Imaginary interview

Imaginary dialogue between Yitzhak Kahan and Ariel Sharon

by Charactorium · Ariel Sharon (1928 — 2014) · Military · Politics · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Ariel Sharon
Wikimedia Commons, CC BY 2.5 — Wikinews contributors

C'est à la ferme des Sycomores, dans la poussière tiède du Néguev, que le juge Yitzhak Kahan retrouve Ariel Sharon en cette fin d'année 1984. Le vent porte l'odeur du bétail et le bruit sourd d'un tracteur au loin. Les deux hommes se connaissent d'une tout autre manière : c'est devant la commission présidée par Kahan que le ministre de la Défense a dû, deux ans plus tôt, s'expliquer sur les massacres de Sabra et Chatila. Le magistrat n'est pas venu juger de nouveau, mais comprendre l'homme derrière le soldat que l'on surnomme « le Bulldozer ».

Général, on raconte qu'en 1973 vous avez franchi le canal la tête bandée. Qu'est-ce qui pousse un homme blessé à traverser ainsi le feu ?

Monsieur le Président, quand j'ai fait passer mes chars sur la rive ouest du canal de Suez, l'armée égyptienne nous croyait finis. J'avais le front ouvert, le sang me coulait sous le pansement, mais on ne s'arrête pas pour un peu de sang quand la survie d'Israël se joue à quelques kilomètres. Nous avons encerclé leur IIIe armée, et d'un coup le pays entier a recommencé à respirer. Vous savez, la guerre ne pardonne pas l'hésitation : celui qui attend l'ordre parfait a déjà perdu. J'ai désobéi à moitié, j'ai poussé, et cela nous a sauvés. On m'a fait héros pour cela ; moi je n'ai fait que refuser de reculer devant l'ennemi.

On ne s'arrête pas pour un peu de sang quand la survie d'Israël se joue à quelques kilomètres.

Lorsque vous avez comparu devant notre commission, en 1983, j'ai senti chez vous plus de colère que de doute. Aujourd'hui, à froid, que reste-t-il de ces heures d'audience ?

Juge Kahan, je ne vous cacherai pas que ces séances ont été les plus dures de ma vie, plus dures qu'aucun champ de bataille. J'étais ministre de la Défense, j'avais conduit notre armée au Liban pour protéger nos frontières du nord, et l'on m'a demandé des comptes pour un carnage commis par d'autres, par les milices phalangistes. Votre commission a conclu que j'aurais dû prévoir le risque. Je l'ai entendu. Cela m'a coûté mon poste. Mais croyez bien que je n'ai jamais ordonné, ni voulu, ce qui s'est passé dans ces camps. La responsabilité d'un chef est un fardeau que l'on porte même pour ce que l'on n'a pas fait de ses mains.

Vous parlez de fardeau. Un homme peut-il vraiment porter une responsabilité pour un massacre qu'il n'a pas commandé, comme nous l'avons écrit ?

C'est toute la question que vous m'avez posée dans votre salle d'audience, et j'y pense encore le soir, ici, quand le désert se tait. Un général qui envoie ses hommes doit tout anticiper : le terrain, la trahison, la folie des autres. Vous avez raison sur ce point, et je ne le conteste plus. Mais permettez-moi de vous dire aussi ma part de vérité : nous étions entrés au Liban pour arrêter les roquettes qui tombaient sur nos villages de Galilée. J'ai voulu frapper vite et fort. Peut-être ai-je regardé la carte des opérations et pas assez les hommes qui la peuplaient. C'est la leçon la plus amère qu'un soldat puisse apprendre.

J'ai regardé la carte des opérations, et pas assez les hommes qui la peuplaient.

Ici, entre vos bêtes et vos champs, vous n'êtes plus tout à fait le « Bulldozer » que craignent vos adversaires. Qui êtes-vous, dans ce Néguev ?

Ah, Monsieur le Président, vous touchez à ce que j'ai de plus cher. On m'appelle le Bulldozer, le fonceur, et il y a du vrai. Mais ici, à la ferme des Sycomores, je redeviens un paysan. Je me lève tôt, je vais voir mon bétail, je sens la terre du Néguev entre mes doigts, et je vous jure que ces moutons me reposent plus qu'aucune décoration militaire. Ma famille a toujours cultivé la terre de ce pays ; c'est pour elle, pour ce sol, que je me suis battu toute ma vie. Les gens ne voient que le général qui pousse ses chars. Ils ne savent pas qu'au fond, je me bats pour pouvoir revenir labourer en paix.

Je me bats toute ma vie pour pouvoir, un jour, revenir labourer en paix.

On vous dit l'infatigable bâtisseur des implantations dans les territoires. Est-ce le stratège ou le fermier qui plante ainsi des villages sur les collines ?

