Imaginary interview

Imaginary interview with Cambyses II

by Charactorium · Cambyses II (558 av. J.-C. — 521 av. J.-C.) · Politics · Military · 6 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Cambyses II
Wikimedia Commons, Public domain — Original: Constantine Manasses

Nous retrouvons Cambyse II dans le palais de Memphis, quelques mois après sa victoire sur les rives du Nil, la ville des Égyptiens désormais sienne. Le Grand Roi accepte de raconter, dans sa langue directe, la conquête, le trône emprunté d'un peuple qui n'était pas le sien, et l'ombre qui commence déjà à s'étendre sur son nom.

Racontez-moi la bataille de Péluse. Est-il vrai que vous avez utilisé les animaux sacrés des Égyptiens comme armes ?

Psammétique III croyait son delta imprenable. Il se trompait. Nous avons franchi le désert du Sinaï grâce à un chef arabe qui a fait porter l'eau à mes hommes à dos de chameau — sans cela, mon armée serait morte de soif avant même d'apercevoir Péluse. La bataille elle-même fut brève et terrible : les archers égyptiens n'osaient pas tirer sur nos premiers rangs, où l'on avait placé des chats, des chiens, des ibis, toutes ces bêtes que les Égyptiens vénèrent comme des dieux. Un homme peut mourir pour son roi ; il hésite à blesser une bête sacrée. Memphis est tombée peu après. Je me souviens d'avoir pensé, en entrant dans la ville, que mon père Cyrus, qui a pris Babylone sans grand siège, aurait apprécié la ruse autant que la force.

Un homme peut mourir pour son roi ; il hésite à blesser une bête sacrée.

Comment avez-vous préparé cette invasion, bien avant d'atteindre les rives du Nil ?

On ne conquiert pas l'Égypte avec des chevaux seuls. Les Phéniciens tenaient la mer, et sans leur flotte, jamais je n'aurais pu couper les routes du Nil par l'est. Je les ai convaincus de se ranger à mes côtés — leurs navires valaient plus que dix mille archers. Restait le désert. Un chef arabe m'a promis le passage du Sinaï contre serment, et il a tenu parole : des outres d'eau chargées sur des chameaux, disposées tout au long de la route, ont sauvé mon armée avant même le premier combat. Mon père disait que la Perse se gagne autant par les alliances que par l'épée ; je n'ai fait qu'appliquer sa leçon à l'Égypte, un pays que les Grecs eux-mêmes jugeaient inexpugnable par le désert seul.

Une fois Memphis prise, comment avez-vous choisi de gouverner l'Égypte ?

Un pays ne se tient pas seulement par des garnisons. J'ai pris le nom de couronnement Mesoutirê, comme l'aurait fait n'importe quel pharaon avant moi, et je me suis fait présenter aux dieux de Memphis selon leurs rites. Oudjahorresnet, un noble égyptien qui avait servi les anciens rois, est devenu mon médecin-chef et mon administrateur de palais — il connaissait les temples, les scribes, les usages que j'ignorais. Par lui, l'Égypte est devenue une satrapie sans que je détruise ce qui la faisait tenir depuis des siècles. On m'a reproché bien des choses, mais jamais d'avoir ignoré que ce pays avait ses propres dieux et sa propre mémoire, et qu'un roi étranger doit s'en accommoder s'il veut régner plus d'une saison.

Le taureau Apis occupe une place particulière dans vos rapports avec les Égyptiens. Que s'est-il vraiment passé ?

Qu'on aille lire la pierre du Sérapéum de Saqqarah avant de m'accuser. En l'an six de mon règne, le taureau Apis est mort de vieillesse, et je l'ai fait conduire vers sa nécropole avec tous les honneurs dus à un dieu vivant — les prêtres eux-mêmes ont gravé mon nom de couronnement sur son sarcophage. Je sais ce que l'on raconte en Grèce : que je l'aurais frappé de mon poignard dans un accès de folie. Un roi qui insulte les dieux du pays qu'il gouverne se prive de ses propres appuis ; ce n'est pas ainsi qu'on tient l'Égypte vingt ans après Cyrus. Cette histoire est née ailleurs que dans les faits — dans la bouche de ceux qui n'avaient aucune raison de m'aimer.

Un roi qui insulte les dieux du pays qu'il gouverne se prive de ses propres appuis.

Hérodote raconte que vous auriez sombré dans la folie et poignardé le taureau sacré. Que répondez-vous ?

J'ai déjà répondu par la pierre, laissez-moi répondre par les hommes. Les prêtres de Memphis n'ont jamais pardonné qu'un Perse s'assoie sur le trône d'Horus. Un prêtre dépossédé n'écrit pas l'histoire à mon avantage, et le voyageur grec qui vient un siècle plus tard recueille leurs plaintes comme des faits. On me prête la folie parce qu'il est plus commode d'expliquer une défaite religieuse par la démence d'un conquérant que par sa simple présence sur le trône. Je n'ai renversé ni les temples ni les prêtres — j'ai gouverné avec eux, par Oudjahorresnet entre autres. Le mensonge voyage plus vite que la pierre gravée, et il a atteint la Grèce bien avant que quiconque n'aille lire le Sérapéum.

