Imaginary interview

Kids interview Audre Lorde

by Charactorium · Audre Lorde (1934 — 1992) · Literature · Philosophy · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Audre Lorde
Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — OTFW, Berlin

Deux élèves de sixième visitent une exposition sur les poètes et les militants du XXe siècle. Au détour d'une salle, ils rencontrent Audre Lorde, un carnet à la main. Elle sourit, pose son stylo, et les invite à s'asseoir près d'elle pour répondre à toutes leurs questions.

Vous êtes née où, et vos parents ils venaient d'où en vrai ?

Tu sais, mon enfant, je suis née à Harlem, un quartier de New York, en 1934. Mes parents, eux, venaient de bien plus loin : d'une petite île des Caraïbes qui s'appelle Grenade. Imagine une terre chaude, entourée d'une mer bleue, remplie d'épices et de poissons. Ils avaient tout quitté pour vivre dans une grande ville grise et froide. À la maison, on parlait de cette île comme d'un pays perdu. Toute ma vie, j'ai porté ces deux mondes en moi : la ville où je suis née, et l'île de mes parents. C'est ça, être une enfant de la diaspora : appartenir à deux endroits à la fois.

Je portais deux mondes en moi : une grande ville, et une île perdue.

C'est vrai que vous parliez en récitant des poèmes quand vous étiez petite ?

Oui, c'est tout à fait vrai ! Ma mère voyait très mal. Alors, pour m'apprendre à lire, elle me montrait des mots du bout du doigt dans de grands livres d'images. Les mots sont devenus mes amis très tôt. Et voilà le secret : quand j'étais petite, je ne trouvais pas toujours mes propres phrases. Alors, pour répondre, je récitais un poème que je connaissais par cœur. Imagine une petite fille qui, au lieu de dire "je suis triste", te répond par quatre vers appris la veille. Les mots des autres m'ont appris à trouver les miens.

Les mots des autres m'ont appris à trouver les miens.

Pour vous, écrire des poèmes, c'était juste pour faire joli ?

Oh non, jamais juste pour faire joli ! Écrire, pour moi, c'était respirer. C'était survivre. Beaucoup de gens pensent que la poésie, c'est un petit luxe, un dessert qu'on prend après le repas quand on a du temps. Moi, je disais le contraire. Pour une femme, un poème n'est pas un luxe : c'est une nécessité, comme l'eau ou le pain. J'écrivais tôt le matin, dans mes carnets, sur ma vieille machine à écrire, avant que le monde ne se réveille et ne me réclame. Un poème, c'est une lampe qu'on allume à l'intérieur de soi pour voir où on va.

Un poème n'est pas un luxe : c'est une nécessité, comme l'eau ou le pain.

Vous écriviez sur quoi ? Sur des princesses et des dragons ?

Presque ! En 1978, j'ai écrit un recueil qui s'appelle The Black Unicorn, la Licorne noire. Mais mes créatures ne venaient pas des contes que tu connais. Elles venaient de très vieilles histoires d'Afrique de l'Ouest, du peuple yoruba : des déesses puissantes, des reines guerrières. Tu vois, on m'avait appris à admirer les héros des autres. Moi, je voulais rendre leur place à mes propres figures. Imagine une fillette noire qui, pour la première fois, lit une histoire où la déesse lui ressemble. J'ai écrit pour offrir ce miroir. Une licorne noire, ça n'existe pas dans les livres d'école — alors je l'ai inventée.

On m'avait appris à admirer les héros des autres ; j'ai rendu leur place aux miens.

C'est vrai que vous êtes tombée très malade ? Vous aviez peur ?

Oui. En 1980, les médecins m'ont annoncé que j'avais un cancer du sein. Bien sûr que j'ai eu peur, mon enfant. J'écrivais dans mes carnets que la maladie avait déjà commencé sa bataille avec moi, dans mon corps et dans mes rêves. On m'a enlevé un sein pour me sauver. Les médecins voulaient ensuite que je cache ce corps changé, avec une fausse forme, pour faire "comme avant". J'ai refusé. Je voulais qu'on voie mon corps tel qu'il était devenu, sans mensonge. J'ai raconté tout ça dans un livre, The Cancer Journals. Cacher ma cicatrice, c'était accepter d'avoir honte. Et je n'avais rien à cacher.