Les deux, juge Kahan, car pour moi c'est la même chose. Un soldat sait qu'une colline tenue vaut mieux qu'une frontière dessinée sur du papier. Un fermier sait qu'une terre habitée ne se reprend pas facilement. Depuis que le Likoud est au pouvoir, j'ai encouragé nos gens à s'installer en Judée-Samarie et à Gaza, à y construire des maisons, des routes, des écoles. Chaque implantation est pour moi un fait accompli, une racine que l'on enfonce dans le sol. Mes adversaires y voient un obstacle à la paix ; moi j'y vois la sécurité d'Israël, gravée dans le paysage. On ne défend pas un pays avec des cartes, on le défend avec des hommes qui vivent sur sa terre.

Ariel Sharon official portrait 2001
Ariel Sharon official portrait 2001Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Avi Ohayon

Bien avant Suez, en 1953, vous avez forgé l'unité 101. Beaucoup y voient la matrice de notre doctrine offensive. Le reconnaissez-vous ?

Je le reconnais volontiers, et j'en suis fier. En 1953, notre jeune État saignait sous les incursions venues des pays voisins ; nos villages vivaient dans la peur. On m'a confié une poignée d'hommes déterminés pour riposter, frapper au-delà des lignes, montrer que toucher un Israélien se paierait. L'unité 101 a duré peu, mais elle a changé l'esprit de Tsahal : ne plus subir, prendre l'initiative, porter le combat chez l'adversaire. Certains m'ont reproché la dureté de ces représailles. Mais nous étions faibles et encerclés, et la faiblesse, dans cette région, s'appelle une invitation. J'ai appris là une chose que je n'ai jamais oubliée : la meilleure défense, pour un petit pays, c'est l'audace.

La faiblesse, dans cette région, s'appelle une invitation.

Le soir tombe sur le Néguev. Comment un homme comme vous, si tendu vers l'action, apprend-il seulement à se reposer ?

Mal, Monsieur le Président, je vous l'avoue en riant. Toute ma vie j'ai vécu en mouvement, et le repos me pèse plus que la fatigue. Mais le soir, quand je regagne la ferme, quelque chose se dénoue. Je m'assois, on me sert une bonne table — du houmous, des salades, de la viande, ce que notre terre méditerranéenne donne de meilleur — et je mange, je l'avoue, plus que de raison. Ma silhouette en témoigne assez. J'aime la bonne chère comme j'aime tout ce qui est plein, généreux, vivant. Ces soirées loin de Jérusalem, loin des tensions, sont mon vrai luxe. Un général a besoin de ces heures-là pour ne pas devenir une machine à faire la guerre.

Après tout ce que la commission vous a coûté, vous a-t-il jamais traversé l'esprit de quitter la vie publique et de rester ici, parmi vos sycomores ?

Plus d'une fois, juge Kahan, surtout dans les jours qui ont suivi votre rapport. On m'a retiré la Défense, la presse me montrait du doigt, mes amis eux-mêmes baissaient la voix quand j'entrais. J'aurais pu me taire, cultiver ma terre et laisser passer l'orage. Mais un homme qui a franchi le canal ne se réfugie pas dans une bergerie. Je crois encore avoir un rôle à jouer pour ce pays, même diminué, même contesté. La chute n'est pas la fin ; elle est une épreuve. J'ai été blessé en 1948 au combat, j'ai survécu ; je survivrai à cette blessure-là aussi. Ce qui me tient debout, ce n'est pas l'honneur perdu, c'est le pays qui reste à défendre.

Un homme qui a franchi le canal ne se réfugie pas dans une bergerie.

Vous avez planté des villages jusque dans la bande de Gaza. Ces implantations-là, si exposées, si contestées, sont-elles vraiment tenables sur la durée ?

Voilà une question que seul un juge oserait me poser aussi franchement. Oui, ces implantations sont exposées ; nos familles y vivent au milieu d'une population palestinienne nombreuse et hostile. Je le sais mieux que quiconque, moi qui ai fait bâtir ces maisons. Mais ce qui est fondé aujourd'hui pèsera demain dans la balance, croyez-moi. En politique comme à la guerre, on crée d'abord les faits, on négocie ensuite. Que l'avenir soit difficile, je ne le nie pas ; il faudra du courage et peut-être des choix douloureux pour tenir tout cela ensemble. Mais je n'ai jamais reculé devant un choix douloureux quand l'intérêt d'Israël l'exigeait. Le reste appartient au temps.

Un dernier mot, Général. Jérusalem et ses lieux saints demeurent une braise sous la cendre. Mesurez-vous ce qu'une simple étincelle pourrait y déclencher ?

Je le mesure parfaitement, Monsieur le Président, et cela m'empêche parfois de dormir. Jérusalem n'est pas une ville comme les autres : chaque pierre y est chargée de prières et de rancunes. L'esplanade que les musulmans vénèrent recouvre le lieu le plus sacré de notre foi ; c'est une poudrière que trois religions se disputent. Je crois au droit des Juifs de fouler tout le sol de notre capitale éternelle, et je ne renoncerai jamais à cette conviction. Mais je sais aussi qu'un geste mal pesé en ce lieu peut embraser toute la région en une nuit. Un chef doit tenir les deux à la fois : la fermeté sur nos droits, et la conscience aiguë du feu qui couve sous nos pas.

Chaque pierre de Jérusalem est chargée de prières et de rancunes.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Ariel Sharon's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.