Imaginary interview

Imaginary interview with Audrey Hepburn

by Charactorium · Audrey Hepburn (1929 — 1993) · Performing Arts · 6 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Audrey Hepburn
Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 — Eva Rinaldi

Tolochenaz, canton de Vaud, un après-midi de fin d'été. Dans le jardin de « La Paisible », entre les rosiers et l'odeur du pain qui refroidit, Audrey Hepburn nous reçoit en pantalon cigarette et ballerines, un petit chien à ses pieds. Elle parle bas, choisit ses mots comme on cueille des fleurs, et rit facilement.

Vous souvenez-vous de ce que la guerre a laissé dans votre corps et votre mémoire ?

Je me souviens surtout du froid et du ventre creux. Nous étions à Arnhem, ma mère et moi, dans ces Pays-Bas occupés où l'hiver 1944 semblait ne jamais finir. On appelle cela le Hongerwinter, l'hiver de la faim, mais un mot ne dit pas grand-chose quand on n'a rien à mettre dans la bouche. Comme je l'ai raconté plus tard : « Nous avons mangé des tulipes — les bulbes — parce qu'il n'y avait rien d'autre. Je n'oublierai jamais ce que signifie avoir faim. » On broyait ces bulbes pour en faire une sorte de farine amère. J'avais quinze ans, et mon corps ne l'a jamais tout à fait oublié : toute ma vie, je suis restée mince, fragile des nerfs, incapable de gaspiller la moindre miette de pain.

Un mot ne dit pas grand-chose quand on n'a rien à mettre dans la bouche.

Comment cette faim d'adolescente a-t-elle façonné la femme que vous êtes devenue ?

Elle m'a appris que rien n'est acquis, et que la beauté du monde peut s'effondrer en une saison. Au printemps 1945, après la libération, des camions sont arrivés avec des vivres, du lait, des couvertures — c'était l'ancêtre de l'UNICEF qui nourrissait des enfants comme moi. Je me tenais dans la file, sale et affamée, et une main d'inconnu m'a tendu de quoi vivre. On ne remercie jamais assez ces mains-là. C'est pourquoi je n'ai jamais supporté le mépris pour les affamés : j'ai été de ceux-là. Bien plus tard, à Hollywood, quand on s'extasiait sur ma silhouette « élégante », je souriais en pensant que cette minceur était née d'une famine, pas d'un régime.

Une main d'inconnu m'a tendu de quoi vivre. On ne remercie jamais assez ces mains-là.

Que représentait pour vous cette princesse en fuite qui a lancé toute votre carrière ?

Vacances romaines, en 1953 — j'avais l'impression de jouer ma propre libération. Mon personnage, une princesse suffoquée par le protocole, s'échappe une journée dans Rome : elle se coupe les cheveux, mange une glace sur les marches, grimpe derrière un journaliste sur une Vespa et file entre les fontaines. Cette course en scooter, le vent, les klaxons, les ruelles qui défilent — c'était exactement le vertige que je ressentais moi-même, jeune inconnue à qui l'on confiait soudain un grand film. Le matin, on me vissait un chignon et une petite tiare sur la tête pour la princesse ; l'après-midi, je redevenais cette gamine qui n'en revenait pas. Quand l'Oscar est tombé pour ce tout premier rôle, j'ai cru à une erreur de bureau.

On raconte qu'une romancière célèbre vous aurait remarquée avant même ce film. Comment tout a-t-il vraiment commencé ?

Avant Rome, il y a eu Colette. Je tournais un bout de film sur la Côte, et cette vieille dame magnifique, clouée dans un fauteuil, m'a désignée du doigt en disant qu'elle avait trouvé sa Gigi. C'était en 1951, pour Broadway. Imaginez : je ne savais presque pas jouer, à peine parler devant un public, et l'on me confiait le rôle-titre à New York sur la seule intuition d'une romancière. J'étais danseuse à l'origine, formée à Londres chez Marie Rambert, et je pensais mon corps plus doué que ma voix. Colette a vu autre chose. Sans cette rencontre, il n'y aurait eu ni princesse, ni Rome, ni la suite — je serais peut-être restée dans le corps de ballet, au dernier rang.

Je pensais mon corps plus doué que ma voix. Colette a vu autre chose.

Comment est née cette petite robe noire devenue l'un des symboles de la mode du siècle ?

Elle est née d'une amitié. Dès 1954, j'avais rencontré Hubert de Givenchy — il attendait une autre Hepburn, Katharine, et il est tombé sur moi, cette échalote inconnue. Nous ne nous sommes plus quittés. Pour l'ouverture de Breakfast at Tiffany's, en 1961, il a dessiné cette longue robe noire toute simple, que mon personnage, Holly Golightly, porte à l'aube devant la vitrine de Tiffany, un café à la main. Rien de tapageur : une ligne nette, des gants, des lunettes noires immenses pour se cacher du monde. C'est cela, la vraie haute couture selon moi — non pas se déguiser, mais trouver la forme la plus juste. Hubert habillait ma silhouette, mais il protégeait aussi ma timidité.

