Kids interview Calamity Jane
by Charactorium · Calamity Jane (1852 — 1903) · Exploration · Performing Arts · Society · 5 min read

Deux jeunes visiteurs, en classe découverte, poussent la porte d'une cabane de bois quelque part dans les Black Hills. Une femme en veste de cuir frangé les attend, une carabine posée contre le mur. Elle sourit : cela l'amuse et la touche que des enfants viennent l'écouter.
—C'était comment, une fille habillée en homme au milieu des soldats ?
Tu sais, mon enfant, imagine une longue colonne de soldats et de muletiers qui avance vers les territoires sioux, dans la poussière. Et là, au milieu, il y a moi, dans les années 1870, en pantalon et veste de cuir. Une femme habillée comme ça, à mon époque, c'était rare, et ça faisait jaser. Mais un métier d'éclaireuse, ça veut dire repérer les pistes, guider les convois, prévenir des dangers. On ne fait pas ça en robe longue ! Je menais aussi l'attelage, le grand fouet à la main. Vêtue en homme, on m'écoutait davantage. Et surtout, je pouvais suivre les colonnes qui partaient de Fort Laramie.
Une éclaireuse, ça ne guide pas les convois en robe longue.
—Vous conduisiez vraiment ces grosses voitures à chevaux toute seule ?
Oui, mon petit, la diligence ! Imagine une lourde voiture de bois, tirée par plusieurs chevaux ou mules, qui transporte des voyageurs et le courrier entre les camps. Les pistes des Black Hills étaient dangereuses : cailloux, ravins, et parfois des bandits. Il fallait un bras solide et un long fouet pour diriger tout l'attelage. Je me vantais de savoir le faire, et j'aimais bien qu'on me croie. C'était un métier d'homme, tu vois, mais je m'en sortais. Le soir, les mains me brûlaient à force de tenir les rênes. Mais rentrer un chargement entier sans avoir versé dans le fossé, ça, ça rendait fière.
—Vous n'aviez pas peur d'attraper la maladie en soignant les gens ?
Si, un peu, je ne vais pas te mentir. La variole, c'est une maladie terrible, qui couvre la peau de croûtes et qui tue beaucoup. Vers 1878, à Deadwood, elle a frappé le camp minier. Beaucoup fuyaient les malades, par peur d'être contaminés à leur tour. Moi, je suis restée. Je leur donnais à boire, je rafraîchissais leur front, je veillais la nuit près d'eux. Je n'étais pas médecin, juste une paire de mains qui ne s'enfuyait pas. Les gens disaient de moi que j'étais une buveuse et une bagarreuse. Et pourtant, c'est ce geste-là qui m'a valu l'affection du camp.
J'étais juste une paire de mains qui refusait de s'enfuir.
—Pourquoi les gens vous aimaient bien alors que vous faisiez du grabuge ?
Ah, tu as bien retenu ! C'est vrai, mon enfant, j'avais mauvaise réputation. Le soir, j'étais une habituée des saloons — tu sais, ces débits de boisson où l'on jouait aux cartes et où l'on buvait. J'aimais le whisky et les histoires qu'on s'y racontait, souvent un peu exagérées. Alors, forcément, on me trouvait turbulente. Mais dans un camp minier, ce qui compte, ce n'est pas d'être sage. C'est d'être là quand ça va mal. Quand la maladie est venue, je suis restée. Les gens n'oublient pas ça. On peut être bruyante le samedi soir et bonne le lundi au chevet d'un malade.
—C'est vrai, votre livre où vous racontez toute votre vie ?
En partie vrai, en partie arrangé, mon petit ! Vers 1896, j'ai fait imprimer une petite brochure de huit pages : Life and Adventures of Calamity Jane, By Herself. Ça veut dire « Vie et aventures de Calamity Jane, par elle-même ». Je la vendais quelques cents quand j'apparaissais devant le public. Ça commençait comme ça : « Mon nom de jeune fille était Marthy Cannary. Je suis née dans le comté de Princeton, dans le Missouri, le 1er mai 1852. » Le reste ? J'y suis une éclaireuse intrépide qui affronte mille dangers. Certaines choses sont vraies, d'autres, je les ai rendues plus belles. C'est comme ça qu'on devient une légende de son vivant.
Certaines choses étaient vraies, les autres, je les ai rendues plus belles.

