Imaginary interview

Imaginary interview with Ambroise Paré

by Charactorium · Ambroise Paré (1510 — 1590) · Sciences · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

C'est une matinée de classe découverte. Deux élèves d'une douzaine d'années poussent la porte d'un vieil atelier de chirurgien, où les attend un homme aux mains calmes et au regard doux. Ambroise Paré, le barbier devenu chirurgien des rois, les fait asseoir près de ses instruments et les invite à poser toutes leurs questions.

Vous aviez quel âge quand vous avez commencé à apprendre la chirurgie ?

Tu sais, mon enfant, je ne suis pas né dans les livres. Je viens de Laval, une petite ville, et j'ai d'abord appris en regardant, en touchant, les mains dans le travail. Les grands médecins, eux, parlaient latin et lisaient les Anciens. Moi, j'étais ce qu'on appelait un barbier-chirurgien : on coupait, on recousait, on rasait aussi. Imagine un garçon qui n'a pas le droit d'entrer par la grande porte de l'Université, alors il passe par la cour, là où sont les blessés. C'est là qu'on apprend le vrai. Le corps ne ment jamais, lui.

C'est vrai qu'un jour vous n'aviez plus d'huile bouillante pour soigner les blessés ?

Oui, et c'est cette nuit-là qui a tout changé. C'était en 1537, au siège de Turin. On croyait alors qu'il fallait brûler les plaies des armes à feu avec de l'huile bouillante. Une nuit, j'en ai manqué. Affolé, j'ai mélangé un peu de jaune d'œuf, de l'huile de rose et de la térébinthine — une sorte de baume tout doux. Je n'ai pas dormi : j'avais peur d'avoir laissé mourir mes blessés. Au matin, surprise : ceux que j'avais brûlés brûlaient encore de fièvre. Ceux du baume dormaient paisibles. J'ai compris que la douceur soignait mieux que le feu.

La douceur soignait mieux que le feu.

Ça devait sentir horrible, sur les champs de bataille ? Vous n'aviez pas peur ?

Oh oui, ça sentait la poudre, le sang et la chair brûlée. On n'oublie pas cette odeur-là, mon enfant. J'ai suivi l'armée du roi dans les guerres d'Italie, au milieu des cris. Avais-je peur ? Bien sûr. Mais quand un homme te regarde, la jambe déchirée, tu n'as plus le temps d'avoir peur, tu as le temps d'agir. Dans mon livre sur les plaies d'arquebuse — l'arquebuse, c'était un fusil très lourd de mon époque — j'ai écrit ce que j'avais vu de mes propres yeux. Pas ce que disaient les vieux livres. J'ay expérimenté le contraire : voilà ce qui me guidait.

Pourquoi vous ne vouliez plus brûler les blessés avec le fer rouge ?

Parce que c'était une torture, mon enfant, et ça ne marchait pas si bien. Quand on coupait une jambe — une amputation —, on arrêtait le sang en posant un fer rouge sur la chair. La cautérisation, on appelait ça : brûler pour fermer. Imagine la douleur, et l'odeur. Moi, j'ai eu une autre idée : nouer les vaisseaux du sang avec un petit fil, comme on ferme le col d'un sac. C'est la ligature. Dans mes Dix livres de la Chirurgie, j'ai écrit que je me servirais de ligatures, bien plus douces et moins douloureuses. Le malade ne hurlait plus. Pour moi, ça valait tous les diplômes.

Les gens criaient pendant les opérations ? Vous faisiez comment, sans rien pour dormir ?

Tu touches là quelque chose de difficile. Non, nous n'avions rien pour endormir vraiment. Il fallait aller vite, très vite, et être habile de ses mains. On tenait le malade, on lui parlait, on lui donnait parfois un peu de vin. Pour pincer un vaisseau qui saigne, j'utilisais une pince — un outil de fer qui serre, comme deux doigts très forts. Le secret, c'était de ne pas trembler tout en restant doux du cœur. Soigner, ce n'est pas seulement couper. C'est aussi parler, rassurer. Je faisais de mon mieux, et j'espérais que la Nature ferait le reste.

C'est vrai que vous avez soigné des rois ? On parle comment à un roi ?

Oui, et je n'en revenais pas moi-même ! Moi, le petit barbier de Laval, j'ai été le chirurgien de quatre rois : Henri II, François II, Charles IX et Henri III. À la cour, on parle peu et on s'incline beaucoup. Mais un roi blessé, c'est un homme comme un autre sous mes mains. Sais-tu ce qui a fâché les savants ? J'écrivais mes livres en français, pas en latin. Pour eux, le savoir devait rester un secret, réservé à quelques-uns. Moi, je voulais que les jeunes chirurgiens me lisent et me comprennent. Un savoir qu'on cache ne sauve personne.

