Imaginary interview

Kids interview Angela Davis

by Charactorium · Angela Davis (1944 — ?) · Literature · Politics · Society · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Angela Davis
Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Derzsi Elekes Andor

Deux élèves de 5e, en classe découverte sur les droits civiques, ont la chance de rencontrer Angela Davis. Un peu intimidés, ils ouvrent leur cahier de questions. Elle leur sourit et les invite à s'asseoir tout près.

C'était comment de grandir dans votre ville quand vous étiez petite ?

Tu sais, je suis née à Birmingham, en Alabama, en 1944. Chez nous, on surnommait la ville « Bombingham ». Imagine un quartier où, certaines nuits, on entendait des explosions : des Blancs posaient des bombes contre les maisons des familles noires. Il y avait des lois qu'on appelait Jim Crow. Elles séparaient tout : les Noirs d'un côté, les Blancs de l'autre. Pas les mêmes écoles, pas les mêmes fontaines à eau, pas les mêmes bus. Petite fille, je trouvais ça injuste, mais tout le monde faisait comme si c'était normal. Et moi, au fond de moi, je savais que non, ce n'était pas normal du tout.

On appelait ma ville « Bombingham », parce que les nuits y étaient dangereuses.

Vous avez perdu des amies quand vous étiez jeune ? Ça s'est passé comment ?

Oui, mon enfant, et c'est une blessure que je porte encore. En 1963, des hommes ont posé une bombe dans une église de Birmingham, l'église baptiste de la 16e rue. C'était un dimanche matin. Quatre petites filles noires sont mortes ce jour-là. Et parmi elles, il y avait des amies à moi. Imagine : des enfants qui vont prier, avec leur belle robe du dimanche, et qui ne rentrent jamais chez elles. J'avais dix-neuf ans. Ce jour-là, j'ai compris que le racisme, ce n'était pas juste des mots méchants. Ça pouvait tuer des enfants. Je crois que ma vie de militante est née de ce chagrin-là.

Le racisme, ce n'est pas juste des mots méchants : ce jour-là, il a tué mes amies.

Pourquoi on vous a renvoyée de l'université ? Vous aviez fait quoi de mal ?

Rien de mal, figure-toi ! En 1969, j'enseignais la philosophie à l'université UCLA, à Los Angeles. J'adorais ça. Mais j'avais rejoint le Parti communiste. À l'époque, aux États-Unis, être communiste, c'était presque considéré comme un crime. Le gouverneur de Californie s'appelait Ronald Reagan. Dès qu'il l'a su, il m'a fait licencier. Dans mon livre, j'ai écrit une phrase simple : « I was a Communist, and I was proud of it » — j'étais communiste, et j'en étais fière. La police avait même un dossier sur moi. Imagine des gens qui te surveillent, notent qui tu vois, ce que tu dis, juste à cause de tes idées.

On peut te renvoyer non pas pour ce que tu as fait, mais pour ce que tu penses.

C'est vrai que le FBI vous recherchait partout ? Vous aviez peur ?

Oui, et c'était terrifiant. En 1970, un jeune homme a pris des otages dans un tribunal pour tenter de libérer des prisonniers noirs. Ça a mal tourné, des gens sont morts. Et des armes enregistrées à mon nom ont été retrouvées là-bas. Du coup, on m'a accusée, alors que je n'y étais pas. Le FBI m'a placée sur la liste des personnes les plus recherchées du pays. Imagine ton visage placardé partout, avec le mot « dangereuse ». J'ai dû me cacher un moment. Oui, j'avais peur. Mais partout dans le monde, des gens criaient « Free Angela » — libérez Angela. Ça me donnait du courage.

Mon visage était partout, avec le mot « dangereuse » — et pourtant j'étais innocente.

Vous êtes restée longtemps en prison ? Comment ça se passait là-dedans ?

J'y suis restée seize mois, à la prison du comté de Marin, en Californie, avant même d'être jugée. Seize mois enfermée pour un crime que je n'avais pas commis ! Mais tu sais ce qui m'a tenue debout ? Le courrier. Je recevais des milliers de lettres, du monde entier, même de gens que je ne connaîtrais jamais. Un ami militant, George Jackson, m'écrivait aussi depuis sa prison. Au procès, en 1972, j'ai dit que ce n'était pas un vrai procès, mais une persécution politique pour faire taire ceux qui luttent. Et un jury entièrement blanc m'a déclarée non coupable de tout. La justice, parfois, finit par gagner.

Ce qui m'a tenue debout en prison, c'étaient des milliers de lettres d'inconnus.
Primer plano mural (Chimamanda Ngozi Adichie - Valentina Tereshkova, Angela Ivonne Davis)
Primer plano mural (Chimamanda Ngozi Adichie - Valentina Tereshkova, Angela Ivonne Davis)Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — DLV

Vous avez écrit un livre très connu. Il parlait de quoi exactement ?

