Chocolate batido al molinillo
Une boisson chaude, mousseuse et amère de cacao broyé, parfumée à la cannelle et battue au molinillo (fouet de bois tourné entre les paumes) jusqu'à former une écume épaisse — le rituel quotidien des après-midi conventuelles.
Une boisson chaude, mousseuse et amère de cacao broyé, parfumée à la cannelle et battue au molinillo (fouet de bois tourné entre les paumes) jusqu'à former une écume épaisse — le rituel quotidien des après-midi conventuelles.
Asseyez-vous au parloir, car nulle conversation digne de ce nom ne se tient sans une jícara de chocolate fumant entre les mains. Je fais griller les fèves de cacao, les broie sur le metate tiède avec un bâton de cannelle, puis je fais tourner le molinillo entre mes paumes jusqu'à ce que monte une écume brune et noble. Il est amer, je l'avoue, comme l'est le savoir qu'on me reproche de poursuivre — mais quel meilleur compagnon pour veiller la nuit sur mes vers et mes livres ?
- •Fèves de cacao — une poignée (base, amertume)
- •Cannelle — un bâton (parfum)
- •Sucre de canne ou miel — selon le goût (douceur)
- •Eau — ce qu'il faut (liquide)
- •Graines de rocou (achiote) — quelques-unes (facultatif) (couleur et note terreuse)
Chocolate batido al molinillo
Une boisson chaude, mousseuse et amère de cacao broyé, parfumée à la cannelle et battue au molinillo (fouet de bois tourné entre les paumes) jusqu'à former une écume épaisse — le rituel quotidien des après-midi conventuelles.
Why this dish? Le chocolat était la boisson reine des couvents lettrés de la Nouvelle-Espagne ; intellectuelle privilégiée, Sor Juana en consommait au parloir où elle recevait l'élite de Mexico pour converser de poésie et de science. Il figure parmi les denrées du manuscrit de San Jerónimo.
Asseyez-vous au parloir, car nulle conversation digne de ce nom ne se tient sans une jícara de chocolate fumant entre les mains. Je fais griller les fèves de cacao, les broie sur le metate tiède avec un bâton de cannelle, puis je fais tourner le molinillo entre mes paumes jusqu'à ce que monte une écume brune et noble. Il est amer, je l'avoue, comme l'est le savoir qu'on me reproche de poursuivre — mais quel meilleur compagnon pour veiller la nuit sur mes vers et mes livres ?
Ingredients (period version)
- Fèves de cacao — une poignée (base, amertume)
- Cannelle — un bâton (parfum)
- Sucre de canne ou miel — selon le goût (douceur)
- Eau — ce qu'il faut (liquide)
- Graines de rocou (achiote) — quelques-unes (facultatif) (couleur et note terreuse)
Ingredients
- Chocolat de table mexicain (ou cacao pur + sucre) — 80 g (base)
- Eau (ou moitié eau, moitié lait) — 500 ml (liquide)
- Cannelle — 1 bâton (parfum)
- Sucre de canne — 1 à 2 c. à soupe (douceur)
Method
- Faire chauffer l'eau (ou eau-lait) avec le bâton de cannelle sans bouillir.
- Y faire fondre le chocolat ou le cacao en remuant.
- Ajouter le sucre au goût et laisser frémir 2 min.
- Battre énergiquement au molinillo (ou au fouet, ou au mixeur plongeant) jusqu'à former une mousse épaisse.
- Servir aussitôt dans une tasse, en raclant l'écume sur le dessus.
How it was made : Le cacao était grillé sur le comal puis broyé sur le metate chauffé par des braises, parfois additionné de rocou (achiote) pour la couleur ou de fleurs séchées. On le battait debout, le molinillo roulant entre les paumes, geste devenu emblème de la cuisine novohispana. Le sucre, importé puis cultivé sur les terres à canne de la colonie, adoucissait l'amertume native.
The contemporary twist : Servez dans une petite tasse en terre cuite avec un éclat de chocolat noir 100 % à croquer à côté — pour goûter, comme Sor Juana, l'amertume nue avant la douceur.
Sources : Sophie D. Coe, America's First Cuisines · Libro de cocina del Convento de San Jerónimo (recettes attribuées à Sor Juana Inés de la Cruz) — attribution débattue
Sor Juana Inés de la Cruz · Charactorium