Imaginary interview

Kids interview Anna May Wong

by Charactorium · Anna May Wong (1904 — 1961) · Performing Arts · Society · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Anna May Wong
Wikimedia Commons, CC0 — Alice Pike Barney

Deux jeunes visiteurs de douze ans, en classe découverte sur l'histoire du cinéma, poussent la porte d'une loge de studio. Assise devant un miroir entouré d'ampoules, une élégante dame en robe chinoise se tourne vers eux avec un sourire. C'est Anna May Wong, la première grande star sino-américaine d'Hollywood — et elle a mille choses à leur raconter.

Vous aviez quel âge à votre premier grand rôle ? C'était quoi comme film ?

Tu sais, mon enfant, j'avais dix-sept ans. Mon premier grand rôle, c'était The Toll of the Sea, en 1922. Imagine : c'était l'un des tout premiers films en couleurs de l'histoire ! Les gens n'avaient jamais vu ça. J'y jouais une jeune Chinoise abandonnée par un Américain qu'elle aimait. Une histoire triste, très triste. Et déjà, à ce moment-là, je ne le savais pas encore, mais on m'avait choisie pour pleurer, pour souffrir à l'écran. La petite victime asiatique. J'étais si fière d'être là… et pourtant on m'enfermait déjà dans une case. C'est étrange, non ? Réussir et être coincée en même temps.

On m'a choisie pour pleurer à l'écran, jamais pour être aimée.

Pourquoi on vous donnait toujours des rôles de méchante ou de traîtresse ?

Ah, ça me rendait triste, tu sais. À Hollywood, la Chinoise était toujours la traîtresse, la femme dangereuse. On appelait ça la dragon lady. J'ai même joué la fille du terrible docteur Fu Manchu, et une aventurière au destin tragique dans Shanghai Express. Un jour, à un journaliste, j'ai dit une chose simple : pourquoi le Chinois à l'écran est-il toujours le méchant ? Pourquoi si sournois, si cruel ? Nous ne sommes pas comme ça ! Notre civilisation est l'une des plus belles du monde. Imagine qu'on te dessine toujours en monstre, alors que tu voudrais juste montrer qui tu es vraiment. Voilà ce que je vivais, chaque jour, sur les plateaux.

Pourquoi vous portiez souvent une robe chinoise en public ?

Bonne question ! Cette robe s'appelle le qipao, ou cheongsam. Une longue robe ajustée, venue de Chine, celle de mes ancêtres. Beaucoup me disaient de la cacher, de m'habiller « comme tout le monde ». Mais moi, je la portais fièrement, dans la rue, aux grands dîners. Tu vois, à mon époque, on se moquait souvent des Asiatiques, on nous caricaturait. Alors ma robe, c'était ma réponse. Une façon de dire, sans crier : voilà d'où je viens, et je n'en ai pas honte. Un vêtement, ça peut être bien plus qu'un vêtement. Ça peut être un drapeau qu'on porte sur soi.

Ma robe n'était pas un habit, c'était un drapeau que je portais sur moi.

C'est vrai qu'on disait que vous étiez une des femmes les mieux habillées du monde ?

Oui, on l'a dit, et ça me faisait sourire ! J'aimais mélanger les belles étoffes de Paris et de Londres avec mes robes chinoises. Les grands couturiers me confectionnaient des tenues. Mais écoute bien : pour moi, l'élégance n'était pas juste une affaire de jolis tissus. Quand une actrice asiatique était moquée partout, se montrer belle, digne, la tête haute, c'était déjà un combat. Imagine que le monde entier attende de te voir baisser les yeux, et que toi, tu entres dans la salle en souriant, magnifique. Voilà. Chaque tenue était une petite victoire silencieuse contre ceux qui me méprisaient.

Pourquoi vous êtes partie vivre en Europe ? Vous étiez fâchée contre Hollywood ?

Fâchée, oui, et surtout fatiguée, mon enfant. En 1928, j'ai fait mes valises pour l'Europe. À Hollywood, on me refusait les beaux rôles à cause de ma peau, de mes yeux. Alors je suis allée respirer ailleurs : Londres, Berlin. Et là, quelle différence ! On m'accueillait comme une véritable artiste. Les journaux me couvraient d'éloges. J'ai même appris l'allemand ! Pour la première fois, on me confiait des rôles riches, complexes, pas seulement des méchantes. Imagine avoir soif depuis des années, et enfin boire à une source fraîche. C'est exactement ce que l'Europe m'a offert : la liberté de jouer, enfin, comme une vraie comédienne.

En Amérique j'étouffais ; en Europe, pour la première fois, je respirais.
Anna May Wong - portrait
Anna May Wong - portraitWikimedia Commons, Public domain — Paramount photo

C'était quoi votre plus beau souvenir de cinéma en Europe ?

