Imaginary interview

Imaginary dialogue between Hubert de Givenchy and Audrey Hepburn

by Charactorium · Audrey Hepburn (1929 — 1993) · Performing Arts · 6 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Audrey Hepburn
Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 — Eva Rinaldi

C'est dans le jardin de La Paisible, sa maison de Tolochenaz au bord du lac, qu'Hubert de Givenchy retrouve Audrey en cet automne 1992. La lumière tombe sur les rosiers qu'elle taille elle-même, un sécateur à la main, un vieux pull sur les épaules. Ils se connaissent depuis 1954, depuis cette première robe essayée dans son atelier parisien, et le couturier n'est pas venu voir l'icône mais l'amie — celle qui, entre deux missions pour les enfants, retrouve enfin son coin de terre. Il pose son carnet, elle sourit, et la conversation commence là où elle s'arrête toujours entre eux : loin des projecteurs.

Audrey, tu m'as si souvent parlé de la faim d'Arnhem. Que reste-t-il en toi de cet hiver 1944 ?

Tout, Hubert. On ne se débarrasse jamais vraiment de la faim, elle vous habite comme une seconde peau. Cet hiver-là, aux Pays-Bas, il n'y avait plus rien : nous mangions des bulbes de tulipes, tu imagines, ces fleurs qu'on offre aujourd'hui dans les vitrines. Je passais des journées entières au lit pour ne pas dépenser mes forces. J'avais quinze ans et mon corps s'est arrêté de grandir. Les gens croient que cela m'a rendue fragile ; c'est le contraire. Cela m'a appris ce qu'un morceau de pain pouvait signifier pour un enfant. Quand tu me vois manger si peu, ce n'est pas coquetterie de mannequin — c'est simplement que je n'ai jamais réappris à gaspiller.

On ne se débarrasse jamais vraiment de la faim, elle vous habite comme une seconde peau.

Avant que nos chemins se croisent, il y eut cette princesse en Vespa. Comment un premier grand rôle t'a-t-il valu l'Oscar ?

Je n'y comprenais rien, et c'est peut-être ce qui m'a sauvée. Vacances romaines fut mon premier vrai film, en 1953, et William Wyler m'a laissée être maladroite, curieuse, vivante. Rome faisait le reste — la Fontaine de Trevi, la Bocca della Verità, ce scooter sur lequel je me cramponnais pour de vrai. Cette princesse qui s'échappe pour vivre un jour de liberté, c'était un peu moi qui découvrais un monde après la guerre. Quand on m'a remis cet Oscar, je tremblais tellement que je suis presque sortie de scène par la mauvaise porte. Je n'avais pas le sentiment de l'avoir mérité ; j'avais surtout eu la chance immense d'être au bon endroit, dans une Europe qui recommençait à respirer.

Cette princesse qui s'échappe pour vivre un jour de liberté, c'était un peu moi après la guerre.

Tu répétais tes exercices de danse dès l'aube. En quoi ta formation classique t'a-t-elle façonnée jusque dans ton travail d'actrice ?

La danse a été mon premier rêve, et mon premier chagrin. À Londres, chez Marie Rambert, j'ai compris que la guerre et la malnutrition m'avaient volé le corps qu'il fallait pour être ballerine étoile. Mais rien ne s'est perdu. La barre le matin, la discipline, cette manière de tenir le dos droit et de compter chaque geste — je l'ai emportée sur les plateaux. On me trouvait rigoureuse, presque trop : j'arrivais en connaissant chaque réplique, chaque déplacement. Toi qui m'as vue essayer tes robes des heures durant sans me plaindre, tu sais d'où cela vient. Une danseuse ne discute pas la répétition. Et si j'aime tant les ballerines plates, ce n'est pas une mode : ce sont les chaussures d'une fille qui n'a jamais cessé de vouloir danser.

Une danseuse ne discute pas la répétition.

Parlons de nous, si tu veux bien. Te souviens-tu de cette première essayage en 1954, quand tu es entrée dans mon atelier ?

Comment l'oublier ? Tu attendais Katharine Hepburn, la grande star, et c'est une gamine maigre en pantalon qui a poussé ta porte ! Tu as failli être déçu, avoue. Et puis nous avons ri, et quelque chose a commencé qui a duré toute ma vie. Tu as compris avant moi de quoi j'avais l'air : cette silhouette droite, ce cou, ces épaules un peu trop marquées qu'il fallait habiller sans les cacher. Tu ne m'as pas déguisée, tu m'as révélée. Nos vêtements ne criaient jamais ; ils se taisaient pour laisser parler celle qui les portait. C'est cela, ton génie, et c'est pour cela que je n'ai jamais voulu de personne d'autre. Tu m'as donné une armure qui ressemblait à de la simplicité.

Tu ne m'as pas déguisée, tu m'as révélée.

Cette petite robe noire de Diamants sur canapé, en 1961, tu savais qu'elle deviendrait un tel emblème ?

Absolument pas, et heureusement ! Une robe qui se sait importante devient ridicule. Nous voulions seulement qu'Holly Golightly ait l'air d'une jeune femme de New York, un peu perdue, qui se compose une élégance pour se donner du courage. Le noir, les longues lignes, ces lunettes immenses derrière lesquelles on peut pleurer sans qu'on le voie — c'était de la pudeur, pas du glamour. La haute couture que tu m'offrais, je la portais comme une protection. Les gens ont retenu l'image d'une femme sûre d'elle devant la vitrine du bijoutier ; moi, je revois une fille fragile qui joue à être forte. Peut-être est-ce pour cela que la robe a tant parlé aux femmes : chacune y a reconnu son propre matin difficile.

