Imaginary interview

Imaginary interview with Champollion

by Charactorium · Champollion (1790 — 1832) · Sciences · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

Ce matin-là, deux élèves de douze ans poussent la porte d'une salle remplie de pierres couvertes de petits dessins. Un homme aux yeux fatigués mais brillants les accueille en souriant. Il s'appelle Jean-François Champollion, et il a passé sa vie à faire parler ces signes muets.

C'est vrai qu'on dit que vous parliez plein de langues quand vous étiez petit ?

Ah, tu sais, mon enfant, j'étais un drôle de gamin. À treize ans, j'apprenais déjà l'arabe, le syriaque, le chaldéen et le copte, en plus du latin et du grec. Le copte, c'est la dernière façon de parler des anciens Égyptiens, écrite avec des lettres grecques. Imagine un enfant qui, au lieu de courir dehors, remplit des cahiers de mots étranges venus d'Orient. C'était moi. On m'a même nommé professeur d'histoire à l'université de Grenoble à dix-neuf ans ! Mes camarades plus âgés faisaient une drôle de tête. Mais ces langues, vois-tu, c'étaient mes jouets. Et un jour, elles allaient devenir mes outils.

Ces langues étranges, c'étaient mes jouets — un jour elles sont devenues mes outils.

Pourquoi le copte vous a aidé à comprendre les dessins des Égyptiens ?

Bonne question ! Beaucoup de savants croyaient que les hiéroglyphes — ces petits dessins sacrés gravés dans la pierre — étaient juste des images, comme un rébus. Moi, j'avais une idée folle. À seize ans, j'ai présenté un mémoire devant les savants de Grenoble : je disais que le copte était la dernière forme de la langue des Égyptiens d'autrefois. Tu comprends ce que ça veut dire ? Si je connaissais la fin de l'histoire, je pouvais remonter jusqu'au début ! Je gardais toujours ma grammaire copte écrite à la main. C'était comme avoir le dernier mot d'une phrase pour deviner tous les autres. Sans le copte, je n'aurais jamais entendu la voix des pharaons.

Connaître la fin de la langue m'a permis de remonter jusqu'à son début.

C'était quoi, la Pierre de Rosette ? Pourquoi elle était si importante ?

Imagine une grande pierre noire, dure comme du granit, trouvée par des soldats en Égypte en 1799. Sur cette pierre, le même texte était écrit trois fois : en grec, en démotique — une écriture rapide du peuple — et en hiéroglyphes. Tu vois l'astuce ? Le grec, je savais le lire ! Donc je tenais la même phrase dans une langue connue et dans une langue mystérieuse. C'était comme avoir la réponse d'un exercice à côté de la question. Je travaillais sur des copies de cette pierre, pas l'originale. Je comparais les cartouches, ces petits cadres ovales qui entourent les noms des rois. Là étaient cachés les premiers sons que j'allais réussir à lire.

C'était comme avoir la réponse d'un exercice écrite juste à côté de la question.

Vous vous souvenez du moment exact où vous avez compris ? Ça faisait quoi ?

Oh, je m'en souviendrai toujours. C'était le 14 septembre 1822. Depuis des années, je comparais les cartouches de la Pierre de Rosette et ceux d'un obélisque venu de Philae. Et soudain, tout s'est emboîté dans ma tête — les sons, les signes, le système entier ! J'ai bondi, j'ai couru dans la rue jusqu'au bureau de mon frère Jacques-Joseph. J'ai juste eu le temps de crier « Je tiens l'affaire ! »... et je me suis évanoui d'épuisement. Tu te rends compte ? Je suis resté inconscient cinq jours. Mon corps avait lâché, mais ma tête, elle, avait gagné. Quelques jours plus tard, j'annonçais ma découverte aux savants dans ma Lettre à M. Dacier.

« Je tiens l'affaire ! » — puis je me suis évanoui cinq jours durant.

Il y avait un Anglais qui cherchait la même chose que vous, non ?

Oui, mon enfant, il s'appelait Thomas Young. Un savant très intelligent, je dois l'avouer. Lui aussi étudiait les cartouches de la Pierre de Rosette. En 1821, il avait déjà deviné que certains signes notaient des sons, surtout pour les noms étrangers comme ceux des rois grecs. Mais il s'est arrêté en chemin. Moi, j'ai compris quelque chose de plus grand : l'écriture égyptienne mélange tout en même temps. Des dessins qui valent une idée, et des dessins qui valent un son, dans une seule phrase ! Ce n'était pas une simple liste de symboles. C'était un système vivant, malin, complet. Voilà ce qui nous séparait, lui et moi.

