Imaginary interview

Imaginary interview with Caracalla

by Charactorium · Caracalla (188 — 217) · Politics · 6 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

Avril 217. Quelque part en Mésopotamie, entre Édesse et Carrhes, la tente impériale sent le cuir, la poussière et l'huile d'armes. Caracalla reçoit sans cérémonie, son manteau gaulois sur les épaules malgré la chaleur d'Orient, le glaive à portée de main. Il ignore — mais nous le savons — qu'il ne verra pas la fin du mois.

On vous appelle Caracalla, mais ce n'est pas le nom qu'on vous a donné à la naissance. D'où vient-il ?

Vous riez de mon nom ? Caracalla n'est pas un nom d'empereur, c'est un sobriquet de caserne. On m'a appelé ainsi à cause du caracallus, ce long manteau gaulois à capuchon que je porte par-dessus la pourpre, été comme hiver. Les sénateurs trouvent cela vulgaire — un vêtement de pauvre, taillé pour la pluie des Gaules, non pour la dignité du prince. C'est précisément pourquoi je l'aime, et j'en ai fait distribuer au peuple de Rome. Mes soldats, eux, comprennent : quand l'empereur porte la laine rude plutôt que la soie, il dort sous la même averse qu'eux. Né à Lugdunum, je porte la Gaule dans mon nom comme sur mes épaules. Qu'on rie tant qu'on veut : je règne par ce capuchon.

Qu'on rie tant qu'on veut : je règne par ce capuchon.

À quoi ressemble une journée dans la vie d'un empereur qui se veut soldat avant tout ?

Je me lève avec la lumière, au Palatin, et je subis la salutatio — courtisans, préfets, officiers, tout ce monde qui s'incline et quémande. Puis je fuis le marbre pour le terrain. Je mange ce que mangent mes hommes : du pain de munition, du lard, des lentilles, un vin largement coupé d'eau. Pas de paons ni de langues de rossignol comme certains de mes prédécesseurs. En campagne, je creuse la tranchée, je porte l'enseigne, je dors sous la tente quand les généraux réclament leurs quartiers chauds. Le gladius ne quitte pas mon flanc, même aux audiences. Voilà ma vraie cour : non les flatteurs en toge, mais les visages tannés des légions, du Danube à l'Euphrate.

Un empereur qui n'a jamais eu froid ne sait pas commander à des hommes qui grelottent.

En 212, vous avez accordé la citoyenneté romaine à tous les hommes libres de l'Empire. Pourquoi une mesure aussi vaste ?

Quand j'ai scellé la Constitutio Antoniniana, en 212, les juristes de mon conseil ont pâli. Donner le nom de Romain à tous les hommes libres, du Rhin au Nil, de Volubilis aux marches parthes ? Mon père Septime Sévère m'avait appris une chose simple : un empire ne tient pas par la peur seule, il tient par ce que les hommes croient posséder en commun. J'ai fait d'un Gaulois, d'un Syrien, d'un Africain, des Cives Romani. On murmure que je l'ai fait pour l'impôt, pour que tous paient les taxes du citoyen ; qu'on le murmure. Un soldat qui meurt sous l'aigle veut tomber Romain, non sujet. Aucun de mes prédécesseurs, pas même le divin Auguste, n'avait osé pareil trait de calame.

J'ai donné Rome au monde entier d'un seul trait de calame.

Cette citoyenneté fut-elle vraiment offerte à tous, sans exception ?

Vous me demandez si vraiment tous ? Non. Il reste une lisière. Les Deditici, ces peuples qu'on a soumis par le fer et qui n'ont rien rendu en échange, ceux-là je les ai laissés hors du cercle. La citoyenneté n'est pas une aumône qu'on jette à qui n'a pas plié le genou. Le Papyrus de Giessen, ce bout de roseau séché qu'on conserve en Égypte, porte encore la trace de ma volonté, avec ses mots à demi effacés. Les copistes des provinces ont recopié l'édit jusque sous l'arc qu'on m'a dressé à Volubilis, au bout du monde occidental. Songez-y : un Maure et un Bithynien relèvent désormais du même droit. Avant moi, le droit de Rome était le privilège de quelques-uns ; j'en ai fait une toiture commune.

J'ai fait du droit de Rome une toiture commune.

Vous avez laissé à Rome des thermes parmi les plus vastes jamais bâtis. Que représentent-ils pour vous ?

Allez à Rome, passez la porte Capène, et vous verrez ce que je laisse aux vivants : mes thermae. Seize cents baigneurs y tiennent à la fois, sous des voûtes si hautes qu'on dirait le ciel maçonné. Il y a des bibliothèques, des jardins, des salles d'exercice, et l'eau chaude court dans les murs comme le sang dans un corps. Le plus humble citoyen y entre comme un prince et se fait racler le dos au strigile, ce racloir de bronze, exactement comme moi — car j'y vais aussi, en simple homme. Un empereur se bâtit dans la pierre autant que dans la loi. Dans bien des années, si l'on a oublié mon visage, ces murs parleront encore pour moi.

