Foutou d'igname du quotidien
Des tubercules d'igname épluchés, bouillis puis longuement pilés au mortier jusqu'à former une pâte lisse et élastique, façonnée en boules. On en détache un morceau du bout des doigts pour saisir la sauce. C'est le geste de chaque jour, du plus humble foyer à la cour de la reine.
Des tubercules d'igname épluchés, bouillis puis longuement pilés au mortier jusqu'à former une pâte lisse et élastique, façonnée en boules. On en détache un morceau du bout des doigts pour saisir la sauce. C'est le geste de chaque jour, du plus humble foyer à la cour de la reine.
Écoute bien, toi qui passes : avant de manger l'igname, il faut la respecter, car elle a marché avec nous depuis le pays d'Ashanti. Au petit jour, mes servantes la pèlent, la cuisent dans l'eau du fleuve, puis frappent le mortier à deux, l'une qui pile, l'autre qui retourne la pâte d'une main rapide — gare aux doigts ! Quand la boule devient lisse comme la peau d'un enfant et qu'elle rebondit sous le pilon, alors elle est prête. On la trempe dans la sauce, jamais on ne la coupe au couteau : l'igname se rompt à la main, comme on partage la parole entre frères.
- •Igname blanche de forêt — plusieurs gros tubercules (socle, féculent sacré)
- •Eau de source ou de rivière — de quoi couvrir (cuisson)
- •Sel de traite (sel gemme du commerce transsaharien) — une pincée (assaisonnement discret)
Foutou d'igname du quotidien
Des tubercules d'igname épluchés, bouillis puis longuement pilés au mortier jusqu'à former une pâte lisse et élastique, façonnée en boules. On en détache un morceau du bout des doigts pour saisir la sauce. C'est le geste de chaque jour, du plus humble foyer à la cour de la reine.
Why this dish? L'igname est l'aliment sacré des Akan dont Pokou est issue : c'est elle que son peuple a emportée du royaume ashanti vers la Côte d'Ivoire, et c'est elle, pilée chaque jour, qui a nourri la longue migration des Baoulé.
Écoute bien, toi qui passes : avant de manger l'igname, il faut la respecter, car elle a marché avec nous depuis le pays d'Ashanti. Au petit jour, mes servantes la pèlent, la cuisent dans l'eau du fleuve, puis frappent le mortier à deux, l'une qui pile, l'autre qui retourne la pâte d'une main rapide — gare aux doigts ! Quand la boule devient lisse comme la peau d'un enfant et qu'elle rebondit sous le pilon, alors elle est prête. On la trempe dans la sauce, jamais on ne la coupe au couteau : l'igname se rompt à la main, comme on partage la parole entre frères.
Ingredients (period version)
- Igname blanche de forêt — plusieurs gros tubercules (socle, féculent sacré)
- Eau de source ou de rivière — de quoi couvrir (cuisson)
- Sel de traite (sel gemme du commerce transsaharien) — une pincée (assaisonnement discret)
Ingredients
- Igname (variété blanche, type Cécorou) — 1 kg (socle)
- Eau — 2 L (cuisson)
- Sel — 1 c. à café (assaisonnement)
Method
- Éplucher l'igname, la couper en gros tronçons et la rincer.
- La plonger dans l'eau salée bouillante et cuire 25 à 30 min, jusqu'à ce qu'une lame s'enfonce sans résistance.
- Égoutter en réservant un peu d'eau de cuisson.
- Piler les tronçons chauds au mortier (ou écraser au presse-purée puis travailler vigoureusement à la spatule), en ajoutant un filet d'eau de cuisson, jusqu'à une pâte lisse, dense et élastique.
- Mouiller les mains, former des boules régulières et servir aussitôt, chaud, à côté de la sauce.
How it was made : Le pilage à deux personnes dans un grand mortier de bois (l'une frappant, l'autre humectant et retournant la pâte) est resté la méthode traditionnelle. L'igname bouillie était la base, mais on pilait aussi la banane plantain seule ou mélangée à l'igname selon les régions.
The contemporary twist : Servir la boule de foutou en quenelle nappée d'un trait d'huile de palme rouge, comme un nid prêt à accueillir la sauce.
Abla Pokou II · Charactorium