et on parlait politique tard dans la nuit. Tu vois, je prêchais la sobriété ; il fallait bien que je la vive aussi, sinon mes paroles n'auraient rien valu.

C'était vrai qu'on vous appelait « l'avocat des pauvres » ?

Oui, et j'en étais fier. J'étais un jeune avocat à Arras, ma ville natale, dans le nord. À cette époque, les puissants gagnaient presque toujours leurs procès. En 1782, j'ai défendu de petites gens contre une grande compagnie de mines, celle d'Anzin. Imagine : d'un côté des ouvriers sans argent, de l'autre des messieurs très riches, avec leurs beaux habits. J'ai plaidé pour les humbles, et l'on s'est mis à m'appeler ainsi. Tu sais, je croyais déjà à une chose simple : la loi ne doit pas être l'amie des forts contre les faibles. C'est cette idée qui m'a porté, plus tard, jusqu'à Paris.

Pourquoi vous vouliez supprimer la peine de mort, alors qu'après il y a eu la guillotine ?

Tu touches là quelque chose qui me serre le cœur. En 1791, jeune député, je suis monté à la tribune pour demander qu'on n'exécute plus personne. J'ai dit que la peine de mort est essentiellement injuste. À l'époque, c'était courageux : presque personne ne pensait comme moi. Puis la Révolution a été menacée de tous côtés, par des rois étrangers, par des complots. Et moi, celui qui voulait sauver toutes les têtes, j'ai laissé tomber tant de têtes sous la guillotine. Je ne te cacherai pas cette contradiction. C'est peut-être la plus lourde de toute ma vie. L'Histoire ne me l'a pas pardonnée, et je comprends pourquoi.

C'est quoi, exactement, la Terreur dont on parle dans les livres ?

C'est le mot le plus sombre de mon histoire, et je dois t'en parler avec franchise. On appelle la Terreur une période, à peu près de 1793 à 1794, où l'on arrêtait et exécutait beaucoup de gens soupçonnés de trahir la Révolution. Je dirigeais un groupe, le Comité de salut public, qui décidait de tout cela. Dans un grand discours, j'ai affirmé que le gouvernement devait s'appuyer sur deux ressorts : la vertu et la terreur. Je croyais protéger la République en guerre comme on protège une maison en feu. Mais quand on a peur, on frappe trop fort. Beaucoup d'innocents en sont morts. Je ne veux pas te le cacher.

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French: Portrait en buste de profil de Maximilien de Robespierre (1758-1794)label QS:Lfr,"Portrait en buste de profil de Maximilien de Robespierre (1758-1794)"Wikimedia Commons, Public domain — Attributed to Joseph Boze

Vous parliez tout le temps de « vertu » — ça voulait dire quoi pour vous ?

Pour moi, la vertu, ce n'était pas être poli ou bien élevé. C'était quelque chose de plus grand : aimer son pays plus que soi-même, accepter de renoncer à son petit confort pour le bien de tous. J'avais lu et relu un philosophe que j'admirais énormément, Jean-Jacques Rousseau. Ses livres ne me quittaient jamais. Il disait qu'un peuple libre doit chercher l'intérêt commun avant les intérêts particuliers. Imagine une classe où chacun pense d'abord aux autres : voilà mon rêve de République. Le problème, tu vas me dire, c'est : qui décide de ce qui est vertueux ? Cette question-là, je ne l'ai pas assez écoutée. Et elle m'a perdu.

C'est vrai que vous avez inventé une nouvelle religion ?

Pas une religion comme tu l'imagines, avec des prêtres et des miracles. En mai 1794, j'ai voulu instaurer le culte de l'Être suprême. L'idée était simple : croire en une grande puissance bienveillante au-dessus de nous, et en la bonté cachée de l'âme humaine. Je trouvais dangereux de tout détruire, y compris l'idée de Dieu. Mais je trouvais dangereux aussi de laisser quelques-uns décider de la foi à la place de tous. Je voulais une croyance douce, partagée, qui rende les gens meilleurs citoyens. Beaucoup, autour de moi, ont murmuré que je me prenais pour un prophète. Et ça, mon enfant, ça a commencé à m'isoler dangereusement.

Portrait de Maximilien de Robespierre (1758-1794), homme politique. P729 (3 of 4)
Portrait de Maximilien de Robespierre (1758-1794), homme politique. P729 (3 of 4)Wikimedia Commons, CC0 — Anonyme, peintre

Il s'est passé quoi avec la statue, pendant votre grande fête ?

Ah, cette journée ! Le 8 juin 1794, j'ai présidé une grande fête en plein Paris. Je portais un habit bleu ciel et je tenais un bouquet de fleurs et d'épis. Imagine la foule immense, les chants, le soleil sur les drapeaux. On avait dressé une statue représentant l'Athéisme — c'est-à-dire le refus de toute croyance. J'y ai mis le feu, et de ses cendres devait surgir une belle statue de la Sagesse. Mais la fumée l'a toute noircie ! Mes ennemis ont aussitôt chuchoté que c'était un mauvais présage, un signe que ma chute approchait. Sur le moment, j'ai souri. Au fond de moi, j'avais déjà un peu peur.

Pourquoi vous n'avez pas dit le nom des traîtres dans votre dernier discours ?

Quelle erreur, mon enfant... Le 8 thermidor, c'est-à-dire fin juillet 1794, je suis monté à la tribune, fatigué, entouré d'ennemis. J'ai annoncé que je connaissais des traîtres cachés dans l'Assemblée. Mais je n'ai pas voulu donner leurs noms. Je croyais ainsi les effrayer. En réalité, j'ai effrayé tout le monde ! Imagine une salle où chacun se dit : « Et si c'était moi qu'il accuse demain ? » Chacun, par peur, a décidé de me frapper avant que je le frappe. Le lendemain, ils se sont tous ligués contre moi. Mon silence, que je croyais habile, m'a coûté la vie.

Mon silence, que je croyais habile, m'a coûté la vie.

Quand on vous a arrêté, vous regrettiez quelque chose ?

Le 9 thermidor, on m'a arrêté à la Convention, et le lendemain on m'a conduit à la place de la Révolution — la même où le roi avait été exécuté. Tu veux savoir si je regrettais ? Oui. Pas d'avoir aimé la République ; ça, jamais. Mais d'avoir cru qu'on pouvait bâtir le bonheur des hommes en répandant la peur. La peur ne construit rien de solide ; elle finit toujours par se retourner contre celui qui la sème. Si je pouvais te transmettre une seule chose, ce serait celle-là. Regarde mon histoire, mes belles idées et mes fautes, et apprends à séparer les deux. C'est tout ce que je te demande.

La peur ne construit rien de solide.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Robespierre. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.