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Le réveille-bouche du comptoir (ce qu'on trempe dans le café au saut du lit)

Pain perdu du matin

EverydayDocumented🍯facile20 min

Des tranches de pain rassis ressuscitées dans un bain de lait sucré et d'œuf battu, dorées au beurre dans la poêle jusqu'à l'extérieur croustillant et le cœur fondant. Le petit luxe des dimanches pauvres.

Le réveille-bouche du comptoir (ce qu'on trempe dans le café au saut du lit)

Des tranches de pain rassis ressuscitées dans un bain de lait sucré et d'œuf battu, dorées au beurre dans la poêle jusqu'à l'extérieur croustillant et le cœur fondant. Le petit luxe des dimanches pauvres.

Camarade, ne jette jamais ton pain dur — c'est un crime contre la poésie ! Chez nous on le baptisait pain perdu, mais perdu pour qui ? Retrouvé, oui, ressuscité dans le lait et l'œuf comme une rime qu'on croyait morte. Ma mère le faisait dorer au beurre en chantant, et l'odeur montait l'escalier mieux qu'aucune réclame. Tu mords dedans tout chaud, le sucre craque, le dedans fond — et te voilà riche pour pas un sou.
Robert Desnos
Ingredients
  • Pain rassis (baguette ou pain de campagne)quelques tranches épaisses (base, récupération de la veille)
  • Lait entierun bol (ramollir la mie)
  • Œufsdeux ou trois (liant doré)
  • Sucreune bonne pincée généreuse (douceur)
  • Beurreune noix (cuisson, dorure)
How it was made : Plat de pauvreté et d'économie domestique attesté depuis le Moyen Âge sous mille noms, le pain perdu était dans le Paris populaire du début du XXe siècle le petit-déjeuner ou le goûter des familles modestes : on ne jetait pas le pain, denrée sacrée. Sous l'Occupation, où le pain fut rationné dès 1940, le moindre quignon devenait précieux.
Sources : Auguste Escoffier, Le Guide culinaire, 1903 · Cuisine populaire parisienne, tradition orale