L'édit nourrit le droit, les bains nourrissent le peuple.

Pour financer vos armées, vous avez réformé la monnaie. Comment justifiez-vous cette décision ?

Tout cela a un prix, et le prix se compte en argent. Les légions veulent leur solde, et je l'ai augmentée, car un soldat mal payé vend son glaive au premier rival venu. Pour payer, j'ai frappé une monnaie nouvelle, l'antoninianus, qu'on reconnaît à ma tête ceinte de la couronne radiée. Elle vaut deux deniers sur l'inscription, mais elle pèse moins en métal pur — je ne le cache pas aux changeurs, qui le voient bien. On me reprochera d'avoir rogné l'argent de Rome. Je réponds : qu'on me donne un trésor sans fond, et je frapperai des pièces pleines. Entre une frontière qui cède faute de soldats payés et une monnaie qui maigrit, en 215, j'ai choisi. Régner, ce n'est jamais autre chose qu'arbitrer entre deux maux.

Régner, ce n'est jamais autre chose qu'arbitrer entre deux maux.

On dit que vous vouez un culte à Alexandre le Grand. D'où vient cette fascination ?

Alexandre. Depuis l'enfance, son ombre marche devant moi. Quand je suis entré dans Alexandrie, j'ai voulu voir le tombeau du Macédonien avant tout palais, avant tout temple. J'ai ôté ma cuirasse, mes bagues, mes parures, et je les ai déposées sur sa dépouille comme un soldat dépose son butin aux pieds de son maître. J'ai même rangé mes troupes à l'ancienne, en phalanges serrées, pour que le monde voie remarcher l'armée qui conquit l'Orient. On me dit fou de ce mort. Mais songez : un homme de vingt ans a soumis la terre du Nil à l'Indus, et moi je tiens un empire qu'il faut défendre pied à pied. J'imite Alexandre parce qu'il est la seule mesure à ma hauteur.

J'imite Alexandre parce qu'il est la seule mesure à ma hauteur.

Cette même ville d'Alexandrie a pourtant connu, en 215, l'un des épisodes les plus sombres de votre règne. Qu'avez-vous fait là-bas ?

Vous touchez là ma plaie noire. Les Alexandrins ont l'esprit vif et la langue acérée ; ils ont fait sur moi des satires, des chansons, jusqu'à railler la mort de mon frère. On ne rit pas du sang d'un Auguste. En 215, j'ai convoqué leur jeunesse sous prétexte de revue militaire, et mes légionnaires ont refermé le piège. Ce qui suivit fut un carnage ; les rues de la cité d'Alexandre ont ruisselé. Je ne m'en cacherai pas comme on cache une faute. Hérodien dira que je fus saisi d'une rage froide ; peut-être. La même ville qui m'avait montré le tombeau de mon héros m'a montré aussi jusqu'où je pouvais descendre. On n'aime pas un maître : on le craint, et la crainte se paie parfois en sang.

On ne rit pas du sang d'un Auguste.

Votre règne a commencé par un acte qui hante encore votre mémoire : la mort de votre frère Géta. Voulez-vous en parler ?

Géta. On veut toujours que j'en parle, et toujours j'entends la même question sous la question : comment un homme tue-t-il son frère ? Nous étions deux Augustes pour un seul trône, et un trône ne se partage pas plus qu'une épée ne se tient à deux mains. À la mort de notre père, à Eboracum, nous nous sommes haïs comme seuls des frères savent le faire. Je l'ai fait frapper sur le Palatin, dans les appartements de notre mère Julia Domna ; elle tenait encore son sang entre ses bras. Voilà ce qu'on raconte, et je ne le démentirai pas. Un empire à deux têtes est un monstre. Les dieux jugeront ; les hommes, eux, ont déjà tranché, et leur verdict ne m'a jamais ôté le sommeil.

Un empire à deux têtes est un monstre ; j'ai abattu la seconde.

Vous savez que les historiens vous jugent durement. Comment vivez-vous avec l'idée de la mémoire que vous laisserez ?

Après le fer, l'oubli. J'ai ordonné qu'on efface Géta partout : son visage gratté des fresques, son nom martelé sur les inscriptions, ses monnaies fondues à Rome. C'est ce que nous nommons la damnatio memoriae — non la mort du corps, mais la mort du souvenir. Qu'il ne reste rien, pas même un creux dans le marbre. Le sénateur Dion Cassius, qui me déteste et l'écrit sans trembler, me peint en ennemi du genre humain tout entier. Soit : il tient le calame, moi j'ai tenu l'Empire. L'histoire qu'il rédige fera de moi un monstre, et je le savais en signant l'ordre. Mais demandez aux légions des bords du Danube si elles me regrettent. Le pouvoir n'aime pas les jumeaux, et la postérité n'aime pas les soldats.

Il tient le calame, moi j'ai tenu l'Empire.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Caracalla's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.