Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Virginia Woolf

par Charactorium · Virginia Woolf (1882 — 1941) · Lettres · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Deux jeunes visiteurs, douze ans chacun, poussent la porte d'une maison pleine de livres. Une dame un peu pâle, le regard vif, les fait asseoir près de la fenêtre. Elle s'appelle Virginia Woolf, et elle a accepté de répondre à toutes leurs questions.

Vous aviez quel âge quand vous avez été triste pour la première fois ?

Tu sais, mon enfant, j'avais treize ans. C'était en 1895, l'année où ma mère est morte. Imagine qu'on enlève d'un coup la lumière d'une maison : voilà ce que j'ai ressenti. J'ai traversé une grande tristesse, ce qu'on appelait à mon époque une crise. Cette ombre est revenue souvent dans ma vie, comme une marée. Mais écoute bien : cette douleur m'a aussi appris à regarder à l'intérieur des gens. Quand j'écris mes romans, je sais que derrière chaque visage calme, il y a des tempêtes. C'est ma tristesse qui m'a donné ces yeux-là.

Derrière chaque visage calme, il y a des tempêtes.

Ça se passait comment, vos après-midi, quand vous étiez petite et plus grande ?

Oh, mes après-midi ! Imagine un salon à Londres, dans un quartier qu'on appelait Bloomsbury. Des amis arrivaient : des peintres, des écrivains, des penseurs. On les nommait le Bloomsbury Group. On buvait du thé, et surtout on parlait. De livres, de tableaux, d'idées nouvelles. C'était comme un feu de cheminée où chacun apportait une bûche. Avec mon mari Leonard, on a même fondé une petite maison d'édition, la Hogarth Press. On imprimait nous-mêmes des livres audacieux que personne d'autre n'osait publier. Ces après-midi-là, c'était mon vrai pays.

Un salon où chacun apportait une bûche pour le même feu.

Vous écriviez à quel moment de la journée ?

Le matin, toujours le matin ! Je me levais vers huit ou neuf heures, je prenais un petit déjeuner léger, puis je filais écrire. Souvent encore en robe de chambre, comme une paresseuse ! Mais c'étaient mes meilleures heures, quand mon esprit était frais. J'écrivais d'abord à la main, dans des cahiers de notes où je jetais mes idées en désordre. Imagine un carnet rempli de ratures, de flèches, de mots barrés. C'était là que naissaient mes romans. L'après-midi, les amis venaient ; mais le matin, mon enfant, ce silence-là n'appartenait qu'à moi.

Le silence du matin n'appartenait qu'à moi.

Ça veut dire quoi, écrire ce qui se passe dans la tête des gens ?

Quelle bonne question ! Tu sais, dans la vraie vie, ta tête ne pense jamais en ligne droite. Tu vois un oiseau, ça te rappelle l'été, puis ta grand-mère, puis tu as faim. Tout se mélange. J'ai voulu écrire ça : ce qu'on appelle le monologue intérieur, c'est mettre sur le papier les pensées telles qu'elles viennent, sans les ranger. Dans Mrs Dalloway, en 1925, je suis dans la tête d'une dame pendant une seule journée à Londres. On entend tout ce qu'elle pense. C'était neuf, à mon époque. Les gens trouvaient ça étrange. Moi, je trouvais ça enfin vrai.

Ta tête ne pense jamais en ligne droite.

C'était votre livre le plus bizarre, celui avec plein de personnes qui parlent ?

Tu penses sûrement aux Vagues, écrit en 1931. Oui, il est étrange, je l'avoue ! Imagine six amis, et chacun parle tour à tour, comme des voix qui montent et redescendent. Comme des vagues sur une plage, justement. Pas vraiment d'histoire avec un début et une fin : seulement des âmes qui pensent à voix haute. Dans une de mes phrases, un personnage dit : « I am not one and simple, but complex and many » — je ne suis pas un seul être tout simple, mais plein de choses à la fois. Voilà ce que je voulais montrer : nous sommes tous des foules à l'intérieur.