La vraie haute couture, ce n'est pas se déguiser, mais trouver la forme la plus juste.
Audrey Hepburn 1956 (2)
Audrey Hepburn 1956 (2)Wikimedia Commons, Public domain — Paramount-photo by Bud Fraker

Vous êtes devenue une icône de style à une époque où l'image et la publicité prenaient un pouvoir immense. Comment viviez-vous cela ?

Avec un peu de malice et beaucoup de méfiance. Nous étions en pleine société de consommation : on vendait des lunettes, des chignons, des robes « à la Hepburn », et je regardais mon propre visage se multiplier sur les affiches comme s'il ne m'appartenait plus. Cela m'amusait et m'inquiétait à la fois. J'ai toujours pensé, et je l'ai dit un jour à Paris Match : « La beauté d'une femme n'est pas dans ses vêtements ni son visage. Elle se trouve dans ses yeux, car c'est là que se trouve la porte de son cœur. » On pouvait copier mes ballerines plates et mes lunettes noires ; le regard, lui, ne se copie pas. Hors caméra, d'ailleurs, je vivais en col roulé et chemise blanche, très loin du glamour qu'on vendait sous mon nom.

En 1988, vous avez tout quitté pour l'UNICEF. Qu'est-ce qui vous a poussée vers ces missions ?

Une dette, tout simplement. J'ai reçu, enfant affamée, ce que ces enfants réclament aujourd'hui, et je ne pouvais pas rester assise dans mon jardin suisse à faire semblant de l'ignorer. Ma première mission officielle m'a menée en Éthiopie, au lendemain d'une famine effroyable. Là-bas, devant ces petits corps que je reconnaissais — car j'avais eu ce ventre-là — quelque chose s'est scellé. Je l'ai écrit à l'UNICEF : « Je me bats pour les enfants qui n'ont pas de voix, parce que des mains et une voix m'ont été tendues quand j'en avais besoin, après la guerre. » Je ne me sentais pas généreuse ; je remboursais. J'emportais partout un carnet où je notais ce que je voyais, pour que les chiffres restent des visages.

Je ne me sentais pas généreuse ; je remboursais.
'Audrey Hepburn' door Yvon van Wordragen, Rozendaalselaan, Velp 02
'Audrey Hepburn' door Yvon van Wordragen, Rozendaalselaan, Velp 02Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — FakirNL

Après avoir traversé tant de camps et de zones de crise, comment gardiez-vous foi en l'humanité ?

On me pose souvent la question, comme si voir le pire devait tuer l'espérance. C'est l'inverse. Du Bangladesh à la Somalie, du Viêt Nam au Honduras, j'ai vu des mères partager leur dernière poignée de riz, des instituteurs faire classe sous une bâche. Devant le Conseil de l'ONU, en 1992, j'ai dit ce que je crois vraiment : « Je crois au bien dans les gens. Je dois y croire, car j'ai vu trop de choses terribles pour croire autrement. » Ce n'est pas une phrase de circonstance. Quand l'Académie m'a remis le prix humanitaire Jean Hersholt cette année-là, j'étais déjà malade ; cela ne comptait plus autant qu'un enfant qui, quelque part, avait mangé à sa faim grâce à un vaccin ou un sac de farine.

Vous vous êtes retirée très tôt d'Hollywood pour la Suisse. Que cherchiez-vous à Tolochenaz ?

Le silence, et un jardin. Dès les années soixante, je me suis installée à Tolochenaz, dans cette maison que j'ai appelée « La Paisible » — le nom disait tout mon programme. Le studio system américain vous possédait autrefois corps et image ; on décidait de vos rôles, de votre coiffure, presque de vos amitiés. Moi, je voulais planter mes propres tulipes, celles qu'on regarde au lieu de manger. Le soir, ici, je ne reçois pas de producteurs : je fais des pâtes ou un plat belge de mon enfance, je lis tard, j'écoute mes fils. Le bonheur, pour moi, n'a jamais eu le visage d'une première de gala, mais celui d'une table simple entourée de gens que j'aime.

Je voulais planter mes propres tulipes, celles qu'on regarde au lieu de manger.

Beaucoup vous imaginent en femme du monde éblouissante. À quoi ressemble une journée ordinaire pour vous, loin des caméras ?

À très peu de chose, et c'est tout le luxe. Je me lève tôt — vieux réflexe des matins de tournage où l'on me maquillait des heures durant — et je commence souvent par quelques exercices de danse, cette discipline qui ne m'a jamais quittée depuis Londres. Ensuite le jardin, le marché, la cuisine. Je m'habille de rien du tout : un pantalon cigarette, un col roulé, mes ballerines plates que l'on m'a tant reprochées quand toutes les femmes juchaient sur des talons. J'ai gardé, de la faim d'autrefois, une table frugale : des légumes, un peu de fromage, du chocolat belge en récompense. Le glamour, voyez-vous, c'est un costume que l'on quitte le soir avec soulagement.

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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Audrey Hepburn's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.