Oui, il s'appelle Women, Race & Class, publié en 1981. Le titre veut dire « Femmes, race et classe ». Tu vois, à l'époque, on parlait souvent d'un seul problème à la fois : soit le racisme, soit l'injustice envers les femmes, soit la pauvreté. Moi, j'ai voulu montrer une chose : ces injustices sont nouées ensemble, comme les fils d'une même corde. Une femme noire et pauvre, elle, subit les trois en même temps ! On appelle ça l'intersectionnalité. C'est un grand mot, mais l'idée est simple : pour comprendre quelqu'un, il faut regarder toute sa vie d'un coup, pas juste un morceau.

Les injustices sont nouées ensemble, comme les fils d'une même corde.

Vous voulez vraiment supprimer toutes les prisons ? Mais on met les gens où, alors ?

Bonne question, et beaucoup de gens me la posent ! Dans mon livre Are Prisons Obsolete?, en 2003, je demande : est-ce que les prisons servent vraiment à rendre le monde meilleur ? J'ai remarqué qu'aux États-Unis, on enferme énormément de gens pauvres et noirs. Ce n'est pas un hasard. J'appelle ça le complexe carcéro-industriel : un système où enfermer des gens rapporte de l'argent. Alors non, je ne dis pas « ouvrons les portes demain matin ». Je dis : imaginons plutôt des écoles, des soins, du travail, pour que les gens n'aient plus besoin d'être enfermés. Réparer avant de punir.

Réparer avant de punir : et si on n'avait plus besoin de prisons ?
Painting of Angela Davis from Hungary Received by James E. Jackson, Henry Winston, Gus Hall, Peter Fulop (Hungarian Embassy) and Louis Weinstock. Photos by Garry Tyler. Jan 26, 1972 Slide 2 Edit
Painting of Angela Davis from Hungary Received by James E. Jackson, Henry Winston, Gus Hall, Peter Fulop (Hungarian Embassy) and Louis Weinstock. Photos by Garry Tyler. Jan 26, 1972 Slide 2 EditWikimedia Commons, Public domain — Garry Tyler or Jacoby Sims for the Daily World

Ça vous faisait quoi de savoir qu'on vous espionnait tout le temps ?

C'est une sensation étrange, mon enfant, un peu comme avoir toujours une ombre dans le dos. Le FBI avait un programme secret qu'on a appelé COINTELPRO. Son but était de surveiller et de casser les mouvements militants, surtout ceux des Noirs. Ils ont constitué un gros dossier sur moi dès mes premières années d'engagement. Imagine que quelqu'un lise tes lettres, note tes amis, écoute tes discours, en espérant te faire tomber. Ça pourrait faire peur, et parfois oui. Mais ça m'a aussi appris quelque chose : si un État dépense tant d'énergie à te surveiller, c'est que tes idées comptent. Le silence, ça ne dérange personne.

Si un État dépense tant à te surveiller, c'est que tes idées comptent.

Vous vous coiffez toujours pareil ! Pourquoi cette coiffure est importante pour vous ?

Ah, tu remarques ma coiffure ! Mon afro, ces cheveux naturels bien volumineux. À mon époque, on apprenait aux petites filles noires que leurs cheveux crépus étaient « mal coiffés », qu'il fallait les cacher ou les défriser pour ressembler aux Blanches. Alors quand j'ai laissé mes cheveux vivre comme ils sont, c'était plus qu'une coiffure. C'était dire : je suis noire, et j'en suis fière. Beaucoup de jeunes se sont reconnus dans cette image. Tu vois, parfois, une chose toute simple sur ton corps peut devenir un message pour des milliers de gens. Être soi-même, ça peut être un acte de courage.

Être soi-même, tout simplement, peut devenir un acte de courage.

Si vous aviez un conseil à nous donner, à nous les jeunes, ce serait quoi ?

Je te dirais ceci, du fond du cœur. J'ai eu peur, j'ai été enfermée, on m'a surveillée, et pourtant je continue à me battre aujourd'hui. Dans un de mes livres récents, j'ai relié les vieilles luttes des droits civiques aux combats des jeunes d'aujourd'hui contre le racisme. Car un combat pour la justice, ce n'est jamais fini : chaque génération reprend le flambeau. Ne te dis jamais « je suis trop petit, je ne peux rien changer ». Les quatre petites filles de Birmingham n'avaient pas fini de grandir. C'est pour elles, et pour toi, qu'on avance. La liberté, c'est une lutte de tous les jours.

La liberté, ce n'est jamais gagné : c'est une lutte de tous les jours.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Angela Davis's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.