Imaginary interview

Kids interview Amartya Sen

by Charactorium · Amartya Sen (1933 — ?) · Economics · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Amartya Sen
Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Anurekhac7

Deux élèves de douze ans, en classe découverte, sont reçus par un vieux monsieur au sourire doux. Il pose ses papiers, sert du thé, et les invite à s'asseoir près de lui. Amartya Sen les regarde avec tendresse : personne ne lui avait posé de questions aussi simples depuis longtemps.

C'est vrai que c'est un grand poète qui a choisi votre prénom ?

Oui, mon enfant, et j'en suis fier encore aujourd'hui. Le poète Rabindranath Tagore, un ami de ma famille, s'est penché sur mon berceau. Il a choisi pour moi le prénom Amartya. En sanskrit, cela veut dire « immortel ». Un lourd cadeau, tu ne trouves pas ? Imagine qu'on te donne un nom pareil : tu passes ta vie à essayer d'en être digne ! J'ai grandi près de son école, à Santiniketan, un village du Bengale. Là, on apprenait dehors, assis sous les arbres. Ce prénom m'a rappelé toute ma vie qu'un être humain vaut plus que ses richesses.

Un être humain vaut toujours plus que ses richesses.

C'était comment, l'école, quand vous étiez petit ?

Ah, tu vas être jaloux ! Dans mon école de Santiniketan, il n'y avait presque pas de notes, ni d'examens qui font peur. On faisait la classe dehors, sous les arbres, et on discutait beaucoup. On avait le droit de ne pas être d'accord avec le maître, si on expliquait pourquoi. Tu vois, chez nous, en Inde, on aime débattre depuis très longtemps. J'ai même écrit un livre là-dessus plus tard, The Argumentative Indian, « l'Indien qui aime discuter ». Cette liberté de poser des questions, comme tu le fais avec moi maintenant, c'est là que j'ai appris à penser.

On a le droit de ne pas être d'accord, si on explique pourquoi.

Vous aviez quel âge quand vous avez vu la grande famine ?

J'avais neuf ans, mon enfant. C'était en 1943, au Bengale. Des gens venaient de la campagne, très maigres, et s'écroulaient dans les rues. Des millions sont morts de faim. Mais écoute bien, car c'est étrange : les greniers n'étaient pas vides ! La nourriture existait, tout près. Le riz était là, dans les marchés. Seulement, les plus pauvres n'avaient plus un sou pour l'acheter. Un enfant de neuf ans ne comprend pas tout. Mais cette image ne m'a jamais quitté. Plus tard, elle est devenue le cœur de tout mon travail d'économiste.

Les greniers n'étaient pas vides : c'est l'argent qui manquait, pas le riz.

Il y a une histoire qui vous a fait peur quand vous étiez enfant ?

Oui, et je ne l'ai jamais oubliée. J'avais onze ans. C'était l'époque de graves émeutes entre voisins de religions différentes. Un jour, un homme est entré dans notre jardin, en sang. Il s'appelait Kader Mia. Il était ouvrier, musulman, et on l'avait poignardé dans la rue. Sa famille mourait de faim, alors il était venu chercher du travail dans un quartier dangereux. Il est mort peu après. Tu comprends ? La pauvreté l'avait forcé à risquer sa vie. Ce jour-là, j'ai senti, avec mon cœur d'enfant, que la misère vole aussi la liberté des gens.

La misère ne vole pas que le pain, elle vole aussi la liberté.

Comment on prouve que la nourriture était là pendant une famine ?

Bonne question ! Il faut devenir un peu détective. J'ai passé des années à comparer des carnets de chiffres : les récoltes, les prix, les salaires, année après année. Et surprise : pendant certaines famines, il y avait autant de riz que d'habitude ! Alors pourquoi les gens mouraient ? Parce que le prix montait, ou parce qu'ils perdaient leur travail. Ils n'avaient plus de quoi acheter à manger. J'ai raconté tout cela dans mon livre Poverty and Famines, en 1981. Comme je l'écris, une famine, c'est quand des gens n'ont pas assez à manger — pas forcément quand il n'y a pas assez de nourriture.