Ah, il y en a deux ! D'abord Piccadilly, un film anglais de 1929. J'y jouais Shosho, une petite plongeuse qui lave la vaisselle et devient danseuse vedette. Enfin un vrai rôle, central, pas une caricature ! Beaucoup disent que c'est mon plus beau film muet. Et puis il y a mon amie Marlène Dietrich. Nous avons tourné ensemble Shanghai Express en 1932. Une femme merveilleuse, drôle, libre. Nous parlions des nuits entières. Tu sais, se sentir respectée par les plus grands artistes, après tant d'humiliations, ça réchauffe le cœur pour longtemps. Ces années-là, je me suis sentie vivante.

C'est vrai qu'on vous a refusé un rôle pour le donner à une actrice blanche maquillée ?

Oui… et ça, c'est la blessure de ma vie. En 1937, un grand studio, la MGM, adaptait un beau roman sur une paysanne chinoise nommée O-Lan. J'étais l'actrice sino-américaine la plus connue du monde. Ce rôle, c'était le mien, tu ne crois pas ? Eh bien non. On l'a donné à une comédienne autrichienne, qu'on a maquillée pour la faire ressembler à une Asiatique. On appelle ça le yellowface : peindre le visage d'un acteur blanc pour imiter un Chinois. Imagine qu'on te dise : « ce rôle de toi-même, tu ne l'auras pas, on préfère une fausse version de toi. » Voilà ce que j'ai vécu ce jour-là.

On m'a refusé de jouer une Chinoise pour la donner à une fausse Chinoise.

Mais pourquoi ils faisaient ça ? C'était interdit qu'une Asiatique joue le premier rôle ?

C'est plus compliqué, mon enfant, et plus injuste encore. À mon époque, il existait des lois qu'on appelait les lois « anti-métissage ». Elles interdisaient aux gens de peaux différentes de se marier, et même de s'embrasser à l'écran. Alors si le héros du film était un acteur blanc, moi, actrice asiatique, je n'avais pas le droit de jouer son amoureuse. Tu imagines l'absurdité ? On préférait maquiller une femme blanche plutôt que de me laisser tenir la main d'un partenaire à l'écran. Ces lois pesaient sur toute ma vie, pas seulement sur mes films. Elles décidaient qui j'avais le droit d'aimer.

Portrait of Mackaye Morris and Anna May Wong, in Turandot LCCN2004663377
Portrait of Mackaye Morris and Anna May Wong, in Turandot LCCN2004663377Wikimedia Commons, Public domain — Carl Van Vechten

Vous êtes allée en Chine un jour ? Ça vous a fait quoi de voir le pays de vos parents ?

Oui, en 1936, j'ai fait un long voyage jusqu'en Chine. J'ai vu Shanghai, Pékin. Je rêvais de retrouver mes racines, la terre de mes grands-parents. Mon cœur battait fort. Mais tu sais quoi ? L'accueil a été glacial. Les journaux chinois m'ont critiquée durement. Ils me reprochaient tous ces rôles de méchantes que j'avais joués à Hollywood — comme si c'était ma faute ! Comme si j'avais eu le choix. Je suis rentrée bouleversée. Imagine faire un très long chemin pour te sentir enfin chez toi, et t'entendre dire : « tu n'es pas des nôtres. » Ce jour-là, j'ai compris une vérité amère sur ma vie.

Du coup, vous vous sentiez plus américaine ou plus chinoise ?

Ah, mon enfant, c'est la question la plus douloureuse. En Amérique, on me traitait toujours en étrangère : « la Chinoise ». Pourtant, j'étais née à Los Angeles, dans le quartier de Chinatown, au-dessus de la blanchisserie de mon père. J'étais américaine ! Mais en Chine, on me disait pas assez chinoise. Tu vois le piège ? Ni d'un côté, ni de l'autre. Comme quelqu'un qui frappe à deux portes, et à qui personne n'ouvre. C'est très solitaire, tu sais. Alors j'ai décidé une chose : puisque aucun pays ne voulait pleinement de moi, je me construirais une place à moi, par mon travail et ma dignité.

Je frappais à deux portes, et ni l'Amérique ni la Chine ne m'ouvrait.

Et vous espériez quoi pour les actrices asiatiques après vous ?

Toute ma vie, j'ai espéré une chose simple, mon enfant. Lors de mon voyage en Chine, j'ai confié à un journal que c'était une honte que le Chinois soit toujours le méchant du film. Et que je rêvais qu'un jour, un film raconte enfin la vérité sur nous. En 1951, un petit pas : j'ai été la première actrice asiatique à tenir le rôle principal d'une série, où je jouais une élégante galeriste d'art, une héroïne moderne. Pas une méchante ! Je ne verrai pas la suite du chemin. Mais toi, tu la verras. Souviens-toi : quand quelqu'un ouvre une porte fermée, même à peine, tous ceux qui viennent après peuvent passer.

Quand tu ouvres une porte fermée, tous ceux d'après pourront passer.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Anna May Wong's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.