Lui s'est arrêté en chemin ; moi j'ai vu le système entier.
Portrait de Jean-François Champollion (Musée Champollion Vif)
Portrait de Jean-François Champollion (Musée Champollion Vif)Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Julien Peytard

Alors comment ça marche, vraiment, ces hiéroglyphes ? C'est des images ou des sons ?

Les deux à la fois, et c'est ça le génie de la chose ! Dans mon Précis du système hiéroglyphique, en 1824, j'ai montré qu'un même texte pouvait être figuratif, symbolique et phonétique. Laisse-moi t'expliquer simplement. Parfois un petit dessin veut dire l'objet lui-même : un dessin de soleil pour le soleil. Parfois il veut dire une idée. Et parfois — c'est ça qu'on n'avait pas compris — il ne vaut qu'un son, une lettre, comme dans ton alphabet. Imagine une écriture où tu pourrais dessiner une abeille pour écrire le son « b ». Les Égyptiens jonglaient avec ces trois jeux dans une seule phrase. Quelle merveille à démêler !

Un même mot pouvait être à la fois une image, une idée et un son.

Vous travailliez où, tous les jours ? Ça ressemblait à quoi votre maison ?

Tu aurais ri en entrant chez moi ! Des livres partout, des papyrus, des copies d'inscriptions empilées sur mon bureau. À partir de 1826, je passais aussi mes journées au musée du Louvre, à Paris. On m'avait confié toutes les antiquités égyptiennes, et je les rangeais, je les classais une par une. Le soir, je travaillais très tard, à la lumière des bougies — pas d'autre lumière à mon époque, vois-tu. Je comparais des signes avec ma loupe jusqu'à ce que mes yeux brûlent. Ma santé était fragile, et ces longues veilles ne l'arrangeaient pas. Mais j'étais heureux : autour de moi dormaient les trésors d'un peuple que personne ne savait plus lire.

Autour de moi dormaient les trésors d'un peuple que plus personne ne savait lire.
Portrait de Jean-François Champollion - Victorine Rumilly - Louvre-Lens
Portrait de Jean-François Champollion - Victorine Rumilly - Louvre-LensWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — René Hourdry

Vous êtes allé en Égypte pour de vrai un jour ?

Une seule fois, mon enfant, mais quel voyage ! En 1828, je suis enfin parti, à la tête d'une expédition. Pendant des années, je n'avais touché que des copies et des dessins. Et là, soudain, je remontais le Nil dans une barque, le vrai fleuve, avec mes carnets pour tout noter ! Imagine ma joie : ces inscriptions que j'avais déchiffrées sur du papier, je pouvais maintenant les lire directement sur les murs des temples de Thèbes. J'ai écrit à mon frère que rien n'avait été exagéré par les anciens : la ville était encore plus grande que je le croyais. Je marchais dans mon rêve devenu pierre.

Je marchais enfin dans mon rêve devenu pierre.

Vous avez pleuré devant un monument ? C'est ce qu'on raconte...

C'est vrai, et je n'en ai pas honte. C'était devant le grand temple d'Abou Simbel, taillé dans la falaise. Je me suis approché des inscriptions gravées là depuis des milliers d'années. Et je les ai lues. Tu comprends ? Lues, comme tu lis ton livre de classe ! Des mots qui s'étaient tus pendant si longtemps se remettaient à parler grâce à moi. L'émotion m'a submergé, les larmes sont venues toutes seules. Pense à un enfant qui retrouve la voix d'un grand-parent qu'il croyait perdue. C'était ça, mais pour toute une civilisation. Dans la Vallée des Rois, à Karnak, partout, je remplissais mes carnets, ivre de bonheur.

Des mots tus depuis des milliers d'années se remettaient à parler.

Et après vous, qu'est-ce qui s'est passé ? Les gens ont continué votre travail ?

Voilà la plus belle des questions. En 1831, on a créé pour moi la toute première chaire d'égyptologie au Collège de France — une chaire, c'est une chaise spéciale d'où le savant enseigne. J'étais le premier professeur d'une science qui n'existait pas avant moi ! Hélas, j'étais déjà très malade, et je n'ai donné que quelques cours. Mais j'avais laissé des outils : une grammaire et un dictionnaire de la langue égyptienne, achevés par mon frère après ma mort. Tu vois, je n'ai pas seulement ouvert une porte. J'ai donné la clé à tous ceux qui viendraient après. Et toi, peut-être, tu liras un jour ces signes à ton tour.

Je n'ai pas seulement ouvert une porte : j'ai laissé la clé à ceux qui viendraient.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Champollion's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.