Un savoir qu'on cache ne sauve personne.
Plaque des quatre otages du 19-08-1944 au 43 Boulevard Ambroise Paré (Lyon)
Plaque des quatre otages du 19-08-1944 au 43 Boulevard Ambroise Paré (Lyon)Wikimedia Commons, CC0 — Benoît Prieur

Les grands médecins ne devaient pas beaucoup vous aimer, alors ?

Non, pas toujours ! Certains me regardaient de haut parce que je n'avais pas leur latin. On croyait à l'époque que les blessures d'armes à feu étaient empoisonnées par la poudre. J'ai osé dire : non, ce n'est pas un poison, c'est la plaie elle-même qui s'infecte si on la soigne mal. Pour le prouver, je disséquais, je regardais l'intérieur du corps. L'anatomie, c'est-à-dire l'étude de la façon dont nous sommes faits en dedans, était mon vrai maître. Je préférais croire mes yeux plutôt qu'un vieux livre poussiéreux. Ça dérange toujours, un homme qui regarde par lui-même.

On m'a dit que vous avez écrit un livre sur des monstres. C'était quoi ?

Ah, mon Traité des monstres et des prodiges, écrit en 1573 ! Attention, à mon époque, le mot monstre ne voulait pas dire un ogre. On appelait ainsi tout ce qui naissait autrement que d'habitude : un animal étrange, un enfant différent. J'en avais vu beaucoup, et au lieu d'en avoir peur, je voulais comprendre. J'y notais ce que j'avais vu et considéré, ces choses qui naissent contre l'ordre de la Nature. Pour moi, tout dans le corps avait une cause, même l'inhabituel. La curiosité, vois-tu, c'est le début de la science. Trembler, au contraire, c'est rester ignorant.

Vous croyiez vraiment qu'ils venaient de Dieu, ou vous cherchiez une raison ?

Bonne question, tu réfléchis bien ! À mon époque, beaucoup disaient : c'est une punition du Ciel, un présage de malheur. Moi, en homme de mon temps, je laissais sa part à Dieu. Mais je cherchais aussi des causes dans la Nature elle-même. Je notais tout : ce que j'avais vu, mesuré, touché. Je pensais que ces naissances étonnantes n'étaient pas là pour nous effrayer, mais pour être connues, pour faire avancer la science médicale. Regarder au lieu de fuir, comprendre au lieu de juger : voilà ce que j'ai essayé de faire toute ma vie, même devant le plus étrange des spectacles.

Lyon 8e - Station tramway Ambroise Paré 1 (août 2024)
Lyon 8e - Station tramway Ambroise Paré 1 (août 2024)Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Sebleouf

C'est vrai qu'à 80 ans vous inventiez encore des choses ? Comme quoi ?

Oui ! Même vieux, la tête continue de travailler. Vois-tu, après une amputation, un homme se retrouve sans jambe ou sans main. Avant, on l'abandonnait à sa misère. Moi, je me suis dit : et si on lui en fabriquait une nouvelle, en métal et en cuir ? J'ai imaginé des jambes de bois, des bras, et même une main mécanique dont les doigts pouvaient se replier grâce à de petits ressorts. Imagine la joie d'un soldat qui peut à nouveau tenir quelque chose ! Soigner, ce n'est pas seulement sauver une vie. C'est rendre à quelqu'un sa vie d'avant.

Soigner, c'est rendre à quelqu'un sa vie d'avant.

Et ça tenait comment, une main en fer ? Ça marchait vraiment ?

C'était un travail d'horlogerie, mon enfant, minutieux ! Imagine de petits engrenages et des ressorts cachés à l'intérieur, comme dans une serrure. On bloquait les doigts dans une position pour tenir une plume ou les rênes d'un cheval. Ce n'était pas parfait, bien sûr : la main ne sentait rien, et il fallait souvent l'aider de l'autre main. Mais pour un homme qui se croyait fini, c'était énorme. Je travaillais avec des serruriers et des forgerons très adroits, car un chirurgien seul ne sait pas plier le métal. À nous tous, on rendait un peu d'espoir. Et l'espoir, vois-tu, ça soigne aussi.

Si on se souvient de vous aujourd'hui, qu'aimeriez-vous qu'on retienne ?

Ce que j'aimerais ? Que vous reteniez qu'un blessé est d'abord un être humain, jamais une chair à brûler. Toute ma vie, j'ai essayé de remplacer la douleur par la douceur, et la peur par l'observation. Je n'étais qu'un garçon de Laval sans grand diplôme, mais j'ai regardé, j'ai essayé, j'ai noté ce qui marchait. Si un jour tu doutes parce que tout le monde affirme le contraire de ce que tu vois — souviens-toi de mon huile de rose, en 1537. Crois tes yeux et ton cœur. Et sois doux avec ceux qui souffrent. C'est ça, le plus beau métier du monde.

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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Ambroise Paré's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.