Cambyses II of Persia
Cambyses II of PersiaWikimedia Commons, Public domain — Unknown authorUnknown author

Pourquoi pensez-vous que cette légende noire s'est répandue jusqu'en Grèce ?

Parce qu'un roi vaincu par un étranger cherche toujours une revanche qui ne coûte rien : les mots. Les prêtres égyptiens ont perdu leur pharaon, pas leur plume, et ce qu'ils ne pouvaient plus m'infliger par les armes, ils me l'ont infligé par le récit. J'honore Ahura Mazda, non les dieux du Nil, et cela seul suffit à faire de moi un sacrilège aux yeux de ceux qui servaient Apis ou Horus. Ajoutez à cela mes échecs en Nubie et près de l'oasis d'Ammon — un roi qui perd une armée dans le sable devient vite, dans la bouche de ses ennemis, un roi que les dieux punissent. La défaite appelle la fable ; la fable, elle, ne meurt jamais tout à fait.

Vous avez envoyé une armée vers l'oasis d'Ammon. Que s'est-il passé ?

Cinquante mille hommes sont partis vers l'oasis de Siwa, où l'on consulte l'oracle d'Ammon — je voulais soumettre ce sanctuaire comme j'avais soumis Memphis. Ils ne sont jamais revenus. On raconte qu'une tempête de sable les a ensevelis en marche, engloutis comme un navire par la mer. Je ne peux vous dire ce que le désert a fait d'eux, seulement que le silence qui a suivi fut plus lourd qu'aucune défaite au combat. Un général m'a dit un jour que le désert ne se conquiert pas, qu'on ne peut que le traverser à sa merci. Je l'ai appris à mes dépens, loin des rives du Nil où mes armes avaient pourtant si bien servi.

Le silence qui a suivi fut plus lourd qu'aucune défaite au combat.
Stela Cambyses Apis closeup
Stela Cambyses Apis closeupWikimedia Commons, Public domain — Jona Lendering

Cet échec, ainsi que celui en Nubie, a-t-il ébranlé votre confiance dans la puissance perse ?

Memphis m'avait appris que tout tombe devant une armée bien menée. La Nubie et l'oasis d'Ammon m'ont appris le contraire. Mes hommes sont revenus du royaume de Koush affamés, sans avoir livré bataille, vaincus par la distance et le manque de vivres plutôt que par un ennemi. Un empire n'est pas fait que de victoires ; il se mesure aussi à ses limites, et j'ai touché les miennes dans le sable bien plus sûrement que sur un champ de bataille égyptien. Je n'ai jamais prétendu devant mes satrapes que ces expéditions furent des succès. Un roi qui ment aux siens sur ses propres échecs finit par croire ses propres mensonges — et je n'ai pas voulu de ce chemin-là.

On dit que votre mort fut aussi obscure que soudaine. Que pouvez-vous m'en dire ?

Je rentrais d'Égypte, en route vers la Perse, quand mon propre akinakès m'a blessé à la cuisse en remontant à cheval — une blessure de rien, disait-on, jusqu'à ce qu'elle ne guérisse pas. C'est en Syrie que je l'ai comprise mortelle. Il y a quelque chose d'amer à survivre à Péluse, aux sables de l'oasis d'Ammon, à vingt ans de règne, pour périr d'un geste aussi ordinaire que celui de monter en selle. Je n'ai pas eu le loisir de choisir ma mort, seulement celui de la reconnaître venir, seul, loin de Memphis et de Pasargades, entre deux royaumes qui n'étaient déjà plus tout à fait sous ma main.

Vous mourez sans héritier direct. Qu'avez-vous laissé derrière vous ?

Un trône vide attire toujours un menteur. À peine avais-je fermé les yeux qu'un homme s'est fait passer pour mon frère Bardiya, mort depuis des années sans que personne ne le sache hors du palais. L'inscription que Darius a fait graver plus tard à Behistun dit les choses plus crûment que je ne saurais le faire moi-même : que Bardiya était mon frère de sang, et que je l'avais fait tuer avant même de partir pour l'Égypte, en secret, pour qu'aucun rival ne me menace en mon absence. Ce secret s'est retourné contre moi à ma mort. J'ai conquis l'Égypte pour agrandir l'œuvre de mon père Cyrus ; j'ai laissé la Perse à un usurpateur, puis, par la force des choses, à un homme que je ne connaissais pas et qui allait devenir bien plus grand administrateur que moi.

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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Cambyses II's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.