—Et votre drôle de surnom, « Calamity », il vient d'où ?
Ah, ça, tout le monde me le demande ! Je racontais une belle histoire : un officier que j'aurais sauvé d'une embuscade m'aurait donné ce nom, en disant que défier cette femme attirait la « calamité » — c'est-à-dire le malheur, la catastrophe. C'est joli, non ? Mais je vais être honnête avec toi : personne n'a jamais pu le prouver. La vérité est sûrement plus simple. J'avais un fichu caractère, j'étais tapageuse, je faisais du bruit partout où je passais. Alors le surnom m'est resté. Tu vois, une bonne histoire vaut parfois mieux que la vérité pour qu'on se souvienne de toi.
—Vous montiez vraiment sur scène pour que les gens vous regardent ?
Oui, mon enfant, à la fin de ma vie, dans les années 1880 et 1890. Imagine un grand chapiteau, ou une baraque de foire comme celles de Kohl & Middleton, où l'on montre des choses curieuses. Le public payait pour voir « la véritable Calamity Jane ». Je posais en costume de cuir, mon revolver Colt à la ceinture, comme une figure sortie tout droit de la frontière. On appelait ça un Wild West show, un spectacle qui rejouait la vie de l'Ouest. En 1883, Buffalo Bill avait lancé le sien, immense. Moi, j'étais devenue une attraction vivante. Un peu triste, quand on y pense : j'étais le souvenir de ma propre jeunesse.
J'étais devenue une attraction vivante : le souvenir de ma propre jeunesse.

—Comment on devient un personnage de livre quand on est encore vivant ?
C'est étrange, hein ? À mon époque, il existait ce qu'on appelait les dime novels — des petits romans bon marché, vendus pour dix cents. Ils racontaient des aventures de l'Ouest, pleines de duels et de chevauchées. Des écrivains qui ne m'avaient jamais rencontrée m'y ont mise en scène, avec mes armes et mon courage exagéré. Du coup, il y avait deux Calamity Jane : la vraie, moi, fatiguée et souvent sans le sou ; et celle des livres, intrépide et flamboyante. Les gens venaient chercher celle des livres. Et parfois, dans mes spectacles, je jouais moi-même ce personnage qu'on avait inventé à partir de moi.
—C'était qui, ce Wild Bill dont on parle toujours avec vous ?
Wild Bill Hickok, c'était un pistolero — tu sais, un homme réputé pour son adresse au revolver et ses duels. Une vraie figure de l'Ouest. Il a été assassiné à Deadwood le 2 août 1876, abattu par surprise dans un saloon pendant une partie de cartes. J'ai toujours laissé entendre que nous étions très proches, lui et moi. Était-ce tout à fait vrai ? Disons que j'ai aidé la légende à grandir. Notre nom à tous les deux sonne bien ensemble, tu ne trouves pas ? Les histoires d'amitié et d'amour, dans l'Ouest, ça se raconte au coin du feu. Et moi, j'aimais qu'on raconte la mienne.
—C'est vrai que vous êtes enterrée juste à côté de lui ?
Oui, mon enfant, et c'est là toute la fin de l'histoire. Je suis morte en 1903, malade et sans grand-chose, près de Deadwood. On m'a enterrée au cimetière de Mount Moriah, juste à côté de la tombe de Wild Bill Hickok. On raconte que c'était mon dernier souhait. Tu vois, de mon vivant, j'avais tout fait pour qu'on croie à notre grande proximité. Et cette tombe voisine, pour toujours, l'a scellée dans la légende. C'est peut-être ma plus belle mise en scène : même morte, je reste liée à lui. On ne pourra plus jamais raconter son histoire sans un peu de la mienne.
Même morte, je reste dans l'histoire à côté de lui.
This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Calamity Jane's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.


