Imaginary interview

Kids interview Al-Hakim bi-Amr Allah

by Charactorium · Al-Hakim bi-Amr Allah (985 — 1021) · Politics · Spirituality · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Al-Hakim bi-Amr Allah
Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — لا روسا

Deux jeunes visiteurs de douze ans franchissent la porte du Grand Palais du Caire. Au fond d'une salle fraîche, un homme vêtu de lin blanc les attend, souriant. Il pose sa main sur son âne gris et leur fait signe d'approcher.

C'est vrai que vous vous promeniez tout seul la nuit dans la ville ?

Oui, mon enfant, presque chaque nuit. Imagine des ruelles sombres, sans aucune lumière, juste le pas de mon âne gris sur les pavés. Un serviteur portait une lanterne à huile, une petite flamme qui dansait sur les murs. Les autres rois restaient enfermés dans leurs palais dorés. Moi, je sortais voir mes gens pour de vrai. Je voulais savoir qui trichait sur les prix, qui pleurait de faim. Un chroniqueur, Yahya ibn Sa'id, a écrit que je punissais les injustes et récompensais les bons de ma propre main. C'est comme ça qu'on m'a cru capable de tout voir.

Un roi qui reste dans son palais ne voit que ses murs.

Pourquoi un âne et pas un beau cheval, comme les autres rois ?

Ah, cette question, tu sais, on me la posait déjà à mon époque ! Un calife — c'est le chef de tous les croyants, le successeur du Prophète — devait paraître magnifique. Moi je choisissais une bête humble. Je portais aussi des robes de simple lin blanc, pas de broderies d'or. Imagine : mon palais était immense, avec des jardins et des bibliothèques, mais moi je m'habillais comme un homme pauvre. Ce n'était pas par jeu. Je pensais que le vrai pouvoir ne se montre pas dans les habits. Un âne me rapprochait des gens des marchés. Sur un cheval doré, je serais resté au-dessus d'eux, très loin.

On dit que vous aimiez les étoiles. Vous faisiez quoi avec ?

J'adorais les étoiles, oui ! J'ai fait construire un observatoire sur les collines du Muqattam, au-dessus du Caire. La nuit, on y montait avec un astrolabe — c'est un disque de métal gravé qui sert à mesurer la place des astres dans le ciel. On calculait le calendrier, les fêtes, le mouvement des planètes. À mon époque, lire le ciel était une science très savante. Je ne me contentais pas de regarder : je voulais comprendre. Comme un enfant qui compte les étoiles, mais avec des instruments et des livres. Le ciel, pour moi, c'était le plus grand des livres, et je voulais en tourner chaque page.

Le ciel était le plus grand des livres.

C'était quoi, la Maison du Savoir que vous avez construite ?

C'était mon plus grand rêve, mon enfant. Le Dar al-Ilm, la « Maison du Savoir ». J'y ai réuni des dizaines de milliers de manuscrits : de l'astronomie, de la médecine, des mathématiques, de la philosophie. Imagine une immense salle pleine de rouleaux et de livres, où n'importe quel savant pouvait entrer et lire, gratuitement. Riche ou pauvre, chacun était le bienvenu. Les gens parlaient de la grande bibliothèque d'Alexandrie, disparue depuis des siècles ; moi je voulais en offrir une nouvelle à mon peuple. L'après-midi, je m'y rendais lire avec les savants. Un roi qui construit une bibliothèque plante un arbre qui donnera des fruits longtemps après lui.

Une bibliothèque, c'est un arbre qui donne des fruits après nous.

C'est vrai que vous avez interdit un légume ? Pourquoi faire ça ?

Ha, la mlukhiyya ! Oui, j'ai interdit qu'on vende ce légume, et bien d'autres choses encore. Je gouvernais par des marsûm, des décrets écrits sur parchemin, proclamés d'un coup dans les marchés. Mes inspecteurs, les muhtasib — ceux qui surveillent les commerçants et les poids —, devaient les faire respecter. Pourquoi ? Parfois même moi je ne l'expliquais à personne. J'aimais montrer que ma parole, seule, faisait la loi. Puis, des années après, j'annulais tout. Tu trouves ça déroutant ? Les gens de mon temps aussi ! Certains me croyaient inspiré par le Ciel, d'autres pensaient que j'avais l'esprit dérangé. À toi de te faire ton idée.