Nous sommes tous des foules à l'intérieur.
Noel Olivier; Maitland Radford; Virginia Woolf (née Stephen); Rupert Brooke from NPG
Noel Olivier; Maitland Radford; Virginia Woolf (née Stephen); Rupert Brooke from NPGWikimedia Commons, Public domain — Unknown authorUnknown author

C'est vrai que vous avez écrit un livre pour une amie que vous aimiez ?

C'est tout à fait vrai ! Cette amie s'appelait Vita Sackville-West, une écrivaine que j'aimais beaucoup. Pour elle, j'ai inventé un personnage fou : Orlando. Imagine un héros qui vit pendant des siècles, et qui, un beau matin, se réveille femme alors qu'il était homme ! En 1928, écrire ça, c'était très audacieux. Je jouais avec une idée qu'on appelle l'androgynie : l'idée qu'en chacun de nous il y a un peu de masculin et un peu de féminin. C'était mon cadeau à Vita. Un livre, vois-tu, c'est parfois la plus belle façon de dire à quelqu'un qu'on l'aime.

Un livre, c'est parfois la plus belle façon de dire qu'on aime.

Pourquoi vous disiez que les filles ont besoin d'une chambre pour écrire ?

Ah, mon enfant, c'est l'idée la plus importante que j'aie défendue ! En 1928, on m'a invitée à parler devant des étudiantes à Cambridge. De cette journée est né mon petit livre, Une chambre à soi. J'y ai écrit : « A woman must have money and a room of her own if she is to write fiction ». Cela veut dire : pour créer, une femme a besoin d'un peu d'argent et d'une pièce où on la laisse tranquille. Imagine vouloir écrire pendant qu'on te demande sans cesse de mettre la table ! À mon époque, c'est ce qu'on attendait des filles. Moi, je réclamais une porte qu'on puisse fermer.

Pour créer, il faut une porte qu'on puisse fermer.
Virginia Woolf 1927
Virginia Woolf 1927Wikimedia Commons, Public domain — Unknown authorUnknown author

Vous trouviez ça injuste pour les femmes, à votre époque ?

Profondément injuste, oui. Tu sais, quand j'étais jeune, mes frères allaient à l'université, et moi, je restais à la maison à lire seule. On apprenait aux filles à se faire belles, pas à penser. Mais les choses bougeaient ! En 1918, les femmes de plus de trente ans ont enfin obtenu le droit de voter chez nous. C'était une grande victoire. Je crois qu'une femme vaut autant qu'un homme pour écrire un beau livre ; il lui manque juste qu'on lui en laisse la chance. C'est pour ça que j'ai tant insisté : donnez-leur un peu d'argent et de calme, et vous verrez ce qu'elles savent faire.

On apprenait aux filles à se faire belles, pas à penser.

C'était comment, écrire pendant la guerre, avec les bombes ?

C'était effrayant, mon enfant. Pendant la Seconde Guerre mondiale, des bombes tombaient sur Londres. On entendait les sirènes, on guettait le ciel. Je m'étais réfugiée à la campagne, dans un village du Sussex nommé Rodmell. Là, je tenais mon journal intime, où je notais mes peurs jour après jour. Imagine écrire des phrases sur la beauté du monde pendant qu'au loin des maisons s'effondrent. Mon dernier roman, Entre les actes, en 1941, garde la trace de cette angoisse. Écrire, dans ces moments-là, c'était ma façon de tenir debout quand tout tremblait autour de moi.

Écrire, c'était ma façon de tenir debout quand tout tremblait.

Si on pouvait vous voir vraiment, on remarquerait quoi en premier ?

Quelle jolie question ! Tu remarquerais sans doute mes robes longues et simples. Je n'aimais pas les artifices, ni les corsets qui serrent ; je préférais les coupes épurées. On me disait un peu austère, mais c'était mon indépendance. Tu verrais aussi mes mains tachées d'encre, car j'écrivais à la plume, dans une maison pleine de livres jusqu'au plafond. Et puis, je crois, tu verrais mon regard absent : souvent, j'étais déjà ailleurs, dans la tête d'un personnage que j'inventais. Mon corps prenait le thé avec toi, mais mon esprit, lui, se promenait dans un roman.

Mon corps prenait le thé, mais mon esprit se promenait dans un roman.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Virginia Woolf. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.