Pain perdu du matin
Des tranches de pain rassis ressuscitées dans un bain de lait sucré et d'œuf battu, dorées au beurre dans la poêle jusqu'à l'extérieur croustillant et le cœur fondant. Le petit luxe des dimanches pauvres.
Des tranches de pain rassis ressuscitées dans un bain de lait sucré et d'œuf battu, dorées au beurre dans la poêle jusqu'à l'extérieur croustillant et le cœur fondant. Le petit luxe des dimanches pauvres.
Camarade, ne jette jamais ton pain dur — c'est un crime contre la poésie ! Chez nous on le baptisait pain perdu, mais perdu pour qui ? Retrouvé, oui, ressuscité dans le lait et l'œuf comme une rime qu'on croyait morte. Ma mère le faisait dorer au beurre en chantant, et l'odeur montait l'escalier mieux qu'aucune réclame. Tu mords dedans tout chaud, le sucre craque, le dedans fond — et te voilà riche pour pas un sou.
- •Pain rassis (baguette ou pain de campagne) — quelques tranches épaisses (base, récupération de la veille)
- •Lait entier — un bol (ramollir la mie)
- •Œufs — deux ou trois (liant doré)
- •Sucre — une bonne pincée généreuse (douceur)
- •Beurre — une noix (cuisson, dorure)
Pain perdu du matin
Des tranches de pain rassis ressuscitées dans un bain de lait sucré et d'œuf battu, dorées au beurre dans la poêle jusqu'à l'extérieur croustillant et le cœur fondant. Le petit luxe des dimanches pauvres.
Why this dish? Desnos vit en Parisien de condition modeste, là où l'on ne gaspille rien. Le pain de la veille, durci, ne finit jamais à la poubelle : trempé dans le lait et l'œuf, il redevient un régal. Un plat de poète, justement — il transforme le rebut en merveille, comme lui transformait les mots usés en jeux neufs.
Camarade, ne jette jamais ton pain dur — c'est un crime contre la poésie ! Chez nous on le baptisait pain perdu, mais perdu pour qui ? Retrouvé, oui, ressuscité dans le lait et l'œuf comme une rime qu'on croyait morte. Ma mère le faisait dorer au beurre en chantant, et l'odeur montait l'escalier mieux qu'aucune réclame. Tu mords dedans tout chaud, le sucre craque, le dedans fond — et te voilà riche pour pas un sou.
Ingredients (period version)
- Pain rassis (baguette ou pain de campagne) — quelques tranches épaisses (base, récupération de la veille)
- Lait entier — un bol (ramollir la mie)
- Œufs — deux ou trois (liant doré)
- Sucre — une bonne pincée généreuse (douceur)
- Beurre — une noix (cuisson, dorure)
Ingredients
- Pain rassis épais — 6 tranches (base)
- Lait entier — 250 ml (trempage)
- Œufs — 2 (liant)
- Sucre — 2 c. à soupe (douceur)
- Beurre — 30 g (cuisson)
- Sucre vanillé ou cannelle — 1 sachet (facultatif) (parfum)
Method
- Battre les œufs avec le sucre (et le sucre vanillé) dans une assiette creuse, verser le lait et mélanger.
- Plonger chaque tranche de pain dans le mélange, 30 secondes par face, sans la détremper.
- Faire fondre le beurre dans une poêle à feu moyen.
- Dorer les tranches 2 à 3 minutes de chaque côté jusqu'à ce qu'elles soient bien colorées.
- Servir aussitôt, saupoudré d'un peu de sucre, avec un grand café.
How it was made : Plat de pauvreté et d'économie domestique attesté depuis le Moyen Âge sous mille noms, le pain perdu était dans le Paris populaire du début du XXe siècle le petit-déjeuner ou le goûter des familles modestes : on ne jetait pas le pain, denrée sacrée. Sous l'Occupation, où le pain fut rationné dès 1940, le moindre quignon devenait précieux.
The contemporary twist : Dressé en pile, filet de miel et zeste d'orange râpé — rebaptisé Le pain retrouvé, clin d'œil au poète qui ne perdait jamais rien.
Sources : Auguste Escoffier, Le Guide culinaire, 1903 · Cuisine populaire parisienne, tradition orale
Robert Desnos · Charactorium