Al-Hakim bi-Amr Allah Mosque 046
Al-Hakim bi-Amr Allah Mosque 046Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — لا روسا

Vous avez empêché les femmes de sortir ? Ça devait être horrible pour elles.

Tu as le cœur juste de penser à elles, mon enfant. Oui, j'ai ordonné aux cordonniers de ne plus faire de chaussures de femmes, pour qu'elles restent chez elles. C'était dur, je le sais. Un calife croyait alors pouvoir régler jusqu'aux pas de chacun dans la rue. Mais écoute la suite : vers la fin de ma vie, en 1019, j'ai effacé ces règles. Je les ai rendues libres de sortir à nouveau. Pourquoi ce revirement ? Personne ne l'a jamais su, pas même mes proches. J'ai passé ma vie à donner des ordres, puis à les défaire. Peut-être qu'un roi aussi peut changer d'avis, et regretter.

Même un roi peut changer d'avis, et regretter.

Pourquoi vous avez détruit une église si importante à Jérusalem ?

Tu touches là à mon acte le plus lourd, mon enfant. En 1009, j'ai ordonné de raser l'église du Saint-Sépulcre, à Jérusalem — le lieu le plus sacré pour les chrétiens. Un chroniqueur, Al-Maqrizi, a écrit que je fis abattre cette église et beaucoup d'autres, avec leurs croix. Jérusalem était sous mon autorité, et les tensions entre religions y étaient vives. Ce geste a frappé toute la chrétienté d'effroi, très loin, jusqu'en Europe. Un siècle plus tard, on s'en souvenait encore pour appeler à la guerre. Détruire est facile et rapide ; la peur que cela sème, elle, peut durer cent ans. Voilà ce que j'ai appris trop tard.

Détruire prend un jour ; la peur que cela sème dure cent ans.
ِAl-Hakim bi-Amr Allah Mosque
ِAl-Hakim bi-Amr Allah MosqueWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Mona Hassan Abo-Abda

Racontez ! C'est vrai que vous avez disparu et qu'on n'a jamais retrouvé votre corps ?

C'est le grand mystère, oui. Une nuit de février 1021, je suis parti seul dans les collines du Muqattam, comme si souvent. Mais cette fois, je ne suis pas revenu. On a retrouvé mon âne taché de sang. Aucun corps, jamais. Imagine mes fidèles au matin, cherchant partout dans les rochers, sans rien trouver. Ce silence a fait naître une immense question : était-ce un meurtre ? Un accident ? Ou autre chose ? Certains, mon enfant, ont refusé de croire à ma mort. Ils ont dit que je m'étais seulement caché, et que je reviendrais. C'est de cette nuit sans réponse qu'est née toute une croyance.

Des gens disent que vous êtes un dieu ? Comment c'est possible ?

Écoute bien. De mon vivant, un homme nommé Hamza ibn Ali a commencé à proclamer que j'étais une manifestation de Dieu sur terre. Avec ses compagnons, il a écrit en mon nom les Rasa'il al-Hikma, les « Épîtres de la Sagesse ». Ils y disaient que reconnaître Dieu en al-Hakim, c'était atteindre la vérité suprême. De là est née la religion druze, qui vit toujours aujourd'hui. Pour eux, ma disparition n'est pas une mort : c'est une ghayba, une « occultation ». Ce mot veut dire que je suis caché, pas parti, et que je reviendrai à la fin des temps pour rendre la justice. Une figure ne meurt jamais tout à fait quand des gens l'attendent encore.

On ne meurt jamais tout à fait quand des gens vous attendent encore.

Ça vous fait quoi de savoir qu'on parle encore de vous, mille ans après ?

Cela me touche, mon enfant, plus que tu ne l'imagines. J'ai été un calife craint, aux décrets déroutants, aux gestes terribles comme aux grandes œuvres. Ma mosquée se dresse encore au Caire ; elle a servi de prison, d'écurie, d'entrepôt, puis on l'a restaurée. Un million de druzes attendent toujours mon retour dans le monde. Et voilà que deux enfants viennent m'écouter avec des yeux curieux. C'est cela, la vraie survie : pas les palais d'or, mais la mémoire des vivants. Retiens seulement ceci : un homme est fait de sa lumière et de son ombre à la fois. Regarde-moi entier, et juge par toi-même.

Un homme est fait de sa lumière et de son ombre à la fois.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Al-Hakim bi-Amr Allah's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.