Cacher ma cicatrice, c'était accepter d'avoir honte. Je n'avais rien à cacher.
Gedenktafel Muskauer Str 17 (Kreuz) Audre Lorde4
Gedenktafel Muskauer Str 17 (Kreuz) Audre Lorde4Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — OTFW, Berlin

Ça vous aidait d'écrire tout ça dans un carnet ?

Beaucoup. Depuis mon adolescence, je tenais un journal intime. C'était mon plus vieux compagnon. Quand la peur devenait trop grande, je ne la gardais pas prisonnière à l'intérieur : je la posais sur le papier. Écrire ma maladie, c'était l'empêcher de me commander. Tu sais, ce qui compte le plus pour moi, je crois qu'il faut le dire tout haut, même si on risque d'être blessé ou mal compris. Le silence ne m'a jamais protégée. Alors mes carnets de malade sont devenus un livre, pour d'autres femmes qui, elles aussi, avaient peur toutes seules dans leur chambre. Une peur qu'on nomme fait déjà un peu moins peur.

Une peur qu'on nomme fait déjà un peu moins peur.

Vous disiez un truc bizarre sur les outils et la maison du maître, c'était quoi ?

Ah, tu as bien retenu ! En 1979, dans un grand discours, j'ai dit une phrase qui a fait beaucoup réfléchir : les outils du maître ne démoliront jamais la maison du maître. Imagine que quelqu'un t'enferme dans une maison injuste. Il te tend son propre marteau et ses propres règles pour te libérer. Mais ces outils-là ont été fabriqués pour te garder dedans ! Avec eux, tu peux le battre un instant à son jeu, jamais changer les règles pour de bon. Pour construire une maison juste, il faut nos propres outils : nos voix, nos histoires, nos différences. Se ressembler tous, ça ne libère personne.

Les outils du maître ne démoliront jamais la maison du maître.
Gedenktafel Muskauer Str 17 (Kreuz) Audre Lorde5
Gedenktafel Muskauer Str 17 (Kreuz) Audre Lorde5Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — OTFW, Berlin

Vous vouliez défendre qui exactement, avec toutes ces idées ?

Toutes celles qu'on oubliait à la fois. Vois-tu, à mon époque, certains luttaient pour les Noirs, d'autres pour les femmes. Mais moi, j'étais une femme, et noire, et j'aimais les femmes. Dans chaque groupe, il manquait toujours une partie de moi. Alors j'ai dit : arrêtons de découper les gens en morceaux ! Une personne subit parfois plusieurs injustices en même temps, et elles se mélangent. On appelle ça aujourd'hui l'intersectionnalité — un mot compliqué pour une idée simple : personne n'a qu'une seule identité. J'ai réuni tout ça dans un livre d'essais, Sister Outsider, en 1984. Je refusais de laisser une part de moi à la porte.

Personne n'a qu'une seule identité.

C'est vrai qu'en Allemagne, des femmes ne savaient pas qu'elles avaient une histoire ?

C'est une histoire qui m'a bouleversée. En 1984, je vais donner des cours en Allemagne de l'Ouest. Là, je rencontre des femmes noires, nées allemandes. Et figure-toi qu'elles se croyaient presque seules ! Personne ne leur avait jamais dit qu'il existait une communauté noire dans leur propre pays. Alors, derrière mon micro, je leur ai dit une chose : votre histoire existe, mais tant que vous ne l'écrivez pas, elle reste invisible. Écrivez-la vous-mêmes ! Elles l'ont fait. De leurs mots est né un mouvement, l'Afro-Deutsch, et un livre, Farbe bekennen. Une histoire qu'on n'écrit pas, c'est une histoire qui risque de disparaître.

Une histoire qu'on n'écrit pas risque de disparaître.

À la fin de votre vie, vous êtes retournée près de la mer de vos parents ?

Oui, mon enfant. À la fin, je me suis installée sur une île des Caraïbes, Saint-Croix. Le climat y était plus doux pour mon corps fatigué, et surtout, j'y retrouvais la mer et la chaleur dont mes parents m'avaient tant parlé. La boucle se refermait : née à Harlem d'une famille des îles, je finissais ma vie sur une île. J'ai même pris un nom africain, Gamba Adisa, qui veut dire à peu près : "la guerrière qui fait clairement entendre sa voix". C'était mon dernier poème, en quelque sorte : choisir moi-même le nom sous lequel on se souviendrait de moi.

Choisir soi-même le nom sous lequel on se souviendra de vous.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Audre Lorde's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.