Le noir et ces lunettes immenses, c'était de la pudeur, pas du glamour.
Audrey Hepburn 1956 (2)
Audrey Hepburn 1956 (2)Wikimedia Commons, Public domain — Paramount-photo by Bud Fraker

Loin des caméras, ici à La Paisible, comment vis-tu tes journées ? On t'imagine mal en robe du soir dans ce jardin.

Tu me connais : ici, c'est pantalon, col roulé et bottes pleines de terre. Je jardine, je cuisine des pâtes toutes simples, du chocolat pour finir, et je lis énormément. Le soir, ni gala ni première : des dîners avec mes fils, quelques amis, toi quand tu passes. J'ai toujours séparé les deux mondes — la femme habillée pour la ville et celle qui vit vraiment. Le star-system voulait me posséder jour et nuit ; j'ai refusé de lui donner mes soirées. Cette maison, c'est mon Arnhem retrouvé, mais heureux cette fois : un jardin, du calme, assez à manger. Je crois que tout ce que j'ai cherché après la guerre, c'était exactement cela — un endroit paisible où la peur ne reviendrait plus.

Cette maison, c'est mon Arnhem retrouvé, mais heureux cette fois.

Depuis 1988 tu pars sans relâche pour l'UNICEF — l'Éthiopie, la Somalie. Qu'est-ce qui te pousse ainsi, mon amie ?

Une dette, Hubert. Rien de plus, rien de moins. Après la guerre, ce sont des mains et une voix venues de l'extérieur qui nous ont tendu du lait, des vivres, des couvertures — cet organisme même qui s'appelait alors autrement. J'ai été un de ces enfants sauvés. Alors quand on m'a demandé de servir de voix aux enfants qui n'en ont pas, je ne pouvais pas dire non. En Éthiopie, j'ai retrouvé mon propre visage d'adolescente affamée dans le regard de ces petits. Je ne suis ni médecin ni politique ; je ne sais que raconter ce que je vois, pour que le monde ne détourne pas les yeux. Tant que mes jambes me porteront, j'irai. C'est la seule façon que j'aie de rendre ce qu'on m'a donné.

Une dette, Hubert. Rien de plus, rien de moins.
'Audrey Hepburn' door Yvon van Wordragen, Rozendaalselaan, Velp 02
'Audrey Hepburn' door Yvon van Wordragen, Rozendaalselaan, Velp 02Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — FakirNL

L'Académie vient de te remettre le prix Jean Hersholt pour cet engagement. Que représente une telle reconnaissance, toi qui fuis les honneurs ?

Tu me connais assez pour savoir que les statuettes ne me font plus trembler comme en 1953. Mais celle-ci, je l'accepte volontiers, parce qu'elle ne récompense pas un film : elle braque la lumière sur les enfants, et cette lumière-là, je la vole avec joie. Chaque fois qu'on parle de moi pour l'UNICEF, on parle un peu de l'Éthiopie, du Bangladesh, du Viêt Nam. Alors qu'ils me donnent tous les prix qu'ils veulent, si cela remplit un camion de vivres de plus ! Le vrai luxe, ce n'est pas d'être applaudie ; c'est de tenir dans ses bras un enfant qui pèse ce qu'il devrait peser. Le reste, la gloire, l'élégance — tu sais mieux que quiconque combien c'est fragile et vain.

Cette lumière-là, celle qu'on braque sur les enfants, je la vole avec joie.

On t'a offert des rôles de reine et de mondaine ; pourtant tu disais préférer les héroïnes simples. Pourquoi cette fidélité ?

Parce que je ne me suis jamais sentie grande dame, malgré tes robes ! Les personnages que j'ai le mieux aimés étaient des jeunes filles en train de devenir quelqu'un : la marchande de fleurs de My Fair Lady, la princesse qui s'enfuit, plus tard cette femme aveugle traquée dans Seule dans la nuit. Des êtres qui doivent trouver leur force sans qu'on la leur ait donnée à la naissance. Je crois que je les comprenais de l'intérieur, parce que moi aussi j'ai dû m'inventer après la guerre, sans certitude d'y arriver. Le public a parfois voulu faire de moi un symbole d'élégance froide ; je n'ai jamais été cela. J'ai seulement essayé d'être vraie, un peu maladroite, très humaine. C'est cela que je voulais laisser à l'écran.

Les personnages que j'ai le mieux aimés étaient des jeunes filles en train de devenir quelqu'un.

Une dernière question d'ami : entre la petite fille affamée d'Arnhem et la femme d'aujourd'hui, quel fil tiens-tu encore ?

Le même fil, Hubert, celui de la gratitude. La fillette qui grelottait de faim et la femme qui taille ses rosiers dans ce jardin sont une seule personne, et elles se sont fait une promesse : ne jamais oublier. Je crois au bien dans les gens — je dois y croire, car j'ai vu trop de choses terribles pour croire autrement. C'est ce que j'irai dire bientôt, avec des mots simples, à ceux qui décident du sort du monde. Tout ce que la vie m'a offert — le cinéma, tes robes, cette maison, mes enfants — n'a de sens que si je le rends un peu. La beauté que tu habilles si bien ne vaut rien si le cœur derrière reste fermé. Voilà mon seul luxe : avoir gardé le cœur ouvert.

Je crois au bien dans les gens — j'ai vu trop de choses terribles pour croire autrement.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Audrey Hepburn's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.