Une famine, ce n'est pas quand il n'y a plus de nourriture, c'est quand des gens ne peuvent plus l'acheter.
Amartya Sen NIH
Amartya Sen NIHWikimedia Commons, Public domain — NIH (according to picture caption)

Ça veut dire quoi, les « droits d'accès » dont vous parlez ?

Je vais t'expliquer avec ton assiette. Imagine que tu as faim. Pour manger, il te faut soit de l'argent pour acheter, soit un champ qui te nourrit, soit un métier qui te paye. Tout ça, j'appelle ça tes « droits d'accès » — en anglais, entitlements. Tant que tu en as, tu manges. Mais si tu perds ton travail, ou si les prix s'envolent, ces droits s'effondrent. Et là, même avec des marchés pleins, tu meurs de faim. Voilà ce que mes carnets de chiffres ont montré. La faim n'est pas seulement une histoire de récoltes : c'est une histoire de moyens.

Tant que tu as les moyens d'accéder à la nourriture, tu manges — sinon, non.

Pourquoi vous dites que l'argent d'un pays ne suffit pas à savoir s'il va bien ?

Réfléchis avec moi. On mesure souvent un pays par sa richesse, ce qu'on appelle le PIB, tout l'argent qu'il produit en un an. Mais est-ce que l'argent te dit si les enfants vont à l'école ? Si les gens vivent vieux et en bonne santé ? Si une fille est libre de choisir sa vie ? Non ! Un pays peut être riche et laisser beaucoup de gens souffrir. Alors j'ai proposé de regarder autre chose : ce que chaque personne est vraiment capable d'être et de faire. J'appelle ça les capabilités. Le vrai développement, ce n'est pas d'entasser des richesses : c'est d'agrandir les libertés réelles des gens.

Le vrai progrès, ce n'est pas plus d'argent, c'est plus de libertés réelles.
Amartya Sen 2012
Amartya Sen 2012Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 — Fronteiras do Pensamento

C'est vous qui avez inventé le classement des pays sur la santé et l'école ?

Pas tout seul, mon enfant ! Avec un ami économiste, Mahbub ul Haq, nous avons voulu un chiffre plus juste que la seule richesse. En 1990, les Nations unies ont créé l'Indice de développement humain, l'IDH. C'est un nombre qui mélange trois choses : combien de temps on vit, combien on va à l'école, et combien on gagne. Comme ça, on peut comparer les pays autrement que par leur porte-monnaie. Ce n'est pas parfait, un chiffre ne dit jamais tout. Mais il oblige les dirigeants à se demander : est-ce que les gens vivent mieux, vraiment ? Et ça, c'est déjà une petite victoire.

Un bon chiffre force les puissants à demander : est-ce que les gens vivent mieux ?

Vous avez fait quoi avec l'argent de votre grand prix ?

Ah, le prix Nobel de 1998 ! On m'a remis une médaille d'or à Stockholm. Une belle somme d'argent est venue avec. J'aurais pu la garder, tu sais. Mais je me suis souvenu de la famine de mon enfance. Alors j'ai fondé un organisme, le Pratichi Trust, pour aider les écoles et la santé en Inde et au Bangladesh. Et j'ai insisté sur une chose : apprendre à lire aux filles. Car une fille qui sait lire fait reculer la pauvreté autour d'elle, mieux que n'importe quoi. Une médaille, ça brille sur une étagère. Mais une enfant qui apprend à lire, ça éclaire tout un village.

Une médaille brille sur une étagère ; une fille qui apprend à lire éclaire tout un village.

Vous rêvez d'un monde parfait, vous, avec la justice partout ?

Non, et ça va peut-être te surprendre ! Beaucoup de savants passent leur vie à dessiner la société parfaite. Moi, je pense que c'est une perte de temps. Regarde plutôt autour de toi. Il y a des injustices qu'on peut réparer tout de suite : un enfant sans école, un malade sans soin, une famine qu'on pourrait éviter. J'ai écrit tout un livre là-dessus, The Idea of Justice, en 2009. Ce qui doit nous révolter, ce n'est pas que le monde ne soit pas parfait — il ne le sera jamais. C'est qu'il existe des injustices qu'on pourrait supprimer, là, maintenant, et qu'on laisse durer.

Ne rêve pas d'un monde parfait : répare les injustices que tu peux réparer aujourd'hui.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Amartya Sen's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.